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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2004349

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2004349

mardi 21 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2004349
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation5ème Chambre
Avocat requérantDELACOUR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 25 septembre 2020, 28 janvier, 8 février et 29 avril 2022, Madame D B, divorcée F, représentée par Me Delacour, avocate, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 41 000 euros, ainsi que les intérêts au taux légal à compter du 22 mai 2020 et la capitalisation de ces intérêts, en réparation des préjudices causés par un tir de flash-ball reçu le 8 décembre 2018 à Bordeaux, dont elle s'estime victime ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat les frais irrépétibles et les entiers dépens, pour une somme totale de 5 000 euros.

Elle soutient que :

- la blessure qu'elle a reçue le 8 décembre 2018 résulte d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;

- pour cette même blessure, la responsabilité de l'Etat est également engagée sans faute sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure, ainsi que pour l'usage d'arme comportant des risques exceptionnels ;

- aucune faute ne lui est imputable ;

- les séquelles subies sont imputables à la blessure reçue ;

- s'agissant de ses préjudices, le déficit fonctionnel temporaire s'élève à 1 285 euros, l'assistance par une tierce personne à 2 775 euros, les souffrances endurées à 20 000 euros, le préjudice esthétique temporaire à 1 500 euros, le préjudice d'atteinte à l'intégrité physique et psychologique à 5 000 euros, l'incidence professionnelle à 5 000 euros, les troubles dans les conditions d'existence et le préjudice moral à 5 000 euros, les frais divers à 432 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 janvier 2022, la préfète de la Gironde s'en remet aux écritures du ministre de l'intérieur.

Par un mémoire, enregistré le 31 janvier 2022, la caisse primaire d'assurance maladie du Calvados conclut à la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 1 948,51 euros, ainsi que les intérêts au taux légal à compter de la date du présent jugement, au titre de ses débours et de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Elle soutient que :

- sa créance définitive s'élève à 1 461,38 euros, sous réserve d'autres paiements non encore connus, et s'impute sur les dépenses de santé jusqu'à consolidation ;

- l'indemnité forfaitaire de gestion s'élève à 487,13 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- à titre principal, la responsabilité de l'Etat n'est pas engagée ;

- à titre subsidiaire, Mme F ne rapporte pas la preuve du lien de causalité entre la blessure qu'elle a reçue le 8 décembre 2018 et l'action des forces de l'ordre ;

- à titre subsidiaire, sa présence lors des manifestations du 8 décembre 2018 à Bordeaux est constitutive d'une faute de nature à exonérer l'Etat de toute responsabilité ;

- à titre subsidiaire, concernant les préjudices, le montant du déficit fonctionnel temporaire ne saurait excéder 762 euros, avant partage de responsabilité ; l'assistance par une tierce personne doit être ramenée à 441 euros avant partage de responsabilité ; le montant de l'indemnisation des souffrances endurées ne saurait excéder 1 849 euros avant partage de responsabilité ; le préjudice esthétique temporaire ne saurait excéder 500 euros, avant partage de responsabilité ; les frais divers ne sauraient être indemnisés au-delà de 113 euros, avant partage de responsabilité ;

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance du 15 décembre 2021 par laquelle la présidente du tribunal a taxé et liquidé les frais de l'expertise réalisée par le docteur E C à la somme de 1 440 euros.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme de Gélas, rapporteure,

- et les conclusions de Mme Champenois, rapporteure publique,

Considérant ce qui suit :

1. Mme D F a été blessée sur la voie publique le 8 décembre 2018, aux alentours de 17 heures, rue du maréchal Joffre à Bordeaux, alors que plusieurs manifestations avaient lieu ce jour-là dans le centre-ville. Pensant que sa blessure résulte d'un tir de lanceur de balles de défense, dit " flash-ball ", provenant des forces de l'ordre déployées pour encadrer les manifestations, Mme F demande au tribunal de condamner l'Etat à réparer les préjudices physique et moral qu'elle estime avoir ainsi subis.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité :

2. Aux termes de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure : " L'Etat est civilement responsable des dégâts et dommages résultant des crimes et délits commis, à force ouverte ou par violence, par des attroupements ou rassemblements armés ou non armés, soit contre les personnes, soit contre les biens. ". Ces dispositions visent non seulement les dommages causés directement par les auteurs de ces crimes ou délits, mais encore ceux que peuvent entraîner les mesures prises par l'autorité publique pour le rétablissement de l'ordre.

3. Il résulte de l'instruction, et notamment du procès-verbal de contexte dressé le 8 décembre 2018 par le commissaire divisionnaire de police de Bordeaux et du rapport d'enquête diligentée par l'inspection générale de la police nationale (IGPN) du 22 juillet 2019, que le 8 décembre 2018, un ensemble de manifestations se déroulant dans le centre-ville de Bordeaux s'est rapidement transformé en attroupement violent, aux alentours de 15h30 sur la place Pey-Berland, des personnes prenant à partie les effectifs de police présents en jetant des projectiles divers de nature à causer des lésions graves. Des tentatives de pillages de magasins et d'intrusion au sein du tribunal de grande instance ont par la suite également été constatées. Pour parvenir à dissiper le trouble à l'ordre public, les unités de police déployées ont eu un recours approprié à l'usage d'armes de force intermédiaire.

4. Toutefois, dans ce contexte, et ainsi que le souligne le rapport susmentionné de l'IGPN, il " est très vraisemblable que la plaignante, prise dans le mouvement de charge, ait été atteinte par un tir qui ne lui était pas destiné ", l'hypothèse d'une blessure par utilisation d'un lanceur de balles de défense demeurant " très plausible ". Mme F a déposé, le 14 décembre 2018, une plainte contre X pour blessures involontaires avec incapacité inférieure ou égale à trois mois, qui a fait l'objet d'un classement sans suite par décision du 6 août 2019 du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Bordeaux. Le rapport de l'IGPN souligne qu'il n'a pas été possible d'identifier l'agent des forces de sécurité intérieure qui aurait pu être à l'origine du tir qui a atteint Mme F. S'il n'est pas exclu que la blessure de Mme F ait également pu être causée par un manifestant, cette circonstance est, en tout état de cause, sans incidence sur le lien direct entre la manifestation des " gilets jaunes " et les dommages causés, dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que les délits ayant justifié l'intervention des forces de l'ordre résultent de l'action d'un groupe d'individus s'étant regroupés de manière préméditée à seule fin de les commettre. Dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres régimes de responsabilité invoqués, les dommages causés à Mme F doivent être regardés comme résultant d'un délit commis à force ouverte contre sa personne par un attroupement, au sens des dispositions précitées de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure. Par suite, la responsabilité de l'Etat est engagée sur le fondement de ces dispositions.

En ce qui concerne la faute de la victime :

5. Il résulte de l'instruction, et notamment des différents témoignages produits par la requérante et rapportés par l'enquête diligentée par l'IGPN, que celle-ci a constaté, alors qu'elle se promenait dans l'hyper-centre de Bordeaux avec sa fille et son conjoint, qu'il y régnait un climat insurrectionnel, provoqué par la manifestation dite des " gilets jaunes ". Si la famille a alors décidé de contourner la place Pey-Berland en se dirigeant vers la rue du Maréchal Joffre par la rue du Hâ, elle s'est toutefois maintenue à proximité immédiate des attroupements, alors même qu'elle constatait une montée en puissance de la violence dans la ville et ne pouvait ignorer les graves incidents intervenus au cours des semaines précédentes à l'occasion de manifestations des " gilets jaunes " partout en France, et en particulier dans de grandes villes comme Bordeaux. Mme F doit ainsi être regardée comme ayant commis une imprudence fautive. Dans les circonstances de l'espèce, cette faute est de nature à exonérer partiellement l'Etat de sa responsabilité à hauteur de 25%.

En ce qui concerne les préjudices :

6. Il résulte du rapport d'expertise, non contesté sur ce point, que la date de consolidation de l'état de santé de Mme F doit être fixée au 14 juillet 2019.

S'agissant des préjudices patrimoniaux :

7. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 18 juin 2021, que la situation de Mme F a requis une assistance par une tierce personne de 1 heure et 30 minutes par jour du 8 décembre 2018 au 19 février 2019, date à partir de laquelle le port d'un collier cervical n'était plus médicalement justifié. Il convient d'affecter au volume horaire en résultant, de 109 heures et demi, un taux correspondant au salaire minimum interprofessionnel de croissance pour la période concernée, augmenté des charges. Il s'ensuit que ce chef de préjudice peut être évalué à 1 743 euros.

8. En deuxième lieu, Mme F se prévaut d'un préjudice d'incidence professionnelle, postérieurement à la consolidation de son état de santé, résultant de son licenciement et de la reconnaissance de sa qualité de travailleur handicapé. Toutefois, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que la reconnaissance de travailleur handicapé de Mme F, intervenue le 24 avril 2021, et son licenciement, intervenu le 26 mai 2021, sont en lien direct et certain, non pas avec l'accident du 8 décembre 2018, mais avec une névralgie cervico-brachiale imputable à un état antérieur. Par suite, la demande de Mme F sur ce poste de préjudice doit être rejetée.

9. En troisième lieu, Mme F demande le remboursement des frais qu'elle a engagés pour ses déplacements aux examens médicaux et aux séances de kinésithérapie. Il résulte de l'instruction qu'entre le 8 décembre 2018 et le 14 juillet 2019, l'état de santé de Mme F a justifié qu'elle se rende en consultation ou qu'elle subisse des examens médicaux, en lien direct et certain avec son accident, à quinze occasions. S'agissant des séances de kinésithérapie, elle n'établit pas avoir dû effectuer un déplacement pour s'y rendre. Dès lors, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en lui allouant la somme de 50 euros.

S'agissant des préjudices extra-patrimoniaux :

Quant aux préjudices temporaires :

10. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que Mme F a subi, en lien avec sa pathologie, un déficit fonctionnel temporaire de 50% du 8 décembre 2018 au 19 février 2019, période durant laquelle elle a été contrainte de porter en permanence un collier cervical rigide, puis un déficit fonctionnel temporaire de 10% du 20 février 2019 au 13 juillet 2019, période pendant laquelle elle a dû subir plusieurs examens médicaux de contrôle et réaliser des séances de rééducation par kinésithérapie. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire subi par Mme F en lien avec l'accident du 8 décembre 2018, sur la base d'un montant d'indemnisation de 21 euros par jour pour une incapacité totale, en le fixant à la somme de 1 080 euros.

11. En deuxième lieu, les souffrances endurées par Mme F en lien direct avec l'accident du 8 décembre 2018 ont été évaluées par l'expert à 2 sur 7, compte tenu du traumatisme initial, de l'état de stress aigu, de la nécessité du port d'un collier cervical rigide pendant deux mois, des périodes douloureuses, des périodes de rééducation et de la prise d'antalgique. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en le fixant à la somme de 2 000 euros.

12. En troisième lieu, l'expert a retenu l'existence d'un préjudice esthétique temporaire pour Mme F résultant du port d'un collier cervical pendant 2 mois. Dans ces conditions, et compte tenu de la durée de cette situation, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 500 euros.

Quant aux préjudices permanents :

13. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que les lésions actuelles présentées par Mme F, en particulier les douleurs lombaires et les douleurs au niveau du membre inférieur droit sont en lien avec une compression nerveuse sur cervicarthrose ancienne, d'évolution lente, sans lien avec l'accident du 8 décembre 2018, au titre duquel aucune séquelle n'a été constatée. Si Mme F conteste cette expertise, elle n'apporte, à l'appui de son recours, aucun élément d'ordre médical de nature à contredire utilement l'analyse à laquelle s'est livré l'expert. Par suite, il y a lieu de rejeter ses prétentions relatives à l'indemnisation d'un déficit fonctionnel permanent.

14. En second lieu, si Mme F se prévaut de troubles dans les conditions d'existence et d'un préjudice moral, déclarant ne plus pouvoir tenir en station assise ou debout prolongée et s'estimant très affectée tant physiquement que moralement, il ne résulte pas de l'instruction que les troubles ainsi décrits seraient directement imputables à la blessure reçue le 8 décembre 2018. Par suite, ses prétentions tendant à l'indemnisation de ces chefs de préjudices doivent être rejetées.

15. Il résulte de tout ce qui précède que le montant des préjudices indemnisables subis par Mme F s'élève à 5 373 euros. Eu égard au partage de responsabilité fixé au point 5, la somme que l'Etat doit être condamné à verser à Mme F s'élève à 4 029,75 euros.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

16. Mme F a droit aux intérêts au taux légal correspondant à l'indemnité de 4 029,75 euros à compter du 22 mai 2020, date de réception de sa demande indemnitaire préalable par l'Etat.

17. La capitalisation des intérêts a été demandée le 29 avril 2022. A cette date, il était dû au moins une année d'intérêts. Dès lors, conformément aux dispositions de l'article 1343-2 du code civil, il y a lieu de faire droit à cette demande.

Sur les droits de la CPAM :

18. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) a exposé des frais médicaux, pharmaceutiques et d'appareillage d'un montant total de 1 461,38 euros, en lien direct et certain avec la faute, ainsi qu'en justifie l'attestation du médecin conseil. Contrairement à ce que soutient le ministre en défense, cet état de frais n'avait pas à être accompagné d'un état détaillé des sommes correspondant aux prises en charge en cause. Par suite, il sera fait une exacte appréciation de ce poste de préjudice en attribuant à la CPAM la somme de 1 461,38 euros. Compte tenu du partage de responsabilité fixé au point 5, la somme que l'Etat doit être condamné à verser à la CPAM s'élève à 1 096,04 euros.

19. En vertu de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident peut demander une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie, dont le montant est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu par la caisse, dans la limite d'un montant maximum révisé chaque année par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget. Il y a lieu, en application de ces dispositions, et après partage de responsabilité, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la CPAM du Calvados de l'indemnité forfaitaire de gestion, pour un montant de 365,47 euros.

Sur les frais liés au litige :

20. Les frais d'expertise ordonnée par le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux le 12 mars 2021 ont été taxés et liquidés à la somme de 1 440 euros par ordonnance de la présidente de ce tribunal du 15 décembre 2021. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre ces frais à la charge définitive de l'Etat.

21. Mme F justifie avoir exposé des frais de déplacement pour se rendre à l'expertise, évalués à 3,40 euros, sur la base d'un déplacement aller-retour en transport en commun. La somme de 3,40 euros doit ainsi être mise à la charge de l'Etat au titre des dépens.

22. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat, qui est la partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 500 euros au profit de la requérante.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme F une indemnité de 4 029,75 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 22 mai 2020. Les intérêts échus à la date du 29 avril 2022, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : L'Etat est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Calvados la somme de 1 096,04 euros au titre de ses débours et la somme de 365,47 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 3 : Les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 440 euros sont mis à la charge définitive de l'Etat.

Article 4 : L'Etat est condamné à rembourser à Mme F la somme de 3,4 euros au titre des dépens.

Article 5 : L'Etat versera à Mme F une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, divorcée F, à la caisse primaire d'assurance maladie du Calvados et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Molina-Andréo, première conseillère faisant fonction de présidente,

Mme de Gélas, première conseillère,

Mme Ballanger, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2023.

La rapporteure,

C. DE GÉLAS

La première conseillère

faisant fonction de présidente,

B. MOLINA-ANDRÉO

La greffière,

A. JAMEAU

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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