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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2601516

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2601516

mercredi 25 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2601516
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMAZEAS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulouse, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B..., ressortissant guyanais placé en rétention administrative, qui demandait sa libération immédiate en invoquant sa nationalité française et une atteinte à sa liberté d'aller et venir. Le juge a estimé que la contestation de la décision de placement en rétention relevait de la compétence exclusive du juge des libertés et de la détention (article L. 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile), et non de la juridiction administrative. En conséquence, la requête a été rejetée comme manifestement irrecevable, sans qu'il soit besoin d'examiner l'urgence ou le bien-fondé des moyens soulevés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 février 2026, M. A... C... B..., représenté par Me Mazeas, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521- 2 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’ordonner sa libération immédiate du centre de rétention administrative ;

3°) d’enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de procéder au réexamen de sa situation au regard de son droit au séjour dans l’attente d’une décision de l’autorité judiciaire, dans le délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’il est actuellement retenu au centre de rétention et que son éloignement peut intervenir à tout moment ; son éloignement est très probable dès lors que la mesure de rétention a été prolongée par le juge judicaire ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d’aller et venir du fait d’une rétention illégale dès lors qu’il est de nationalité française ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de la vie familiale garanti par l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; son père, français, l’a reconnu le 15 avril 1996 et il est donc lui-même français, même s’il n’a entamé aucune démarche pour se voir reconnaître officiellement cette nationalité ; il vit en France depuis l’âge de six mois ; il est le père de quatre enfants dont deux qu’il a reconnu, la reconnaissance étant en cours pour les deux autres enfants ; toute sa famille vit en France.

Vu :
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. » Aux termes de l’article L. 522-3 de ce code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».

2. En vertu de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

3. Par un arrêté du 2 février 2026, le préfet de la Haute-Garonne a fait obligation à M. B..., ressortissant guyanais né le 16 décembre 1984 à Georgetown (Guyane), de quitter le territoire français. M. B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521- 2 du code de justice administrative, d’ordonner sa libération immédiate du centre de rétention administrative.

4. Aux termes de l’article L. 741-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger qui fait l'objet d'une décision de placement en rétention peut la contester devant le juge des libertés et de la détention, dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa notification. / Il est statué suivant la procédure prévue aux articles L. 743-3 à L. 743-18 ».

5. Il résulte de ces dispositions que la décision de placement en rétention, qui ne peut être contestée que devant le juge des libertés et de la détention, relève de la seule compétence des juridictions judiciaires. Par suite, les conclusions tendant à la suspension de l’exécution de la décision portant placement en rétention administrative du requérant doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu’il y ait lieu de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.

O R D O N N E :


Article 1er : La demande de M. B... tendant à son admission à l’aide juridictionnelle provisoire est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... B....

Une copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.


Fait à Toulouse, le 25 février 2026.


La présidente du tribunal,



Fabienne Billet-Ydier


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.


Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Ou par délégation la greffière,


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