mardi 25 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2102638 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ENARD-BAZIRE COLLIOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 28 mai et 9 septembre 2021, Mme B A, représentée par la SELARL EBC Avocats, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 20 août 2021 de la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) portant rejet du recours préalable obligatoire contre la décision lui notifiant un montant de subvention " MaPrimeRénov' " inférieur à celui initialement fixé ;
2°) de mettre à la charge de l'ANAH une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle a été édictée à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- elle constitue le retrait irrégulier d'une décision créatrice de droits ;
- la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a méconnu les dispositions du décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergique et commis une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juin 2022, l'ANAH conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable ; en premier lieu, les conclusions dirigées contre la notification de liquidation inférieure de la prime sont irrecevables, dès lors que la décision prise sur recours administratif préalable obligatoire s'y est substituée par application de l'article L. 412-7 du code des relations entre le public et l'administration ; en deuxième lieu, les conclusions dirigées contre la décision implicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire sont irrecevables, dès lors qu'aucun moyen n'a été soulevé à leur appui en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ; en troisième lieu, les conclusions dirigées contre la décision du 20 août 2021 sont irrecevables par application de l'article R. 421-2 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 23 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 29 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;
- l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Molina-Andréo, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Champenois, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a, par une demande déposée le 30 septembre 2020, sollicité le bénéfice d'une prime de transition énergétique dans le cadre du remplacement de sa chaudière. Par une décision en date du 14 octobre 2020, la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) a estimé à 1 200 euros le montant de l'aide à laquelle Mme A était susceptible de bénéficier au titre du dispositif " MaprimeRénov' ". Par une décision du 9 mars 2021, la directrice générale de l'agence précitée a, cependant, notifié un montant de prime de seulement 60 euros. En vertu de l'article 9 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, Mme A a alors formé un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de cette décision, lequel a été réceptionné le 30 mars 2021. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision du 20 août 2021 par laquelle la directrice générale de l'ANAH a expressément rejeté ce recours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 412-8 du code des relations entre le public et l'administration : " Ainsi que le prévoit l'article L. 211-2, la décision qui rejette un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire doit être motivée. ". Aux termes de l'article L. 412-7 du même code : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale. ". Aux termes de l'article 9 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique : " L'introduction d'un recours afférent aux décisions relatives à la prime de transition énergétique est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès du directeur général de l'Agence nationale de l'habitat. / Ce recours administratif est régi par les dispositions des chapitres Ier et II du titre Ier du livre IV du code des relations entre le public et l'administration. "
3. En l'espèce, la décision de la directrice générale de l'ANAH du 20 août 2021, portant rejet du recours administratif préalable obligatoire de Mme A, qui s'est substituée à la décision initiale du 9 mars 2021 et au rejet implicite du recours administratif du 30 mai 2021, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ainsi, elle fait référence aux articles 9 et 11 du décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, texte régissant les conditions d'attribution de l'aide " MaPrimeRénov' " et fait état de ce que le montant des aides reçues par Mme A émanant des caisses de retraites et du dispositif " certificat d'économie d'énergie " ont été pris en compte dans le calcul final de la subvention, entrainant une diminution de celle-ci. Ces circonstances de droit et de fait sont suffisamment développées pour avoir mis utilement Mme A en mesure de comprendre et de discuter les motifs de cette décision. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision contestée doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. "
5. Dès lors que la décision du 9 mars 2022 fait suite à la demande de Mme A de versement effectif de la prime, demande qui a donné lieu à la production par la requérante de pièces justificatives, ainsi qu'à des échanges avec le service instructeurs, matérialisés notamment par trois courriers des 3 janvier, 18 et 25 février 2021, ladite décision n'était pas au nombre de celles soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable par les dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré du défaut de respect d'une telle procédure ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. ".
7. En l'espèce, la décision notifiant un montant d'aide de 60 euros, inférieur à celui initialement fixé, qui est motivée par le fait que Mme A a bénéficié d'autres aides, limitant de ce fait le montant maximal de l'aide éligible, se borne à exécuter la décision d'octroi du 14 octobre 2020, en tirant les conséquences du non-respect des conditions posées par cette dernière et n'en constitue donc pas le retrait. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.
8. En dernier lieu, aux termes des dispositions de l'article 3 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, dans sa rédaction applicable au litige : " I.-Le montant de la prime est fixé forfaitairement par type de dépense éligible, en fonction des ressources du demandeur. Les ménages relèvent de l'une des catégories de ressources suivantes, dans des conditions définies par arrêté : 1° les ménages dont les ressources sont inférieures ou égales aux plafonds de ressources dits " très modestes " (). Le montant de la prime dépend également des caractéristiques des dépenses éligibles et de l'application des dispositions prévues au II et aux IV à VI du présent article. () V.-Le montant total des aides publiques et privées hors aides, ristournes, remises, rabais ou contreparties mentionnées au II, ne peut être supérieur au montant total d'une même dépense éligible. Le respect du présent VI s'apprécie lors de l'engagement de la prime et lors de sa liquidation. ". L'annexe 2 de l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, dans sa rédaction applicable au litige prévoit, s'agissant des " chaudières à très haute performance énergétique ", une prime de transition énergétique d'un montant de 1 200 euros en ce qui concerne les ménages aux ressources très modestes, avec un plafond de dépense éligible de 4 000 euros TTC.
9. Il est constant que Mme A appartient à la catégorie des ménages aux ressources très modestes au sens des textes précités et que les travaux pour lesquels elle a sollicité le bénéfice de la prime de transition énergétique, dénommée " MaPrimeRénov' ", sont relatifs à l'installation d'une chaudière dite à très haute performance énergétique. Si Mme A soutient qu'elle a droit au versement d'une prime de 1 200 euros, elle ne conteste pas avoir déjà perçu la somme de 1 400 euros au titre du dispositif " certificats d'économie d'énergie " (CEE), ainsi qu'une aide ou subvention d'un montant de 2 540 euros émanant de caisses de retraite, soit la somme totale de 3 940 euros. Ainsi, dès lors que le montant total des aides publiques ou privées auquel pouvait prétendre Mme A ne pouvait excéder le plafond de 4 000 euros de dépense éligible pour l'installation d'une chaudière à très haute performance énergétique, la requérante ne pouvait effectivement prétendre au versement d'une aide supérieure au montant de 60 euros alloué par la décision litigieuse. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergique doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
10. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée du 20 août 2021. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'Agence nationale de l'habitat.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Molina-Andréo, première conseillère faisant fonction de présidente ;
Mme de Gélas, première conseillère ;
Mme Ballanger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2023.
La première assesseure,
C. DE GÉLASLa première conseillère faisant fonction de présidente,
B. MOLINA-ANDRÉO
La greffière,
C. LALITTE
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026