jeudi 9 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2101713 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL INTERBARREAUX RACINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 avril 2021 et le 4 avril 2022, M. A B, représenté par Me Noel, demande au tribunal :
1°) de condamner l'agglomération d'Agen à lui verser les sommes de 28 700 euros en réparation de son préjudice économique et professionnel et de 10 000 euros en réparation des troubles dans les conditions d'existence, avec intérêt au taux légal à compter du 10 décembre 2020 et capitalisation des intérêts :
2°) de mettre à la charge de l'agglomération d'Agen une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au profit de M. B, et de 500 euros, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, au profit de Me Noel.
Il soutient que :
S'agissant des fautes commises par l'agglomération d'Agen,
- l'agglomération d'Agen a recouru abusivement à une succession de contrats à durée déterminée, et en application de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984, elle était obligée à compter du 31 mai 2020 de lui proposer un contrat à durée indéterminée ;
- elle n'a pas respecté le délai de préavis de l'article 40 du décret du 15 février 1988, qui aurait dû être de deux mois eu égard à son ancienneté de plus de deux ans ;
- elle a méconnu le délai de prévenance de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988, qui aurait dû être de trois mois, et il aurait dû être informé du non-renouvellement de son contrat au plus tard le 29 février 2020 ;
- elle a méconnu ce même article 38-1 du décret du 15 février 1988 en omettant de le convoquer à un entretien préalable ;
- il n'a été destinataire des documents de rupture de son contrat, et plus particulièrement de l'attestation Pôle emploi, qu'à compter du 28 décembre 2020, soit avec sept mois de retard ;
S'agissant des préjudices,
- il a droit à la somme de 8 700 euros au titre du préavis et de l'indemnité de licenciement ;
- il a droit à la somme qu'il aurait dû percevoir si son contrat avait été renouvelé déduction faite des revenus de remplacement, et il sera renvoyé à l'agglomération d'Agen pour procéder au calcul et à la liquidation de cette somme, à moins en tout état de cause de lui attribuer la somme de 20 000 euros ;
- les troubles dans les conditions d'existence doivent être évalués à la somme de 10 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 et 21 février 2022, l'agglomération d'Agen, représentée par Me Hounieu, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 3 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 13 juin 2022.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par décision du 14 octobre 2020.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Naud, rapporteur public,
- les observations de Me Deyris, représentant M. B,
- et celles de Me Dupeyron, représentant l'agglomération d'Agen.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été recruté à compter du 5 mai 2014 au sein des effectifs de l'agglomération d'Agen, en vertu d'un contrat à durée déterminée régulièrement renouvelé jusqu'au 31 mai 2020. L'agglomération d'Agen n'a pas souhaité renouveler le contrat au-delà de cette date. Par courrier du 9 décembre 2020, M. B a saisi le président de l'agglomération d'Agen d'une demande tendant à l'indemnisation du préjudice que lui a causé le refus de renouvellement de son contrat. Il demande au tribunal de condamner l'agglomération d'Agen à lui verser les sommes de 28 700 euros en réparation de son préjudice économique et professionnel et de 10 000 euros en réparation des troubles dans les conditions d'existence.
Sur la responsabilité de l'agglomération d'Agen :
En ce qui concerne le recours abusif aux contrats à durée déterminée :
2. Aux termes de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1983 alors en vigueur : " Sauf dérogation prévue par une disposition législative, les emplois civils permanents de l'Etat, des régions, des départements, des communes et de leurs établissements publics à caractère administratif sont, à l'exception de ceux réservés aux magistrats de l'ordre judiciaire et aux fonctionnaires des assemblées parlementaires, occupés soit par des fonctionnaires régis par le présent titre, soit par des fonctionnaires des assemblées parlementaires, des magistrats de l'ordre judiciaire ou des militaires dans les conditions prévues par leur statut ".
3. Aux termes de l'article 3-1 de la loi du 26 janvier 1984 : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et pour répondre à des besoins temporaires, les emplois permanents des collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 de la présente loi peuvent être occupés par des agents contractuels pour assurer le remplacement temporaire de fonctionnaires ou d'agents contractuels autorisés à exercer leurs fonctions à temps partiel ou indisponibles en raison d'un détachement de courte durée, d'une disponibilité de courte durée prononcée d'office, de droit ou sur demande pour raisons familiales, d'un détachement pour l'accomplissement d'un stage ou d'une période de scolarité préalable à la titularisation dans un corps ou un cadre d'emplois de fonctionnaires ou pour suivre un cycle de préparation à un concours donnant accès à un corps ou un cadre d'emplois, d'un congé régulièrement octroyé en application du I de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée, des articles 57, 60 sexies et 75 de la présente loi ou de tout autre congé régulièrement octroyé en application des dispositions réglementaires applicables aux agents contractuels de la fonction publique territoriale. / Les contrats établis sur le fondement du premier alinéa sont conclus pour une durée déterminée et renouvelés, par décision expresse, dans la limite de la durée de l'absence du fonctionnaire ou de l'agent contractuel à remplacer. Ils peuvent prendre effet avant le départ de cet agent ". L'article 3-2 de la même loi dispose : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée et pour les besoins de continuité du service, les emplois permanents des collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 de la présente loi peuvent être occupés par des agents contractuels pour faire face à une vacance temporaire d'emploi dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire. / Le contrat est conclu pour une durée déterminée qui ne peut excéder un an. Il ne peut l'être que lorsque la communication requise à l'article 41 a été effectuée. / Sa durée peut être prolongée, dans la limite d'une durée totale de deux ans, lorsque, au terme de la durée fixée au deuxième alinéa du présent article, la procédure de recrutement pour pourvoir l'emploi par un fonctionnaire n'a pu aboutir ". Enfin, l'article 3-3 de la même loi dispose : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée et sous réserve de l'article 34 de la présente loi, des emplois permanents peuvent être occupés de manière permanente par des agents contractuels dans les cas suivants : () 2° Lorsque les besoins des services ou la nature des fonctions le justifient et sous réserve qu'aucun fonctionnaire n'ait pu être recruté dans les conditions prévues par la présente loi () Les agents ainsi recrutés sont engagés par contrat à durée déterminée d'une durée maximale de trois ans. Ces contrats sont renouvelables par reconduction expresse, dans la limite d'une durée maximale de six ans. / Si, à l'issue de cette durée, ces contrats sont reconduits, ils ne peuvent l'être que par décision expresse et pour une durée indéterminée ".
4. Si ces dispositions offrent la possibilité aux collectivités territoriales de recourir, le cas échéant, à une succession de contrats à durée déterminée, elles ne font cependant pas obstacle à ce qu'en cas de renouvellement abusif de tels contrats, l'agent concerné puisse se voir reconnaître un droit à l'indemnisation du préjudice éventuellement subi lors de l'interruption de la relation d'emploi, évalué en fonction des avantages financiers auxquels il aurait pu prétendre en cas de licenciement s'il avait été employé dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée. Dans cette hypothèse, il incombe au juge, pour apprécier si le recours à des contrats à durée déterminée successifs présente un caractère abusif, de prendre en compte l'ensemble des circonstances de fait qui lui sont soumises, notamment la nature des fonctions exercées, le type d'organisme employeur ainsi que le nombre et la durée cumulée des contrats en cause.
5. Il résulte de l'instruction que M. B a été recruté en qualité de chauffeur ripeur, selon onze contrats successifs, conclus en application de l'article 3-1 de la loi du 26 janvier 1984, pour remplacer un agent, du 5 mai 2014 au 8 mars 2016. Il a de nouveau été recruté selon quinze contrats successifs, en application de ce même article 3-1, du 1er juillet 2016 au 30 novembre 2018. Enfin, il a été recruté, au visa cette fois de l'article 3-2 de la loi du 26 janvier 1984, du 1er décembre 2018 au 31 mai 2019, et du 1er juin 2019 au 31 mai 2020. M. B ayant ainsi été recruté sur le fondement des articles 3-1 et 3-2 de la loi du 26 janvier 1984, il ne pouvait bénéficier d'un contrat à durée indéterminée en application des dispositions de l'article 3-3 de loi du 26 janvier 1984. Toutefois, le recours abusif, du 5 mai 2014 au 31 mai 2020, à une succession de 28 contrats constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'agglomération d'Agen.
En ce qui concerne l'entretien préalable, le délai de prévenance et le délai de préavis :
6. Aux termes du I de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988, dans sa rédaction applicable à l'espèce : " Lorsqu'un agent contractuel a été engagé pour une durée déterminée susceptible d'être renouvelée en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité territoriale lui notifie son intention de renouveler ou non l'engagement au plus tard : () - deux mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée égale ou supérieure à deux ans (). La notification de la décision finale doit être précédée d'un entretien lorsque le contrat est susceptible d'être reconduit pour une durée indéterminée ou lorsque la durée du contrat ou de l'ensemble des contrats conclus sur emploi permanent conformément à l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée est supérieure ou égale à trois ans. () Pour la détermination de la durée du délai de prévenance, les durées d'engagement mentionnées aux deuxième, troisième, quatrième et cinquième alinéas sont décomptées compte tenu de l'ensemble des contrats conclus avec l'agent, y compris ceux conclus avant une interruption de fonctions, sous réserve que cette interruption n'excède pas quatre mois et qu'elle ne soit pas due à une démission de l'agent () ". Aux termes de l'article 40 du même décret : " L'agent recruté pour une durée indéterminée ainsi que l'agent qui, engagé par contrat à durée déterminée, est licencié avant le terme de son contrat, a droit à un préavis () ".
7. En premier lieu, ainsi qu'il a été précisé au point 5, M. B a été recruté d'abord sur le fondement des dispositions de l'article 3-1 de la loi du 26 janvier 1984, puis sur le fondement de l'article 3-2 de cette même loi, et son dernier contrat n'était pas susceptible d'être reconduit pour une durée indéterminée. Par suite, l'agglomération d'Agen, qui n'avait pas l'obligation de le convoquer à un entretien préalable, n'a pas commis de faute en ne procédant pas à un tel entretien.
8. En deuxième lieu, si l'agglomération d'Agen soutient qu'elle a adressé le 18 mars 2020 à M. B un courrier l'informant de ce que son contrat ne serait pas renouvelé, elle ne l'établit pas. Par suite, en omettant de notifier son intention de ne pas renouveler le contrat dans les délais de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988, l'agglomération d'Agen a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
9. En troisième lieu, M. B n'ayant pas été recruté pour une durée indéterminée, et n'ayant pas davantage été licencié avant le terme de son contrat, il n'avait aucun droit à préavis.
En ce qui concerne le retard dans la remise des documents de rupture du contrat :
10. Aux termes de l'article 38 du décret du 15 février 1988 : " A l'expiration du contrat, l'autorité territoriale délivre à l'agent un certificat qui contient exclusivement les mentions suivantes : / 1° La date de recrutement de l'agent et celle de fin de contrat ; / 2° Les fonctions occupées par l'agent, la catégorie hiérarchique dont elles relèvent et la durée pendant laquelle elles ont été effectivement exercées ; / 3° Le cas échéant, les périodes de congés non assimilées à des périodes de travail effectif () ".
11. Il est constant que le certificat mentionné par ces dispositions, permettant à l'intéressé de faire valoir ses droits, a été transmis avec retard. Ce retard constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'agglomération d'Agen.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les préjudices liés au recours abusif aux contrats à durée déterminée :
12. Ainsi qu'il a été dit au point 5, l'agglomération d'Agen a commis une faute en recourant abusivement à 28 contrats à durée déterminée pour employer M. B sur le même poste et pour une durée de six années. M. B est donc fondé à demander réparation du préjudice qu'il a subi lors de l'interruption de la relation d'emploi, et ce préjudice doit être évalué en fonction des avantages financiers auxquels il aurait pu prétendre en cas de licenciement s'il avait été employé dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée. Ce préjudice doit être évalué en fonction des modalités de rémunération qui auraient été légalement applicables à un tel contrat.
13. Aux termes de l'article 46 du décret du 15 février 1988, l'indemnité de licenciement est égale à la moitié de la rémunération de base définie à l'article 45 de ce décret pour chacune des douze premières années de services. Toute fraction de service égale ou supérieure à six mois est comptée pour un an, et toute fraction de service inférieure à six mois n'est pas pris en compte. Aux termes de l'article 45 de ce même décret : " Lorsque le dernier traitement de l'agent est réduit de moitié en raison d'un congé de maladie ou de grave maladie, le traitement servant de base au calcul de l'indemnité de licenciement est sa dernière rémunération à plein traitement. Il en est de même lorsque le licenciement intervient après un congé non rémunéré. / Le montant de la rémunération servant de base au calcul de l'indemnité de licenciement d'un agent employé à temps partiel est égal au montant de la rémunération définie à l'alinéa précédent qu'il aurait perçue s'il avait été employé à temps complet. / Lorsque le dernier traitement de l'agent est réduit de moitié en raison d'un congé de maladie ou de grave maladie, le traitement servant de base au calcul de l'indemnité de licenciement est sa dernière rémunération à plein traitement. Il en est de même lorsque le licenciement intervient après un congé non rémunéré ".
14. Il est constant que M. B a été placé en congé maladie à compter du 2 avril 2019, jusqu'au terme de son contrat le 31 mai 2020. Sa dernière rémunération à plein traitement s'élevait alors à la somme de 1 271 euros nette. Par suite, il sera fait une exacte appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 3 812 euros.
En ce qui concerne le préjudice lié aux fautes commises lors du non renouvellement du contrat :
15. Lorsqu'un agent public sollicite le versement d'une indemnité en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité de la décision de ne pas renouveler son contrat ou de le modifier substantiellement sans son accord, sans demander l'annulation de cette décision, il appartient au juge de plein contentieux, forgeant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, de lui accorder une indemnité versée pour solde de tout compte et déterminée en tenant compte notamment de la nature et de la gravité de l'illégalité, de l'ancienneté de l'intéressé, de sa rémunération antérieure, et des troubles dans ses conditions d'existence.
16. En premier lieu, un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie d'aucun droit au renouvellement de son contrat. De surcroît, et ainsi qu'il a été dit au point 5, M. B ne remplissait pas les conditions donnant droit au bénéfice d'un contrat à durée indéterminée. Dès lors, M. B n'est pas fondé à solliciter une indemnisation égale à la somme qu'il aurait perçue en cas de renouvellement de son contrat.
17. En second lieu, eu égard à la nature des illégalités affectant la décision de ne pas renouveler le contrat de l'intéressé, tenant à la méconnaissance du délai de prévenance de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988, alors que l'intéressé était en congé maladie depuis près d'un an, et au retard dans la transmission du certificat de fin de contrat, à l'ancienneté de M. B, à sa rémunération et ses troubles dans les conditions d'existence, il y a lieu d'évaluer son préjudice à la somme globale de 1 000 euros.
18. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de mettre à la charge de l'agglomération d'Agen la somme au principal de 4 812 euros.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
19. Cette somme de 4 812 euros mise à la charge de l'agglomération d'Agen portera intérêts à compter du 10 décembre 2020, date de réception par l'agglomération d'Agen de la réclamation préalable de M. B.
20. La capitalisation des intérêts a été demandée le 6 avril 2021. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 10 décembre 2021, date à laquelle les intérêts étaient dus pour au moins une année entière, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais de l'instance :
21. D'une part, les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que l'agglomération d'Agen demande à ce titre.
22. D'autre part, M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle au taux de 25 p. 100 par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux en date du 14 octobre 2020. Il y a lieu de mettre à la charge de l'agglomération d'Agen la somme de 1 125 euros au profit de M. B.
23. Enfin, l'agglomération d'Agen versera à Me Noel, avocate de M. B, la somme de 375 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : L'agglomération d'Agen est condamnée à verser la somme de 4 812 euros à M. B. Cette somme portera intérêts à compter du 10 décembre 2020. Les intérêts seront capitalisés à compter du 10 décembre 2021, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Article 2 : L'agglomération d'Agen versera à M. B la somme de 1 125 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et à Me Noel la somme de 375 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 3 : Les conclusions de l'agglomération d'Agen tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Julie Noel et à l'agglomération d'Agen.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Munoz-Pauziès, présidente,
Mme Lahitte, conseillère,
M. Bongrain, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2023.
La présidente-rapporteure,
F. C
L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,
A. LAHITTE
La greffière,
C. SCHIANO
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026