mercredi 12 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2305888 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | ALENGRIN BENOIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés le 29 septembre 2023, 11 décembre 2023 et 15 mars 2024, la communauté de communes du Carmausin-Ségala, représentée par Me Marco, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de désigner un expert, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, aux fins de déterminer les causes, la nature et l'étendue des malfaçons et dysfonctionnements constatés sur le centre aquatique Odyssée et de chiffrer le coût de la réparation de ses préjudices ;
2°) de dire que l'expert établira un rapport provisoire, sur lequel les parties pourront présenter leurs observations, avant d'établir son rapport définitif.
Elle soutient que l'expertise est utile, dans la perspective du recours en indemnisation qu'elle entend exercer.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2023, la société PMA, représentée par Me Gil, conclut :
1°) qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage ;
2°) que l'avance des frais d'expertise soit laissée à la charge de la requérante.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 octobre et 24 novembre 2023, la société MAE, représentée par Me Alengrin, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) que l'expertise soit ordonnée au contradictoire de l'ensemble des parties ;
2°) que les opérations d'expertise se déroulent au contradictoire de la SMABTP, assureur de la société MAE ;
3°) qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage ;
4°) que les entiers dépens soient laissés à la charge de la requérante.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 octobre 2023, 24 janvier et 6 février 2024, M. C D et M. A H, représentés par la SELARL Massol Avocats, concluent, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) qu'ils ne s'opposent pas à l'expertise, mais qu'il leur soit donné acte de leurs protestations et réserves d'usage ;
2°) au rejet de la demande de mise hors de cause de la société Sigma Acoustique ;
3°) que les entiers dépens soient laissés à la charge de la requérante ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2023, la société L'Auxiliaire, représentées par Me Lanéelle, conclut :
1°) qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage ;
2°) que l'avance des frais d'expertise soit mise à la charge de la requérante.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 26 octobre 2023 et 5 janvier 2024, la société Montmirail et la société Assurance Lloyd's of London, représentées par la SCPI Raffin et associés, concluent :
1°) à leur mise hors de cause ;
2°) que l'intervention volontaire de la société Lloyd's Insurance Company soit accueillie, en sa qualité d'ancien assureur de la Société C+ Ingénierie Acoustique et que sa mise hors de cause soit prononcée ;
3°) au rejet de la demande de la requérante, tendant à ce que l'expert se prononce sur les désordres apparus après expiration de la forclusion décennale ;
4°) rejeter la demande de mise en cause de la société Sigma Acoustique ;
5°) que soit mise à la charge de la requérante une somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à la société Lloyd's Insurance Company.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 octobre 2023, la société Montmirail, la société Betem ingénierie et la société Assurance Lloyd's of London, représentées par la SCPI Raffin et associés, concluent :
1°) à la mise hors de cause des sociétés Montmirail et Assurance Lloyd's of London ;
2°) que l'expertise soit ordonnée au contradictoire de la société Lloyd's Insurance Company, en sa qualité d'assureur de la société Betem Ingénierie ;
3°) au rejet de la demande de la requérante, tendant à ce que l'expert se prononce sur les désordres apparus après expiration de la forclusion décennale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 octobre 2023, la société GCC et son assureur, la société Axa France IARD, représentées par Me Lacamp, concluent :
1°) qu'il leur soit donné acte de leurs protestations et réserves d'usage ;
2°) que les entiers dépens soient mis à la charge de la requérante.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2023, la société Axa France IARD et la société Veyrac Carrelage, représentées par Me Furet, concluent :
1°) que l'expertise soit ordonnée et qu'il leur soit donné acte de leurs protestations et réserves d'usage ;
2°) que les entiers dépens soient réservés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 novembre 2023, la société Axa France IARD, représentée par Me Furet, conclut :
1°) que l'expertise soit ordonnée et qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage ;
2°) que les entiers dépens soient réservés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 novembre 2023, la société Groupama d'Oc, représentée par Me Barthet, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage ;
3°) que les entiers dépens soient mis à la charge de la requérante.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 décembre 2023 et 19 février 2024, la société Quercy Confort et la société Boissonnade, représentées par Me Binel, concluent :
1°) que l'expertise soit ordonnée et qu'il leur soit donné acte de leurs protestations et réserves d'usage ;
2°) que l'ensemble des parties attraites dans la procédure y soient maintenues ;
3°) que les entiers dépens soient réservés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 décembre 2023 et 19 février 2024, la société SMABTP et la société SMA, représentées par Me Binel, concluent, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) que la société SMABTP soit mise hors de cause en sa qualité d'assureur dommages-ouvrage ;
2°) que l'intervention volontaire de la société SMA soit admise en sa qualité d'assureur dommages-ouvrage ;
3°) que la société SMA ne s'oppose pas à l'expertise, mais qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage ;
4°) que l'ensemble des parties attraites dans la procédure y soient maintenues ;
5°) que les entiers dépens soient réservés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 décembre 2023 et 19 février 2024, la société SMABTP, en sa qualité d'assureur des sociétés Rouergue Aluminium et MAE, représentée par Me Binel, conclut :
1°) que la société SMABTP ne s'oppose pas à l'expertise, mais qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage ;
2°) que l'ensemble des parties attraites dans la procédure y soient maintenues ;
3°) que les entiers dépens soient réservés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2024, la société Sigma Acoustique, représentée par la SCPI Raffin et associés, conclut :
1°) à sa mise hors de cause ;
2°) que soit mise à la charge de la requérante une somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision en date du 2 janvier 2025, par laquelle le président par intérim du tribunal administratif a désigné Mme Viseur-Ferré, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Les demandes présentées en application du présent chapitre sont dispensées du ministère d'avocat si elles se rattachent à des litiges dispensés de ce ministère ".
2. L'utilité d'une mesure d'expertise demandée au juge des référés sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
3. La communauté de communes du Carmausin-Ségala a fait procéder à la réalisation d'un centre aquatique, dénommé piscine " Odyssée ", dans le cadre d'un marché public dont l'ensemble des lots ont été réceptionnés au plus tard en avril 2014. Plusieurs désordres ont été constatés au cours de l'année 2016, se traduisant notamment par l'apparition de fissurations dans le hammam et dans certains carrelages ou revêtements, par la rupture d'une canalisation, des problèmes d'étanchéité au niveau des verrières, un décollement du carrelage vitro-céramique sur les plages et dans le bassin de la piscine, une désolidarisation des lames de la terrasse extérieure ou encore des chutes de produits bitumineux depuis la toiture. Si certains désordres ont donné lieu à réparations, d'autres se sont étendus et aggravés, compromettant le fonctionnement normal de l'ouvrage et son utilisation dans des conditions satisfaisantes par ses usagers. La requérante demande à la juge des référés d'ordonner une expertise contradictoire, afin que soient établies l'ampleur et la nature des désordres, que soient chiffrés les travaux nécessaires pour remédier à ces désordres et évalués ses préjudices.
4. Il ressort des éléments analysés que les nombreux désordres que déplore la requérante n'ont, à ce jour, pas fait l'objet d'une expertise par un professionnel, à même d'évaluer l'ampleur du sinistre et de proposer les solutions à mettre en œuvre pour y mettre fin. Le procès-verbal établi par un commissaire de justice le 13 avril 2023, qui a permis de procéder à certains constats, n'avait en effet pas vocation à se prononcer sur l'exhaustivité des travaux à entreprendre, ni sur leur coût, pas plus qu'il ne renseigne suffisamment la requérante sur la nature et l'ampleur des non-conformités ou sur leurs éventuelles imputabilités. Dans ces conditions, la présente demande d'expertise pouvant donner lieu à un litige pour lequel le juge administratif n'est pas manifestement incompétent et qui entre dans le champ d'application de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, revêt un caractère utile et doit être ordonnée. Son contenu est précisé à l'article 4 de la présente ordonnance.
Sur l'intervention volontaire de la société SMA :
5. La société SMA soutient qu'elle est fondée à demander que l'expertise soit réalisée à son contradictoire, dès lors qu'elle vient aux droits de la société Sagebat, laquelle est intervenue en qualité d'assureur dommages-ouvrage de la société Themelia, maître d'ouvrage délégué dans le cadre du présent marché public de travaux. En ce qu'elle justifie d'un intérêt suffisant pour participer aux opérations d'expertise, il doit, dès lors, être fait droit à sa demande d'intervention volontaire. Par suite, il est ordonné que l'expertise soit réalisée en sa présence.
Sur les demandes de mise hors de cause :
6. Peuvent être appelées à une expertise, ordonnée sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, les personnes qui ne sont pas manifestement étrangères au litige susceptible d'être engagé devant le juge de l'action auquel se rattache l'expertise, ou dont la présence est de nature à éclairer les travaux de l'expert. L'expertise constitue une simple mesure d'instruction, qui a notamment pour objet de déterminer la réalité, la nature, les causes et l'étendue des désordres affectant un immeuble, sans préjuger de leur imputabilité ou des responsabilités pouvant être encourues par les parties défenderesses.
Sur la demande de mise hors de cause de la société SMABTP :
7. Il ressort des éléments analysés que la SMABTP a la qualité d'assureur de la société Rouergue Aluminium, titulaire du lot n° 7. Sa participation aux opérations d'expertise présente, dès lors, un caractère utile et doit être ordonnée. En revanche, dès lors qu'elle n'est pas intervenue en qualité d'assureur, au titre de la garantie dommages-ouvrage, pour la société Themelia, maître d'ouvrage délégué, il est donné acte que sa participation aux opérations d'expertise n'est pas retenue en cette qualité.
Sur la demande de mise hors de cause de la société Montmirail et de la société Assurance Lloyd's of London - sur la demande d'intervention volontaire et de mise hors de cause de la société Lloyd's Insurance Company :
8. La société Montmirail et la société Assurance Lloyds of London demandent leur mise hors de cause. Elles soutiennent que ni l'une ni l'autre n'ont la qualité d'assureur des sociétés C+Ingénierie acoustique et Betem Ingénierie. La société Montmirail fait valoir qu'elle n'a pas la qualité d'assureur, mais uniquement de courtier. La société Assurance Lloyd's of London soutient que seule la Société Lloyd's Insurance Company a la qualité d'ancien assureur de la Société C+ ingénierie acoustique et d'assureur de la société Betem Ingénierie.
9. Il n'est pas contesté que la société Montmirail n'est pas l'assureur de la société C+ Ingénierie Acoustique, ni de la société Betem Ingénierie, avec lesquelles elle n'est liée par aucun contrat d'assurance, mais exerce seulement une activité de courtage en assurance. Il y a donc lieu de la mettre hors de cause.
10. Il ressort des pièces analysées que seule la société Lloyd's Insurance Company, venant aux droits de la société Assurance Lloyd's of London, a la qualité assureur de la Société C+ ingénierie acoustique et de la société Belem Ingénierie, et non la société Assurances Lloyd's of London. Il y a, par suite, lieu de faire droit à la demande de mise hors de cause de la société Assurance Lloyd's of London et d'accueillir l'intervention volontaire de la société Lloyd's Insurance Company.
11. La société Lloyd's Insurance Company soutient qu'il y a lieu de la mettre hors de cause, en ce que sa participation aux opérations d'expertise est dépourvue d'utilité. Elle soutient, d'une part, que la société C+ Ingénierie Acoustique, dont elle a été l'assureur, a été radiée du registre du commerce et des sociétés depuis le 20 octobre 2011 et, d'autre part, que les membres du groupement de maîtrise d'œuvre n'ont pas la qualité de cotraitants solidaires mais de cotraitants conjoints. Sa responsabilité ne peut, dès lors, être recherchée.
12. Dès lors que la personnalité morale d'une société subsiste aussi longtemps que les droits et obligations à caractère social ne sont pas liquidés, la circonstance invoquée que la société C+ Ingénierie Acoustique serait radiée du registre du commerce et des sociétés n'empêche pas d'introduire une action contre elle pour obtenir le paiement de sommes dont elle serait débitrice. Par ailleurs, il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de se prononcer sur les responsabilités encourues.
13. Il résulte de ces éléments que la participation aux opérations d'expertise de la société Lloyd's Insurance Company n'est, en l'état de l'instruction, pas dépourvue d'utilité et que sa demande de mise hors de cause doit être rejetée.
Sur la demande de mise hors de cause de la société Sigma Acoustique :
14. La requérante soutient que la société Sigma Acoustique doit participer aux opérations d'expertise, dès lors qu'elle est intervenue dans le cadre du marché de maîtrise d'œuvre de l'opération en litige, à la suite de la société C+ Ingénierie Acoustique.
15. La société Sigma Acoustique soutient que, en sa qualité de bureau d'études techniques acousticien, elle ne peut être associée à aucun des désordres que déplore la requérante, lesquels portent sur des champs d'intervention qui lui sont étrangers.
16. En l'état de l'instruction, alors que ni l'exhaustivité des désordres ni leur ampleur ne sont connues avec précision et que la requérante, comme d'autres parties, demandent que l'expertise soit réalisée au contradictoire de la société Sigma Acoustique, eu égard à sa participation aux travaux donnant lieu à la présente demande d'expertise, il y a lieu de rejeter la demande de mise hors de cause qu'a formulée la société Sigma Acoustique et d'ordonner que l'expertise soit réalisée à son contradictoire.
Sur les frais liés au litige :
17. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux demandes formulées par les parties en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E:
Article 1er : L'intervention volontaire des sociétés SMA et Lloyd's Insurance Company est admise.
Article 2 : Les sociétés Montmirail et Assurance Lloyd's of London sont mises hors de cause.
Article 3 : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre, d'une part, la communauté de communes du Carmausin-Ségala et, d'autre part, les sociétés Mutuelle des architectes français assurance, Betem Ingenierie, SMA, Assurance Lloyd's Insurance Company, L'Auxiliaire, C+ Ingenierie Acoustique, Sigma Acoustique, Socotec, Axa France Iard, GCC Génie Civil Construction, MAE, Paul Barriac, Rouergue Aluminium, SMABTP, PMA, Groupama D'oc, Veyrac Carrelage, Boissonnade, Quercy Confort, M. A H et M. G B.
Article 4 : L'expert aura pour mission de :
1) Se rendre sur place, Centre aquatique du Carmausin (Piscine Odyssée), rue Camboulives à Carmaux (81400), après convocation des parties ;
2) Entendre tout sachant et se faire communiquer tout document ou pièce qu'il estimera utile à l'accomplissement de sa mission, en particulier les documents contractuels liant les parties, ainsi que tous les documents techniques relatifs aux travaux ;
3) Rappeler les liens contractuels unissant les parties et les missions confiées par le maître d'ouvrage à chacune des personnes attraites dans la présente instance ;
4) Décrire de façon exhaustive, notamment par tous plans, croquis, schémas ou photos utiles à la compréhension des faits, les désordres affectant le centre aquatique, et en particulier les non-conformités mentionnées dans la requête ; réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire si les désordres relevés sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination et préciser si ces désordres présentent un caractère évolutif ;
5) Rechercher les origines et les causes de ces désordres et préciser leur date d'apparition ; dire s'ils sont dus à un défaut de conception ou d'exécution des travaux non conforme aux stipulations contractuelles ou aux règles de l'art, à un défaut affectant un des matériaux utilisés, à un défaut de direction ou de surveillance, à un défaut d'entretien ou de maintenance de l'ouvrage qui pourrait être postérieur à la réception des travaux, à un défaut dans les conditions d'exploitation de l'ouvrage ; en cas de pluralité de causes à l'origine des désordres, préciser la part respective de chaque cause ;
6) Prescrire toutes mesures conservatoires utiles ;
7) Préconiser et chiffrer précisément (par poste) les travaux de reprise nécessaires pour permettre une utilisation de l'ouvrage dans des conditions conformes à sa destination et aux prescriptions réglementaires, notamment en matière de sécurité des usagers ;
8) Plus généralement, déterminer l'ensemble des préjudices patrimoniaux ou extra-patrimoniaux subis par la requérante du fait des désordres et fournir tous éléments à caractère technique de nature à éclairer le juge du fond, saisi d'une action contentieuse ;
9) Rechercher l'accord des parties sur l'engagement d'une médiation sur la base de son rapport.
Article 5 : M. F E, domicilié 6, boulevard Vincent-Auriol à Tournefeuille (31 170) est désigné comme expert.
Article 6 : Préalablement à toute opération, l'expert procédera aux déclarations prévues à l'article R. 621-3. Si l'expert n'a pas prêté serment lors de son inscription initiale sur le tableau établi par la cour administrative d'appel du ressort ou lors de son inscription sur l'une des listes prévues par la loi n° 71-498 du 29 juin 1971, il prêtera par écrit le serment prévu par l'article R. 221-15-1.
Article 7 : L'expert établira un pré-rapport, soumis aux parties pour recueillir leurs dires, sauf s'il ne le juge pas utile à l'accomplissement de sa mission, laquelle sera réalisée dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra recourir à un sapiteur avec l'autorisation préalable du président par intérim du tribunal administratif.
Article 8 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans un délai de huit mois, dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative, et le communiquera au greffe du tribunal selon les modalités précisées à l'article R. 621-6-5 du même code. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par le demandeur et les personnes intéressées.
Article 9 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président par intérim du tribunal administratif qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 10 : Si les parties se sont accordées pour engager une médiation, l'expert pourra, après le dépôt de son rapport et sous réserve de l'accord des parties, conduire lui-même la médiation en application de l'article L. 621-1 du code de justice administrative. Si la médiation ne permet pas d'aboutir à un accord entre les parties, l'expert informera la juridiction de l'achèvement de sa mission. Si les parties refusent qu'il conduise la médiation, il renverra les parties vers le tribunal pour qu'il nomme un médiateur en application de l'article L. 213-5 du même code et il informera la juridiction de l'achèvement de sa mission. Dans tous les cas, la médiation sera engagée au vu des conclusions de son rapport. Indépendante de l'expertise principale, elle donnera lieu à des frais complémentaires spécifiques.
Article 11 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 12 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté de communes du Carmausin-Ségala, aux sociétés Mutuelle des architectes français assurance, Betem Ingenierie, Montmirail, Lloyd's Insurance Company, Assurance Lloy's of London, L'Auxiliaire, C+ Ingenierie Acoustique, Sigma Acoustique, Socotec, Axa France Iard, GCC Génie Civil Construction, MAE, SMA, Paul Barriac, Rouergue Aluminium, SMABTP, PMA, Groupama D'oc, Veyrac Carrelage, Boissonnade, Quercy Confort, à M. A H, à M. G B et à M. F E, expert.
Fait à Toulouse, le 12 février 2025
La vice-présidente, juge des référés,
Cécile VISEUR-FERRÉ
La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026