mercredi 26 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2005584 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL DURAN - MARTIAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 décembre 2020, Mme A B, représentée par la Selarl Duran Martial, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2020 de la rectrice de l'académie de Bordeaux prononçant son licenciement ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Bordeaux, sous astreinte, à titre principal de la titulariser en qualité de professeure des écoles, à titre subsidiaire de la réintégrer en qualité de professeure des écoles stagiaire ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme mensuelle de 1 400 euros à compter de septembre 2020 en réparation de son préjudice matériel et la somme de 10 000 euros en réparation de son préjudice moral et de santé ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la décision attaquée est insuffisamment motivée et a été prise à la suite d'une procédure irrégulière ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et d'erreur de droit ;
- son préjudice est justifié dès lors qu'elle a été privée de salaire et que cette éviction lui a créé des angoisses.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2022, la rectrice de l'académie de Bordeaux conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 90-680 du 1er août 1990 ;
- l'arrêté du 22 août 2014 fixant les modalités de stage, d'évaluation et de titularisation des professeurs des écoles stagiaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zuccarello, présidente,
- les conclusions de Mme Jaouën, rapporteure publique,
- et les observations de Me Soro, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B a été déclarée admise à la session 2018 du concours de recrutement des professeurs des écoles. Elle a effectué une première année de stage à l'école élémentaire de Saint-Aubin de Médoc en classe de CE1, puis a été autorisée à effectuer une deuxième année de stage à l'école maternelle Oscar Auriac de Mérignac en Grande section afin de démontrer ses capacités à enseigner. A la suite d'un nouvel avis défavorable à sa titularisation émis par le jury académique, Mme B a été licenciée par la rectrice de l'académie de Bordeaux par un arrêté du 2 juillet 2020 dont elle demande l'annulation. Elle demande également que l'Etat soit condamné à réparer le préjudice qu'elle estime avoir subi.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 10 du décret du 1er août 1990 alors applicable : " Les professeurs stagiaires accomplissent un stage d'un an. Au cours de leur stage, les professeurs stagiaires bénéficient d'une formation organisée, dans le cadre des orientations définies par l'Etat, par un établissement d'enseignement supérieur, visant l'acquisition des compétences nécessaires à l'exercice du métier. Cette formation alterne des périodes de mise en situation professionnelle dans une école et des périodes de formation au sein de l'établissement d'enseignement supérieur. Elle est accompagnée d'un tutorat et peut être adaptée pour tenir compte du parcours antérieur des professeurs stagiaires () ". Selon l'article 13 du même décret : " Les stagiaires qui n'ont pas été titularisés peuvent être autorisés à accomplir une nouvelle année de stage. Ceux qui ne sont pas autorisés à renouveler le stage ou qui, à l'issue de la seconde année de stage, n'ont pas été titularisés, sont soit licenciés, soit réintégrés dans leur corps ou cadre d'emplois d'origine s'ils avaient la qualité de fonctionnaire () ". D'autre part, aux termes de l'article 8 de l'arrêté du 22 août 2014 fixant les modalités d'évaluation et de titularisation des professeurs des écoles stagiaires : " Après délibération, le jury établit la liste des fonctionnaires stagiaires qu'il estime aptes à être titularisés. () ". L'article 9 du même arrêté dispose que : " Le recteur prononce la titularisation des stagiaires estimés aptes par le jury () ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'administration est tenue de prononcer le licenciement d'un professeur des écoles stagiaire ne figurant pas sur la liste des stagiaires déclarés aptes à être titularisés par le jury académique.
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par sa délibération du 30 juin 2020, le jury académique a estimé que Mme B n'était pas apte à être titularisée. Par suite, la rectrice avait compétence liée pour licencier la requérante et de ce fait les moyens tirés d'une insuffisance de motivation de la décision du 2 juillet 2020 et du défaut de communication préalable du dossier personnel avant que soit pris cet arrêté, ne sont donc pas de nature à entraîner l'annulation de la décision attaquée.
5. En deuxième lieu, Mme B fait valoir que la décision contestée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que la période liée à la crise sanitaire n'a pas été propice au bon déroulement de son stage, que les appréciations de son tuteur de l'INSPE lui sont favorables et qu'elle était appréciée des enfants et de leurs parents. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, qu'alors qu'elle effectuait une seconde année de stage, Mme B, qui ne donne aucune précision sur les modalités de ce stage qui aurait été rendu difficile en raison de la crise sanitaire, n'a manifestement pas amélioré sa posture professionnelle et ses qualités pédagogiques et didactiques qui étaient jugées défaillantes lors de sa première année de stage. Ainsi, alors qu'elle était encadrée par une tutrice et bénéficiait d'un accompagnement renforcé, il ressort du rapport de son tuteur de l'INSPE, que si ce dernier a porté quelques appréciations favorables, il a néanmoins relevé que la requérante formulait des propositions inadaptées à l'âge des enfants, ne distribuait pas les consignes clairement et ne procédait pas automatiquement aux modifications imposées par les dysfonctionnements constatés. En outre, sa référente Professeur des écoles- Maître formateur (PEFM) a relevé que malgré des efforts réalisés, Mme B devait repenser son projet d'apprentissage, et améliorer la consigne, l'organisation spatiale de la classe et la préparation matérielle. Enfin, la directrice de l'école d'accueil a pu remarquer que Mme B avait des difficultés à travailler en coopération avec les autres acteurs et partenaires de l'école. Dans ces conditions, eu égard à l'insuffisance de ses aptitudes pédagogiques constatées à l'issue de ses deux années de stage, le jury académique n'a pas fait une appréciation manifestement erronée des compétences professionnelles de Mme B en estimant qu'elle n'était pas apte à être titularisée à l'issue de sa seconde année de stage.
6. En dernier lieu, Mme B soutient sans plus de précision que la rectrice aurait commis une erreur de droit dès lors que le licenciement des professeurs stagiaires ne peut être prononcé qu'en cas d'inaptitude professionnelle. Ce moyen n'est pas assorti des précisions nécessaires pour permettre au juge d'en apprécier le bien-fondé, et doit de ce fait être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fins d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées.
Sur les autres conclusions :
8. Ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision du 2 juillet 2020 n'étant pas illégale, Mme B n'est pas fondée à demander à être indemnisée du préjudice subi à la suite de son licenciement.
9. Par voie de conséquence du rejet de ses conclusions à fins d'annulation et de ses conclusions indemnitaires, sa demande en injonction et celle au titre des frais liés à l'instance, doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la rectrice de l'académie de Bordeaux.
Délibéré après l'audience du 5octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Zuccarello, présidente,
- Mme De Paz, première conseillère,
- Mme Denys, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2022.
La présidente-rapporteure,
F. ZUCCARELLO
L'assesseure la plus ancienne,
D. DE PAZ
La greffière,
I. MONTANGON
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026