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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2102526

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2102526

jeudi 30 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2102526
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation4ème chambre
Avocat requérantSELARL MAGRET JANOUEIX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 mai 2021, l'EARL PL Valade, représentée par Me Magret, demande au tribunal :

1°) de condamner FranceAgriMer à lui verser la somme de 26 135,45 euros ;

2°) de mettre à la charge de FranceAgriMer une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la notification de la décision d'éligibilité à l'aide ne mentionnait pas que les factures devaient être émises dans le délai de deux ans de réalisation des travaux, et l'EARL n'a donc pas été en mesure de demander une prolongation du délai ;

- les travaux ont été réalisés dans le délai de deux ans.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2022, FranceAgriMer conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le règlement (CE) n° 1234/2007 du Conseil du 22 octobre 2007 portant organisation commune des marchés dans le secteur agricole et dispositions spécifiques en ce qui concerne certains produits de ce secteur ;

- le règlement (CE) n° 555/2008 de la Commission du 27 juin 2008 fixant les modalités d'application du règlement (CE) n° 479/2008 du Conseil portant organisation commune du marché vitivinicole, en ce qui concerne les programmes d'aide, les échanges avec les pays tiers, le potentiel de production et les contrôles dans le secteur vitivinicole ;

- le code rural et de la pêche maritime ;

- la décision FILITL/SEM/D 2013-08 du Directeur général de FranceAgriMer du 19 février 2013 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- et les conclusions de M. Naud, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le 22 février 2013, l'EARL PL Valade a déposé auprès de l'Etablissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer) une demande de subvention aux investissements dans le domaine du vin pour la construction d'un chai vinicole. Le 24 septembre 2013, FranceAgriMer a notifié à l'EARL une décision d'éligibilité à l'aide, d'un montant de 111 033,60 euros correspondant à des dépenses éligibles de 311 217,43 euros. Cette notification précisait que les travaux devaient être réalisés et les factures émises dans un délai de deux années, ce délai étant " éventuellement prolongeable d'une année supplémentaire sur demande dûment justifiée ". Une avance de 53 136,36 euros a été versée à l'EARL PL Valade le 2 octobre 2013.

2. L'EARL PL Valade a adressé à FranceAgriMer sa demande de paiement du solde de l'aide le 9 janvier 2016. Toutefois, lors d'un contrôle sur place réalisé le 24 mai 2017, le contrôleur de FranceAgriMer a constaté que des factures avaient été émises postérieurement à la date limite de réalisation des travaux du 24 septembre 2015. Par courrier du 29 décembre 2017, FranceAgriMer a informé l'EARL de ce que les dépenses sur lesquelles portaient les factures litigieuses n'étaient pas éligibles, que le montant des dépenses éligibles s'élevait donc à 65 649,76 euros, pour un montant d'aide de 21 476,73 euros, et que l'EARL était donc redevable de la somme de 31 709,63 euros, majorée de 10 % de pénalité soit 34 880,59 euros. Cette somme a été ramenée, après compensation opérée par le service de recouvrement de FranceAgriMer, à 21 502,17 euros.

3. Toutefois, après réexamen du dossier, FranceAgriMer, par courrier du 15 décembre 2020, a informé l'EARL de ce que le montant des dépenses éligibles était désormais fixé à 248 959,93 euros, que le montant de l'aide s'élevait donc à 84 898,15 euros, et que l'EARL PL Valade ayant perçu une avance de 53 136,36 euros, le solde de l'aide au versement duquel elle avait droit s'élevait à 31 761,79 euros, versé le 27 octobre 2020. L'EURL PL Valade, estimant qu'elle a droit à la somme de 111 033,60 euros mentionnée dans la décision d'éligibilité à l'aide du 24 septembre 2013, demande que FranceAgriMer soit condamnée à lui verser la somme de 26 135,45 euros.

4. Aux termes de l'article 5.6 de la décision FILITL/SEM/D 2013-08 du directeur général de FranceAgriMer du 19 février 2013, relative à la mise en œuvre de l'aide au programmes d'investissement des entreprises dans le cadre de l'OCM vitivinicole pour les exercices financiers 2013 à 2018 : " Délais de réalisation des travaux / () Les travaux prévus doivent être réalisés dans les 2 années suivant la date de notification de l'aide, prorogeables d'une année sur demande justifiée du porteur de projet. () A la date limite de réalisation des travaux, la totalité des factures doivent être émises. Elles peuvent être acquittées au plus tard 2 mois après la date de réalisation des travaux ".

5. Il résulte de l'instruction qu'alors qu'il est constant que la date limite de réalisation des travaux et d'émission des factures était fixée au 24 septembre 2015, cinq factures ont été émises postérieurement à cette date, les 30 septembre, 25 et 30 octobre et le 10 novembre 2015.

6. En premier lieu, le courrier de notification de la décision d'éligibilité à l'aide du 24 septembre 2013 précisait que les travaux devaient être réalisés et les factures émises dans un délai de deux années. Par suite, l'EARL PL Valade n'est pas fondée à soutenir qu'en omettant de préciser que les factures devaient être émises dans le délai de deux ans, FranceAgriMer aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité.

7. En second lieu, si l'EARL fait valoir que les travaux ont été réalisés dans le délai de deux ans, toutefois, le refus de versement du complément de l'aide est motivé, non par le retard dans l'exécution des travaux, mais par la circonstance que les factures ont été émises postérieurement à l'achèvement du délai prévu par l'article 5.6 de la décision FILITL/SEM/D 2013-08, rappelé au point 4.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de l'EARL PL Valade doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de l'Earl PL Valade est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'Earl PL Valade et à l'Etablissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer).

Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Munoz-Pauziès, présidente,

Mme Lahitte, conseillère,

M. Bongrain, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.

La présidente-rapporteure,

F. A

L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,

A. LAHITTE

La greffière,

A. BEGORRE

La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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