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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2102649

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2102649

lundi 13 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2102649
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantSELARL BAROK AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 mai 2021, un mémoire enregistré le 23 décembre 2021 et des pièces complémentaires enregistrées le 2 mai 2022, Mme B A, représentée par la SELARL Di Vizio, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur Général du centre hospitalier de Périgueux (CH) lui a refusé le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) ;

2°) de condamner le centre hospitalier de Périgueux à lui payer la somme de 2 560,74 euros au titre de la NBI à laquelle elle aurait pu prétendre depuis le 1er janvier 2018 ;

3°) d'enjoindre au centre hospitalier de Périgueux de lui attribuer la NBI à hauteur de 13 points majorés à compter du 1er juillet 2021 ;

4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Périgueux une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa demande est bien fondée dès lors qu'elle remplit les conditions pour obtenir le bénéfice de la NBI puisqu'elle exerce exclusivement en bloc opératoire conformément à sa spécialisation d'IBODE ;

- la disposition réservant le bénéfice de la NBI aux seuls infirmiers du 1ers et 2eme grades est illégale en ce qu'elle est contraire au principe d'égalité ; la décision attaquée méconnaît le principe d'égalité de traitement entre les agents publics dès lors que les infirmiers en soin généraux exerçant au bloc opératoire bénéficient de la NBI.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2021, le centre hospitalier de Périgueux, représenté par Me Cayla-Destrem, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la requérante d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que la requête est irrecevable et, qu'en tout état de cause, les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A est infirmière de bloc opératoire diplômée d'Etat et exerce ses fonctions au sein du centre hospitalier de Périgueux. Par lettre du 10 février 2021, elle a présenté une demande tendant au versement de la NBI de 13 points instaurée par les dispositions de l'article 1er du décret du 3 février 1992 relatif à la nouvelle bonification indiciaire attachée à des emplois occupés par certains personnels de la fonction publique hospitalière, dans la limite de la prescription quadriennale. Le silence gardé par le directeur général du centre hospitalier de Périgueux a fait naître une décision implicite de rejet. Par sa requête, Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision et de condamner le centre hospitalier de Périgueux à lui verser la NBI sollicitée.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ".

3. Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. "

4. Il ressort des pièces du dossier que si la requérante soutient qu'elle a adressé sa demande préalable le 10 février 2021, elle n'établit pas, par la production du seul rapport de contrôle de transmission d'une télécopie en date du 10 février 2021, apporter la justification de la réception par le centre hospitalier de Périgueux de sa demande avant l'expiration du délai de recours contentieux alors même que l'administration soutient en défense ne pas l'avoir reçue. Dans ces conditions, le centre hospitalier de Périgueux est fondé à soutenir que la requête de Mme A a été présentée en l'absence de décision prise par l'administration. Elle doit donc être rejetée comme manifestement irrecevable en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du centre hospitalier de Périgueux, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande présentée par le centre hospitalier de Périgueux au même titre.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Périgueux au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au centre hospitalier de Périgueux.

Fait à Bordeaux, le 13 novembre 2023.

Le président de la 6ème chambre

Ph. DELVOLVÉ

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présentée décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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