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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2403389

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2403389

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2403389
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantBOUIX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 juin 2024, Mme C B A, représentée par Me Bouix, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 janvier 2024 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de

trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " étudiant ", et à défaut de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, et dans l'attente de lui remettre, dès notification de cette décision, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros hors taxe à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du

10 juillet 1991, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondante à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :

- il est entaché d'un défaut de motivation ;

- il est entaché d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

- elle est illégale en raison de l'illégalité du refus de l'admettre au séjour.

La requête a été communiquée au préfet de la Haute-Garonne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Mme B A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 15 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et de l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont régulièrement été averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Gigault a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C B A, ressortissante mexicaine née le 1er juillet 1989 à Mexico (Mexique), est entrée en France le 28 août 2018 sous couvert d'un visa de long séjour " étudiant " valable jusqu'au 25 août 2019. A compter du 11 octobre 2019, ses titres de séjour ont régulièrement été renouvelés et ce, jusqu'au 10 décembre 2022. Le 9 décembre 2022, elle a fait une demande de renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiante. Par un arrêté en date du 26 janvier 2024, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Mme B A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

2. En premier lieu, il ressort des termes de l'arrêté litigieux que le préfet de la

Haute-Garonne a visé les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à la situation de Mme B A, et notamment son article

L. 422-1. Le préfet a également mentionné la date d'entrée en France de l'intéressée et son parcours universitaire. Il a indiqué que Mme B A n'avait validé aucune des années universitaires suivies et n'a pas été assidue en cours et a ainsi précisé les éléments déterminants l'ayant conduit à prendre sa décision. Par suite, l'arrêté contesté comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et qui ont permis à la requérante d'en discuter utilement. Ainsi, le moyen tiré d'un défaut de motivation doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an () ". L'article L. 433-1 du même code dispose que : " () le renouvellement de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte () ". Il appartient au préfet, lorsqu'il est saisi par un étranger d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour délivré sur le fondement des études, de rechercher si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études et d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies en tenant compte de l'assiduité, de la progression et de la cohérence du cursus suivi.

4. Le préfet de la Haute-Garonne a refusé l'admission au séjour de

Mme B A au motif qu'elle ne justifiait pas du caractère réel et sérieux de ses études compte tenu de l'absence de succès ou progression significative en quatre années de présence en France et de son absentéisme injustifié durant toutes ses années d'étude en France. Mme B A indique qu'elle a rencontré des difficultés dans le suivi de ses études de psychologie, raison pour laquelle elle s'est réorientée en médecine chinoise. Toutefois, la requérante s'abstient de préciser la nature de ces difficultés et il ne ressort pas des pièces du dossier que son parcours, qui l'a conduite à être ajournée à trois reprises à la suite des examens de première année de licence de psychologie, aurait été suivi avec sérieux. Aucune des pièces du dossier ne vient par ailleurs justifier de l'inscription en médecine chinoise dont elle se prévaut ou des résultats qu'elle aurait obtenu après cette réorientation. Dans ces conditions, Mme B A n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne aurait commis une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ce moyen doit être écarté.

5. En troisième lieu, en l'absence d'argumentation spécifique, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de la requérante doit également être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

6. En l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme B A doivent être rejetées, tout comme celles aux fins d'injonction et d'astreinte.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme à verser au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B A, au préfet de la Haute Garonne et Me Bouix.

Délibéré après l'audience du 25 septembre 2024, où siégeaient :

- Mme Arquié, présidente,

- Mme Gigault, première conseillère,

- M. Zabka, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.

La rapporteure,

S. GIGAULT

La présidente,

C. ARQUIE

Le greffier,

B. ROETS

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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