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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2005812

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2005812

mercredi 28 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2005812
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSELARL CABINET CABANES - CABANES NEVEU ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 16 décembre 2020 et les 7 mars, 6 mai et 8 juin 2022, Bordeaux Métropole, représentée par la SELARL Cabinet Cabanes-Cabanes Neveu C, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner solidairement les sociétés François Guibert Architecte, Egis Bâtiments Sud, Beterem Ingénierie, Holding Socotec, Socotec Construction et Delta Construction, à lui verser la somme de 481 932 euros en réparation des préjudices résultant des désordres affectant la toiture de la Grande Halle du marché international de Bordeaux-Brienne ;

2°) de condamner solidairement les sociétés François Guibert Architecte, Egis Bâtiments Sud, Beterem Ingénierie et Delta Construction, à lui verser la somme de 96 224,50 euros en réparation des préjudices résultant des désordres affectant les nez de quais de l'ouvrage ;

3°) de condamner solidairement les sociétés François Guibert Architecte Egis Bâtiments Sud, Beterem Ingénierie, Holding Socotec, Socotec Construction et Delta Construction, à lui verser la somme de 1 326 euros au titre des frais de location d'un échafaudage et d'une nacelle ;

4°) d'assortir ces sommes des intérêts moratoires contractuels ou, à défaut, des intérêts au taux légal, à compter de la date d'introduction de sa requête et de leur capitalisation ;

5°) de mettre à la charge solidaire des sociétés François Guibert Architecte, Egis Bâtiments Sud, Beterem Ingénierie, Holding Socotec, Socotec Construction et Delta Construction la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- il n'est pas établi que la société Socotec Construction, et non la société Holding Socotec, doive être regardée comme venant aux droits de la société AINF SA ;

- le désordre affectant la couverture du bâtiment, qui est à l'origine d'importantes infiltrations et s'étendra à l'ensemble des bas de plaques au niveau de la dernière panne, rend l'ouvrage impropre à sa destination ainsi que l'a indiqué l'expert dans son rapport ; la circonstance que ce désordre n'affecte qu'une partie de la couverture est sans incidence sur le caractère décennal de ce désordre qui, au demeurant, présente un caractère évolutif ;

- il est imputable à la société Sarec, sous-traitant de la société Delta Construction qui n'a pas respecté les prescriptions DTU 40.36, à la société Delta Construction, qui n'a pas contrôlé et surveillé les travaux réalisés par son sous-traitant, à la société François Guibert Architecte, qui n'a pas contrôlé l'exécution et surveillé les travaux, procédé à des visites de chantier ou visé les plans et à la société Socotec, contrôleur technique de l'opération, pour défaut dans le contrôle et la surveillance des travaux dont la responsabilité est recherchée sur le fondement de la garantie décennale ;

- la société Socotec Construction n'est pas fondée à soutenir que le désordre en cause ne lui est pas imputable dès lors qu'elle a la qualité de contrôleur technique de l'opération et a été en charge des missions de base L, P1 " solidité des ouvrages et équipements " et S " sécurité des personnes " ; la seule circonstance qu'elle ait fait mention de la nécessité de veiller à la compatibilité de la protection antirouille de la charpente avec la couverture en aluminium sur une fiche d'avis rédigée à l'occasion de son rapport initial, ne saurait l'exonérer de sa responsabilité compte tenu de l'étendue de sa mission ;

- dès lors qu'aucun document qui lui est opposable ne prévoit de répartition des tâches, les sociétés François Guibert Architecture et Egis Bâtiments Sud ne sont pas fondées à soutenir que leur responsabilité ne saurait être engagée sur le fondement de la garantie décennale ;

- son action sur le fondement de la garantie décennale pour la réparation du désordre affectant les nez de quais n'est pas prescrite dès lors que, alors même que l'ordonnance du juge des référés fait référence aux fissurations présentes sur la dalle de la halle centrale, la requête en référé expertise portait notamment sur le désordre affectant le sol de la halle et sur les nez de quais ;

- le désordre affectant les nez de quais, qui empêche le bon chargement et déchargement des camions rend, compte tenu de sa nature, l'ouvrage impropre à sa destination, ainsi que l'a indiqué l'expert dans son rapport ; la circonstance que les travaux de réparation à engager soient d'envergure modeste est sans incidence sur le caractère décennal du désordre qui est susceptible de menacer la sécurité des personnes ;

- il est imputable à la société François Guibert Architecte, en raison de défauts dans la conception des quais et dans le contrôle et la surveillance des travaux, à la société Delta Construction, qui a généré des malfaçons dans la fixation des protections, et à la société Beterem Ingénierie pour défaut dans le contrôle et la surveillance des travaux ;

- il est apparu dans le délai de dix ans courant à compter de la date de la réception de l'ouvrage dès lors qu'il a nécessairement été constaté lors de la première réunion d'expertise qui s'est tenue le 20 juin 2016 ;

- dès lors qu'aucun document qui lui est opposable ne prévoit de répartition des tâches, les sociétés François Guibert Architecture et Egis Bâtiments Sud ne sont pas fondés à soutenir que leur responsabilité ne saurait être engagée sur le fondement de la garantie décennale ;

- le passage des camions ne constitue pas une cause exonératoire de responsabilité ;

- pour la réparation des désordres en cause, à titre subsidiaire, la responsabilité des maîtres d'œuvre peut être recherchée sur le fondement de la responsabilité contractuelle pour manquement à leur devoir de conseil au stade de la réception de l'ouvrage, caractérisée par une abstention fautive ;

- dès lors qu'aucun document qui lui est opposable ne prévoit de répartition des tâches, les sociétés François Guibert Architecture et Egis Bâtiments Sud ne sont pas fondées à soutenir que leur responsabilité contractuelle ne saurait être engagée ;

- le préjudice qui résulte du désordre affectant la couverture du toit doit être évalué à la somme 401 610 euros hors taxes, soit 481 932 euros toutes taxes comprises, dès lors que les travaux réparatoires pour cinq files de plaques de la couverture sont les seuls de nature à supprimer le phénomène d'électrolyse en bas de pente ; dès lors que le désordre présente un caractère évolutif, l'indemnisation allouée ne saurait correspondre aux seuls travaux préparatoires des deux zones actuellement atteintes par les perforations ;

- pour permettre à l'expert de procéder à des investigations sur la toiture lors de la réunion du 22 juillet 2016, elle a exposé des frais pour la location d'un échafaudage et d'une nacelle d'un montant de 1 105 euros hors taxes soit 1 326 euros toutes taxes comprises ; il y a lieu de condamner les constructeurs à lui verser cette somme, à titre principal sur le fondement de la garantie décennale, à titre subsidiaire, sur le fondement de la responsabilité contractuelle et à titre infiniment subsidiaire au titre des dépens ;

- elle est fondée à demander la condamnation solidaire des défendeurs dès lors qu'ils ont concouru à la survenance des désordres en cause, alors même qu'ils ne sont pas unis par des liens contractuels, notamment dès lors que l'acte d'engagement du maîtrise d'œuvre prévoit que les membres du groupement titulaire participent à l'ensemble des phases de conception ainsi qu'au phases VISA, DET et AOR, alors même que le titulaire du marché de maîtrise d'œuvre est un groupement conjoint non solidaire ; la circonstance que l'expert ait envisagé la responsabilité de la société Socotec comme limitée ne saurait faire obstacle à ce qu'elle soit condamnée solidairement à son égard ;

- dès lors que la présomption de non-assujettissement des collectivités territoriale à la taxe sur la valeur ajoutée n'est pas sérieusement remise en cause par l'un des défendeurs, qui n'établissent pas que le montant de celle-ci ne devrait pas être inclus dans le montant du préjudice indemnisable, elle est fondée à demander à ce que le montant des condamnations soit prononcé toutes taxes comprises ; dès lors que l'opération de réhabilitation des halles en cause ne constitue pas une opération relative aux services délivrés au sein du marché d'intérêt national, la société Egis Bâtiments Sud ne saurait se prévaloir des dispositions de l'article 260 A du code général des impôts pour remettre en cause la présomption de non-assujettissement des collectivités territoriales à la taxe sur la valeur ajoutée ;

- le préjudice qui résulte du désordre affectant les nez de quais doit être évalué à la somme globale de 80 187,10 euros hors taxes, soit 96 224,52 euros toutes taxes comprises correspondant aux travaux préconisés par l'expert ainsi qu'aux frais liés à la prise en compte des contraintes du site ; les contraintes du site ont été reconnues par l'expert, qui a relevé que l'activité de la halle est essentiellement nocturne et que les travaux ne pouvaient être réalisés de 21h à 9h30, et sont indépendantes de sa volonté ;

- compte tenu de la nature des désordres et de la longévité de l'ouvrage en cause, aucun coefficient de vétusté ne doit être appliqué ; en tout état de cause le coefficient de vétusté ne saurait excéder 10 % ;

- aucune circonstance particulière ne justifie que deux tiers des frais d'expertise soient laissés à sa charge dès lors que son action au titre des nez de quais n'est pas prescrite et que l'expert n'a exposé aucun frais particulier pour analyser le désordre affectant les dalles, avant de constater que celui-ci ne présentait pas de caractère décennal.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 avril et 10 novembre 2021 et les 6 mai et 3 juin 2022, la SAS François Guibert Architecture, représentée par la SELARL cabinet AEQUO, conclut :

- à titre principal, au rejet de la requête ;

- à titre subsidiaire à ce que la condamnation des constructeurs soit limitée à la somme de 20 733,60 euros au titre des désordres affectant la toiture et à la somme de 8 192,53 euros au titre des désordres affectant les nez de quais ;

- à ce que les sociétés Sarec, Delta Construction, Holding Socotec, Socotec Construction et TPF Ingénierie, venant aux droits de la société Beterem Ingénierie soient solidairement condamnées à la garantir des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre en raison des désordres affectant la toiture et à ce que les société Delta Construction et TPF Ingénierie, venant aux droits de la société Beterem Ingénierie, soient solidairement condamnées à la garantir des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre en raison des désordres affectant les nez de quais ;

- à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de Bordeaux Métropole au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- compte tenu des missions confiées au groupement conjoint solidaire titulaire du marché de maîtrise d'œuvre et de leur répartition entre ses membres, le désordre relatif à la couverture du bâtiment ne lui est pas imputable ;

- les sociétés Sarec, Delta Construction, Socotec Construction, Holding Socotec et Beterem Ingénierie doivent la relever et la garantir de toute condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre au titre de la garantie décennale à raison de leur part de responsabilité respective dans la survenance du désordre affectant la couverture du bâtiment ;

- compte tenu des missions confiées au groupement conjoint solidaire titulaire du marché de maîtrise d'œuvre et de leur répartition entre ses membres, le désordre relatif aux nez de quais ne lui est pas imputable ;

- dès lors que le désordre affectant les nez de quais est principalement voire exclusivement imputable à une faute du maître d'ouvrage, qui est responsable de l'usage qui en est fait, compte tenu de la mauvaise répartition des camions entre les différents quais, les constructeurs doivent être exonérés de leur responsabilité à son égard ;

- les sociétés Delta Construction et Beterem Ingénierie doivent la relever et la garantir de toute condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre au titre de la garantie décennale à raison de leur part de responsabilité respective dans la survenance du désordre affectant les nez de quais ;

- s'agissant des deux désordres, dès lors qu'il n'est pas établi qu'elle aurait commis une faute dans l'exercice de ses missions, qui doivent être appréciées au regard des prestations prévues dans les documents contractuels et de la répartition des tâches entre les membres du groupement conjoint solidaire titulaire du marché de maîtrise d'œuvre, le maître d'ouvrage n'est pas fondé à rechercher sa responsabilité contractuelle ;

- les travaux de reprise de la toiture doivent être évalués à la somme de 207 336 euros toutes taxes comprises, qui correspond aux travaux de remplacement de deux files de plaque, dès lors que le caractère évolutif du désordre n'est pas établi ;

- les travaux de reprise des nez de quais doivent être évalués à la somme de 81 925,32 euros toutes taxes comprises dès lors que le devis complémentaire lié à l'adaptation des travaux aux contraintes de site correspond exclusivement aux surcoûts liés aux horaires imposés par le maître d'ouvrage ;

- compte tenu de la vétusté de l'ouvrage, qui a été réceptionné le 27 février 2006, et dès lors que les travaux de reprise sont de nature à apporter une plus-value à l'ouvrage, il y a lieu, pour déterminer le montant de l'indemnité à allouer au maître d'ouvrage, d'appliquer un abattement de 90 % sur les sommes qui correspondent aux travaux de reprise de la toiture et des nez de quais ;

- les frais de location d'un échafaudage et d'une nacelle nécessaire à la constatation des désordres par l'expert engagés par le maître d'ouvrage constituent des dépens.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 juin et 21 décembre 2021 et 25 février, 8 juin et 29 septembre 2022, les sociétés Holding Socotec et Socotec Construction, représentées par Me Rivière, concluent :

- à ce que la société Holding Socotec soit mise hors de cause ;

- au rejet de la requête ;

- à titre subsidiaire, à ce que la condamnation ne soit pas prononcée solidairement entre les constructeurs ;

- à ce que le montant des condamnations soit prononcé hors taxes ;

- à ce que les sociétés François Guibert Architecture, Egis Bâtiment Sud, Beterem Ingénierie, Delta Construction et Sarec soient solidairement condamnées à garantir la société Socotec Construction de toute condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre excédant 5 % des condamnations prononcées à l'encontre des constructeurs au titre du désordre affectant la toiture et des dépens mis à leur charge ;

- à ce que soient mises à la charge de Bordeaux Métropole et de toute partie succombante la somme de 5 000 euros à verser à la société Socotec Construction et la somme de 1 500 euros à la société Holding Socotec au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- dès lors que la société Socotec Construction, et non la société Holding Socotec, vient aux droits de la société AINF SA, la société Holding Socotec doit être mise hors de cause ;

- le délai de prescription de l'action présentée par Bordeaux Métropole sur le fondement de la garantie décennale n'a pas été interrompu à l'égard de la société Socotec Construction, dès lors qu'aucun acte interruptif de prescription ne lui a été adressé ;

- le désordre affectant la toiture ne lui est pas imputable dès lors que, contrairement à ce qu'indique l'expert dans son rapport, elle a attiré l'attention du maître d'ouvrage sur la nécessité de produit anticorrosion adapté et que l'expert a précisé que sa responsabilité ne pouvait être retenue qu'à titre purement subsidiaire ;

- ce désordre ne compromet pas la solidité de l'ouvrage ni le rend impropre à sa destination ;

- il n'est tenu vis-à-vis des constructeurs de supporter la réparation de dommages qu'à concurrence de la part de responsabilité susceptible d'être mise à sa charge dans les limites des missions définies par le contrat le liant au maître d'ouvrage ;

- compte tenu de l'étendue de sa mission et des fautes qui lui sont reprochées, les sociétés François Guibert Architecture, Delta Construction, Sarec, Beterem Ingénierie et Egis Bâtiment Sud doivent la relever et la garantir de la condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre ainsi que des frais mis à sa charge au titre des dépens en tant qu'ils excèdent 5 % des montants auxquels seront condamnés les constructeurs ;

- le maître d'ouvrage n'est pas fondé à demander que le montant des condamnations soit prononcé toutes taxes comprises dès lors qu'il récupère pour certaines opérations la taxe sur la valeur ajoutée et n'établit pas qu'il n'a pas, pour l'opération en cause, récupéré la taxe sur la valeur ajoutée.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 janvier, 9 mai et 2 août 2022, la société Delta Construction, représentée par la SELARL Galy et C, conclut :

- au rejet de la requête ;

- à défaut, à ce que la condamnation des constructeurs soit limitée à la somme de 401 610 euros au titre des désordres affectant la toiture et à la somme de 80 187,10 euros au titre des désordres affectant les nez de quais;

- à ce que les sociétés François Guibert Architecte, Socotec Construction et TPF Ingénierie, venant aux droits de la société Beterem Ingénierie, soient solidairement condamnées à la garantir des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre au titre du désordre affectant la toiture ;

- à ce que les sociétés François Guibert Architecte, Socotec Construction et TPF Ingénierie, venant aux droits de la société Beterem Ingénierie, soient solidairement condamnées à la garantir des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre au titre du désordre affectant les nez de quais ;

- à ce que soit mise à la charge de Bordeaux Métropole la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- compte tenu de son caractère limité, et dès lors qu'il n'est pas établi qu'il soit à l'origine d'infiltrations et qu'il n'affecte pas le fonctionnement de l'ouvrage, le désordre affectant la toiture ne compromet pas la solidité de l'ouvrage ni ne le rend impropre à sa destination ;

- compte tenu de sa faible étendue et de sa faible dangerosité, le désordre affectant les nez de quais ne compromet pas la solidité de l'ouvrage ni ne le rend impropre à sa destination ;

- le maître d'ouvrage n'est pas fondé à demander que le montant des condamnations soit prononcé toutes taxes comprises dès lors qu'il est assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée ;

- dès lors que seul un défaut dans le contrôle et dans la surveillance des travaux de son sous-traitant lui est reproché, la société François Guibert Architecte, qui a assuré le suivi et la gestion de l'exécution des travaux en cause, et la société Socotec Construction, qui n'a émis aucune réserve sur les travaux des lots en cause, doivent la relever et la garantir de toute condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre à raison de leur part de responsabilité respective dans la survenance du désordre affectant la toiture ;

- les sociétés François Guibert Architecte, à laquelle il est reproché un défaut de conception, et Beterem Ingénierie, à laquelle est reproché un défaut dans le contrôle et la surveillance des travaux, doivent la relever et la garantir de toute condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre à raison de leur part de responsabilité respective dans le désordre affectant les nez de quais.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2022, la société Egis Bâtiments Sud, anciennement dénommée OTH, représentée par SELARL interbarreaux Racine, conclut :

- au rejet de la requête ;

- à défaut, à ce que la condamnation des constructeurs soit limitée à la somme de 86 390 euros au titre des travaux de reprise de la toiture et 40 093,55 euros au titre des travaux de reprise des nez de quais ;

- à ce que les société François Guibert Architecte, Socotec Construction, TPF Ingénierie, venant aux droits de la société Beterem Ingénierie, Sarec et Delta Construction soient solidairement condamnées à la garantir des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre ;

- à ce que les dépens soient mis, à hauteur des 2/3 de leur montant, à la charge définitive de Bordeaux Métropole ;

- à ce que soit mise à la charge de toute partie succombante la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'action présentée par Bordeaux Métropole sur le fondement de la garantie décennale pour la réparation du désordre affectant les nez de quais est prescrite dès lors que ce désordre n'a pas été expressément visé dans la requête en référé expertise déposée par le maître d'ouvrage ;

- compte tenu de son caractère limité, et dès lors qu'il n'est pas établi qu'il soit à l'origine d'infiltrations et qu'il n'affecte pas le fonctionnement de l'ouvrage, le désordre affectant la toiture ne compromet pas la solidité de l'ouvrage ni le rend impropre à sa destination ;

- il n'est pas établi que le désordre affectant les nez de quais soit apparu dans un délai de dix ans à compter de la réception des travaux ;

- les désordres ne lui sont pas imputables dès lors qu'elle n'est pas intervenue sur les lots couverture et gros-œuvre ;

- le maître d'ouvrage n'est pas fondé à rechercher sa responsabilité sur le fondement de la responsabilité contractuelle dès lors qu'il n'est pas établi que le maître d'œuvre aurait commis une faute lors des opérations de réception et qu'à les supposer établies, ces fautes ne lui seraient pas imputables dès lors qu'elle n'est pas intervenue lors des opérations de réception des lots concernés par ces désordres ;

- dès lors que, conformément à la répartition des tâches entre les membres du groupement conjoint titulaire du marché de maîtrise d'œuvre, il n'était en charge d'aucun des lots concernés par les désordres, le maître d'ouvrage n'est pas fondé à rechercher la condamnation solidaire des membres du groupement ;

- les sociétés François Guibert Architecte, Socotec Construction, TPF Ingénierie, venant aux droits de la société Beterem Ingénierie, Sarec et Delta Construction doivent être condamnées à la garantir des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre à raison de leur part de responsabilité respective dans la survenance des désordres.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 novembre 2022, la société TPF Ingénierie, venant aux droits de la société Beterem Ingénierie, représentée par la SCP Logos, conclut :

- au rejet de la requête ;

- à défaut, à ce que le montant des condamnations soit ramené à de plus juste proportions et notamment, en ce qui concerne la condamnation prononcée au titre du désordre affectant la toiture, à ce que la condamnation soit limitée à la somme de 160 000 euros ;

- à ce que les sociétés François Guibert Architecte, Socotec Construction, et Delta Construction soient condamnées à la garantir de la condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre au titre des désordres affectant la toiture ;

- à ce que les société François Guibert Architecte et Delta Construction soient condamnées à la garantir de la condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre au titre des désordres affectant les nez de quais à hauteur d'au moins 95 % de cette condamnation ;

- à ce que les sociétés François Guibert Architecte, Delta Construction, Egis Bâtiments Sud et Socotec Construction soient condamnées à la garantir des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre au titre des dépens ainsi que des frais non compris dans les dépens à hauteur d'au moins 98 % de ces condamnations ;

- à ce que soit mise à la charge de Bordeaux Métropole la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- s'agissant du désordre affectant la toiture, il ne lui est pas imputable dès lors qu'elle n'est pas intervenue sur le lot relatif à la couverture et que l'expert judiciaire n'a relevé aucune faute qui lui serait imputable ;

- le maître d'ouvrage n'est pas fondé à rechercher la condamnation solidaire des membres du groupement dès lors que la solidarité ne se présume point et qu'il ne rapporte pas la preuve de la nécessité de prononcer une condamnation solidaire, qu'il n'y a pas de solidarité entre les membres du groupement et qu'il n'a pas contribué à la survenance des dommages ;

- le désordre ne compromet pas la solidité de l'ouvrage ni ne le rend impropre à sa destination ;

- il ne constitue pas un désordre évolutif dès lors qu'il n'est pas établi que le désordre va apparaître de manière certaine après l'expiration du délai d'épreuve de 10 ans ;

- s'agissant du désordre affectant les nez de quais, l'action présentée par Bordeaux Métropole sur le fondement de la garantie décennale pour la réparation du désordre affectant les nez de quais est prescrite dès lors que ce désordre n'a pas été expressément visé dans la requête en référé expertise déposée par le maître d'ouvrage ;

- s'agissant du montant de l'indemnisation relative au désordre affectant la toiture, les travaux de reprise retenus par le maître d'ouvrage permettent une amélioration de l'ouvrage et tendent à la réparation de zone de la toiture qui ne sont pas concernées par le désordre ;

- le maître d'ouvrage n'est pas fondé à demander que le montant des condamnations soit prononcé toutes taxes comprises dès lors qu'il n'établit pas ne pas être assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée ;

- le désordre affectant les nez de quais est partiellement imputable à une faute du maître d'ouvrage, qui est responsable de l'usage qui en est fait, dès lors que les camions, en circulant, accrochent les protections des quais et les arrachent ;

- les sociétés François Guibert Architecte et Delta Construction et Socotec Construction doivent la relever et la garantir de toute condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre à raison de leur part de responsabilité respective dans le désordre affectant la toiture ;

- les sociétés François Guibert Architecte et Delta Construction doivent la relever et la garantir de la condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre à raison de leur part de responsabilité respective dans le désordre affectant les nez de quais à hauteur d'au moins 95 % de cette condamnation ;

- les sociétés François Guibert Architecte, Delta Construction, Egis Bâtiments Sud et Socotec Construction doivent la relever et la garantir des frais mis à sa charge au titre des dépens et des frais non compris dans les dépens en tant qu'ils excèdent 2% des montants auxquels seront condamnés à ce titre les constructeurs.

Vu :

- l'ordonnance n°1600702 du 18 mai 2016 prescrivant une expertise à la demande de Bordeaux Métropole et désignant M. D B, expert judiciaire et l'ordonnance n°1602586 du 13 juillet 2016 étendant cette expertise au contradictoire de la société Egis Bâtiment Sud et de la compagnie d'assurance Allianz Iard ;

- le rapport de l'expert déposé le 14 août 2018 ;

- l'ordonnance n°1600702 du 16 août 2018, par laquelle le président du tribunal a liquidé et taxé les frais de l'expertise réalisée par M. D B à la somme de 10 284,79 euros toutes taxes comprises ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code général des impôts ;

- le code des marchés publics ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A ;

- les conclusions de Mme Jaouën, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Couette, représentant Bordeaux Métropole, celles de Me Le Rennec, représentant la société François Guibert Architecte, celles de Me Bretagnole, représentant la société Egis Bâtiments Sud, celles de Me Cecere, représentant la société TPF Ingénierie et celles de Me Schontz, représentant la société Delta Construction.

Considérant ce qu'il suit :

1. Par un acte d'engagement du 31 décembre 2001, la communauté urbaine de Bordeaux a confié la maîtrise d'œuvre d'un projet de réhabilitation de la Grande Halle du marché international de Bordeaux-Brienne au groupement composé des sociétés François Guibert Architecte, architecte, Beterem Ingénierie, devenue TPF Ingénierie, et OTH Sud-Ouest, devenue Egis Bâtiments Sud, bureaux d'études techniques. Par un acte d'engagement signé le 24 juin 2002, une mission de contrôle technique a été confiée à la société AINF SA pour la réalisation de cette opération. Ce marché a été transféré à la société Socotec France par l'effet d'un avenant du 7 décembre 2007. Le marché de travaux ayant pour objet la réhabilitation de la Grande Halle du marché international de Bordeaux-Brienne a été décomposé en 12 lots. Par un acte d'engagement du 18 juin 2004, les 12 lots du marché de travaux ont été confiés à la société Delta Construction. La société SAREC a participé à l'opération de réhabilitation en qualité de sous-traitant de la société Delta Construction pour la réalisation de travaux confiés au titre du lot n°5 " couverture - bardage - étanchéité ". La réception avec réserves des travaux est intervenue le 14 mars 2006. Les réserves ont été levées par une décision du 1er avril 2008. M. B, expert désigné à la demande de Bordeaux Métropole, venant aux droits de la communauté urbaine de Bordeaux, et de la régie autonome du marché d'intérêt national de Bordeaux-Brienne par le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux, a déposé, le 14 août 2018, son rapport concernant les désordres affectant cet ouvrage, et notamment la toiture du bâtiment ainsi que les quais de chargement et de déchargement. Bordeaux Métropole demande au tribunal de de condamner solidairement les sociétés François Guibert Architecte, Egis Bâtiments Sud, Beterem Ingénierie, Holding Socotec, Socotec Construction et Delta Construction, à lui verser la somme de 481 932 euros en réparation des préjudices résultant des désordres affectant la toiture de la Grande Halle du marché international de Bordeaux-Brienne et de condamner solidairement les sociétés François Guibert Architecte, Egis Bâtiments Sud, Beterem Ingénierie et Delta Construction, à lui verser la somme de 96 224,50 euros en réparation des préjudices résultant des désordres affectant les nez de quais de l'ouvrage.

Sur les conclusions aux fins de mise hors de cause :

2. Il résulte de l'instruction que la société Holding Socotec, qui n'a pas participé à l'opération de réhabilitation en cause, est insusceptible de venir aux droits de la société AINF SA, dans les droits de laquelle a succédé la société Socotec Construction. Dès lors, il y a lieu de mettre hors de cause la société Holding Socotec.

Sur la responsabilité décennale des constructeurs :

3. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres, apparus dans le délai d'épreuve de dix ans et affectant l'ouvrage dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, même dissociable, engagent la responsabilité de ces constructeurs au titre de la garantie décennale s'ils sont de nature à compromettre sa solidité ou à le rendre impropre à sa destination.

4. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables. Par ailleurs, en l'absence de stipulations contraires, les entreprises qui s'engagent conjointement et solidairement envers le maître de l'ouvrage à réaliser une opération de construction, s'engagent conjointement et solidairement non seulement à exécuter les travaux, mais encore à réparer le préjudice subi par le maître de l'ouvrage du fait de manquements dans l'exécution de leurs obligations contractuelles. Un constructeur ne peut échapper à sa responsabilité conjointe et solidaire avec les autres entreprises co-contractantes, au motif qu'il n'a pas réellement participé aux travaux révélant un tel manquement, que si une convention, à laquelle le maître de l'ouvrage est partie, fixe la part qui lui revient dans l'exécution des travaux.

S'agissant de l'exception de prescription de l'action en garantie décennale :

5. Aux termes des dispositions de l'article 2241 du code civil : " La demande en justice, même en référé, interrompt le délai de prescription () ". Aux termes des dispositions de l'article 2242 du même code : " L'interruption résultant de la demande en justice produit ses effets jusqu'à l'extinction de l'instance. ". En outre, aux termes des dispositions de l'article 2239 du même code : " La prescription est également suspendue lorsque le juge fait droit à une demande de mesure d'instruction présentée avant tout procès. / Le délai de prescription recommence à courir, pour une durée qui ne peut être inférieure à six mois, à compter du jour où la mesure a été exécutée ". Il résulte de ces dispositions, applicables à la responsabilité décennale des architectes et des entrepreneurs à l'égard des maîtres d'ouvrages publics, qu'une demande en référé présentée par une collectivité publique, tendant à la désignation d'un expert aux fins de constater des désordres imputés à des constructeurs ou d'en rechercher les causes, a pour effet d'interrompre le délai de dix ans à l'expiration duquel la responsabilité de ces constructeurs ne peut plus être recherchée devant le juge administratif à raison desdits désordres jusqu'à l'extinction de l'instance et que, lorsque le juge fait droit à cette demande, le même délai est suspendu jusqu'à la remise par l'expert de son rapport au juge. En outre, le délai de prescription n'est valablement interrompu qu'à la double condition d'émaner de celui qui a la qualité pour exercer le droit menacé par la prescription et de viser ceux-là mêmes qui en bénéficieraient.

6. D'une part, il résulte de l'instruction que, après la réception avec réserve des travaux qui est intervenue le 14 mars 2006, Bordeaux Métropole et la Régie autonome du marché d'intérêt national de Bordeaux Brienne ont saisi, le 19 février 2016, le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux afin que soit prescrite une expertise portant sur les désordres affectant la dalle ainsi que la toiture de la halle centrale. Par cette citation en justice, Bordeaux Métropole et la Régie autonome du marché d'intérêt national de Bordeaux Brienne ont mis en cause la société Socotec France, à laquelle la mission de contrôle technique de l'opération, initialement confiée à la société AINF SA, a été transférée par l'effet d'un avenant du 7 décembre 2007. Dès lors que la société Socotec Construction vient aux droits de la société Socotec France, elle n'est pas fondée à soutenir que la citation de justice en cause n'a pas eu pour effet d'interrompre le délai de prescription à son encontre.

7. D'autre part, la citation en justice décrite au point 6, qui fait état d'un phénomène de destruction de la dalle du bâtiment en raison de la circulation d'engins permettant la manipulation de produits commerciaux et est assortie d'une photographie de nez de quais, porte notamment sur le désordre affectant les nez de quais. Elle a interrompu le délai de prescription à l'égard des constructeurs visés, qui a recommencé à courir à la date à laquelle l'expert désigné a déposé son rapport au greffe du tribunal administratif de Bordeaux, soit le 14 août 2018. Ainsi, le délai de dix ans imparti pour la mise en œuvre de la garantie décennale n'était pas expiré à la date d'enregistrement de la requête. Par suite, les sociétés Egis Bâtiments Sud et TPF Ingénierie ne sont pas fondées à soutenir que l'action en garantie décennale est prescrite en ce qui concerne le désordre affectant les nez de quais.

8. Il résulte de ce qui précède que l'exception de prescription soulevée en défense doit être écartée.

S'agissant du désordre affectant la toiture du bâtiment :

9. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que certaines tôles en aluminium de la couverture du bâtiment présentent, en bas de plaque, des perforations qui ont vocation à s'agrandir. Si les perforations n'ont été constatées par l'expert que sur deux files de plaques de la couverture, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le phénomène de corrosion à l'origine du désordre affecte les autres files de plaques qui, dès lors qu'elles ont été posées selon le même procédé, présenteront de façon certaine, dans un avenir prévisible, des perforations. Ce désordre, qui provoque des infiltrations portant atteinte à l'étanchéité du bâtiment, rend l'ouvrage impropre à sa destination alors même que les infiltrations sont, à ce stade, localisées, et que l'ouvrage n'a pas cessé d'être utilisé.

10. Ce désordre est causé par un phénomène de corrosion galvanique provoqué par un défaut dans l'exécution des travaux réalisés par la société Sarec, sous-traitant de la société Delta Construction, qui n'a pas respecté les préconisations du DTU 40.36 " couverture en plaques nervurées d'aluminium pré laqué ou non " et n'a pas retiré le revêtement anti-condensation sous la tôle, sur une partie proche du bord de la plaque. Il est dû à un défaut de contrôle et de surveillance des travaux réalisés par la société Sarec imputable à la société titulaire du marché de travaux, aux maîtres d'œuvre ainsi qu'au contrôleur technique, sans que ni ce dernier, ni la société TPF Ingénierie ne puissent utilement invoquer l'absence de faute dans l'exécution de leur mission pour s'exonérer de leur responsabilité de plein droit encourue au titre de la garantie décennale. En outre, dès lors qu'il est constant que le maître d'ouvrage n'est partie à aucune convention dont l'objet est de fixer la part qui revient dans l'exécution des travaux à chacune des sociétés composant le groupement titulaire du marché de maîtrise d'œuvre de l'opération en cause, les sociétés François Guibert Architecte, Egis Bâtiments Sud et TPF Ingénierie ne peuvent utilement soutenir que, dès lors qu'elles n'ont pas effectivement participé aux travaux à l'origine du désordre en cause, leur responsabilité ne peut être engagée sur le fondement de la garantie décennale.

11. Il résulte de ce qui précède que Bordeaux Métropole est fondée à rechercher la responsabilité décennale des sociétés François Guibert Architecte, Egis Bâtiments Sud, TPF Ingénierie, Socotec Construction et Delta Construction, pour la réparation des préjudices résultant du désordre affectant la toiture de l'ouvrage en cause.

S'agissant du désordre affectant les nez de quais :

12. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que les nez de quais de la Grande Halle du marché international de Bordeaux-Brienne sont caractérisés par des arrachements de cornières et de protections ainsi que par des éclats de bétons. Ce désordre, qui empêche les camions de s'accoler aux quais endommagés et sont à l'origine d'un risque de chute pour les usagers, rend l'ouvrage impropre à sa destination dès lors qu'il constitue un risque pour la sécurité des personnes, alors même qu'aucun accident n'est survenu.

13. Ainsi qu'il a été dit au point 7, le désordre affectant les nez de quais, qui a été constaté avant le 19 février 2016, date à laquelle Bordeaux Métropole et la Régie autonome du marché d'intérêt national de Bordeaux Brienne ont saisi le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux, est apparu, contrairement à ce qu'indique la société Egis Bâtiment Sud, dans le délai d'épreuve de 10 ans courant à compter de la date de la réception de l'ouvrage.

14. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que ce désordre est dû à un défaut dans l'exécution des travaux imputable à la société titulaire du marché de travaux, qui a utilisé une méthode inadaptée pour la fixation des éléments de protection des nez de quais, ainsi qu'à un vice de conception et à un défaut dans le contrôle et la surveillance des travaux imputables aux maîtres d'œuvre, lesquels, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 10, ne peuvent utilement soutenir que, dès lors qu'ils n'ont pas effectivement participé aux travaux à l'origine du désordre en cause, leur responsabilité ne peut être engagée sur le fondement de la garantie décennale.

15. Enfin, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que si les camions qui se présentent à quai pour charger et décharger leur marchandise heurtent parfois les quais, ces heurts ne sont pas liés à un mauvais usage des quais mais à un vice de conception des quais. Dès lors, les sociétés François Guibert Architecte et TPF Ingénierie ne sont pas fondées à soutenir que le maître d'ouvrage aurait commis une faute de nature à exonérer totalement ou, à défaut, partiellement les constructeurs de la responsabilité encourue au titre de la garantie décennale.

16. Il résulte de ce qui précède que Bordeaux Métropole est fondée à rechercher, pour la réparation du désordre affectant les nez de quais de l'ouvrage en cause, la responsabilité décennale des sociétés François Guibert Architecte, Egis Bâtiments Sud, TPF Ingénierie et Delta Construction.

Sur la réparation des préjudices subis :

17. En premier lieu, le montant du préjudice dont le maître d'ouvrage est fondé à demander la réparation aux constructeurs en raison des désordres affectant l'immeuble qu'ils ont réalisé correspond aux frais qu'il doit engager pour les travaux de réfection. Ces frais comprennent, en règle générale, la taxe sur la valeur ajoutée, élément indissociable du coût des travaux, à moins que le maître de l'ouvrage ne relève d'un régime fiscal qui lui permet normalement de déduire tout ou une partie de cette taxe de celle dont il est redevable à raison de ses propres opérations. Il appartient aux constructeurs mis en cause d'apporter au juge des éléments de nature à écarter la présomption de non assujettissement des collectivités territoriales et de leurs établissements publics à la taxe sur la valeur ajoutée pour ce qui concerne l'opération en cause.

18. Si les sociétés Delta Construction, Socotec Construction et TPF Ingénierie soutiennent que le montant des condamnations encourues ne doit pas inclure le montant de la taxe sur la valeur ajoutée dès lors que Bordeaux Métropole est assujettie à cette taxe ou, à tout le moins, n'établit pas ne pas l'être, elles n'apportent aucun élément de nature à écarter la présomption de non assujettissement des collectivités territoriales et de leurs établissements publics à la taxe sur la valeur ajoutée pour ce qui concerne l'opération en cause. En outre, en se bornant à soutenir qu'en application des dispositions de l'article 260 A du code général des impôts, Bordeaux Métropole était en mesure de demander à l'administration fiscale d'être assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée dans le cadre de l'opération en cause, la société Egis Bâtiment Sud, qui n'établit pas que cette collectivité aurait fait usage de ce droit d'option, ne remet pas sérieusement en cause la présomption de non assujettissement des collectivités territoriales et de leurs établissements publics à la taxe sur la valeur ajoutée.

19. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient Bordeaux Métropole, les frais de location d'un échafaudage et d'une nacelle qu'elle a déboursés dans le cadre de l'expertise judiciaire n'ont pas le caractère d'un préjudice indemnisable mais font partie des dépens de l'instance.

20. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 9 que le désordre affectant la toiture rend nécessaire des travaux de reprise portant sur le bas des cinq files de plaques composant la couverture du bâtiment. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que ces travaux doivent être évalués à la somme de 481 932 euros TTC.

21. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que les travaux de reprise des nez de quais doivent être évalués à la somme de 81 925,32 euros TTC. En outre, compte tenu de la nécessité, reconnue dans le rapport d'expertise, de préserver la continuité du service public qu'abrite la Grande Halle du marché international de Bordeaux-Brienne en réalisant les travaux de reprise exclusivement sur des plages horaires déterminées, il y a lieu d'inclure, dans le coût des réparations liées au désordre en cause, la somme correspondant aux frais supplémentaires liés aux contraintes du site dont le montant doit être évalué à la somme de 14 299,20 euros TTC.

22. En cinquième lieu, la vétusté d'un bâtiment qui peut donner lieu, lorsque la responsabilité contractuelle ou décennale des entrepreneurs et architectes est recherchée à l'occasion de désordres survenus dans un bâtiment, à un abattement affectant l'indemnité allouée au titre de la réparation des désordres, doit être appréciée à la date d'apparition des désordres.

23. En se bornant à soutenir qu'un abattement pour vétusté doit être appliqué dès lors que la réception de l'ouvrage est intervenue en 2006, alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que l'apparition des désordres ne puisse être fixée à une date proche de celle de cette réception, la société François Guibert Architecte n'établit pas que la durée écoulée entre la mise en service de l'ouvrage et l'apparition des désordres est suffisante pour prendre en considération la vétusté de l'ouvrage afin de déterminer l'indemnité qui doit être allouée au titre de la réparation des désordres. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que les travaux préconisés par l'expert sont à l'origine d'une amélioration de l'ouvrage. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de retenir un abattement pour vétusté ou pour plus-value.

24. Il résulte de tout ce qui précède que Bordeaux Métropole est fondée à demander la condamnation solidaire des sociétés François Guibert Architecte, Egis Bâtiments Sud, TPF Ingénierie, Socotec Construction et Delta Construction, qui ont concouru à la réalisation du même dommage, à lui verser la somme de 481 932 euros sur le fondement de la garantie décennale, pour la réparation des préjudices résultant du désordre affectant la toiture de l'ouvrage en cause. Elle est également fondée à demander la condamnation solidaire des sociétés François Guibert Architecte, Egis Bâtiments Sud, TPF Ingénierie et Delta Construction, qui ont concouru à la réalisation du même dommage, à lui verser la somme de 96 224,52 euros sur le fondement de la garantie décennale, pour la réparation des préjudices résultant du désordre affectant les nez de quais du même ouvrage.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

25. Seules les créances trouvant leur origine dans l'exécution d'un marché public ouvrent droit à des intérêts moratoires contractuels. Dès lors, Bordeaux Métropole a seulement droit aux intérêts au taux légal sur les sommes mentionnées au point 24, et ce à compter du 16 décembre 2020, date de l'enregistrement de sa requête. La collectivité requérante a également droit à la capitalisation de ces intérêts à compter du 16 décembre 2021 date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur la charge définitive des dépens :

26. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge définitive et solidaire des sociétés François Guibert Architecte, Egis Batiments Sud-Ouest, TPF Ingénierie, Socotec Construction et Delta Construction les frais et honoraires de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 10 284,79 euros toutes taxes comprises ainsi que les frais rendus nécessaires pour la réalisation de l'expertise judiciaire, qui correspondent aux frais de location d'un échafaudage et d'une nacelle, dont le montant s'élève à la somme de 1 326 euros TTC.

Sur les appels en garantie :

En ce qui concerne le désordre affectant la toiture :

27. Le désordre affectant la toiture est principalement dû à un défaut d'exécution, décrit au point 10, commis par la société Sarec, sous-traitant de la société Delta Construction. Il est également dû à un défaut de contrôle et de surveillance des travaux imputable à la société Delta Construction, en qualité de titulaire du lot n°5 " couverture - bardage - étanchéité " du marché de travaux, à la société François Guibert Architecte, société membre du groupement titulaire du marché de maitrise d'œuvre en charge de ce lot, ainsi qu'à la société Socotec Construction, contrôleur technique de l'opération en cause.

28. Eu égard à la contribution respective des entreprises précitées dans la survenance du désordre en cause, la société Sarec doit être condamnée à garantir les sociétés François Guibert Architecte, Socotec Construction et Egis Bâtiments Sud à hauteur de 70 % de la condamnation solidaire prononcée à leur encontre au titre de ce désordre.

29. La société François Guibert Architecte doit être condamnée à garantir les sociétés Delta Construction, Socotec Construction, Egis Bâtiments Sud et TPF Ingénierie à hauteur de 10 % de la condamnation solidaire prononcée à leur encontre au titre de ce désordre.

30. La société Delta Construction doit être condamnée à garantir les sociétés François Guibert Architecte, Socotec Construction, Egis Bâtiments Sud et TPF Ingénierie à hauteur de 10 % de la condamnation solidaire prononcée à leur encontre au titre de ce désordre.

31. La société Socotec Construction qui n'établit pas avoir procédé au contrôle et à la surveillance des travaux en relevant que le rapport initial qu'elle a établi à l'attention du maître d'ouvrage comportait des informations de nature à éviter le désordre en cause, doit être condamnée à garantir les sociétés François Guibert Architecte, Delta Construction, Egis Bâtiments Sud et TPF Ingénierie à hauteur de 10 % de la condamnation solidaire prononcée à leur encontre au titre de ce désordre

32. En revanche, compte tenu de ce qui a été dit au point 27, les conclusions d'appel en garantie présentées à ce titre et dirigées contre les sociétés Egis Bâtiments Sud et TPF Ingénierie doivent être rejetées dès lors que ces sociétés n'ont pas été en charge du lot en cause.

En ce qui concerne le désordre affectant les nez de quais :

33. Le désordre affectant les nez de quais est principalement dû à un vice de conception imputable à la société François Guibert Architecte. Il est également dû à un défaut d'exécution commis par la société Delta Construction, titulaire des lots du marché de travaux, et à un défaut de surveillance et de contrôle des travaux imputables à la société François Guibert Architecte et Beterem Ingénierie, devenue TPF Ingénierie, sociétés membre du groupement titulaire du marché de maîtrise d'œuvre en charge du lot en cause.

34. Eu égard à la contribution respective des entreprises précitées dans la survenance du désordre en cause, la société François Guibert Architecte doit être condamnée à garantir les sociétés Delta Construction, Egis Bâtiments Sud et Delta Construction à hauteur de 60 % de la condamnation solidaire prononcée à leur encontre au titre de ce désordre.

35. La société Delta Construction doit être condamnée à garantir les sociétés François Guibert Architecte, Egis Bâtiments Sud et Delta construction à hauteur de 30 % de la condamnation solidaire prononcée à leur encontre au titre de ce désordre.

36. La société TPF Ingénierie doit être condamnée à garantir les sociétés François Guibert Architecte, Egis Bâtiments Sud et Delta Construction à hauteur de 10 % de la condamnation solidaire prononcée à leur encontre au titre de ce désordre.

37. En revanche, compte tenu de ce qui a été dit au point 33, les conclusions d'appel en garantie présentées à ce titre par la société Egis Bâtiments Sud et dirigées contre les sociétés Sarec et Socotec Construction doivent être rejetées.

En ce qui concerne les dépens :

38. Compte tenu du partage de responsabilité exposé aux points 27 à 37, la société Sarec doit être condamnée à garantir la société Socotec Construction à hauteur de 50 % de la condamnation solidaire prononcée à son encontre au titre des dépens. La société François Guibert Architecte doit être condamnée à garantir les sociétés Socotec Construction et TPF Ingénierie à hauteur de 20 % de la condamnation solidaire prononcée à leur encontre au même titre. La société Delta Construction doit être condamnée à garantir les sociétés Socotec Construction et TPF Ingénierie à hauteur de 20 % de la même condamnation. Par ailleurs, La société TPF Ingénierie doit être condamnée à garantir la société Socotec Construction à hauteur de 5 % de la condamnation solidaire prononcée à son encontre au titre des dépens. Enfin, la société Socotec Construction doit être condamnée à garantir la société TPF Ingénierie à hauteur de 5 % de la condamnation solidaire prononcée à son encontre au même titre.

39. En revanche, les conclusions d'appel en garantie présentées par les sociétés Socotec Construction et TPF Ingénierie contre la société Egis Bâtiment Sud doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

40. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de Bordeaux Métropole, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes que demandent les sociétés François Guibert Architecte, Holding Socotec, Socotec Construction, Delta Construction, Egis Bâtiment Sud et TPF Ingénierie au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En outre, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des parties perdantes pour l'essentiel dans la présente instance les sommes sollicitées par les sociétés Holding Socotec et Socotec Construction au même titre. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge des sociétés François Guibert Architecte, Socotec Construction, TPF Ingénierie, Delta Construction et Egis Bâtiment Sud à verser à Bordeaux Métropole la somme de 2 000 euros, à raison d'un cinquième chacune à ce titre.

D E C I D E :

Article 1er : La société Holding Socotec est mise hors de cause.

Article 2 : Les sociétés François Guibert Architecte, Egis Batiments Sud, TPF Ingénierie, Socotec Construction et Delta Construction sont condamnées solidairement à verser à Bordeaux Métropole la somme de 481 932 euros.

Article 3 : Les sociétés François Guibert Architecte, Egis Batiments Sud, TPF Ingénierie, et Delta Construction sont condamnées solidairement à verser à Bordeaux Métropole la somme de 96 224,52 euros.

Article 4 : Les sommes mentionnées aux articles 2 et 3 sont assorties des intérêts à taux légal à compter du 16 décembre 2020. Les intérêts échus à la date du 16 décembre 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 5 : Les dépens, d'un montant global de 11 610,79 euros, sont mis solidairement à la charge définitive des sociétés François Guibert Architecte, Egis Batiments Sud, TPF Ingénierie, Socotec Construction et Delta Construction.

Article 6 : La société Sarec garantira les sociétés François Guibert Architecte, Socotec Construction et Egis Bâtiments Sud à concurrence de 70 % de la somme de 481 932 euros mise à leur charge par le présent jugement.

Article 7 : La société François Guibert Architecte garantira les sociétés Delta Construction, Socotec Construction, Egis Bâtiments Sud et TPF Ingénierie à concurrence de 10 % de la somme de 481 932 euros mise à leur charge par le présent jugement.

Article 8 : La société Delta Construction garantira les sociétés François Guibert Architecte, Socotec Construction, Egis Bâtiments Sud et TPF Ingénierie à concurrence de 10 % de la somme de 481 932 euros mise à leur charge par le présent jugement.

Article 9 : La société Socotec Construction garantira les sociétés François Guibert Architecte, Delta Construction, Egis Bâtiments Sud et TPF Ingénierie à concurrence de 10% de la somme de 481 932 euros mise à leur charge par le présent jugement.

Article 10 : La société François Guibert Architecte garantira les sociétés Delta Construction, Egis Bâtiments Sud et Delta Construction à concurrence de 60 % de la somme de 96 224,52 euros mise à leur charge par le présent jugement.

Article 11 : La société Delta Construction garantira les sociétés François Guibert Architecte, Egis Bâtiments Sud et Delta Construction à concurrence de 30 % de la somme de 96 224,52 euros mise à leur charge par le présent jugement.

Article 12 : La société TPF Ingénierie garantira les sociétés François Guibert Architecte, Egis Bâtiments Sud et Delta Construction à concurrence de 10 % de la somme de 96 224,52 euros mise à leur charge par le présent jugement.

Article 13 : La société Sarec garantira la société Socotec Construction à concurrence de 50 % de la somme de 11 610,79 euros mise à sa charge par le présent jugement.

Article 14 : La société François Guibert Architecte garantira les sociétés Socotec Construction et TPF Ingénierie à concurrence de 20 % de la somme de 11 610,79 euros mise à leur charge par le présent jugement.

Article 15: La société Delta Construction garantira les sociétés Socotec Construction et TPF Ingénierie à concurrence de 20 % de la somme de 11 610,79 euros mise à leur charge par le présent jugement.

Article 16 : La société TFP Ingénierie garantira la société Socotec Construction à concurrence de 5 % de la somme de 11 610,79 euros mise à sa charge par le présent jugement.

Article 17 : La société Socotec Construction garantira la société TPF Ingénierie à concurrence de 5 % de la somme de 11 610,79 euros mise à sa charge par le présent jugement.

Article 18 : Les sociétés François Guibert Architecte, Socotec Construction, TPF Ingénierie, Delta Construction et Egis Bâtiment Sud verseront à Bordeaux Métropole la somme de 2 000 euros, en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative, à raison d'un cinquième chacun à ce titre.

Article 19 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 20 : Le présent jugement sera notifié à Bordeaux Métropole, à la société François Guibert Architecte, à la société Egis Bâtiments Sud, à la société TPF Ingénierie, à la société Holding Socotec, à la société Socotec Construction, à la société Delta Construction et à la société Sarec.

Délibéré après l'audience du 7 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

- Mme Zuccarello, présidente,

- Mme De Paz, première conseillère,

- Mme Denys, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2022.

La rapporteure,

A. A

La présidente,

F. ZUCCARELLO

La greffière,

I. MONTANGON

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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