LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2101714

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2101714

jeudi 22 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2101714
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation3ème Chambre
Avocat requérantNASSIET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 avril 2021 et le 13 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Nassiet, demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014 et 2015 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il a été privé des garanties attachées à l'examen de situation fiscale personnelle ;

- la proposition de rectification est insuffisamment motivée ;

- il a été privé de la possibilité de saisir la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires ;

- les charges réintégrées dans le résultat de l'EURL Instelec 47 sont déductibles et ne peuvent être regardées comme des revenus distribués.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 octobre 2021, le directeur régional des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il soutient que cette requête n'est pas fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Wohlschlegel, première conseillère ;

- et les conclusions de M. Willem, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite de la vérification de comptabilité de l'EURL Instelec 47 au titre de la période comprise entre le 1er juillet 2012 et le 30 juin 2015, l'administration fiscale a remis en cause la déductibilité, d'une part, de charges insuffisamment justifiées comptabilisées au profit d'une société de droit roumain dénommée Lendon Electric International et, d'autre part, de dépenses de location d'un studio en France pour y héberger des travailleurs de nationalité roumaine. Elle a regardé les sommes correspondantes comme des revenus distribués, au sens des dispositions du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, imposables entre les mains de M. B en tant que maître de l'affaire. M. B demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux afférentes auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014 et 2015 à hauteur de 109 530 euros.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 10 du livre des procédures fiscales : " L'administration des impôts contrôle les déclarations ainsi que les actes utilisés pour l'établissement des impôts, droits, taxes et redevances. Elle contrôle, également les documents déposés en vue d'obtenir des déductions, restitutions ou remboursements, ou d'acquitter tout ou partie d'une imposition au moyen d'une créance sur l'Etat. () ". Aux termes de l'article L. 12 du même livre : " Dans les conditions prévues au présent livre, l'administration des impôts peut procéder à l'examen contradictoire de la situation fiscale des personnes physiques au regard de l'impôt sur le revenu, qu'elles aient ou non leur domicile fiscal en France, lorsqu'elles y ont des obligations au titre de cet impôt. A l'occasion de cet examen, l'administration peut contrôler la cohérence entre, d'une part les revenus déclarés et, d'autre part, la situation patrimoniale, la situation de trésorerie et les éléments du train de vie des membres du foyer fiscal. () "

3. Les rehaussements en litige ont été notifiés à M. B à l'issue du contrôle sur pièces diligenté par le service à son égard à la suite de la procédure de vérification de comptabilité engagée à l'égard de l'EURL Instelec 47, et après exercice du droit de communication de l'administration auprès du procureur de la République afin d'accéder au dossier judiciaire relatif à cette EURL et à la société de droit roumain Lendon Electric International. Contrairement à ce que soutient M. B, ces investigations n'ont pas donné lieu à un contrôle de cohérence global entre, d'une part, les revenus qu'il a déclarés et, d'autre part, sa situation patrimoniale, sa situation de trésorerie et les éléments de son train de vie, mais à la seule prise en compte des revenus présumés distribués par l'EURL Instelec 47. Elles ne sont donc pas de nature à caractériser l'engagement irrégulier d'un examen contradictoire de situation fiscale personnelle, sans que le contribuable en ait été préalablement avisé et sans qu'il ait alors bénéficié des garanties afférentes, tenant notamment au débat oral et contradictoire avec le vérificateur.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable à la présente procédure : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation / () ". Aux termes de l'article R. 57-1 de ce livre, dans sa rédaction applicable à la présente procédure : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée () ". Il résulte de ces dispositions que l'administration doit indiquer au contribuable, dans la proposition de rectification, les motifs et le montant des rehaussements envisagés, leur fondement légal et la catégorie de revenus dans laquelle ils sont opérés, ainsi que les années d'imposition concernées.

5. En l'espèce, l'administration a indiqué qu'elle s'était fondée sur l'article 109-1-1° du code général des impôts pour taxer à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers les distributions réputées avoir été effectuées au bénéfice de M. B à l'issue de la vérification de la comptabilité de l'EURL Instelec 47. Elle a précisé que ces distributions résultaient des charges dont la déductibilité n'avait pas été admise en l'absence de justification ou de nécessité au regard de l'activité professionnelle de la société. Elle a également relevé que M. B, en sa qualité de gérant de l'EURL Instelec 47, intégralement détenue par la SAS BC Invest dont il était l'associé unique, et de gérant de fait de l'entité de droit roumain Lendon Electric International, au profit de laquelle les dépenses rejetées ont été déclarées, devait être regardé comme le maître de l'affaire. L'administration a ainsi fait état avec un degré de précision suffisant des motifs de fait et de droit qui l'ont conduite à regarder M. B comme le bénéficiaire de ces distributions, sans que ce dernier puisse utilement lui faire grief de ne pas avoir joint à cette proposition de rectification des pièces qui se rapportent à la procédure de rectification distincte conduite à l'encontre de l'EURL Instelec 47. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la proposition de rectification adressée au requérant doit en conséquence être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 59 du livre des procédures fiscales : " Lorsque le désaccord persiste sur les rectifications notifiées, l'administration, si le contribuable le demande, soumet le litige à l'avis soit de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires prévue à l'article 1651 du code général des impôts, soit de la Commission nationale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires prévue à l'article 1651 H du même code, soit de la commission départementale de conciliation prévue à l'article 667 du même code. () ". Aux termes de l'article L. 59 A du même livre : " I. - La commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires intervient lorsque le désaccord porte : 1° Sur le montant du résultat industriel et commercial, non commercial, agricole ou du chiffre d'affaires, déterminé selon un mode réel d'imposition ; 2° Sur les conditions d'application des régimes d'exonération ou d'allégements fiscaux en faveur des entreprises nouvelles, à l'exception de la qualification des dépenses de recherche mentionnées au II de l'article 244 quater B du code général des impôts ; 3° Sur l'application du 1° du 1 de l'article 39 et du d de l'article 111 du même code relatifs aux rémunérations non déductibles pour la détermination du résultat des entreprises industrielles ou commerciales, ou du 5 de l'article 39 du même code relatif aux dépenses que ces mêmes entreprises doivent mentionner sur le relevé prévu à l'article 54 quater du même code ; 4° Sur la valeur vénale des immeubles, des fonds de commerce, des parts d'intérêts, des actions ou des parts de sociétés immobilières servant de base à la taxe sur la valeur ajoutée, en application du 6° et du 1 du 7° de l'article 257 du même code. II. - Dans les domaines mentionnés au I, la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires peut, sans trancher une question de droit, se prononcer sur les faits susceptibles d'être pris en compte pour l'examen de cette question de droit. Par dérogation aux dispositions du premier alinéa, la commission peut se prononcer sur le caractère anormal d'un acte de gestion, sur le principe et le montant des amortissements et des provisions ainsi que sur le caractère de charges déductibles des travaux immobiliers. ".

7. M. B ne peut utilement invoquer le refus de saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires qui lui a été opposé et se plaindre d'avoir été privé d'une garantie dès lors qu'il résulte de la loi que cette commission n'est pas compétente en matière de revenus de capitaux mobiliers, et ce, quand bien même l'administration a mentionné à tort, dans sa réponse aux observations du contribuable, la possibilité de saisir cette commission, et a demandé au requérant de confirmer son intention de la saisir.

Sur le bien-fondé des impositions :

8. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ( ". Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109 les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés. () ".

9. Les sommes réintégrées par l'administration fiscale dans le résultat imposable d'une société ayant fait l'objet d'une rectification ne peuvent être regardées comme des revenus distribués au sens de ces dispositions que dans la mesure où elles ont été effectivement appréhendées par leur bénéficiaire. En cas de refus des rectifications par le contribuable que l'administration fiscale entend imposer comme bénéficiaire des sommes regardées comme distribuées, comme c'est le cas en l'espèce, il incombe à l'administration d'apporter la preuve de l'existence et du montant des revenus distribués et de leur appréhension par le contribuable. Toutefois, le contribuable qui, disposant seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la société, est en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens qui lui sont propres et doit ainsi être regardé comme le seul maître de l'affaire, est présumé avoir appréhendé les distributions effectuées par la société qu'il contrôle.

10. Il résulte de l'instruction que le service a remis en cause la déduction du bénéfice imposable de l'EURL Instelec 47 des sommes de 101 978 euros en 2014, et de 19 515 euros en 2015, correspondant à des dépenses de loyer non nécessaires à la société Instelec, et à des charges non justifiées ou dépourvues de réalité enregistrées au profit de la société roumaine Lendon Electric. Elle a estimé que ces revenus devaient être présumés avoir été distribués à M. B qu'elle a regardé comme étant le maître de l'affaire, en sa qualité d'associé unique d'Instelec par l'interposition de la SAS BC Invest, et de gérant de fait de la société roumaine Lendon Electric bénéficiant d'une procuration lui permettant d'avoir accès au compte bancaire de cette société.

11. M. B ne conteste pas sérieusement le bien-fondé de ces rectifications en se bornant à faire valoir, sans étayer ses affirmations par le moindre justificatif, que la société de droit roumain Lendon Electric a permis à la société Instelec de bénéficier de prix et de charges sociales moins élevées qu'en France, que les sommes ont été versées aux fournisseurs, et non à lui-même et que les dépenses de loyer ont permis l'hébergement en France des salariés détachés de la société Lendon Electric.

12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par le requérant ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur régional des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Ferrari, président,

Mme D et Mme C, premières conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.

La rapporteure,

E. D

Le président,

D. FERRARI La greffière,

C. POTTIER

La République mande et ordonne au directeur régional des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2101714

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions