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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2403007

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2403007

mardi 22 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2403007
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantLASPALLES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement n° 2302294 du 12 juillet 2023, le tribunal a enjoint au préfet de la Haute-Garonne d'accueillir Mme B dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 40 (quarante) euros par jour de retard.

Ce jugement a été notifié le 12 juillet 2023.

Par une lettre enregistrée le 13 novembre 2023 et un mémoire enregistré le 21 décembre 2023, Mme A B, représentée par Me Laspalles, a fait savoir que le jugement n'était pas exécuté et demandé au tribunal d'en assurer l'exécution. Elle demande le bénéfice l'aide juridictionnelle à titre provisoire et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui verser dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Par lettre en date du 14 novembre 2023, le tribunal a demandé au préfet de la Haute-Garonne de justifier de la nature et de la date des mesures qui ont été prises pour assurer l'exécution du jugement n° 2302294 du 12 juillet 2023.

Par un mémoire enregistré le 15 novembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne a conclu au non-lieu à statuer et à la liquidation définitive de l'astreinte.

Il soutient que l'injonction est exécutée, Mme B étant hébergée dans le dispositif d'hébergement de la Haute-Garonne à l'hôtel Airport à Toulouse, et qu'un hébergement dans une résidence hôtelière à vocation sociale est envisagé.

Par une ordonnance n° 2302294 du 22 mai 2024, la présidente du tribunal a ouvert une procédure juridictionnelle d'exécution sous le numéro 2403007.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 juillet 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut à la liquidation définitive de l'astreinte en soutenant que l'injonction est exécutée, Mme B et sa famille étant hébergées depuis le 23 mars 2024.

Par un mémoire enregistré le 30 septembre 2024, Mme B, représentée par Me Laspalles, demande au tribunal de :

- liquider l'astreinte prononcée dans le jugement du 12 juillet 2023 en l'arrêtant au 23 mars 2024 ;

- mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui verser dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient qu'elle et sa famille sont hébergées depuis le 23 mars 2024.

Mme B a déposé une demande d'aide juridictionnelle enregistrée le 2 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

2. Mme B a demandé le bénéfice de l'aide juridictionnelle le 2 octobre 2024 et cette demande n'a pas encore été examinée. Il y a lieu, par suite, dans les circonstances particulières de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, de prononcer son admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions de Mme B tendant à l'exécution du jugement n° 2302294 du 12 juillet 2023 :

3. Aux termes des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " II.- Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être accueilli dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale et qui n'a pas été accueilli, dans un délai fixé par décret, dans l'une de ces structures peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son accueil dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale. / () Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue prioritaire par la commission de médiation et que n'a pas été proposée au demandeur une place dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, ordonne l'accueil dans l'une de ces structures et peut assortir son injonction d'une astreinte. Pour les seuls jugements prononcés après le 1er janvier 2016, le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. / () Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2. / Pour les seules astreintes prononcées après le 1er janvier 2016, tant que l'astreinte n'est pas liquidée définitivement par le juge, le versement de l'astreinte au fonds est effectué deux fois par an, le premier versement devant intervenir à la fin du sixième mois qui suit le mois à compter duquel l'astreinte est due en application du jugement qui l'a prononcée. Toute astreinte versée en application du jugement la prononçant reste acquise au fonds. Lorsque l'astreinte a été liquidée définitivement, le versement du solde restant dû, le cas échéant, est effectué dans le mois qui suit la notification de la décision de liquidation définitive () ". Par ailleurs, aux termes des dispositions de l'article R. 778-8 du code de justice administrative : " Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l'astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur l'exécution de l'injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte ".

4. Il résulte des écritures convergentes des parties qu'à la date de la présente ordonnance, l'injonction prononcée dans le jugement n° 2302294 du 12 juillet 2023 a été exécutée le 23 mars 2024, Mme B et sa famille étant effectivement hébergées depuis lors. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Garonne doit être regardé comme ayant exécuté l'injonction décidée par le jugement n° 2302294 du 12 juillet 2023. Toutefois l'injonction n'a été exécutée que postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement. Il y a donc lieu, en application des dispositions de l'article R. 778-8 du code de justice administrative et en l'absence de tout élément permettant de justifier ce retard, de procéder à la liquidation définitive de l'astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation, au taux de 40 euros par jour de retard décidé par le jugement.

5. L'astreinte prononcée par le jugement n° 2302294 du 12 juillet 2023, notifié le même jour, ayant commencé à courir à compter du 13 août 2023 jusqu'au 22 mars 2024, le nombre de jours sur lesquels doit s'appliquer l'astreinte de 40 euros par jour de retard est de 223 jours, de telle sorte que l'astreinte totale à liquider définitivement s'élève à la somme de 8 920 (huit mille neuf cent vingt) euros. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, par application des dispositions précitées, de condamner l'Etat à verser la somme de 8 920 euros au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement au titre de la liquidation définitive de l'astreinte.

6. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Laspalles, avocat de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Laspalles de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 (huit cents) euros sera versée à Mme B.

O R D O N N E :

Article 1 : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : L'Etat est condamné à verser la somme de 8 920 (huit mille neuf cent vingt) euros au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement (FNAVDL).

Article 3 : L'Etat versera à Me Laspalles la somme de 800 (huit cents) euros en application des dispositions combinées de l'article L.761-1 du code justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Laspalles renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 (huit cents) euros sera versée à Mme B.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Sylvain Laspalles et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.

Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.

Fait à Toulouse le 22 octobre 2024.

La présidente du tribunal,

I. CARTHE MAZERES

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

2403007

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