LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2100876

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2100876

jeudi 30 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2100876
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation4ème chambre
Avocat requérantLAVEISSIERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 février 2021, des mémoires enregistrés les 9 septembre 2021, 23 mars, 22 avril et 20 mai 2022, un mémoire récapitulatif enregistré le 20 août 2022 et un mémoire enregistré le 22 août 2022, la société Dartess Embouteillage et Conditionnement, représentée par Me Jean Laveissiere, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 septembre 2020 par laquelle l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer) a rejeté sa demande de paiement de l'aide aux programmes d'investissement ;

2°) d'enjoindre à l'établissement FranceAgriMer de lui verser la somme de 324 747,51 euros dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation ;

3°) de condamner l'établissement FranceAgriMer à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice subi, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation ;

4°) de mettre à la charge de l'établissement FranceAgriMer une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête, qui a été enregistrée au greffe au moyen de l'application Télérecours, est recevable ;

- elle est éligible au bénéfice de l'aide en litige dès lors qu'elle est une entreprise vitivinicole ; à défaut elle doit être regardée comme une organisation interprofessionnelle au sens de la décision n°INTV-GPASV-2017-56 du 27 juillet 2017 ;

-elle remplit également les conditions fixées par l'article 2.1.2 de la décision n°INTV-GPASV-2017-56 du 27 juillet 2017 ;

- la décision en litige a pour effet de retirer de manière illégale car tardive, injustifiée et sans procédure contradictoire préalable la décision d'éligibilité du 14 novembre 2017 qui constitue une décision individuelle créatrice de droits ; la décision porte atteinte aux principes de sécurité juridique et de confiance légitime ; son changement d'appellation ne justifiait pas un réexamen de son éligibilité ;

- elle a subi un préjudice financier qu'elle évalue à la somme de 10 000 euros.

Par des mémoires en défense enregistrés les 21 janvier, 22 avril et 23 juin 2022, l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer) conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête n'est pas recevable dès lors que son auteur n'est pas identifiable ; les mémoires complémentaires sont tardifs ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par ordonnance du 30 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 30 septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) nº 1308/2013 portant organisation commune des marchés des produits agricoles ;

- le règlement délégué (UE) 2016/1149 en ce qui concerne les programmes nationaux de soutien au secteur vitivinicole ;

- le règlement d'exécution (UE) 2016/1150 portant modalités d'application du règlement (UE) n° 1308/2013 en ce qui concerne les programmes d'aide nationaux ;

- le règlement d'exécution UE 2017/256 portant modalités d'application du règlement (UE) n° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les programmes d'aide nationaux dans le secteur vitivinicole ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le décret n° 2013-172 du 25 février 2013 relatif au programme d'aide national au secteur vitivinicole pour les exercices financiers 2014 à 2018 ;

- la décision n°INTV-GPASV-2017-57 du 27 juillet 2017 de la directrice générale de FranceAgriMer ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Naud, rapporteur public,

- et les observations de Me Jean Laveissière, représentant la société Dartess Embouteillage et Conditionnement.

Considérant ce qui suit :

1. La société Dartess Saint-André a déposé le 6 février 2017 une demande d'aide d'un montant de 326 476,51 euros dans le cadre d'un projet de réorganisation et d'acquisition d'un nouvel outil de mise en bouteilles d'un coût total de 2 176 510 euros. Une décision d'éligibilité a été notifiée à la société le 14 novembre 2017. Par un courrier du 30 septembre 2020, réceptionné le 20 octobre 2020, l'établissement FranceAgriMer a informé la société du rejet de sa demande de paiement déposée le 12 mars 2020. La société Dartess Embouteillage et Conditionnement demande l'annulation de cette décision et la condamnation de l'établissement FranceAgriMer à lui verser la somme de 10 000 euros.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. D'une part, aux termes du 1er alinéa de l'article 50 du règlement (UE) nº 1308/2013 portant organisation commune des marchés des produits agricoles : " Une aide peut être accordée pour des investissements matériels ou immatériels dans les installations de transformation, l'infrastructure de vinification ainsi que les structures et instruments de commercialisation. Ces investissements visent à améliorer les performances globales de l'entreprise et son adaptation aux demandes du marché, ainsi qu'à accroître sa compétitivité, et concernent la production ou la commercialisation des produits de la vigne visés à l'annexe VII, partie II, y compris en vue d'améliorer les économies d'énergie, l'efficacité énergétique globale et les procédés durables ". Aux termes de l'article 14 du règlement d'exécution n°2016-1150 portant modalités d'application du règlement (UE) n° 1308/2013 en ce qui concerne les programmes d'aide nationaux tel que modifié par le règlement d'exécution n° 2017/256 portant modalités d'application du règlement (UE) n° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les programmes d'aide nationaux dans le secteur vitivinicole : " Aux fins de l'aide visée à l'article 50 du règlement (UE) n°1308/2013, les États membres établissent des règles concernant la procédure de présentation des demandes qui comportent notamment des dispositions concernant: a) les personnes physiques ou morales qui peuvent présenter des demandes conformément à l'article 32 du règlement délégué (UE) 2016/1149 () ". Aux termes de l'article 32 du règlement délégué n°2016-1149 en ce qui concerne les programmes nationaux de soutien au secteur vitivinicole : " Les bénéficiaires de l'aide visée à l'article 50 du règlement (UE) n°1308/2013 sont les entreprises vitivinicoles produisant ou commercialisant les produits visés à l'annexe VII, partie II, dudit règlement, des organisations de producteurs de vin, des associations de deux ou de plusieurs producteurs ou des organisations interprofessionnelles ".

3. D'autre part, aux termes de l'article D. 621-27 du code rural et de la pêche maritime : " Pour l'exécution des missions d'organisme payeur, le directeur général prend, si nécessaire, les décisions visant à préciser les conditions de gestion et d'attribution des aides instaurées par les règlements européens, après avis du comité sectoriel intéressé, du conseil spécialisé intéressé ou du conseil d'administration dans les conditions prévues à l'article D. 621-6 ". Aux termes de l'article 1er du décret n° 2013-172 du 25 février 2013 relatif au programme d'aide national au secteur vitivinicole pour les exercices financiers 2014 à 2018 : " Le programme d'aide national au secteur vitivinicole mentionné à l'article 103 decies du règlement (CE) n° 1234/2007 du Conseil du 22 octobre 2007 susvisé et rendu applicable dans les conditions prévues à l'article 103 duodecies de ce règlement et à l'article 2 du règlement (CE) n° 555/2008 de la Commission du 27 juin 2008 susvisé pour les exercices financiers 2014 à 2018 est mis en œuvre par l'Etablissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer). / A ce titre, sous réserve de l'article 2, le directeur général de l'établissement détermine notamment, après avis du conseil spécialisé intéressé : / 1° Les modalités de demande des aides, les conditions d'éligibilité aux aides, la procédure et les critères de sélection des demandes, le montant des aides attribuables et leurs modalités de paiement ; / 2° Le cas échéant, le taux de réduction applicable aux aides, en fonction du taux de dépassement des crédits communautaires disponibles ; / 3° Les réductions du montant des aides applicables en cas de non-respect du régime d'aide concerné ". Aux termes de l'article 2.1.1 de la décision n°INTV-GPASV-2017-57 du 27 juillet 2017 de la directrice générale de FranceAgriMer : " Les demandeurs éligibles sont : Les entreprises vitivinicoles quelle que soit leur forme juridique (individuelle ou sociétaire) produisant ou commercialisant les produits visés à l'annexe VII, partie 2 du règlement (UE) n°1308/2013 du Conseil (cf. annexe 8), les organisations de producteurs de vin, les associations de producteurs ou organisations interprofessionnelles réalisant une opération de production, de transformation, de conditionnement ou de commercialisation des produits, dans le secteur des vins () ". Aux termes de l'article 2.1.2 : " Cas particuliers d'éligibilité / Les entreprises réalisant uniquement des opérations de stockage ne sont éligibles que si elles sont entrepositaires agréés par le service des douanes, conformément aux dispositions de l'article 302G du code général des impôts () / Les sociétés prestataires de service, exerçant une activité de production, de transformation, de conditionnement ou de stockage dans le secteur des vins peuvent bénéficier de l'aide du FEAGA, si elles sont détenues majoritairement par des personnes physiques ou morales exerçant en propre parallèlement aux activités de prestations de service et avant le dépôt de la demande d'aide, des activités de production, de transformation, de conditionnement ou de stockage dans le secteur des vins dont les produits sont énumérés dans l'annexe VII, partie 2 du règlement (UE) n°1308/2013 du Conseil. A ce titre, les Coopératives d'Utilisation de Matériel Agricole (CUMA) qui réalisent des prestations de service ou des mises à disposition de matériels au titre de ces mêmes activités sont éligibles / Les sociétés prestataires de service qui détiennent des entreprises exerçant des activités de production, de transformation, de conditionnement ou de stockage dans le secteur des vins dont les produits sont énumérés dans l'annexe VII, partie 2 du règlement (UE) n°1308/2013 du Conseil peuvent également bénéficier du dispositif () ".

4. Pour refuser la demande de paiement formulée par la société Dartess Embouteillage et Conditionnement, la directrice générale de FranceAgriMer a estimé que la société requérante ne remplissait pas les conditions d'éligibilité à l'aide fixées par les dispositions rappelées au point précédent, dès lors que le groupe Dartess n'exerce pas en propre une activité de production, transformation, conditionnement ou stockage dans le secteur des vins et que la société Dartess Embouteillage et Conditionnement ne détient aucune entreprise.

5. En premier lieu, la société Dartess Embouteillage et Conditionnement soutient remplir les conditions d'éligibilité fixées à l'article 2.1.1 de la décision n°INTV-GPASV-2017-57 du 27 juillet 2017 dès lors qu'elle doit être considérée comme une entreprise vitivinicole, ou à tout le moins une organisation professionnelle. Il ressort néanmoins des pièces du dossier et notamment des statuts de la société requérante que celle-ci a pour objet principal : " toutes prestations de services sur les produits agroalimentaires et en particulier les prestations de logistique et de stockage () tous conseils, études, assistances et prestations diverses, notamment en matière de relations publiques, gestion administrative, analyse et contrôle financier () ". A ce titre, celle-ci exerce notamment des activités d'embouteillage, d'étiquetage, et de conditionnement des vins et spiritueux. Dans ces conditions, la société Dartess Embouteillage et Conditionnement assure des prestations de service dans le domaine du vin. Toutefois, elle ne produit ni ne commercialise de vins et ne peut ainsi être regardée comme une entreprise vitivinicole au sens de l'article 32 du règlement délégué n°2016-1149 en ce qui concerne les programmes nationaux de soutien au secteur vitivinicole et de l'article 2.1.1 de la décision n°INTV-GPASV-2017-57 du 27 juillet 2017. En tant que société à responsabilité limitée intervenant en seule qualité de prestataire de services, la société requérante ne peut davantage être regardée comme une organisation interprofessionnelle. Par suite, le moyen tiré de ce que la société Dartess Embouteillage et Conditionnement remplirait les conditions d'éligibilité fixées à l'article 2.1.1 de la décision n°INTV-GPASV-2017-57 du 27 juillet 2017 doit être écarté.

6. En deuxième lieu, la société Dartess Embouteillage et Conditionnement soutient qu'elle remplit les conditions d'éligibilité fixées à l'article 2.1.2 de la décision n°INTV-GPASV-2017-57 du 27 juillet 2017 dès lors qu'elle justifie être entrepositaire agréé auprès du service des douanes lors du dépôt de son dossier. Il ressort toutefois des pièces du dossier que depuis le dépôt de sa demande d'aide, la société Dartess Saint-André a réorganisé son activité afin de scinder son activité de stockage (société Dartess) de ses activités de conditionnement (société Dartess Saint André, devenue société Dartess Embouteillage et Conditionnement). Dans ces conditions, la société Dartess Embouteillage et Conditionnement, qui au demeurant ne s'est jamais bornée à réaliser uniquement des activités de stockage, n'exerce plus d'activités de stockage. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le groupe Dartess, qui détient la société Dartess Embouteillage et Conditionnement, exercerait en propre une activité de production, transformation, conditionnement ou stockage dans le secteur des vins ou que la société Dartess Embouteillage et Conditionnement détiendrait une entreprise remplissant ces mêmes critères. Par suite, le moyen tiré de ce que la société Dartess Embouteillage et Conditionnement remplirait les conditions d'éligibilité fixées à l'article 2.1.2 de la décision n°INTV-GPASV-2017-57 du 27 juillet 2017 doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ".

8. La décision par laquelle l'établissement FranceAgriMer octroie une aide aux programmes d'investissement des entreprises constitue une décision créatrice de droits, quand bien même ces droits sont subordonnés au respect de diverses conditions et à la présentation, dans un délai de deux mois après la date limite de réalisation des travaux, d'une demande de paiement assortie des justificatifs permettant de vérifier ce respect.

9. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que pour refuser la demande de paiement déposée par la société Dartess Embouteillage et Conditionnement, l'établissement FranceAgriMer s'est fondé sur le seul motif tiré de la non-éligibilité du bénéficiaire. Contrairement à ce que soutient la société requérante, l'établissement FranceAgriMer était fondé à procéder à une nouvelle évaluation de l'éligibilité du demandeur de l'aide compte-tenu de la réorganisation des activités du groupe rappelée au point 6.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. " Aux termes de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales () ". Enfin, l'article L.122-2 du même code dispose : " Les mesures mentionnées à l'article L. 121-1 à caractère de sanction ne peuvent intervenir qu'après que la personne en cause a été informée des griefs formulés à son encontre et a été mise à même de demander la communication du dossier la concernant ".

11. La décision contestée, qui ne constitue pas une sanction mais se borne à tirer les conséquences du constat du défaut de respect des conditions d'octroi de l'aide, fait suite à une demande tendant au versement de l'aide. Par suite, l'établissement FranceAgriMer n'était pas tenu de suivre une procédure contradictoire, et le moyen tiré de ce que la décision attaquée n'a été précédée d'une telle procédure doit être écarté comme inopérant.

12. En dernier lieu, pour les mêmes motifs qu'exposés au point 9, le moyen tiré de la méconnaissance des principes généraux du droit de l'Union européenne de confiance légitime et de sécurité juridique doit être écarté.

13. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées par l'établissement FranceAgriMer, que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 30 septembre 2020 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

14. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par la requérante, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte ne peuvent être accueillies.

Sur les conclusions indemnitaires :

15. Si la société Dartess Embouteillage et Conditionnement soutient que l'illégalité de la décision du 30 septembre 2020 engage la responsabilité de l'établissement FranceAgriMer, il résulte de ce qui précède qu'aucun des moyens soulevés par la société requérante n'est de nature à fonder l'annulation de cette décision, de sorte que la responsabilité pour faute de l'autorité administrative ne peut être engagée.

Sur les frais liés au litige :

16. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée () ".

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative précitées font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'établissement FranceAgriMer, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la société Dartess Embouteillage et Conditionnement demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Dartess Embouteillage et Conditionnement est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Dartess Embouteillage et Conditionnement, à l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer) et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.

Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Munoz-Pauziès, présidente,

Mme Lahitte, conseillère,

M. Bongrain, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.

Le rapporteur,

A. A

La présidente,

F. MUNOZ-PAUZIÈSLa greffière,

A. BEGORRE

La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions