LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2100352

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2100352

lundi 17 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2100352
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSELARL HMS ATLANTIQUE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 22 janvier, 6 décembre et 28 décembre 2021, Mme F E, M. B A, Mme D A et M. C A, représentés par Me Brassier, avocat, demandent au tribunal :

1°) de condamner la commune de Lanton à leur verser solidairement une somme de 2 464 euros en réparation de leur préjudice financier, ainsi qu'à chacun une somme de 20 000 euros au titre de leur préjudice moral résultant de la destruction de la concession funéraire familiale et de l'exhumation de la dépouille d'Eric A ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Lanton une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- alors que la concession funéraire dont ils sont titulaires sur le terrain n° 134 bis du cimetière de Lanton a été renouvelée par arrêté du 14 septembre 2018, ils ont pu constater en juillet 2020 qu'à la suite de travaux effectués dans le cimetière sans aucune surveillance leur concession avait été complétement détruite et la dépouille d'Eric A, leur père ou compagnon, avait disparu ;

- la responsabilité de la commune de Lanton est engagée sur le fondement de l'article L. 2213-8 du code général des collectivités territoriales et du règlement intérieur du cimetière, à raison de la carence du maire à leur garantir une jouissance paisible de leur concession funéraire et plus précisément à surveiller les travaux effectués à l'intérieur du cimetière et à les prévenir des dégradations ;

- ils ont subi un préjudice moral qui peut être évalué à 20 000 euros ; ils peuvent également se prévaloir d'un préjudice financier, correspondant aux frais funéraires pour 1 594 euros et aux frais de concession pour 870 euros.

Par des mémoires et pièces complémentaires enregistrés les 5 novembre et 14 décembre 2021 et 4 mars 2022, la commune de Lanton, représentée par la cabinet Cazcarra et Jeanneau, avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des consorts E et A une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- c'est une erreur de l'opérateur funéraire qui est à l'origine de la réalisation à tort de travaux de reprise sur la concession funéraire n° 134 bis et de l'exhumation de M. A ;

- seule la responsabilité de l'opérateur funéraire peut en conséquence être engagée.

Par ordonnance du 7 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 24 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Molina-Andréo, première conseillère ;

- les conclusions de Mme Passerieux, rapporteure publique,

- les observations de Me Brassier, représentant les consorts E et A,

- et les observations de Me Safar, représentant la commune de Lanton.

Considérant ce qui suit :

1. Eric A, compagnon de Mme F E et père de M. B A, Mme D A et M. C A, était inhumé depuis le 14 avril 1988 dans une concession du cimetière de Lanton, référencée n° 134 bis. Cette concession a été renouvelée à la demande de M. B A pour une période de 15 ans, à compter du 14 septembre 2018. Dans le cadre d'une opération de reprise d'une concession funéraire voisine abandonnée, à l'été 2020, il a été procédé par erreur à la destruction de la concession et à l'exhumation de la dépouille d'Eric A. Par la présente requête, Mme F E, M. B A, Mme D A et M. C A demandent de condamner la commune de Lanton à leur verser solidairement une somme de 2 464 euros en réparation de leur préjudice financier, ainsi qu'à chacun une somme de 20 000 euros au titre de leur préjudice moral.

Sur la responsabilité de la commune :

2. Aux termes de l'article L. 2213-8 du code général des collectivités territoriales : " Le maire assure la police des funérailles et des cimetières. ". Aux termes de l'article L. 2213-9 du même code : " Sont soumis au pouvoir de police du maire le mode de transport des personnes décédées, le maintien de l'ordre et de la décence dans les cimetières, les inhumations et les exhumations, sans qu'il soit permis d'établir des distinctions ou des prescriptions particulières à raison des croyances ou du culte du défunt ou des circonstances qui ont accompagné sa mort. ". Aux termes de l'article L. 2223-13 du même code : " Lorsque l'étendue des cimetières le permet, il peut être concédé des terrains aux personnes qui désirent y fonder leur sépulture et celle de leurs enfants ou successeurs. Les bénéficiaires de la concession peuvent construire sur ces terrains des caveaux, monuments et tombeaux. /() ". Aux termes de l'article L. 2223-14 de ce code : " Les communes peuvent, sans toutefois être tenues d'instituer l'ensemble des catégories ci-après énumérées, accorder dans leurs cimetières : / 1° Des concessions temporaires pour quinze ans au plus ; / 2° Des concessions trentenaires ; / 3° Des concessions cinquantenaires ; / 4° Des concessions perpétuelles. " Enfin, aux termes de l'article L. 2122-22 dudit code : " Le maire peut, en outre, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : / 8° De prononcer la délivrance et la reprise des concessions dans les cimetières ; / () ". Il incombe ainsi à l'autorité municipale d'assurer la surveillance et l'entretien des cimetières, et, dans le cas de travaux confiés à des intervenants autorisés à rentrer dans leur enceinte, de veiller par des mesures appropriées au respect de l'intégrité de l'ouvrage public et des concessions qui s'y trouvent. Le maire doit veiller à ce que les bénéficiaires de concessions funéraires et leurs ayants-droit ne puissent être troublés dans l'exercice exclusif de ce droit d'usage et de jouissance et ce, pendant toute la durée de validité de ces titres.

3. Il est constant qu'il a été procédé à la destruction de la concession n° 134 bis et à l'exhumation d'Eric A qui y était inhumé, alors que cette concession avait été renouvelée pour quinze ans par un arrêté du 14 septembre 2018 et qu'aucun membre de la famille n'avait fait de demande en ce sens ni donné son accord. Le maire de la commune de Lanton a ainsi commis une faute dans l'exercice de ses pouvoirs de police des cimetières de nature à engager la responsabilité de la commune. La circonstance que le dommage résulterait d'une erreur de l'entreprise d'opérations funéraires à l'occasion de la reprise d'une concession funéraire voisine abandonnée n'est pas de nature à exonérer la commune de Lanton de sa responsabilité. Il lui appartiendra, si elle s'y croit fondée, de rechercher le cas échéant la responsabilité de l'entreprise d'opérations funéraires devant la juridiction compétente.

Sur la réparation :

4. Alors même que le gérant du cimetière de Lanton a attesté de ce que la dépouille d'Eric A a été localisée et qu'il est possible de la réintégrer dans la concession familiale, les consorts E et A sont légitimes, au regard de la perte de confiance ressentie, à vouloir inhumer la dépouille d'Eric A dans un autre cimetière. Ils justifient de devis de 1 594 euros et 870 euros en vue d'une nouvelle inhumation dans une concession située au cimetière de Camps. Par suite, il y a lieu de leur allouer solidairement la somme de 2 464 euros en réparation de ce préjudice matériel.

5. Par ailleurs, les requérants ont été affectés par la destruction de la concession funéraire où était inhumé leur père ou compagnon et par l'impossibilité de se recueillir sur la tombe de celui-ci jusqu'à sa nouvelle inhumation. Ils ont ainsi subi, du fait de la faute commise par la commune de Lanton, un préjudice moral, dont il sera fait une juste appréciation, en leur allouant, à chacun, une somme de 1 500 euros.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les requérant sont fondés à demander la condamnation de la commune de Lanton à leur allouer solidairement une indemnité de 2 464 euros en réparation de leur préjudice matériel et à chacun la somme de 1 500 euros en réparation de leur préjudice moral.

Sur les frais liés à l'instance :

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune de Lanton une somme de 1 500 euros à verser solidairement aux requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. En revanche, ces mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants le versement de tout ou partie de la somme que demande la collectivité défenderesse au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La commune de Lanton est condamnée à verser solidairement à Mme F E, M. B A, Mme D A et M. C A la somme de 2 464 euros en réparation de leur préjudice matériel.

Article 2 : La commune de Lanton est condamnée à verser à Mme F E la somme de 1 500 euros en réparation de son préjudice moral.

Article 3 : La commune de Lanton est condamnée à verser à M. B A la somme de 1 500 euros en réparation de son préjudice moral

Article 4 : La commune de Lanton est condamnée à verser à Mme D A la somme de 1 500 euros en réparation de son préjudice moral

Article 5 : La commune de Lanton est condamnée à verser à M. C A la somme de 1 500 euros en réparation de son préjudice moral.

Article 6 : La commune de Lanton versera solidairement à Mme F E, M. B A, Mme D A et M. C A la somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme F E, à M. B A, à Mme D A, à M. C A et à la commune de Lanton.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Delvolvé, président,

Mme Molina-Andréo, première conseillère,

Mme Mounic, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2022.

La rapporteure,

B. MOLINA-ANDRÉO Le président,

Ph. DELVOLVÉ

Le greffier,

A. PONTACQ

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions