mercredi 26 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2004344 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | AARPI PALMIER ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
I- Par une requête et un mémoire enregistrés les 28 septembre 2020 et 1er juillet 2022, sous le n°2004344, la société Roncarolo, représentée par Me Brault, demande au tribunal :
1°) d'arrêter le montant du décompte de résiliation de son marché à la somme de 47 224,50 euros HT ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 45 809,50 euros HT au titre du solde de son marché, augmenté de la TVA et des intérêts moratoires courant à la date du 9 décembre 2019 au taux de 8 % et l'indemnité forfaitaire de 40 euros pour frais de recouvrement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la résiliation étant intervenue pour motif d'intérêt général, l'indemnité de 5 % prévue au marché d'un montant de 19 092,41 euros TTC n'a pas été payée ;
- en tout état de cause, elle considère que la résiliation doit être requalifiée comme étant aux torts de l'administration ;
- en conséquence, elle est fondée à demander l'indemnisation de l'intégralité de ses préjudices ;
- elle est en droit de prétendre au paiement de la somme de 3 550 euros HT au titre du règlement de la phase de conception hors prestations de sous-traitance qui ont été réglées directement à la société Esiris pour un montant de 750 euros HT ;
- elle est en droit de demander le paiement des prestations supplémentaires qu'elle a réalisées pour un total de 7 488,94 euros TTC correspondant à la nécessité d'établir des devis et d'assister à sept réunions de chantier et à des modifications apportées au DPGF qui a été remanié huit fois ;
- les motifs de la résiliation ne sont pas techniques, mais relèvent de la mauvaise organisation et préparation du marché ;
- elle a mobilisé un conducteur d'opération pendant six jours pour établir des devis, un conducteur d'opération sur une demi-journée par réunion et est donc fondée à demander les sommes de 2 880,36 euros HT et de 1680,21 euros HT ;
- en l'absence de motif d'intérêt général, le marché doit être requalifié en résiliation aux torts de l'administration et elle est fondée à obtenir l'indemnisation de son entier préjudice ;
- elle est fondée à demander la somme de 27 500 euros au titre de la perte d'amortissement sur ses frais généraux et la somme de 9 166,67 euros au titre de sa perte de marge nette ;
Par des mémoires enregistrés les 18 juin 2021, 14 et 17 juin 2022, le ministre de l'intérieur demande au tribunal dans ses dernières écritures d'arrêter le solde du décompte en y incluant au débit du titulaire la somme de 45 824 euros perçue par la société à titre d'avance et de rejeter le surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- la somme de 19 092,41 euros a été payée à la société requérante, ainsi que la somme de 42 euros au titre de la retenue sur garantie ;
- le SGAMI a accepté de payer les travaux supplémentaires sur le terrain indemnitaire et non au titre des prestations supplémentaires réalisées ; par conséquent, aucune TVA n'est due ;
- en revanche, la société Roncarolo ne lui a pas remboursé l'avance de 45 824 euros ;
- aucun des autres moyens n'est fondé.
Une note en délibéré présentée par le ministre de l'intérieur a été enregistrée le 7 octobre 2022.
II- Par une requête et un mémoire enregistrés les 20 juillet 2021 et 9 septembre 2022 sous le n°2103698, la société Roncarolo, représentée par Me Brault, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire du 22 septembre 2020 émis par le directeur général des finances publiques d'Aquitaine portant sur la somme de 38 104 euros, ensemble la décision du 1er juin 2021, ensemble la décision implicite par laquelle le directeur du SGAMI a rejeté son recours gracieux ;
2°) de la décharger des sommes mises à sa charge ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle est favorable à la jonction de ses trois instances qui sont liées à l'établissement du décompte de résiliation ;
- le titre de perception en litige ne permet pas d'identifier son auteur, notamment la qualité exacte de son ordonnateur ;
- le titre n'a pas été signé par un ordonnateur compétent ;
- il n'est pas suffisamment motivé dès lors qu'il ne comporte pas les bases de la liquidation ;
- la créance n'est ni liquide, ni exigible dès lors que le décompte de résiliation n'est pas définitif ;
- par compensation entre les sommes qui lui sont dues et celles qui lui sont demandées au titre de l'avance, le solde général fait apparaître un solde en sa faveur.
Par un mémoire enregistré le 20 août 2022, le ministère de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il conviendrait de joindre les trois instances présentées par la société Rocarolo et qu'aucun moyen n'est fondé.
III- Par une requête et un mémoire enregistrés les 20 juillet 2021 et 9 septembre 2022 sous le n°2103699, la société Roncarolo, représentée par Me Brault, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire du 22 septembre 2020 émis par le directeur général des finances publiques d'Aquitaine portant sur la somme de 7 720 euros, ensemble la décision implicite du 1er juin 2021 par laquelle le directeur du SGAMI a rejeté son recours gracieux ;
2°) de la décharger des sommes mises à sa charge ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle est favorable à la jonction de ses trois instances qui sont liées à l'établissement du décompte de résiliation ;
- le titre de perception en litige ne permet pas d'identifier son auteur, notamment la qualité exacte de son ordonnateur et le titre n'a pas été signé par un ordonnateur compétent ;
- il n'est pas suffisamment motivé dès lors qu'il ne comporte pas les bases de la liquidation ;
- la créance n'est ni liquide, ni exigible dès lors que le décompte de résiliation n'est pas définitif ;
- par compensation entre les sommes qui lui sont dues et celles qui lui sont demandées au titre de l'avance, le solde général fait apparaître un solde en sa faveur.
Par un mémoire enregistré le 20 août 2022, le ministère de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il conviendrait de joindre les trois instances présentées par la société Rocarolo et qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des marchés publics ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Paz, rapporteure ;
- les conclusions de Mme Jaouën, rapporteure publique,
- et les observations de M. C et de Mme B, représentant le SGAMI Sud-Ouest.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement du 12 novembre 2018, le secrétariat pour l'administration du ministère de l'intérieur (SGAMI) Sud-Ouest a confié au groupement conjoint, constitué de la société Roncarolo et du BET IBC, un marché de conception-réalisation portant sur la rénovation de l'accueil et la sécurisation du commissariat de Pessac, pour un montant de 213 683,33 euros HT. Par ordre de service n°1 du 30 novembre 2018, la société Roncarolo a été invitée à démarrer les prestations du marché, notamment la phase AVP et le dépôt des autorisations administratives. Toutefois, le 13 mai 2019, le SGAMI a décidé de résilier le marché pour motif d'intérêt général en raison de difficultés techniques rencontrées en cours de contrat et de l'évolution du besoin. L'état du solde faisant apparaître un solde débiteur de la société Roncarolo, d'un montant de 51 104 euros, celle-ci adressa au SGAMI un projet de décompte final et un mémoire en réclamation réceptionné le 11 juin 2019. Après une tentative de règlement amiable engagée par la société auprès du comité consultatif interrégional de règlement amiable des litiges de Bordeaux, le SGAMI a accepté par une décision du 11 septembre 2020, de suivre l'avis du CIRA et d'accorder à la société Roncarolo la somme de 19 050,41 euros. La société Roncarolo, qui n'a pas eu entièrement satisfaction, demande au tribunal, dans l'instance n°2004344, d'arrêter le décompte de résiliation du marché et de condamner l'Etat à lui verser la somme de 45 809,50 euros HT au titre du solde de son marché, augmenté de la TVA et des intérêts moratoires courant à la date du 9 décembre 2019 au taux de 8 % et une indemnité forfaitaire de 40 euros pour frais de recouvrement. Le SGAMI demande également au tribunal d'arrêter le solde du compte de résiliation en tenant compte de ce que la société Roncarolo est redevable de l'avance de 45 824 euros qu'elle avait perçue pour l'exécution de ce marché. Dans les instances n° 2103698 et 2103699, la société Roncarolo demande l'annulation des titres exécutoires du 22 septembre 2020 émis par le directeur général des finances publiques d'Aquitaine portant sur les sommes de 38 104 euros et de 7 720 euros et correspondant à la récupération de l'avance, ensemble les décisions implicites du 1er juin 2021 par lesquelles le préfet délégué de zone a rejeté son recours gracieux.
2. Les requêtes n°2004344, 2103698 et 2103699 concernent le règlement financier d'un même marché. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation des titres de perception :
En ce qui concerne la régularité du titre de perception :
3. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Dans ses relations avec l'une des autorités administratives mentionnées à l'article 1er, toute personne a le droit de connaître le prénom, le nom, la qualité et l'adresse administratives de l'agent chargé d'instruire sa demande ou de traiter l'affaire qui la concerne ; ces éléments figurent sur les correspondances qui lui sont adressées () / Toute décision prise par l'une des autorités administratives mentionnées à l'article 1er comporte, outre la signature de son auteur, la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ".
4. Aux termes du V de l'article 55 de la loi susvisée du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 : " () B. - Pour l'application de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration aux titres de perception délivrés par l'État () afférents aux créances de l'État (), la signature figure sur un état revêtu de la formule exécutoire, produit en cas de contestation ".
5. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif doit mentionner les nom, prénom et qualité de l'auteur de cette décision, au sens des dispositions précitées, de même, par voie de conséquence, que l'ampliation adressée au redevable, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier, en cas de contestation, que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur. Lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les nom, prénom et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recette individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.
6. En l'espèce, les titres de perception attaqués ont été signés pour le préfet délégué de la zone de défense et sécurité du Sud-Ouest, M. D G. Toutefois, les bordereaux de titres de perception attaqués font apparaître qu'ils ont été signés par M. A E, adjoint au chef de section du CSP Chorus du SGAMI. La circonstance que ce dernier soit bénéficiaire d'une délégation de signature est sans incidence sur cette irrégularité. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens invoqués dans les instances n°2103698 et 2103699, la société requérante est fondée à soutenir que les titres de perception attaqués ont été émis en méconnaissance des dispositions précitées et à en demander l'annulation, ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation des décisions implicites rejetant ses recours gracieux.
Sur le règlement du solde du marché :
En ce qui concerne l'étendue du litige dans l'instance n°2004344 :
7. Par un mandat émis le 16 octobre 2020, postérieurement à l'introduction de la requête n°2004344, le SGAMI Sud-Ouest a procédé au profit de la société Roncarolo au paiement de la somme de 19 092,41 euros qu'il a acceptée de payer dans sa décision du 11 septembre 2020, laquelle correspond à l'indemnité de résiliation et à des prestations supplémentaires TTC et HT réalisées par la société titulaire du marché. Par un autre mandat du 14 octobre 2020, le SGAMI Sud-Ouest a aussi procédé au remboursement de la somme de 42 euros au titre de la retenue. Les conclusions de la requête de la société Roncarolo relatives à ces chefs d'indemnisation sont, dans cette mesure, devenues sans objet.
En ce qui concerne le bien-fondé de la résiliation :
8. En vertu des règles générales applicables aux contrats administratifs, l'administration peut toujours, pour un motif d'intérêt général, résilier un contrat, sous réserve des droits à indemnité du cocontractant. Il n'est pas contesté que le projet de rénovation et de sécurisation de l'accueil du commissariat de police de Pessac a été décidé en 2018 par le SGAMI Sud-Ouest après avoir effectué un recensement des besoins des services de police au cours du premier semestre de l'année 2018. Or, il est constant qu'à la suite de deux faits divers, des demandes supplémentaires des services concernant la sécurité du bâtiment ont été formulées après la notification du marché et que les prescriptions techniques du marché en litige ne permettaient pas de les satisfaire. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, que le 13 mars 2019, le maître d'ouvrage avait demandé à la société Roncarolo de compléter son dossier et de proposer une décomposition des prix global et forfaitaire conforme à l'acte d'engagement. Toutefois, et malgré ces demandes répétées, ce n'est qu'à la huitième tentative que la société Roncarolo a présenté un document contractuel cohérent avec le prix du marché, sans toutefois, compte-tenu des demandes complémentaires exprimées par le service, arriver au montant indiqué dans l'acte d'engagement. Ainsi, outre les difficultés entre les parties, il peut être tenu pour établi que la poursuite du marché aurait conduit à une modification substantielle des besoins exprimés lors de la consultation. Dans ces conditions, compte-tenu de la nature de la prestation à réaliser et en l'absence de faute démontrée de l'administration dans la préparation du marché, l'abandon du projet par le SGAMI Sud-Ouest a répondu, en l'espèce, à un motif d'intérêt général de nature à justifier la résiliation du marché confié à la société requérante. Par suite, la société Roncarolo n'est pas fondée à soutenir qu'aucun motif d'intérêt général ne justifiait la résiliation du marché, ni à demander que la résiliation soit requalifiée aux torts de l'administration.
En ce qui concerne l'indemnisation du manque à gagner et de la perte sur frais généraux :
9. Dans l'hypothèse d'une résiliation d'un marché public pour un motif d'intérêt général, l'étendue et les modalités de l'indemnisation peuvent être déterminées par les stipulations du contrat, sous réserve qu'il n'en résulte pas, au détriment d'une personne publique, une disproportion manifeste entre l'indemnité ainsi fixée et le montant du préjudice résultant, pour le cocontractant, des dépenses qu'il a exposées et du gain dont il a été privé.
10. Aux termes de l'article 46.4 du CCAG Travaux, applicable au marché en cause : " Lorsque le représentant du pouvoir adjudicateur résilie le marché pour motif d'intérêt général, le titulaire a droit à une indemnité de résiliation, obtenue en appliquant au montant initial hors taxes du marché, diminué du montant hors taxes non révisé des prestations reçues, un pourcentage fixé par les documents particuliers du marché ou, à défaut, de 5 %. / Le titulaire a droit, en outre, à être indemnisé de la part des frais et investissements, éventuellement engagés pour le marché et strictement nécessaires à son exécution, qui n'aurait pas été prise en compte dans le montant des prestations payées. Il lui incombe d'apporter toutes les justifications nécessaires à la fixation de cette partie de l'indemnité, dans un délai de quinze jours après la notification de la résiliation du marché. / Le titulaire doit, à cet effet, présenter une demande écrite, dûment justifiée, dans le délai de deux mois compté à partir de la notification de la décision de résiliation ".
11. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 2, par une décision du 11 septembre 2020, le SGAMI a accepté de payer la somme de 19 092,41 euros à la société requérante, dont 9 369,17 euros au titre de l'indemnité de résiliation. Si la société Roncarolo demande la somme de 27 500 euros au titre de ses frais généraux non amortis, elle n'établit toutefois pas que des frais généraux, engagés pour le marché et strictement nécessaires à son exécution, n'auraient pas été pris en compte dans le montant des prestations payées.
12. En deuxième lieu, si la société requérante demande la somme de 9 166,67 euros au titre de sa perte de marge nette, elle n'établit pas en produisant une attestation comptable indiquant un taux de frais généraux en pourcentage de son chiffre d'affaire et un taux de bénéfice net en pourcentage de son chiffre d'affaire, avoir subi un préjudice qui ne serait pas couvert par l'indemnité de résiliation prévue par l'article 46.4 du CCAG Travaux qu'elle a perçue.
En ce qui concerne la TVA sur les prestations supplémentaires :
13. Enfin, il résulte de l'instruction que le montant des prestations supplémentaires réalisées par la société Roncarolo au titre de la phase de conception, relatif à l'établissement des prix pour travaux supplémentaires s'élève à 3 420 euros TTC, auquel s'ajoute la variation des prix pour 20,46 euros TTC. Par ailleurs, le SGAMI a accepté dans la décision précitée du 11 septembre 2020, suivant l'avis du CIRA, d'indemniser la société requérante des prestations supplémentaires nécessaires à la bonne exécution du marché litigieux pour un montant de 6 240,78 euros HT. Toutefois, ce supplément de rémunération auquel la société requérante a ainsi droit, et qui n'a pas le caractère d'une indemnité, est un élément du décompte général et définitif et donc du prix du marché, et doit être évalué toutes taxes comprises et non hors taxe comme le fait valoir le SGAMI en défense. Par suite, la société Roncarolo a droit, compte-tenu de la somme de 1 248,16 euros due au titre de la TVA, à la somme de 7 488,94 euros TTC au titre des travaux supplémentaires.
14. Il résulte de tout ce qui précède que, compte tenu de la somme déjà versée par le SGAMI à titre d'avance d'un montant de 45 824 euros, que la société requérante ne justifie pas avoir remboursée, du paiement par le SGAMI de la somme de 19 092,41 euros, du remboursement par lui de la retenue de garantie de 42 euros et de la somme de 1 248,16 euros auquel la société requérante a droit au titre de la TVA, il y a lieu de d'arrêter le solde du décompte de résiliation à la somme 44 575,84 euros au débit de la société Rocarolo et de décharger la société Roncarolo de la somme de 1 248,16 euros. Par suite, le solde étant négatif en défaveur de la société requérante, ses conclusions tendant à ce que le ministre de l'intérieur soit condamné à lui verser une somme au titre du solde du marché, assortie des intérêts moratoires, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat une somme à verser à la société Roncarolo au titre de ses frais liés à ses trois instances.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n°2004344 de la société Roncarolo à hauteur de la somme de 19 092,41 euros.
Article 2 : Les titres de perception n°033000 009 072 033 485623 2020 0005461 et 033000 009 072 033 485623 2020 0005462 sont annulés.
Article 3 : Le solde du marché est fixé à 44 575,84 euros en faveur du SGAMI.
Article 4 : La société Roncarolo est déchargée de la somme de 1 248,16 euros.
Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société Roncarolo et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2022 à laquelle siégeaient :
- Mme Zuccarello, présidente,
- Mme De Paz, première conseillère,
- Mme Denys, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2022.
La rapporteure,
D. de PAZ
La présidente,
F. ZUCCARELLO
La greffière,
I. MONTANGON
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°2004344, 2103698, 2103699
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026