mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2005228 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CHAMBERLAND-POULIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 novembre 2020, Mme B, représentée par Me Chamberland-Poulin demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 février 2020 de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) qui lui attribue un nouveau brevet de pension de retraite, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 13 décembre 2019 du maire de la commune de St-Médard-en- Jalles qui l'admet à la retraite pour invalidité à compter du 18 juin 2015 ;
3°) d'enjoindre à la commune de St-Médard-en-Jalles de l'admettre à la retraite pour invalidité à compter du 31 mars 2010 dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre à la CNRACL de réévaluer sa pension de retraite pour invalidité et sa rente pour invalidité à compter du 31 mars 2010 au taux d'invalidité de 35 % dans un délai d'un mois à compter du nouvel arrêté à venir de la commune de St-Médard-en-Jalles avec toutes conséquences de droit sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge solidaire de la commune de St-Médard-en-Jalles et de la CNRACL la somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- les décisions sont signées par une autorité incompétente ;
- les décisions de la CNRACL sont insuffisamment motivées ;
- les décisions méconnaissent l'article L.27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, 27 et 30 du décret n°2003-1306 du 26 décembre 2003 en ce qu'elle devait être mise à la retraite à compter du 31 mars 2010, date à laquelle elle s'est trouvée dans l'impossibilité de reprendre son activité professionnelle pour invalidité ;
- les décisions procèdent d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 juin 2021, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 2 septembre 2020.
La requête a été communiquée à la commune de Saint-Médard-en-Jalles qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Béroujon, rapporteur,
- les conclusions de Mme Prince-Fraysse, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née en le 20 juin 1955, fonctionnaire territoriale, adjointe technique à la mairie de Saint-Médard-en-Jalles (Gironde), affectée en qualité d'agent d'entretien au sein des écoles primaires, a été titularisée à compter du 22 septembre 2002. Après avoir épuisé ses droits à congé maladie, elle a été placée en disponibilité d'office à compter du 31 mars 2010. Elle a été radiée des cadres à compter du 18 juin 2015 par décision du maire de la commune du 13 décembre 2019. Un brevet de pension lui a été concédé par la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) le 19 février 2020, à compter du 18 juin 2015. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation des décisions du 13 décembre 2019 et du 19 février 2020.
2. La décision du 13 décembre 2019 radiant Mme B des cadres et la plaçant à la retraite pour invalidité est signée par M. A, adjoint au maire délégué aux finances, au personnel, à l'administration générale et aux déplacements. Toutefois, en l'absence de délégation de signature,
M. A n'était pas compétent pour signer, à la place du maire de la commune de Saint-Médard-en- Jalles, l'arrêté de radiation des cadres pour invalidité de Mme B. Il s'ensuit que la décision du 13 décembre 2019 doit être annulée.
3. Sur la base de l'arrêté de la commune du 13 décembre 2019 portant admission à la retraite de Mme B à compter du 18 juin 2015, la CNRACL a pris, le 19 février 2020, un arrêté concédant un brevet de pension à celle-ci à compter du 18 juin 2015. L'annulation de la décision du maire de la commune de St Médard en Jalles du 13 décembre 2019, entraine, par voie de conséquence, l'annulation de la décision du 19 février 2020 de la CNRACL.
4. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle au taux de 25 %. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Chamberland-Poulin, avocate de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de la commune de St Médard en Jalles, le versement à cette avocate de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1 : La décision de la commune de St Médard en Jalles du 13 décembre 2019 est
annulée.
Article 2 : La décision de la CNRACL du 19 février 2020 est annulée.
Article 3 : La commune de St Médard en Jalles versera à Me Chamberland-Poulin la somme de 1 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Chamberland-Poulin renonce à la contribution de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à la commune de St Médard en Jalles et à la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Pauziès, président,
- M. Béroujon, premier conseiller,
- Mme Molina-Andréo, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
Le rapporteur,
F. BÉROUJON
Le président,
J-C. PAUZIÈS
La greffière,
C. JANIN
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026