vendredi 5 septembre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2504727 |
| Type | Décision |
| Recours | Question préjudicielle |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juin 2025, la SARL " Queen's house by Sana ", agissant sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, demande au juge des référés de désigner un expert économique aux fins d'évaluer le préjudice subi par son activité, du fait des travaux de la future 3ème ligne de métro pour la période du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2025.
Elle soutient que ces travaux pénalisent l'exploitation de son commerce.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2025, Tisséo Ingénierie informe le juge des référés qu'elle ne s'oppose pas à la requête de la SARL " Queen's house by Sana " et demande qu'un premier rapport provisoire soit remis par l'expert aux fins de chiffrer l'éventuel préjudice subi sur la période précédant sa désignation ainsi qu'une indemnité provisionnelle qui pourrait être versée au commerce en fonction de ses besoins de trésorerie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision du 1er mars 2025 par laquelle la présidente du tribunal administratif a désigné Mme Viseur-Ferré, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. Il résulte de l'instruction qu'eu égard au déroulement du chantier de la troisième ligne de métro et dans l'intérêt du bon fonctionnement de la justice, cette expertise apparait utile. Compte tenu du calendrier des travaux, l'appréciation du préjudice économique pourra porter sur la période du 1er janvier 2025 jusqu'à la date de fin des travaux impactant l'exploitation du commerce, telle que fixée par la commission d'indemnisation amiable et, à tout le moins jusqu'au 31 décembre 2025. Il y a lieu, par suite, d'ordonner l'expertise et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
ORDONNE :
Article 1er : Il sera procédé à une expertise au contradictoire de la SARL " Queen's house by Sana " et de Tisséo Ingénierie, avec mission pour l'expert :
- de réunir tous documents appropriés à l'appréciation du chiffre d'affaires réalisé par la SARL " Queen's house by Sana " pour la période du 1er janvier 2025 jusqu'à la date de fin des travaux impactant l'exploitation du commerce, telle que fixée par la commission d'indemnisation amiable et, à tout le moins jusqu'au 31 décembre 2025 ;
- de déterminer si l'évolution du chiffre d'affaires au cours de cette période constitue un préjudice économique ayant pour cause l'exécution des travaux de la 3ème ligne du métro à Toulouse réalisés par Tisséo Ingénierie ;
- d'évaluer, dans ce cas, ce préjudice économique en identifiant notamment, de manière très précise, la détermination du chiffre d'affaires de référence, l'analyse et le calcul de la perte de marge sur coût variable sur la période, les éventuelles économies sur les charges fixes réalisées par le commerce ainsi que le montant de l'indemnité préconisé selon l'examen des points étudiés ci-avant et le montant mensuel préconisé à verser jusqu'à l'établissement du rapport de clôture annuel ;
- d'assister à la commission d'indemnisation amiable de Tisséo ingénierie, au besoin par visioconférence, et de fournir tous éléments utiles à sa décision ;
- d'apporter au tribunal tous éléments utiles à la solution d'un litige dont il serait saisi.
Article 2 : M. B A, demeurant 25 bis, avenue Dassault à Toulouse (31500), est désigné comme expert.
Article 3 : L'expert pourra, s'il l'estime opportun, établir un pré-rapport et le communiquer aux parties en leur impartissant un délai pour présenter leurs dires et leurs observations sur les dires.
Article 4 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il déposera tout d'abord, dans un délai d'un mois, un premier rapport provisoire permettant de chiffrer, d'une part, l'éventuel préjudice subi depuis le début des travaux et, d'autre part, une indemnité provisionnelle qui pourrait être versée au commerce selon une périodicité à définir en fonction de ses besoins en trésorerie.
Il déposera ensuite un rapport portant sur la période du 1er janvier 2025 au 30 juin 2025, qui sera déposé au plus tard le 30 novembre 2025, et un rapport portant sur l'année civile 2025, qui sera déposé au plus tard le 15 juin 2026. Chaque rapport sera déposé sous forme électronique par le biais de " Transfert Pro ". Il notifiera copie dudit rapport aux parties. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 5 : Préalablement à toute opération, l'expert procédera aux déclarations prévues à l'article R. 621-3. Si l'expert n'a pas prêté serment lors de son inscription initiale sur le tableau établi par la cour administrative d'appel du ressort ou lors de son inscription sur l'une des listes prévues par la loi n° 71-498 du 29 juin 1971, il prêtera par écrit le serment prévu par l'article R. 221-15-1.
Article 6 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle la présidente du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL " Queen's house by Sana ", à Tisséo Ingénierie et à M. B A, expert.
Fait à Toulouse, le 5 septembre 2025.
La vice-présidente, juge des référés,
Cécile VISEUR-FERRÉ
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
Le greffier,
Tribunal Administratif de Pau — N° TA64-2400864
Le Tribunal Administratif de Pau, statuant par ordonnance, rejette la requête de Mme A... comme étant manifestement irrecevable. Le litige concernait une altercation professionnelle et ses suites, mais la requérante n'a pas formulé de conclusions légales, telles que la demande d'annulation d'une décision administrative ou d'une condamnation pécuniaire, malgré une mise en demeure de régularisation. Le juge a appliqué les articles R. 222-1, R. 421-1 et R. 411-1 du code de justice administrative pour constater cette irrecevabilité, rappelant que le juge administratif ne peut se substituer à l'administration.
18/03/2026
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2303678
Le Tribunal Administratif de Rennes, saisi d'une question préjudicielle, a jugé que le « Bâtiment des défis » appartenait au domaine privé de Lorient Agglomération. Le tribunal a considéré que ce bâtiment, affecté à une activité commerciale et non accessible au public, n'était ni affecté à un service public ni spécialement aménagé pour les besoins d'un tel service. Cette solution s'appuie sur les critères classiques de la domanialité publique définis par le code général de la propriété des personnes publiques.
12/03/2026
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2304763
Le Tribunal administratif de Rennes a été saisi d'une question préjudicielle concernant la qualification domaniale d'un local loué par une commune et occupé par un institut médico-éducatif (IME), à la suite d'un incendie. La juridiction a jugé que les locaux, affectés à un service public administratif (l'éducation spécialisée) et spécialement aménagés à cette fin, appartenaient au domaine public communal. Cette solution, fondée sur les critères du code général de la propriété des personnes publiques, a pour conséquence d'écarter l'application du régime de responsabilité civile de droit commun invoqué par l'assureur de la collectivité.
12/03/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2502023
Le Tribunal Administratif de Besançon, saisi d'une question préjudicielle par la cour d'appel, a jugé irrecevables les conclusions du dirigeant de la société Auto La Vallée 39 qui demandaient la décharge intégrale de l'impôt. Le tribunal a rappelé que dans le cadre d'une question préjudicielle, les parties ne peuvent présenter que des conclusions relatives aux frais de l'instance et non des demandes nouvelles sur le fond du litige fiscal. La juridiction s'est fondée sur les principes de procédure applicables aux questions préjudicielles, notamment issus du code de justice administrative.
03/03/2026