jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2102352 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LANCIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mai 2021, la SCI Château de Fleurac en Périgord, représentée par Me Lancian, demande au tribunal de prononcer la décharge du rappel de TVA et des pénalités afférentes mis à sa charge, soit la somme de 1 683 784,34 euros.
Il soutient que :
- l'action en recouvrement est prescrite, l'avis de recouvrement contesté ayant été émis sept ans après l'envoi de la proposition de rectification ;
- l'avis de mise en recouvrement n'indique pas le montant des intérêts de retard en méconnaissance de l'article R. 256-1 du livre des procédures fiscales ;
- la procédure de rehaussement est irrégulière en raison de l'envoi d'un avis de vérification de comptabilité et non d'un avis de contrôle ; l'avis notifié visait l'article 172 bis du code général des impôts, applicable à l'impôt sur le revenu ;
- la vérificatrice s'est livrée à une visite approfondie qui excède les besoins du contrôle de TVA annoncé ; elle ne bénéficiait pas d'une autorisation de mise en œuvre d'une procédure de visite et de saisie prévue par l'article L. 16B du livre des procédures fiscales ;
- les travaux n'étaient pas achevés au moment du contrôle ;
- l'occupation du château était justifiée pendant la durée des travaux ; les quelques modestes traces d'occupations relevées ne correspondent pas à une occupation régulière des locaux par l'associé ;
- l'absence de signalétique ne révèle pas une occupation privative du château ;
- les loyers ont été régulièrement comptabilisés et les travaux faisaient obstacles à l'exploitation du château ;
- l'exploitation hôtelière du château était prévue dès son acquisition et a été retardée par l'ampleur et le montant des travaux effectués ;
- l'occupation privative des lieux n'est pas démontrée, ainsi l'élément intentionnel allégué pour justifier des pénalités fait défaut.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 décembre 2021, la directrice régionale des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est tardive, les rappels de TVA ont été notifiés le 26 juillet 2012, aussi le délai de réclamation pour contester le bienfondé de l'imposition expirait le 31 décembre 2015 ; l'avis de mise en recouvrement du 3 juillet 2019 constitue un document de rétablissement purement informatif faisant suite à la décision de cassation du Conseil d'Etat qui n'a pas pu avoir pour effet de rouvrir un nouveau délai de réclamation ;
- l'avis de mise en recouvrement initial du 11 janvier 2013 est réputé n'avoir jamais été annulé ; l'émission d'un nouveau titre portant sur les montants rétablis permet seulement au comptable d'en poursuivre le recouvrement ;
- le nouvel avis n'avait pas à mentionner les intérêts de retard ;
- sur la procédure et le bienfondé de l'impôt, l'autorité de chose jugée s'oppose au réexamen du dossier.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Patard, conseillère ;
- et les conclusions de M. Willem, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 17 octobre 2008, la société civile immobilière (SCI) Château de Fleurac en Périgord, créée le 15 octobre 2008, et dont les associés sont M. A et son fils, a acquis un domaine appelé château de Fleurac (Dordogne), ensemble comportant un château, une maison de gardien, deux gîtes, deux salles, une piscine, un terrain de tennis, un parc ainsi que des terres, près et bois, pour une somme de 3 720 000 euros, puis l'a donné à bail, le 4 décembre 2008 à la Société de gestion du château, société à responsabilité limitée composée des mêmes associés, pour un loyer annuel de 84 000 euros, le contrat précisant que les lieux ne pourront être utilisés qu'à usage de chambre d'hôtes, gîtes ruraux et organisation d'événements. Le 8 décembre 2008, la SCI Château de Fleurac a opté pour l'assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée et a déduit le montant de la taxe sur la valeur ajoutée ayant grevé les dépenses de travaux de rénovation réalisés sur le domaine. Du 9 février au 10 mai 2012, la SCI Château de Fleurac a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration a remis en cause l'option exercée par la société le 8 décembre 2008 et rappelé en conséquence la taxe sur la valeur ajoutée dont la société avait obtenu le remboursement au titre de la période du 1er janvier 2009 au 30 septembre 2011. A l'issue de la procédure de rectification contradictoire conduite, la SCI Château de Fleurac en Périgord a été assujettie, par une proposition de rectification du 26 juillet 2012, à des droits de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 1 446 580 euros, assortis d'intérêts de retard et de la majoration pour manquement délibéré. La SCI Château de Fleurac en Périgord a contesté les rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge. L'administration a prononcé, le 24 juin 2013, un dégrèvement d'un montant total de 348 728 euros. La SCI Château de Fleurac en Périgord a demandé la décharge des droits de taxe sur la valeur ajoutée restant à sa charge auxquels elle a été assujettie au titre de la période comprise entre le 1er janvier 2009 au 30 septembre 2011. Par un jugement du 17 décembre 2015, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté la demande de la société tendant à la décharge de ces impositions supplémentaires. La cour administrative d'appel de Bordeaux, par un arrêt du 27 avril 2018, a annulé ce jugement et accordé à la société la décharge des rappels en litige et des pénalités correspondante pour un montant de 1 685 226 euros. Par une décision du 26 décembre 2018, le Conseil d'Etat a, sur pourvoi du ministre de l'action public et des comptes publics, annulé l'arrêt de la cour d'appel de Bordeaux et lui a renvoyé l'affaire. Par un nouvel arrêt du 29 octobre 2019, la cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté le recours de la SCI Château Fleurac. L'administration a en parallèle émis un nouvel avis de mise en recouvrement le 28 février 2019 puis le 3 juillet 2019 pour un montant total de 1 683 784 euros. La SCI Château de Fleurac a formulé une réclamation le 10 février 2021 qui a été rejetée le 18 mars 2021. La SCI Château de Fleurac en Périgord demande au tribunal la décharge des rappels de taxe mis à sa charge.
2. L'annulation en cassation d'un arrêt prononçant la décharge d'une imposition a pour effet le maintien de l'imposition en litige, sans que l'administration fiscale ait l'obligation de constater le rétablissement de l'imposition en émettant un nouvel avis de mise en recouvrement. En l'espèce, la décision du Conseil d'Etat du 26 décembre 2018, remettant le rappel de TVA contesté à la charge de la société requérante constituait, par lui-même, un titre exécutoire habilitant l'administration à procéder à son recouvrement. Dès lors, l'avis de mise en recouvrement émis le 3 juillet 2019 n'a eu d'autre objet que de constater, à l'usage du service chargé du recouvrement, le rétablissement opéré par le Conseil d'Etat, puis en dernier lieu par la cour d'appel de Bordeaux, statuant sur renvoi, le 29 octobre 2019, du rappel de TVA mis en recouvrement le 11 janvier 2013. Ainsi, l'émission de l'avis du 3 juillet 2019 n'a pas eu pour effet d'ouvrir un nouveau délai de réclamation au contribuable concerné. Le délai de réclamation à l'encontre du rappel de TVA, qui a fait l'objet de l'avis de mise en recouvrement du 11 janvier 2013, étant expiré, la SCI Château de Fleurac en Périgord n'était dès lors plus recevable à présenter une nouvelle réclamation d'assiette au vu de l'avis de mise en recouvrement du 3 juillet 2019.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge du rappel de TVA de la SCI Château de Fleurac doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Château de Fleurac en Périgord est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Château de Fleurac en Périgord et au directeur régional des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme Fazi-Leblanc, première conseillère,
Mme Patard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.
La rapporteure,
J. PATARD
Le président,
D. FERRARILa greffière,
C. POTTIER
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026