mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2405225 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SERDAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 août 2024, la commune de Carbes, représentée par Me Arnaud-Laur :
1°) de condamner in solidum l'EURL Claude Gimbergues et la SAS Chevrin-Geli à lui payer la somme provisionnelle de 112 416,03 euros majorée des intérêts légaux à compter du dépôt de sa requête ;
2°) de les condamner in solidum à lui verser une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a créé deux appartements à usage locatif dans un ancien presbytère, et fait réaliser les réseaux d'eaux pluviales et usées et l'aménagement des cours ;
- la maîtrise d'œuvre complète de conception et direction de chantier, y compris la réception, a été confiée à l'EURL Claude Gimbergues, par contrat du 2 octobre 2017 ;
- sur la base du CCTP élaboré par le maître d'œuvre, et suivant acte d'engagement du 11 septembre 2018, le lot maçonnerie a été confié à la SAS Chevrin-Geli ;
- les travaux ont été réceptionnés le 3 février 2020 et les réserves levées le 10 février 2020 ;
- les appartements ont été mis en location ;
- courant 2021, des phénomènes d'humidité sont apparus dans le logement du rez-de-chaussée ;
- les experts mandatés par les compagnies d'assurance se sont réunis en mars 2022, des travaux ont été réalisés, mais n'ont pas mis fin aux désordres ;
- sur requête en référé, du 2 novembre 2022, le tribunal administratif a désigné un expert, qui a déposé son rapport le 4 mars 2024 ;
- l'expert judiciaire a plus particulièrement constaté, à l'extérieur de l'immeuble, que la façade Sud présente des spectres d'humidité et une fissure verticale, et la façade Nord présente des traces d'humidité visibles sur 1 à 1,80 mètre de haut, sur toute la longueur et, à l'intérieur de l'immeuble, l'appartement du rez-de-chaussée présente des désordres de type humidité des doublages avec développement de moisissures, plus particulièrement sur le doublage Nord, contre le mur enterré, et dans la partie cuisine/cellier ;
- ces désordres se sont accrus entre les réunions des 16 mars et 14 septembre 2023, les moisissures s'étant développées en plafond de la cuisine, du séjour ainsi que sur les poutres ;
- selon l'expert, la cause des désordres réside dans le fait que le mur enterré, côté église, est dépourvu d'un dispositif d'étanchéité, les murs pignon en retour n'en comportant pas non plus ;
- selon l'expert, à l'époque des travaux, le DTU 20.1 d'octobre 2008, pour les locaux classés en 1ère catégorie (locaux habitables), quand ils sont enterrés, préconisait la mise en œuvre d'un revêtement d'étanchéité ;
- le revêtement mis en place est un simple enduit d'imprégnation non compatible avec la destination des locaux ;
- il faut aussi détalonner 6 portes sans que ce défaut constitue la cause des désordres ;
- selon l'expert, les désordres trouvent leur origine dans une faute de conception, le maître d'œuvre n'ayant pas prescrit le complexe d'étanchéité ;
- l'entreprise Chevrin-Geli a respecté le marché mais a exécuté un ouvrage non conforme aux règles de l'art ;
- l'appartement ne peut être utilisé à sa destination ;
- les réparations exigent le doublage du mur Nord enterré et des deux retours en pignon, la dépose des éléments sur ces zones (électricité, VMC meubles de cuisine, sèche serviette, faïence, bac à douche) pour repose et réfection, la réalisation d'une ossature béton armé calculée en fissuration très préjudiciable afin de recevoir un cuvelage compatible avec les suppressions des eaux amont, la réfection du doublage des trois murs, le détapissage de la totalité des murs de l'appartement, un traitement anticryptogamique des doublages et cloisons conservés et le tapissage ;
- un cabinet d'architecte a évalué le coût des travaux ; ce coût et la maîtrise d'œuvre se montent à 80 694,03 euros ;
- s'ajoutent la facture du cabinet Cabrol et Beauvois concernant le chiffrage des travaux, soit 7 680 euros, le préjudice lié à l'impossibilité de louer le logement pendant 30 mois, pour 17 400 euros, les frais de constat et honoraires d'intervention de M. A et les frais de l'expertise soit 5 379,55 euros ;
- le total est une créance non sérieusement contestable de la commune contre l'EURL Claude Gimbergues et la SAS Chevrin-Geli.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 novembre 2024, l'EURL Claude Gimbergues, représentée par Me Leridon, conclut :
1°) à ce que la créance soit limitée à la somme de 80 694,63 euros et au surplus du rejet de la requête ;
2°) à ce que la SAS Chevrin-Geli soit condamnée à la garantir de la moitié des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre.
Elle soutient que :
- selon les principes définis par les articles 1792 et suivants du code civil, l'entrepreneur lié par contrat avec le maître de l'ouvrage est tenu d'une présomption de responsabilité, dont il ne peut s'exonérer que par la preuve d'une cause étrangère (force majeure ou faute du maître d'ouvrage) ;
- elle n'a pas exercé la moindre contrainte à l'égard de l'entreprise qui a réalisé ses travaux en toute liberté et, surtout, en parfaite connaissance de cause et, en tant que professionnel du bâtiment, est tenue de respecter les règles de l'art telles qu'elles sont définies par les DTU (documents techniques unifiés) visés par l'expert dans son rapport ;
- il lui appartenait soit de refuser d'effectuer les travaux, soit d'émettre immédiatement des réserves écrites auprès de son client, ce qu'elle n'a pas fait ;
- dans ces conditions, sa responsabilité est au moins aussi importante que celle du maître d'œuvre ;
- le montant des travaux de réparation s'élève à la somme de 80 694,63 euros qui constitue la limite de l'obligation des défendeurs, ce qui exclut les pertes de loyers ;
- au surplus les travaux dureront seulement 5 mois, soit une perte de loyers de seulement 2 900 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2024, la SAS Chevrin-Geli, représentée par Me Serdan, conclut :
1°) à titre principal au rejet de la requête ;
2°) subsidiairement à ce que l'EURL Claude Gimbergues soit condamnée à la relever et garantir la société des condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre ;
3°) de limiter la demande provisionnelle à une plus juste appréciation ;
4°) en toute hypothèse de mettre à la charge de la commune de Carbes, ou tout succombant, une somme de 3 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'expert n'a pas retenu sa responsabilité ;
- la créance de la commune de Carbes n'est donc pas sérieusement contestable ;
- elle n'était pas en mesure de contester le choix du concepteur ;
- l'expert chiffre les travaux à une somme comprise entre 79 314,20 euros TTC et 80 694,83 euros TTC ;
- la commune formule sa demande provisionnelle sur l'estimation la plus haute sans en justifier la raison ;
- le chiffrage des travaux de reprise retenu par l'expert inclut le détalonnage porte pour un montant de 251,79 euros qui n'est imputable ni à elle-même, ni à la maîtrise d'œuvre ;
- pour les frais de chiffrage des travaux de reprise, la commune de Carbes sollicite la somme de 7 680 euros TTC correspondant à la facture du cabinet Cabrol et Beavois ;
- cette somme correspond environ à 10% du montant des travaux de reprise ce qui est très important s'agissant d'un simple chiffrage des travaux de reprise ;
- le pourcentage évoqué correspondrait au coût d'une maîtrise d'oeuvre avec suivi de chantier ; l'expert judiciaire est de cet avis tel qu'il l'évoque en page 28 de son rapport d'expertise ;
- ces frais se confondent avec les frais de maîtrise d'oeuvre retenus par l'expert judiciaire dans l'estimation du montant des travaux de reprise. Il évalue la maîtrise d'oeuvre complète de l'opération entre 8 283,78 euros et 9 664,41 euros TTC ;
- or la maîtrise d'oeuvre complète comprend notamment le chiffrage des travaux et la consultation des entreprises ;
- la commune a seulement perdu une chance de louer le logement ; sa créance n'est pas non sérieusement contestable ;
- la commune a fait le choix de s'attraire les services d'un expert privé dans le cadre de l'expertise judiciaire ;
- ce choix était parfaitement facultatif notamment lorsque la commune sollicite une somme importante au titre des frais de chiffrage des travaux de reprise qui auraient pu être réalisés par l'expert privé où par la maîtrise d'oeuvre dont elle demande également de paiement à titre provisionnel ; les frais d'expert privé ne sont pas justifiés dans leur principe ;
- compte tenu de l'imputabilité des désordres à l'EURL Claude Gimbergues, cette dernière doit être condamnée à la relever et garantir des condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre.
Par ordonnance en date du 10 décembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 janvier 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal par intérim a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. En 2017, la commune de Carbes a entrepris de réaliser des travaux d'aménagement d'un ancien presbytère en logements communaux à usage locatif. Elle a confié la maîtrise d'œuvre de l'opération à l'EURL Claude Gimbergues. Le lot maçonnerie a été confié à la SAS Chevrin-Geli. La réception des travaux a été prononcée le 3 février 2020 avec réserves, levées le 10 février 2020. La commune de Carbes a saisi, le 2 novembre 2022, le juge des référés du tribunal aux fins d'expertise judiciaire compte tenu de présence d'humidité sur les parties extérieures et intérieures de l'ouvrage. L'expert a déposé son rapport le 4 mars 2024. Par la présente requête, la commune de Carbes demande, sur le fondement de la garantie décennale, la condamnation solidaire de l'EURL Claude Gimbergues et de la SAS Chevrin-Geli à lui payer la somme provisionnelle de 112 416,03 euros.
Sur la provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
3. Il résulte des principes qui régissent la responsabilité décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.
4. L'expert, désigné par le tribunal, a, plus particulièrement constaté, d'une part, à l'extérieur de l'immeuble, que la façade Sud présente des spectres d'humidité et une fissure verticale, et la façade Nord, des traces d'humidité visibles sur 1 à 1,80 mètre de haut, sur toute la longueur et, d'autre part, qu'à l'intérieur de l'immeuble, l'appartement du rez-de-chaussée présente des désordres de type humidité des doublages avec développement de moisissures, plus particulièrement sur le doublage Nord, contre le mur enterré, dans la partie cuisine/cellier, sur plafond de la cuisine, du séjour ainsi que sur les poutres. Selon l'expert, la cause des désordres réside dans le fait que le mur enterré, côté église, est dépourvu d'un dispositif d'étanchéité, les murs pignon en retour n'en comportant pas non plus. L'expert a également estimé que 6 portes n'avaient pas été suffisamment détalonnées, ce qui ne favorise pas l'aération des pièces, sans toutefois, que cela constitue une cause déterminante de l'humidité et des moisissures.
5. Ces désordres, présentant un caractère évolutif, rendent l'ouvrage impropre le logement à sa destination. Par suite, la commune de Carbes est recevable à rechercher la responsabilité décennale des constructeurs à l'origine de ces désordres.
6. L'expert préconise de réaliser un doublage du mur Nord enterré et des deux retours en pignon, la dépose des éléments sur ces zones (électricité, VMC meubles de cuisine, sèche serviette, faïence, bac à douche) pour repose et réfection, la réalisation d'une ossature en béton armé calculée de telle sorte qu'elle puisse résister à une humidité très importante, afin de recevoir un cuvelage compatible avec les suppressions des eaux amont, la réfection du doublage des trois murs, le détapissage de la totalité des murs de l'appartement, un traitement anticryptogamique des doublages et cloisons conservés et le tapissage. Il estime aussi qu'il y a lieu de reprendre des ouvrages regards d'amont pour les eaux pluviales et de détalonner 6 portes.
7. Le détalonnage des 6 portes représente un coût de 251,79 euros, qui n'est pas imputable, dans le cadre de la garantie décennale, à l'EURL Claude Gimbergues ni à la SAS Chevrin-Geli.
8. Les travaux sont chiffrés par l'expert à une somme comprise entre 79 314,20 euros TTC et 80 694,83 euros TTC, selon le coût de la maîtrise d'œuvre, variant entre 8 283,78 euros et 9 664,41 euros TTC et de laquelle il y a lieu de retirer le coût du détalonnage des 6 portes, soit 251,79 euros.
9. Les frais de maitrise d'œuvre, inclus par l'expert dans le chiffrage des travaux, pour un montant de 9 664,41, peuvent être retenus, mais dans un tel cas la demande de la commune tendant à ce que soient ajoutés à ces frais, des honoraires de maitrise d'œuvre d'un montant de 7 680 euros, n'est pas non sérieusement contestable.
10. Il résulte de ce qui précède que l'EURL Claude Gimbergues et la SAS Chevrin-Geli doivent être solidairement condamnées à payer à la commune de Carbes une somme provisionnelle de 80 443,04 euros, majorée des intérêts légaux à compter du 27 août 2024.
11. La commune de Carbes demande que soient inclus dans son préjudice des frais de constat et honoraires d'intervention de M. A, pour un montant de 1 261,65 euros dont l'utilité n'est pas non sérieusement contestable.
12. La commune de Carbes fait également valoir que le locataire qui occupait le logement du rez-de-chaussée a quitté ce logement fin août 2022. Elle n'a pu remettre le logement en location en raison des désordres dont il était affecté. Elle invoque un préjudice de 580 euros/mois à compter du 1er septembre 2022. Contrairement, d'une part, à ce que soutient l'EURL Claude Gimbergues, le préjudice n'est pas seulement lié à la durée des travaux, évaluée à 5 mois. Contrairement, d'autre part, à ce que soutient la SAS Chevrin-Geli, il ne s'agit pas non plus seulement d'une perte de chance de louer le logement, celui-ci présentant des causes d'insalubrité, faisant obstacle à sa mise en location. La créance de la commune de Carbes n'est donc pas sérieusement contestable pour la période courant du 1er septembre 2022 jusqu'aux 5 mois suivant le dépôt de son rapport par l'expert, pour tenir compte de la durée des travaux, soit 24 mois et 13 920 euros, dès lors que la commune pouvait démarrer les travaux dès le dépôt le 4 mars 2024 du rapport de l'expert. Cette somme doit également être mise à la charge solidaire des EURL Claude Gimbergues et SAS Chevrin-Geli, majorée des intérêts au taux légal à compter du 27 août 2024.
13. Enfin, la commune détient également, à l'encontre des EURL Claude Gimbergues et SAS Chevrin-Geli, une créance non sérieusement contestable, correspondant aux frais d'expertise dont elle a fait l'avance, soit 5 379,55 euros.
14. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'EURL Claude Gimbergues et la SAS Chevrin-Geli à payer à la commune de Carbes, la somme de 94 363,04 euros, majorée de l'intérêt au taux légal depuis le 27 août 2024, ainsi que la somme de 5 379,55 euros.
Sur les appels en garantie :
15. Les regards fuyards résultent d'un défaut d'exécution par la SAS Chevrin-Geli, qui, par suite n'est pas fondée à demander à être garantie par l'EURL Claude Gimbergues du coût de la reprise des regards, soit 947,10 euros. En revanche, il résulte de l'instruction, que les autres désordres sont exclusivement imputables à une erreur de conception de l'EURL Claude Gimbergues, qui n'a pas prescrit le complexe d'étanchéité nécessaire et qui ne peut demander à être garantie à hauteur de 50% du total des montants de 94 363,04 euros et 5 379,55 euros par la SAS Chevrin-Geli laquelle a strictement exécuté son contrat. En revanche, l'EURL Claude Gimbergues doit être condamnée à garantir intégralement la SAS Chevrin-Geli à hauteur des sommes de 93 415,94 euros et 5 379,55 euros.
Sur les frais du litige :
16. Dans les circonstances de l'espèce, il y a seulement lieu de mettre à la charge de l'EURL Claude Gimbergues une somme de 2 000 euros à verser à la commune de Carbes sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions des autres parties fondées sur ces mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : L'EURL Claude Gimbergues et la SAS Chevrin-Geli sont solidairement condamnées à payer à la commune de Carbes les sommes provisionnelles de 94 363,04 euros et 5 379,55 euros.
Article 2 : La somme de 94 363,04 euros est majorée de l'intérêt au taux légal à compter du 27 septembre 2024.
Article 3 : La SAS Chevrin-Geli devra intégralement garantir l'EURL Claude Gimbergues à hauteur de la somme de 947,10 euros.
Article 4 : L'EURL Claude Gimbergues devra intégralement garantir la SAS Chevrin-Geli à hauteur des sommes de 94 363,04 euros et 5 379,55 euros.
Article 5 : L'EURL Claude Gimbergues versera à la commune de Carbes une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Carbes, à l'EURL Claude Gimbergues et à la SAS Chevrin-Geli.
Fait à Toulouse, le 28 janvier 2025.
La juge des référés,
A. WOLF
La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
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