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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2601000

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2601000

vendredi 27 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2601000
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBESSON

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... demandant la suspension de la décision du ministre de l'intérieur invalidant son permis de conduire pour solde de points nul. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, le requérant n'ayant pas démontré l'impossibilité de recourir à des alternatives temporaires (location d'un véhicule sans permis ou transport par un tiers) pour exercer son activité professionnelle de jardinier paysagiste. L'ordonnance est fondée sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui subordonne la suspension à l'urgence et à un doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 février 2026, M. A... B..., représenté par Me Besson, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 2 octobre 2025 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros, à lui verser en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S’agissant de la condition d’urgence :
- son activité professionnelle de jardinier paysagiste nécessite qu’il soit doté d’un permis de conduire ;
- l’invalidation de son permis de conduire entraîne des conséquences sur sa situation financière, en rendant difficile l’exercice de son activité professionnelle.

S’agissant de la condition tenant à l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :
- la décision en litige a été notifiée à l’adresse de ses parents et non à son adresse personnelle ;
- il aurait dû bénéficier d’un stage de sensibilisation à la sécurité routière, en application des dispositions de l’article L. 223-6 du code de la route ;
- la décision emporte des conséquences disproportionnées sur sa situation personnelle.


Vu :

- la requête en annulation n° 2600982, enregistrée le 7 février 2026 ;
- les autres pièces du dossier.


Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B... a commis plusieurs infractions au code de la route, ayant entraîné une succession de retraits de points sur son permis de conduire. Par une décision référencée « 48SI » du 2 octobre 2025, le ministre de l’intérieur lui a notifié le dernier retrait de points, a récapitulé les décisions de retrait de points antérieures, a constaté un solde de points nul et la perte pour lui du droit de conduire un véhicule et lui a enjoint de restituer son permis de conduire à l’autorité préfectorale, dans un délai de dix jours. Par la requête susvisée, M. B... demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision référencée « 48 SI » du 2 octobre 2025 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul.

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Selon le premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit ( … ) justifier de l’urgence de l’affaire (…) ». Aux termes de l’article L. 522-1 de ce même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». Toutefois, selon l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque son exécution porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.


4. Le requérant soutient que la condition d’urgence est satisfaite dès lors qu’il a besoin d’un véhicule pour exercer son métier de jardinier paysagiste. Il ne démontre cependant pas être dans l’impossibilité de recourir, au moins temporairement, à la location d’un véhicule utilitaire sans permis ou de se faire transporter, sur les chantiers pour lesquels il intervient, par un collègue de travail ou un tiers disposant d’un titre de conduite en cours de validité. Dans ces conditions, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, n'est pas remplie. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter, dans toutes ses conclusions, la requête, sans qu’il soit besoin de rechercher si la condition tenant à l’existence de moyens propres à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en cause est en l’espèce satisfaite.

ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à à M. A... B....

Fait à Toulouse, le 27 février 2026.


La présidente, juge des référés,




Fabienne Billet-Ydier

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme :
La greffière en chef ou, par délégation, la greffière,

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