mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2306500 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | ADALTYS AFFAIRES PUBLIQUES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés successivement les 25 octobre 2023 et 12 juillet 2024, M. A D, représenté par Me Courrech, demande à la juge des référés, dans le dernier état de ses écritures, de :
1°) désigner un expert, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, aux fins de se prononcer sur l'ampleur des nuisances sonores et des préjudices qui lui sont causés par les équipements du lycée Bagatelle de Saint-Gaudens (31800) et de déterminer les travaux à mettre en œuvre pour y remédier ;
2°) mettre à la charge de la région Occitanie le paiement d'une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, en vue d'une action contentieuse, que l'expertise est utile, afin d'établir contradictoirement la nature et l'étendue des préjudices qu'il subit en raison du fonctionnement d'un ouvrage public dont la région Occitanie a la garde.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 8 décembre 2023 et 16 septembre 2024, la région Occitanie, représentée par Me Heymans, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que soit mis à la charge du requérant le paiement d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la demande du requérant est dépourvue d'utilité, des travaux ayant été entrepris pour mieux insonoriser l'établissement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision en date du 2 janvier 2025, par laquelle le président par intérim du tribunal administratif a désigné Mme Viseur-Ferré, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. D est propriétaire d'une maison d'habitation implantée au 112, avenue Mitterrand à Saint-Gaudens, voisine du lycée Bagatelle. Le requérant déplore les nuisances sonores générées, en premier lieu, par le retentissement de la nouvelle sonnerie de l'établissement scolaire, activée chaque demi-heure entre 7H50 et 19H30, en deuxième lieu, par le fonctionnement continu de l'unité de climatisation localisée sur le toit de l'établissement scolaire et en dernier lieu, par l'utilisation par le personnel du lycée d'un porte-voix. Déplorant l'inertie de la région Occitanie face à ces phénomènes, il demande à la juge des référés d'ordonner une expertise afin que soient constatées contradictoirement les nuisances sonores causées par les équipements du lycée Bagatelle et qu'un avis soit donné sur les travaux à mettre en œuvre pour y remédier.
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Les demandes présentées en application du présent chapitre sont dispensées du ministère d'avocat si elles se rattachent à des litiges dispensés de ce ministère ".
3. L'utilité d'une mesure d'expertise demandée au juge des référés sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
4. Il ressort des éléments analysés que M. D a fait réaliser, par la société Delhom Acoustique, un rapport relatif aux nuisances sonores qu'il subit en sa maison d'habitation de la ville de Saint-Gaudens, riveraine du lycée Bagatelle. Rendu le 20 décembre 2022, ce rapport conclut que " les mesures réalisées ont permis de constater certains dépassements de seuils réglementaires suivant les périodes de la journée considérées. Les valeurs d'émergence constatées pour les deux sources de bruit étudiées [sonnerie et unité de climatisation] en périodes diurnes et nocturnes dépassent les limites réglementaires ". La région Occitanie, mettant en avant le caractère non contradictoire du rapport de la société Delhom, a produit un rapport de la société Emacoustic, daté du 4 décembre 2023, concluant que " les mesures acoustiques réalisées après travaux n'ont pas mis en évidence de niveaux sonores susceptibles d'entraîner des dépassements des émergences sonores réglementaires maximales autorisées ". Pour le requérant, la baisse de volume de la sonnerie du lycée, à laquelle la région Occitanie dit avoir procédé, ainsi que le devis communiqué, laissant penser que la région va procéder au changement de l'unité de climatisation du lycée pour un modèle plus silencieux, n'ont pas permis de mettre fin aux nuisances auxquelles il persiste à se dire exposé. Il conteste par ailleurs le rapport remis par la société Emacoustic, qui n'a pas été réalisé à son contradictoire.
5. Alors que le requérant, en sa qualité de tiers à l'ouvrage, se dit prêt à rechercher la responsabilité de la région Occitanie en raison du fonctionnement d'un ouvrage public dont cette dernière est responsable, il ressort des éléments versés au dossier que les deux rapports d'expertise communiqués, l'un par le requérant, l'autre par la région, ne présentent pas de conclusions concordantes et n'ont pas permis un règlement amiable du différend opposant les parties. Lesdits rapports ont, de surcroît, ainsi que le font valoir tant le requérant que la région, été réalisés sans procédure contradictoire. Le requérant soutient, au surplus, que les initiatives engagées par la région pour réduire les émissions sonores provenant de la sonnerie et de l'unité de climatisation du lycée Bagatelle sont insuffisantes. Dans ces conditions, afin de pouvoir constater et décrire la réalité, la nature, l'étendue et les causes et conséquences des nuisances, ainsi que les solutions possibles pour y mettre fin, la demande d'expertise formulée, qui n'est manifestement pas insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative, peut être regardée comme présentant le caractère d'utilité requis par les dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il doit, par suite, y être fait droit. Le contenu de la mission d'expertise est précisé à l'article 2 de la présente ordonnance.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E:
Article 1er : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre, d'une part, M. D et, d'autre part, la région Occitanie. Les opérations d'expertise seront limitées à l'appréciation de la réalité, de la nature, de l'étendue et des causes et conséquences des nuisances sonores déplorées par le requérant, ainsi que des solutions disponibles pour mettre un terme à ces nuisances.
Article 2 : L'expert aura pour mission de :
1°) convoquer les parties et se rendre sur les lieux, 14 avenue François-Mitterrand à Saint-Gaudens (31800) et procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des nuisances sonores liées au fonctionnement du lycée Bagatelle (sonnerie d'avertissement - unité de climatisation - utilisation d'un porte-voix), qui affectent la propriété du requérant en précisant si ces nuisances excèdent les seuils maximums d'émergence règlementaires ;
2°) se faire communiquer tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission ;
3°) indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, et notamment les mesures d'insonorisation et/ou d'isolation idoines, et procéder à une évaluation du coût de ces travaux ;
4°) dire si, à sa connaissance, il existe des alternatives au système sonore d'avertissement et à l'utilisation d'un porte-voix au sein de l'établissement ;
5°) rechercher l'accord des parties sur l'engagement d'une médiation sur la base de son rapport ;
6°) fournir, plus généralement, tous éléments susceptibles de permettre d'éclairer le juge du fond éventuellement saisi du litige dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis par M. D, tenant notamment au trouble de jouissance de son bien.
Article 3 : M. B C, domicilié 151, chemin de Pepouzou à Montlaur (31450) est désigné pour procéder à l'expertise.
Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert procédera aux déclarations prévues à l'article R. 621-3. Si l'expert n'a pas prêté serment lors de son inscription initiale sur le tableau établi par la cour administrative d'appel du ressort ou lors de leur inscription sur l'une des listes prévues par la loi n° 71-498 du 29 juin 1971, il prêtera par écrit le serment prévu par l'article R. 221-15-1.
Article 5 : L'expert établira un pré-rapport, soumis aux parties pour recueillir leurs dires, sauf s'il ne le juge pas utile à l'accomplissement de sa mission, laquelle sera réalisée dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra recourir à un sapiteur avec l'autorisation préalable du président par intérim du tribunal administratif.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans un délai de six mois, dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative, et le communiquera au greffe du tribunal selon les modalités précisées à l'article R. 621-6-5 du même code. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par le demandeur et les personnes intéressées.
Article 7 : Si les parties se sont accordées pour engager une médiation, l'expert pourra, après le dépôt de son rapport et sous réserve de l'accord des parties, conduire lui-même la médiation en application de l'article L. 621-1 du code de justice administrative. Si la médiation ne permet pas d'aboutir à un accord entre les parties, l'expert informera la juridiction de l'achèvement de sa mission. Si les parties refusent qu'il conduise la médiation, il renverra les parties vers le tribunal pour qu'il nomme un médiateur en application de l'article L. 213-5 du même code et il informera la juridiction de l'achèvement de sa mission. Dans tous les cas, la médiation sera engagée au vu des conclusions de son rapport. Indépendante de l'expertise principale, elle donnera lieu à des frais complémentaires spécifiques.
Article 8 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président par intérim du tribunal administratif qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 9 : le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D, à la région Occitanie et à M. B C, expert.
Fait à Toulouse, le 28 février 2025
La vice-présidente, juge des référés,
Cécile VISEUR-FERRÉ
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026