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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2101542

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2101542

jeudi 9 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2101542
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation4ème chambre
Avocat requérantRODIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 26 mars et 15 juillet 2021, M. B A, représenté par Me Pierre Castéra, demande au tribunal :

1°) de condamner la communauté de communes du sud Gironde à lui verser la somme de 8 705,22 euros en réparation de ses préjudices matériel et moral ;

2°) de mettre à la charge de la communauté de communes du sud Gironde la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la responsabilité pour faute de la communauté de communes du sud Gironde est engagée à raison de l'annualisation illégale de son temps de travail ; la quotité fixée à son contrat de travail ne correspond pas à la réalité des heures accomplies ;

- son préjudice financier correspond à 209,82 heures qui auraient dû lui être payées à hauteur de 3 705,22 euros ;

- son préjudice moral peut être évalué à 5 000 euros.

Par des mémoires en défense enregistrés le 14 mai 2021 et le 7 septembre 2021, ce dernier non communiqué, la communauté de communes du sud Gironde, représentée par Me Pierre Rodier, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- toute créance antérieure au 1er janvier 2016 est prescrite ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par ordonnance du 20 juillet 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 15 septembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;

- le décret n°50-1253 du 6 octobre 1950 fixant les taux de rémunération des heures supplémentaires d'enseignement effectuées par des personnels enseignants des établissements d'enseignement du second degré ;

- le décret n°88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale ;

- le décret n°91-875 du 6 septembre 1991 pris pour l'application du premier alinéa de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;

- le décret n°2000-815 du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat et dans la magistrature ;

- le décret n°2001-623 du 12 juillet 2001 pris pour l'application de l'article 7-1 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale ;

- le décret n°2012-437 du 29 mars 2012 portant statut particulier du cadre d'emplois des assistants territoriaux d'enseignement artistique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les conclusions de M. Naud, rapporteur public,

- les observations de Me Castera, représentant M. A,

- et celles de Me Rodier, représentant Communauté de communes du Sud Gironde.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A a été recruté en qualité d'assistant d'enseignement artistique contractuel à temps non complet le 1er septembre 2015. Il a bénéficié de différents contrats à durée déterminée pour un temps de travail compris entre 1 et 2,2/20ème d'un temps complet jusqu'au 31 août 2020. Le 11 décembre 2020, l'intéressé a formé une demande indemnitaire préalable à raison de l'annualisation illégale de son temps de travail qui l'aurait contraint à effectuer des heures non réglées. Par une décision du 29 janvier 2021, le président de la communauté de communes du sud Gironde a refusé de faire droit à sa demande. M. A demande au tribunal de condamner la communauté de communes à lui verser la somme de 8 705,22 euros en réparation de ses préjudices matériel et moral.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Aux termes de l'article 5 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " () Lorsque l'agent n'a pu bénéficier d'aucun congé annuel, l'indemnité compensatrice est égale au 1 / 10 de la rémunération totale brute perçue par l'agent lors de l'année en cours () ".

3. M. A, assistant territorial spécialisé d'enseignement artistique contractuel, a bénéficié de plusieurs contrats à durée déterminée pour un temps non complet entre le 1er septembre 2015 et le 31 août 2020. Il soutient que l'annualisation illégale de son temps de travail, c'est-à-dire le regroupement de l'ensemble de ses heures de travail sur les 33 semaines d'ouverture de l'école, l'a conduit à effectuer 209,82 heures qui ne lui ont pas été payées.

4. En principe, le statut particulier du cadre d'emplois des assistants territoriaux d'enseignement artistique fait obstacle à ce que la collectivité territoriale employant des assistants territoriaux d'enseignement artistique soumis à un régime d'obligations de service leur applique les textes pris pour la mise en œuvre, dans la fonction publique territoriale, de la réduction de la durée du travail et de l'annualisation du temps de travail.

5. Si M. A soutient que cette organisation l'a conduit à effectuer des heures qui ne lui ont pas été payées, il ne l'établit pas. Il résulte en effet de l'instruction et notamment des différents contrats de travail et bulletins de paie de l'intéressé entre le 1er septembre 2015 et le 31 août 2020, que le temps de travail hebdomadaire de M. A évoluait selon la période entre 1 et 2,2/20èmes d'un temps complet. Il a bénéficié de l'indemnité compensatrice de congés prévue par les dispositions du décret du 15 février 1988 citées au point 2 et était ainsi payé à l'heure effectuée. Toutefois, il a également bénéficié de congés annuels, un salaire lui étant versé chaque mois y compris lors des 19 semaines annuelles de fermeture de l'école de musique pendant lesquelles il n'enseignait pas. Ainsi, en admettant même que le temps de travail des agents contractuels embauchés en qualité d'assistants territoriaux d'enseignement artistique ne puisse être annualisé, le regroupement des heures de travail de M. A sur les 33 semaines d'ouverture de l'école de musique, n'a occasionné aucun préjudice matériel, chaque heure effectuée lui ayant été payée. Enfin, si M. A se prévaut d'un préjudice moral, il n'en justifie pas.

6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'exception de prescription quadriennale soulevée en défense, que les conclusions indemnitaires présentées par M. A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

8. Les dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. A soit mise à la charge de la communauté de communes du sud Gironde, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme que demande la collectivité sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la communauté de communes du sud Gironde présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la communauté de communes du sud Gironde.

Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Munoz-Pauziès, présidente,

Mme Lahitte, conseillère,

M. Bongrain, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2023.

Le rapporteur,

A. C

La présidente,

F. MUNOZ-PAUZIÈSLa greffière,

C. SCHIANO

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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