LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2100215

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2100215

lundi 30 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2100215
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSELARL BIROT-RAVAUT ET ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 13 janvier 2021, le 5 février 2021 et le 29 septembre 2022, Mme B, représentée par la SELARL Joly-Guirato-Trarieux, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'ordonner avant-dire-droit une expertise médicale aux fins d'évaluer les postes de préjudices subis du fait de sa contamination par le virus de l'hépatite C ;

2°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM) à lui verser la somme de 50 000 euros en réparation du préjudice d'établissement causé par sa contamination par le virus de l'hépatite C.

Elle soutient que :

- l'expertise réalisée en 2016 dans le cadre de la procédure amiable ne peut suffire à fixer l'indemnisation de ses préjudices, puisque son état de santé n'était pas consolidé ;

- le taux de déficit fonctionnel permanent retenu par l'ONIAM, fixé à 3%, est contestable ;

- son préjudice d'établissement est évalué à 50 000 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 1er juin 2021 et le 5 octobre 2022, l'ONIAM, représenté par Me Ravaut, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- l'utilité de l'expertise demandée par Mme B n'est pas démontrée, en effet l'examen des pièces médicales produites lui a permis de fixer les préjudices ainsi que la date de consolidation de Mme B au 12 avril 2018 ; en outre l'offre d'indemnisation du 12 novembre 2020 portant sur le déficit fonctionnel permanent a été prononcée sur la base d'un référentiel public d'indemnisation des dommages imputables à la contamination par le virus de l'hépatite C ;

- l'offre d'indemnisation partielle acceptée par la requérante le 9 août 2019 comportait déjà une date de consolidation et indiquait que l'indemnisation du déficit fonctionnel permanent interviendrait ultérieurement, après réception de la créance des organismes sociaux ; elle ne saurait ignorer le caractère définitif de l'offre ;

- l'expert ne retient pas de préjudice d'établissement ; aucun élément du dossier ne justifie de l'existence d'une vie conjugale ni ne fait état d'une impossibilité pour Mme B d'avoir des enfants.

Les parties ont été informées, par lettre du 15 septembre 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la requête pour défaut de chiffrage du préjudice.

Par ordonnance du 30 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 octobre 2022.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 2 janvier 2023, la présidente du tribunal a désigné M. Julien Dufour, premier conseiller, pour exercer temporairement les fonctions de rapporteur public en application de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Champenois, rapporteure,

- les conclusions de M. Dufour, rapporteur public,

- et les observations de Me Dagouret, représentant l'ONIAM.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, née le 21 décembre 1969, a été contaminée par le virus de l'hépatite C lorsqu'elle a été transfusée au centre hospitalier universitaire d'Annecy entre 1979 et 1981. Elle a saisi l'ONIAM d'une demande indemnitaire le 11 janvier 2016. L'ONIAM a diligenté une expertise, puis a fait une offre d'indemnisation à l'intéressée le 17 octobre 2016, à hauteur de 2 532 euros, puis une deuxième offre le 17 août 2018, à hauteur de 5 848 euros. Mme B a accepté ces offres le 1er décembre 2016 et le 10 septembre 2019. Le 12 novembre 2020, l'ONIAM a adressé à l'intéressée une nouvelle offre d'indemnisation de 3 188 euros. Cette dernière ne l'a pas acceptée. Par la présente requête, Mme B demande, d'une part, qu'il soit ordonné avant-dire-droit une expertise afin de déterminer les postes de préjudices subis après consolidation de son état de santé, du fait de sa contamination par le virus de l'hépatite C, et d'autre part, l'indemnisation de son préjudice d'établissement.

Sur le principe de l'indemnisation :

2. Aux termes de l'article L. 1221-14 du code de la santé publique : " Les victimes de préjudices résultant de la contamination par le virus de l'hépatite B ou C ou le virus T-lymphotropique humain causée par une transfusion de produits sanguins ou une injection de médicaments dérivés du sang réalisée sur les territoires auxquels s'applique le présent chapitre sont indemnisées au titre de la solidarité nationale par l'office mentionné à l'article L. 1142-22 dans les conditions prévues à la seconde phrase du troisième alinéa de l'article L. 3122-1, aux deuxième et troisième alinéas de l'article L. 3122-2, au premier alinéa de l'article L. 3122-3 et à l'article L. 3122-4, à l'exception de la seconde phrase du premier alinéa./ Dans leur demande d'indemnisation, les victimes ou leurs ayants droit justifient de l'atteinte par le virus de l'hépatite B ou C ou le virus T-lymphotropique humain et des transfusions de produits sanguins ou des injections de médicaments dérivés du sang. L'office recherche les circonstances de la contamination. S'agissant des contaminations par le virus de l'hépatite C, cette recherche est réalisée notamment dans les conditions prévues à l'article 102 de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. Il procède à toute investigation sans que puisse lui être opposé le secret professionnel./ L'offre d'indemnisation visant à la réparation intégrale des préjudices subis du fait de la contamination est faite à la victime dans les conditions fixées aux deuxième, troisième et cinquième alinéas de l'article L. 1142-17./ La victime dispose du droit d'action en justice contre l'office si sa demande d'indemnisation a été rejetée, si aucune offre ne lui a été présentée dans un délai de six mois à compter du jour où l'office reçoit la justification complète des préjudices ou si elle juge cette offre insuffisante./ La transaction à caractère définitif ou la décision juridictionnelle rendue sur l'action en justice prévue au précédent alinéa vaut désistement de toute action juridictionnelle en cours et rend irrecevable toute autre action juridictionnelle visant à la réparation des mêmes préjudices./ () "

3. Il résulte de l'instruction, et notamment des deux rapports d'expertise amiables précités, que Mme B a fait l'objet d'une contamination au virus de l'hépatite C par transfusion sanguine entre 1979 et 1981. Il en résulte que l'ONIAM, qui le reconnaît, a la charge, au titre de la solidarité nationale, d'indemniser les préjudices subis par Mme B causés par cette transfusion.

Sur la demande d'expertise :

4. Aux termes de l'article R. 626-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. L'expert peut se voir confier une mission de médiation. Il peut également prendre l'initiative, avec l'accord des parties, d'une telle médiation. Si une médiation est engagée, il en informe la juridiction. Sous réserve des exceptions prévues par l'article L. 213-2, l'expert remet son rapport d'expertise sans pouvoir faire état, sauf accord des parties, des constatations et déclarations ayant eu lieu durant la médiation. "

5. Par un premier protocole transactionnel, l'ONIAM a indemnisé Mme B à hauteur de 32 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire total du 11 au 12 septembre 2001 et de 2 500 euros au titre des souffrances endurées évaluées alors à 2,5 sur une échelle de 7. Par un second protocole transactionnel, l'ONIAM a indemnisé Mme B à hauteur de 348 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire partiel du 6 juillet au 30 septembre 2016, de 5 500 euros au titre des souffrances endurées, sous déduction de la somme déjà versée et n'a pas retenu de préjudice d'établissement. L'ONIAM a fait une troisième offre d'indemnisation à Mme B, par laquelle il évalue le déficit fonctionnel permanent à 3% et propose de l'indemniser à hauteur de 3 188 euros, et rejette la demande d'indemnisation de son préjudice d'établissement. Mme B n'a pas accepté cette offre.

6. La requérante estime que l'expertise réalisée en 2016 ne saurait suffire à permettre à l'ONIAM de fixer son indemnisation, son état de santé n'étant pas alors consolidé. Cependant, il résulte des écritures de l'ONIAM que, pour fixer au 12 avril 2018 la date à laquelle l'état de santé de Mme B pouvait être consolidé, celui-ci s'est appuyé sur plusieurs pièces médicales : un courrier du Dr C du 20 septembre 2017 qui indique que " la date de guérison est affirmée par une charge virale C négative de plus de 12 semaines après la fin du traitement ", les résultats de l'examen fibroscan du 12 avril 2018 qui démontrent une fibrose à 6,6 kPa, qui atteste de sa régression, un compte-rendu d'analyses médiales daté du 15 janvier 2018 indiquant une PCR négative, qui confirme la guérison du VHC, et deux échographies abdominales datées des 26 juin 2017 et 5 janvier 2018 qui ne retrouvent aucune trace d'anomalie hépatique. Au vu de l'ensemble de ces éléments médicaux, la réalisation d'une nouvelle expertise n'était pas nécessaire, alors qu'en outre, Mme B ne fait valoir aucun élément de nature à remettre en cause la date de consolidation. L'ONIAM pouvait ainsi, sans diligenter de nouvelle expertise, émettre une offre d'indemnisation des préjudices permanents de Mme B. En outre, si Mme B conteste le taux fixé à 3% par l'expert au titre du déficit fonctionnel permanent, elle n'apporte cependant aucun élément à l'appui de ses allégations. Dans ces conditions, la demande d'expertise, formée à titre principal, est dépourvue d'utilité. Par suite, il y a lieu de rejeter cette demande.

Sur les conclusions indemnitaires :

7. En premier lieu, si la requérante soutient que son déficit fonctionnel permanent, évalué à 3% par l'expert, suivi par l'ONIAM, est insuffisant, elle ne verse au dossier aucun élément susceptible de remettre en cause cette évaluation. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 3 200 euros.

8. En deuxième lieu, à supposer que la requérante puisse être regardée comme demandant l'indemnisation des souffrances endurées, ce préjudice a déjà été indemnisé par voie transactionnelle, ce qui fait obstacle à toute nouvelle indemnisation ainsi que le prévoient les dispositions citées au point 2.

9. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que Mme B a indiqué à l'ONIAM qu'en raison de sa contamination, elle a renoncé à avoir des enfants de peur de leur transmettre le virus, et qu'elle ne peut plus avoir de projet familial eu égard à son âge. La réalité de cette souffrance morale, évoquée par l'expert, n'est pas contestée. Ainsi, Mme B devait être regardée comme demandant réparation d'un préjudice moral, et non un préjudice d'établissement, qui doit être indemnisé. Il en sera fait une juste appréciation en l'évaluant à la somme de 5 000 euros.

10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'ONIAM est condamné à verser à Mme B la somme de 8 200 euros.

D E C I D E :

Article 1er : L'ONIAM est condamné à verser à Mme B la somme de 8 200 euros.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à la caisse primaire d'assurance maladie des Pyrénées-Atlantiques et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux.

Délibéré après l'audience du 16 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Philippe Delvolvé, président,

Mme Mariane Champenois, première conseillère,

Mme A de Gélas, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2023.

La rapporteure,

M. CHAMPENOIS

Le président,

Ph. DELVOLVÉ

La greffière,

A. JAMEAU

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions