LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2101957

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2101957

mercredi 26 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2101957
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSELARL TEISSONNIERRE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée 19 avril 2021, Mme B C, représentée par Me Labrunie, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 février 2021 par laquelle le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN) a rejeté la demande de reconnaissance et d'indemnisation des préjudices subis par son époux en lien avec son exposition à des radiations ionisantes lors de son séjour en Polynésie du 17 mai 1971 au 1er avril 1972.

2°) de condamner le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires à lui verser la somme de 237 020 euros majorée des intérêts au taux légal à compter du 25 mai 2020, date de sa demande d'indemnisation, avec capitalisation des intérêts échus en réparation du préjudice subi par son époux du fait de son exposition à des radiations ionisantes ;

3°) de condamner le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires à lui verser une provision de 40 000 euros ;

4°) de mettre à la charge du comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires les frais d'expertise et la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- son mari a été affecté sur le site d'expérimentation nucléaire à Mururoa entre septembre 1967 et août 1968 et de septembre 1975 à août 1976 ;

- il a été atteint d'un angio-sarcome du rein en 2008 et en est décédé le 21 août 2008 ;

- il répond aux conditions de temps, de lieu et de pathologie posées par la loi du 5 janvier 2010 ;

- il a été exposé à un risque d'inhalation important de contamination interne par inhalation ou ingestion de poussières de gaz radioactifs ;

- par ailleurs, il travaillait en tant que fourrier à bord du navire Jauréguiberry, où ont été réalisés quatre essais nucléaires en 1968 ;

- les trois dosimètres externes ne couvrent pas la période au cours de laquelle les tirs Capella et Castor ont été réalisés, ni toute sa période d'affectation à Mururoa ;

- ce type d'examen mesure seulement le risque d'exposition externe aux rayonnements ionisants ;

- ce type d'examen ne permet pas de dépister de manière correcte les risques de contamination ;

- le tir Canopus réalisé le 24 août 1968 a été dévastateur, de sorte que la totalité de la population de l'île de Tureia a été déplacée en prévision de ce tir ;

- il a été exposé à des risques de contamination dans le cadre de ses activités de loisirs à terre ;

- au regard de ces circonstances, une surveillance médicale spécifique de contamination interne était nécessaire ;

- or le CIVEN n'apporte aucun élément de nature à renverser la présomption de causalité ;

- au cours de son second séjour à Mururoa en 1975, au cours duquel cinq tirs ont été réalisés, il n'a fait l'objet d'aucune mesure de surveillance alors qu'il a été exposé à un risque de contamination interne ;

- au regard de l'article 238 de la loi du 28 décembre 2018, le CIVEN n'établit pas avec certitude qu'il a été exposé à une dose inférieure à 1 mSv au cours de son séjour sur le site d'expérimentation des essais nucléaires ;

- elle est fondé à demander réparation des préjudices subis par son époux en lien avec son angio-sarcome ;

- il est fondé à demander le remboursement des frais liés aux dépenses de santé, de ses pertes de revenus, qu'il chiffrera ultérieurement ;

- il se réserve la possibilité de chiffrer ultérieurement son préjudice fonctionnel temporaire;

- il est fondé à demander la somme de 7 020 euros au titre de ses frais d'assistance d'une tierce personne pour 65 jours du 17 juin au 21 août 2018, la somme de la somme de 70 000 euros au titre des souffrances endurées, la somme de 20 000 euros au titre de son préjudice esthétique temporaire et 40 000 euros au titre de ses troubles dans les conditions d'existence, ainsi que la somme de 100 000 euros au titre de son préjudice moral lié à sa pathologie évolutive.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juillet 2021, le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires conclut, à titre principal, au rejet de la requête, et à titre subsidiaire à ce que soit ordonnée une expertise afin d'évaluer les dommages subis dans le cas où le tribunal jugerait établi le lien de causalité entre la pathologie et l'exposition aux rayonnements.

Il fait valoir qu'aucun moyen n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- la loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010 ;

- la loi n° 2017-256 du 28 février 2017 ;

- la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 ;

- la loi n° 2020-734 du 17 juin 2020 ;

- le décret n° 2014-1049 du 15 septembre 2014 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme de Paz, rapporteure ;

- et les conclusions de Mme Jaouën, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, décédé d'un angio-sarcome rénal le 21 août 2008, avait été affecté sur le site d'expérimentation des essais nucléaires, en poste à Mururoa de septembre 1967 à août 1968 et de septembre 1975 à août 1976. Sa veuve, Mme B C, a saisi en mai 2020 le Comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN) d'une demande d'indemnisation à titre successoral sur le fondement de la loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010 modifiée par l'article 113 de la loi n° 2017-256 du 28 février 2017. Par une décision du 23 février 2021, le CIVEN a opposé un refus à cette demande. Mme C demande au tribunal d'annuler le refus du CIVEN de reconnaître à son époux défunt la qualité de victime des essais nucléaires et de condamner le CIVEN à lui verser une indemnité de 237 020 euros ou, à défaut, au cas où une expertise médicale serait diligentée, de le condamner dans l'attente des résultats de cette expertise au versement d'une indemnité provisionnelle de 40 000 euros.

Sur l'office du juge et les dispositions applicables au présent litige :

2. Les litiges relatifs à la mise en œuvre du régime d'indemnisation institué par la loi du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français relèvent du plein contentieux, de sorte qu'il appartient au juge de faire application des textes en vigueur à la date à laquelle il statue.

3. Il résulte du V de l'article 4 de la loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010, relatif au régime de présomption de causalité pour l'indemnisation des victimes des essais nucléaires, dans sa rédaction issue de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018, que le législateur a entendu que, dès lors qu'un demandeur satisfait aux conditions de temps, de lieu et de pathologie prévues par l'article 2 de la loi du 5 janvier 2010 modifiée, il bénéficie de la présomption de causalité entre l'exposition aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français et la survenance de sa maladie. Cette présomption ne peut être renversée que si l'administration établit que la dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français reçue par l'intéressé a été inférieure à la limite de 1 millisievert (mSv). Si, pour le calcul de cette dose, l'administration peut utiliser les résultats des mesures de surveillance de la contamination tant interne qu'externe des personnes exposées, qu'il s'agisse de mesures individuelles ou collectives en ce qui concerne la contamination externe, il lui appartient de vérifier, avant d'utiliser ces résultats, que les mesures de surveillance de la contamination interne et externe ont, chacune, été suffisantes au regard des conditions concrètes d'exposition de l'intéressé. En l'absence de mesures de surveillance de la contamination interne ou externe et en l'absence de données relatives au cas des personnes se trouvant dans une situation comparable à celle du demandeur du point de vue du lieu et de la date de séjour, il appartient à l'administration de vérifier si, au regard des conditions concrètes d'exposition de l'intéressé précisées ci-dessus, de telles mesures auraient été nécessaires. Si tel est le cas, l'administration ne peut être regardée comme rapportant la preuve de ce que la dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français reçue par l'intéressé a été inférieure à la limite de 1 mSv.

4. Aux termes de l'article L. 1333-2 du code de la santé publique : " Les activités nucléaires satisfont aux principes suivants : / () / 3° Le principe de limitation, selon lequel l'exposition d'une personne aux rayonnements ionisants résultant d'une de ces activités ne peut porter la somme des doses reçues au-delà des limites fixées par voie réglementaire, sauf lorsque cette personne est l'objet d'une exposition à des fins médicales ou dans le cadre d'une recherche mentionnée au 1° de l'article L. 1121-1. ". Aux termes de l'article R. 1333-11 du même code : " I.-Pour l'application du principe de limitation défini au 3° de l'article L. 1333-2, la limite de dose efficace pour l'exposition de la population à des rayonnements ionisants résultant de l'ensemble des activités nucléaires est fixée à 1 mSv par an (). ". Le législateur a institué en 2010, supprimé en 2017, puis institué à nouveau en 2018, une possibilité pour le CIVEN de renverser la présomption d'imputabilité aux essais nucléaires d'une maladie inscrite sur la liste fixée par décret en Conseil d'Etat. Toutefois, les divers états de la rédaction du V de l'article 4 de la loi du 5 janvier 2010 ne peuvent que refléter ses intentions successives de faciliter les indemnisations tout en permettant au CIVEN de renverser cette présomption chaque fois qu'il ne peut pas être possiblement admis le caractère radio-induit de la maladie eu égard eu trop faible risque de contamination. Par suite, le renvoi à un seuil minimal d'exposition ne peut être regardé comme allant " à l'encontre de l'intention du législateur ". Dès lors que l'état de la science ne permet pas d'établir un lien direct et certain entre un seuil d'exposition minimal aux rayonnements ionisants et l'apparition d'un cancer, le seuil de 1 mSv ne peut être regardé comme manifestement trop élevé.

Sur les droits à indemnisation :

5. M. C né le 15 mars 1949, a été affecté sur le site d'expérimentation des essais nucléaires à Mururoa, en tant que fourrier embarqué de septembre 1967 à août 1968 et de septembre 1975 à août 1976. Il a ainsi séjourné dans des lieux et durant une période correspondant aux conditions fixées par les dispositions de l'article 2 de la loi du 5 janvier 2010. Il a ultérieurement été atteint d'un angio-sarcome rénal, pathologie cancéreuse figurant sur la liste des maladies annexée au décret du 15 septembre 2014 susvisé, en juin 2008, à l'âge de 48 ans et est décédé en août 2008. Le requérant bénéficie donc d'une présomption de causalité entre l'exposition aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français et la survenue de sa maladie.

6. Pour refuser l'indemnisation, le CIVEN fait valoir qu'il n'existe aucune possibilité que M. C ait fait l'objet d'une contamination interne entre 1967 et 1968, compte tenu des conditions d'alimentation des embarqués et qu'il établit l'absence d'exposition externe aux rayonnements pendant sa présence sur le Jauréguiberry. Pendant sa présence sur le Moselle, il fait valoir qu'il n'a pas été exposé à une contamination externe et que l'absence de contamination interne est établie par l'examen anthroporadiométrique de départ en 1976, qui s'est révélé normal.

7. Il résulte toutefois de l'instruction que pendant le premier séjour de M. C à Mururoa, quatre essais nucléaires ont été réalisés les 7 juillet et 15 juillet 1968 et 3 et 24 août 1968. Il ressort des pièces du dossier que M. C a fait l'objet de trois mesures individuelles de surveillance de la contamination externe du 7 juin au 3 octobre 1968. Si les résultats de deux de ces examens ont révélé des doses nulles, toutefois, il ressort des pièces produites par le CIVEN que pour le premier examen correspondant à la période du 7 juin au 19 juillet 1968, la valeur du résultat est manquante, alors que deux essais nucléaires avaient été réalisés pendant cette période. Pour y remédier, si le CIVEN allègue que les trois dosimètres mensuels d'ambiance, placés à bord du navire Jauréguiberry, ont également révélé des doses nulles, notamment en juin et juillet 1968, il n'en justifie pas. Par suite, les mesures de surveillance individuelle et collective de la contamination externe à bord du Jauréguiberry au cours de la campagne d'essais de l'année 1968, doivent être regardées comme insuffisantes.

8. En outre, il résulte de l'instruction que M. C n'a fait l'objet d'aucune mesure de surveillance individuelle de la contamination interne et il n'existe aucune donnée relative à la contamination interne de personnes se trouvant dans une situation comparable à la sienne. Si le CIVEN fait valoir qu'au cours du premier séjour de M. C, le personnel navigant n'était exposé à aucune mesure de contamination interne, toutefois, il est constant que les essais atmosphériques ont été à l'origine de retombées radioactives non contrôlées et que les marins qui y étaient affectés ne disposaient d'aucune protection particulière. Par ailleurs, les témoignages circonstanciés et concordants produits et non contestés en défense font état que les personnels affectés dans le bâtiment utilisaient et consommaient de l'eau issue d'un prélèvement sur site distillé dans des bouilleurs. La circonstance selon laquelle la seule consommation de cette eau ne suffirait pas à entraîner une contamination interne supérieure à 0,67 mSv/an n'est pas de nature à établir que M. C aurait été constamment exposé à une dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires inférieure au seuil de 1 mSv par an.

9. Au surplus, s'agissant de son second séjour à Mururoa, effectué entre septembre 1975 et août 1976, au cours duquel cinq essais nucléaires souterrains ont été réalisés, le CIVEN ne démontre pas en se bornant à produire un unique résultat d'un examen anthoporadiométrique réalisé du départ de C, considéré comme normal, que M. C n'était exposé à aucun risque de contamination interne.

10. Dès lors, le CIVEN n'établit pas que M. C aurait été constamment exposé à une dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires inférieure au seuil de 1 mSv par an, et ne saurait être regardé comme renversant la présomption de causalité entre l'exposition aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français et la survenance de sa maladie.

11. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision litigieuse ainsi que l'indemnisation des préjudices résultant de son exposition aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français.

Sur les préjudices :

12. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. La mission confiée à l'expert peut viser à concilier les parties. ".

13. Mme C est fondée à demander à être indemnisée des préjudices subis par son époux à la suite des essais nucléaires en Polynésie française. Toutefois, l'état du dossier ne permet pas au tribunal de statuer sur la réalité et l'étendue des préjudices dont il demande réparation. Par suite, il y a lieu d'ordonner, avant-dire droit, une expertise aux fins indiquées à l'article 1er du dispositif du présent jugement.

Sur la demande de provision :

14. Il résulte de ce qui précède que le CIVEN est tenu de réparer les conséquences dommageables de la maladie de M. C. En l'état de l'instruction, il y a lieu de mettre à la charge de l'État le versement d'une provision de 5 000 euros à Mme C.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 23 février 2021 par laquelle le CIVEN a rejeté la demande d'indemnisation de Mme C est annulée.

Article 2 : L'Etat versera à Mme C une provision de 5 000 euros.

Article 3 : Il sera, avant de statuer sur les conclusions indemnitaires de Mme C, procédé à une expertise médicale aux frais avancés par l'Etat. L'expert aura pour mission de :

1°) se faire communiquer les dossiers et tous documents relatifs à la pathologie dont M. C est atteint ;

2°) décrire la pathologie dont souffre M. C depuis les premiers signes de son apparition, son évolution et les traitements mis en œuvre ;

3°) décrire la date d'apparition et l'évolution de la pathologie, les soins, examens, traitements, actes médicaux et chirurgicaux qu'elle a rendu nécessaires ;

4) dire si M. C a subi un préjudice économique, en raison notamment des dépenses et frais de santé effectivement supportés, et une perte de ressources ;

5) dire si l'état de M. C a nécessité l'assistance d'une tierce personne ; fixer les modalités, la qualification et la durée de cette intervention en lien avec la pathologie dont il est atteint ;

6) préciser la date de début, ainsi que le ou les taux des périodes de déficit fonctionnel temporaire en lien direct avec la pathologie ;

7) évaluer sur une échelle de 1 à 7 les souffrances physiques endurées par M. C ;

8) indiquer si la pathologie est à l'origine d'un préjudice esthétique temporaire et, le cas échéant, en évaluer l'importance sur une échelle de 1 à 7 ;

9) indiquer si la pathologie est à l'origine de troubles dans les conditions d'existence et, le cas échéant, en évaluer l'importance ;

10) indiquer si la pathologie est à l'origine d'un préjudice moral lié à une maladie évolutive et, le cas échéant, en évaluer l'importance sur une échelle de 1 à 7 ;

11) préciser l'existence et l'étendue de tout autre préjudice personnel en lien avec la pathologie cancéreuse et fournir toutes précisions complémentaires que l'expert jugera utile à la solution du litige.

Article 4 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement en présence de Mme C, du CIVEN et du ministre des armées.

Article 5 : L'expert déposera son rapport dans le délai fixé par la décision le désignant, en deux exemplaires dont, en application des dispositions de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, des copies seront notifiées aux parties intéressées.

Article 6 : Les frais d'expertise sont réservés pour y être statué en fin d'instance.

Article 7 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, au ministre des armées et au CIVEN.

Délibéré après l'audience du 5 octobre 2022 à laquelle siégeaient :

- Mme Zucarello, président,

- Mme De Paz, première conseillère,

- Mme Denys, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2022.

La rapporteure

D. DE PAZ

La présidente

F. ZUCCARELLO

La greffière,

I. MONTANGON

La République mande et ordonne au ministre des Armées en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

N°2101957

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions