Le Tribunal administratif de Toulouse a été saisi par M. B... d’un recours pour excès de pouvoir contre le refus implicite de délivrance de son permis de conduire. En cours d’instance, le préfet de la Haute-Garonne a délivré le titre de conduite le 25 février 2025, rendant sans objet les conclusions à fin d’annulation, d’injonction et d’astreinte. Le tribunal constate donc un non-lieu à statuer sur ces demandes. En application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, il condamne l’État à verser 800 euros à M. B... au titre des frais exposés.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 avril 2024, M. A... B..., représenté par Me Lévy, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite de refus de délivrance de son permis de conduire ;
2°) d’enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un permis de conduire, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat le paiement d’une somme de 1 300 euros, à lui verser en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée en droit et en fait, en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l’administration ;
- le comportement frauduleux allégué n’est pas établi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2025, le préfet de la Haute-Garonne conclut au non-lieu à statuer.
Il soutient qu’un titre de conduite a été délivré au requérant.
Par une ordonnance du 29 juillet 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 29 septembre 2025.
Vu :
- l’ordonnance du juge des référés N° 2402919 du 31 mai 2024 ;
- l’ordonnance du juge des référés N° 2500224 du 4 février 2025 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé de conclure dans cette affaire, sur sa proposition, en application des dispositions de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Billet-Ydier ;
- les observations de Me Girault substituant Me Lévy, représentant M. B..., qui a pris acte de ce que le requérant disposait de nouveau de son permis de conduire, ainsi que des conclusions à fin de non-lieu à statuer présentées par le préfet, rappelant que le requérant maintenait de plus fort ses conclusions présentées en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le préfet de la Haute-Garonne n’était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
Sur l’exception de non-lieu à statuer :
1. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne a délivré un permis de conduire le 25 février 2025 à M. B.... Dans ces conditions, les conclusions à fin d’annulation de la décision de refus de délivrance de son permis de conduire, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d’injonction et d’astreinte tendant à ce que lui soit délivré son permis de conduire, ont perdu leur objet. Par suite, il n’y a pas lieu d’y statuer.
Sur les frais de justice :
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 800 euros au titre des frais exposés par M. B... et non compris dans les dépens.
DECIDE
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation.
Article 2 : L’Etat versera à M. B... une somme de 800 (huit cents) euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2026.
La présidente, La greffière,
Fabienne Billet-Ydier Karina Mellas
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef et,
par délégation, la greffière,