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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2503647

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2503647

vendredi 18 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2503647
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse a été saisi par M. A pour contester un indu de 7 755,62 euros réclamé par France Travail au titre de l'aide à la reprise ou à la création d'entreprise (ARCE). Le juge a constaté que, conformément aux articles L. 5312-1 et L. 5312-12 du code du travail, les litiges relatifs à cette prestation relèvent de la compétence du juge judiciaire, et non de la juridiction administrative. Par conséquent, la requête a été rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 mai 2025, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision reçue le 10 mars 2025 par laquelle France Travail Occitanie (anc. Pôle emploi) lui réclame la somme de 7 755,62 euros.

M. A soutient que :

- il a vainement contesté l'indu auprès de Pôle emploi ;

- il souhaite continuer à développer son activité.

Par un courrier du 22 mai 2025, le greffe du tribunal a demandé à M. A de régulariser sa requête par la production de la décision contestée ou du document justifiant de la date de dépôt de sa demande auprès de l'administration.

Par un mémoire enregistré le 1er juin 2025, M. A a produit une mise en demeure avant poursuites en justice émise par France Travail le 9 mai 2025 pour le remboursement de la somme de 7 755,62 euros au titre de l'aide à la reprise ou à la création d'entreprise (ARCE).

Par un courrier du 18 juin 2025, le greffe du tribunal a demandé à M. A de régulariser sa requête par la production de la décision mettant à sa charge l'indu en litige.

Une pièce a été enregistrée pour M. A le 20 juin 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

En application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges visés audit article.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () ".

2. Aux termes de l'article L. 5312-1 du code du travail, dans sa rédaction applicable au litige : " L'opérateur France Travail est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière qui a pour mission de : () 4° Assurer, pour le compte de l'organisme gestionnaire du régime d'assurance chômage, le service de l'allocation d'assurance et de l'allocation des travailleurs indépendants et, pour le compte de l'État, le service des allocations de solidarité prévues à la section 1 du chapitre III du titre II du livre IV de la présente partie, des allocations mentionnées à l'article L. 5424-21, de l'aide prévue au II de l'article 136 de la loi n° 96-1181 du 30 décembre 1996 de finances pour 1997, des sommes restant dues au titre du versement de l'allocation équivalent retraite prévue à l'article L. 5423-18, dans sa rédaction antérieure au 1er janvier 2009, et des sommes restant dues au titre de la prime forfaitaire prévue à l'article L. 5425-3, dans sa rédaction antérieure au 1er septembre 2017, ainsi que le service de toute autre allocation ou aide dont l'État lui confierait le versement par convention (). ". Aux termes de l'article L. 5312-12 du même code : " Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l'institution, pour le compte de l'organisme chargé de la gestion du régime d'assurance chômage ou de l'État sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution. ".

3. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 13 février 2008 relative à la réforme de l'organisation du service public de l'emploi dont elles sont issues, que le législateur a entendu prévoir que la réforme, qui s'est notamment caractérisée par la substitution de Pôle emploi, devenu France Travail à compter du 1er janvier 2024, à l'Agence nationale pour l'emploi et aux associations pour l'emploi dans l'industrie et le commerce (Assédic), reste sans incidence sur le régime juridique des prestations et sur la juridiction compétente pour connaître du droit aux prestations, notamment sur la compétence de la juridiction judiciaire s'agissant de l'aide à la reprise ou à la création d'entreprise.

4. La requête de M. A est relative à un indu d'aide à la reprise ou à la création d'entreprise. Il résulte des dispositions précitées du code du travail que le litige ainsi soulevé relève de la compétence du juge judicaire, ainsi que le mentionne d'ailleurs la décision du 23 avril 2025 par laquelle France Travail a rejeté le recours de M. A. Par suite, la requête de M. A doit être rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Toulouse, le 18 juillet 2025.

Le magistrat désigné,

Alain C

La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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