jeudi 3 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2404915 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | COHEN |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 9 août 2024, sous le n° 2404915, M. B A, représenté par Me Cohen, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 mars 2024 du préfet de la Haute-Garonne portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre au même préfet de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat cette même somme par la seule application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé, ce qui révèle un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- le refus de renouveler sa carte de séjour est entaché d'erreur d'appréciation dès lors que la pathologie dont il souffre nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il justifie être dans l'impossibilité d'accéder à ces soins indispensables dans son pays d'origine ;
- il méconnaît son droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il bénéficie de suivis médicaux spécialisés en France ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est privée de base légale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus d'admission au séjour ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation eu égard à la gravité des conséquences de son exécution sur sa situation personnelle ;
- la décision fixant le pays de renvoi est entachée de défaut de base légale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 10 juillet 2024.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 29 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 novembre 2024 à 12 heures.
II. Par une requête, enregistrée le 9 août 2024, sous le numéro 2404916, Mme C A, représentée par Me Cohen, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 mars 2024 du préfet de la Haute-Garonne portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre au même préfet de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation, sous astreinte de 50 euros à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat cette même somme par la seule application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé, ce qui révèle un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- le refus de l'admettre au séjour est entaché d'erreur d'appréciation dès lors que la pathologie dont souffre son époux nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité alors qu'il justifie être dans l'impossibilité d'accéder à ces soins indispensables dans son pays d'origine ;
- il méconnaît son droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle accompagne son époux malade, qui bénéficie de suivis médicaux spécialisés en France, et que le couple est présent sur le territoire français depuis six ans ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est privée de base légale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus d'admission au séjour ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation eu égard à la gravité des conséquences de son exécution sur sa situation personnelle ;
- la décision fixant le pays de renvoi est entachée de défaut de base légale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 10 juillet 2024.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 29 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 novembre 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lejeune a été lu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A, ressortissants albanais, nés respectivement le 12 mai 1976 et le 27 février 1978 en Albanie déclarent, sans en apporter la preuve, être entrés sur le territoire français le 27 octobre 2018. M. A a présenté une demande d'asile le 16 novembre 2018, définitivement rejetée par ordonnance du 28 février 2020 de la Cour nationale du droit d'asile. Le 27 juillet 2020, M. A a néanmoins été admis au séjour en France en raison de son état de santé et s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an, valable jusqu'au 3 novembre 2023. Le 18 septembre 2023, il a demandé le renouvellement de son droit au séjour en France pour motif humanitaire tiré de son état de santé. Par un arrêté du 19 mars 2024, le préfet de la Haute-Garonne a refusé d'admettre M. A au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme A a présenté une demande d'asile le 16 septembre 2018, définitivement rejetée par ordonnance du 23 janvier 2020 de la Cour nationale du droit d'asile. Le 14 décembre 2020, elle a néanmoins été admise au séjour en France en raison de l'état de santé de son époux M. A et s'est vue délivrer une autorisation provisoire de séjour, qu'elle a régulièrement renouvelée jusqu'au 3 mai 2024. Le 15 février 2024, Mme A a sollicité son admission au séjour en raison de l'état de santé de son époux ainsi que pour motif familial. Par un arrêté du 19 mars 2024, le préfet de la Haute-Garonne a refusé d'admettre Mme A au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. et Mme A contestent ces arrêtés du 19 mars 2024 devant le présent tribunal, chacun en ce qui le concerne.
Sur les conclusions de la requête n° 2404915 présentée par M. A :
En ce qui concerne l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. A :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 10 juillet 2024. Par suite, il n'y a pas lieu de se prononcer sur son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
En ce qui concerne la légalité du refus de renouvellement du droit au séjour de M. A :
4. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. / () ".
5. Il résulte des pièces du dossier que M. A a souffert d'une néphropathie vasculaire avec une insuffisance rénale chronique à compter de l'année 2017, qui a été prise en charge médicalement en France à compter de son arrivée sur le territoire français au cours de l'année 2018. En l'absence de transplantation rénale, M. A était contraint de subir des hémodialyses trois fois par semaine pendant quatre heures. Toutefois, il ressort du rapport médical destiné au collège des médecins de l'OFII que M. A a bénéficié d'une transplantation rénale le 14 octobre 2021. Il ressort en particulier d'un compte-rendu d'une consultation post- transplantation rénale du 16 août 2023 que la situation néphrologique de M. A était " parfaitement stable à bientôt 2 ans d'une première transplantation rénale ". Aux termes de ce même compte-rendu, M. A est décrit comme étant en " excellente forme, il n'a aucune plainte fonctionnelle particulière, l'examen cardiopulmonaire et abdominal est normal ". Il est également précisé que la situation est " tout à fait correcte " au plan biologique. Par ailleurs, une scintigraphie du myocarde pratiquée le 29 août 2023 confirme que l'état de santé de M. A ne présente aucune anomalie post-opératoire. Ainsi, M. A fait actuellement l'objet d'un suivi médical post-transplantation rénale et est astreint à s'administrer un certain nombre de médicaments, dont il produit d'ailleurs la liste nominative.
6. Par un avis du 21 décembre 2023, le collège des médecins de l'OFII a estimé que l'état de santé de M. A nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, l'Albanie, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Or, M. A se borne à soutenir, sans en apporter la preuve, que les médicaments qui lui sont indispensables ne sont pas disponibles dans son village d'origine, dès lors que les pharmacies qui s'y trouvent n'en disposeraient pas. Dès lors, M. A n'établit pas ne pas pouvoir bénéficier d'un traitement adapté à son état de santé dans son pays d'origine. Il en résulte que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne a entaché son arrêté d'erreur d'appréciation.
7. Par ailleurs, si M. A soutient que le refus de renouveler son titre de séjour méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'apporte aucun élément probant à l'appui de ce moyen en se bornant à se prévaloir des suivis médicaux dont il bénéficie en France.
8. Par suite, M. A n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour.
En ce qui concerne la légalité des autres décisions contestées :
9. D'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents / () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré sur le territoire français au cours de l'année 2018, à l'âge de quarante-six ans, accompagné de son épouse, qui fait elle-même l'objet d'un refus de titre de séjour et d'une mesure d'éloignement. L'intéressé a vécu l'essentiel de sa vie en dehors du territoire français. Par ailleurs, il ne soutient pas, ni même n'allègue être en charge d'une famille. Aussi, M. A ne démontre pas disposer de liens personnels et familiaux en France qui seraient anciens, intenses et stables. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet méconnaîtrait son droit au respect de la vie privée et familiale.
11. D'autre part, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays à destination duquel il pourra être renvoyé serait entaché d'illégalité par voie de conséquence.
En ce qui concerne les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
12. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans le cadre de la présente affaire, il n'y a pas lieu de mettre une somme d'argent à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête n° 2404915 de M. A doit être rejetée.
Sur les conclusions de la requête n° 2404916 présentée par Mme A :
14. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
15. Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 10 juillet 2024. Par suite, il n'y a pas lieu de se prononcer sur son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
En ce qui concerne la légalité des décisions contestées :
16. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. " En vertu du 3° de l'article L. 611-1 du même code, l'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsque ce dernier s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour.
17. En premier lieu, pour contester le refus du préfet de la Haute-Garonne de lui accorder un titre de séjour, la requérante se borne à soutenir qu'elle est présente sur le territoire français pour accompagner son époux, M. A, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité. La requérante soutient que le traitement qui est indispensable à son époux n'est pas disponible dans leur pays d'origine. Toutefois, M. A fait lui-même l'objet d'un refus de renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étranger malade dont l'illégalité n'a pas été établie dès lors que, ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement, il ne démontre pas ne pas être en mesure de bénéficier d'un traitement adapté dans son pays d'origine. Il en résulte que Mme A n'est pas fondée à soutenir que sa présence en France est nécessaire pour l'accompagnement de son époux. Par suite, Mme A ne justifie pas satisfaire aux conditions prévues par l'article L. 423-23 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen doit être écarté.
18. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme A est entrée sur le territoire français au cours de l'année 2018, à l'âge de 42 ans, accompagnée de son époux qui fait lui-même l'objet d'une mesure d'éloignement. L'intéressée a ainsi vécu l'essentiel de sa vie en dehors du territoire français. Hormis l'accompagnement qu'elle prodigue à son époux, Mme A ne soutient, ni même n'allègue supporter une charge de famille, alors même qu'il ressort de l'arrêté contesté que le fils majeur du couple est présent sur le territoire français, et fait lui-même l'objet d'une mesure d'éloignement. Aussi, Mme A ne démontre pas disposer de liens personnels et familiaux en France qui seraient anciens, intenses et stables. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision du préfet de la Haute-Garonne refusant de lui accorder un titre de séjour méconnaîtrait son droit au respect de la vie privée et familiale. Pour les mêmes motifs, elle n'est pas davantage fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français dont elle fait l'objet porterait une atteinte disproportionnée à ce même droit.
19. En dernier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays à destination duquel elle pourra être renvoyée serait entachée d'illégalité par voie de conséquence.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées, ainsi que ses conclusions tendant au prononcé d'une injonction.
En ce qui concerne les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
21. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans le cadre de la présente affaire, il n'y a pas lieu de mettre une somme d'argent à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de se prononcer sur l'admission provisoire de M. et Mme A à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les requêtes no 2404915 de M. A et n° 2504916 de Mme A sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Mme C A et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 20 mars 2025, à laquelle siégeaient :
M. Clen, président,
M. Quessette, premier conseiller,
Mme Lejeune, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2025.
La rapporteure,
A. LEJEUNE
Le président,
H. CLEN
La greffière,
S. SOLANA
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Nos 2404915, 2404916
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE01300
31/03/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE01592
31/03/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE01849
31/03/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE01908
31/03/2026