mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2102842 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL COUBRIS COURTOIS ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 9 juin 2021 et 16 février 2023, Mme B C, représentée par Me Coubris, avocat, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de condamner le centre hospitalier de Bergerac à lui verser la somme totale de 175 583,97 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de sa demande indemnitaire préalable en réparation des préjudices qu'elle a subis du fait de l'infection nosocomiale qu'elle estime avoir contractée dans les suites de l'intervention chirurgicale pratiquée le 13 août 2014 dans cet établissement et du manquement de ce dernier à son devoir d'information ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner le centre hospitalier de Bergerac et l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), chacun pour la part qui lui incombe, à lui verser la somme totale de 160 583,47 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de sa demande indemnitaire préalable en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'accident médical non fautif dont elle a été victime ;
3°) à titre subsidiaire, de condamner le centre hospitalier de Bergerac à lui verser la somme de 15 000 euros en réparation de son préjudice d'impréparation ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Bergerac, ou toute partie perdante, la somme de 5 528 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- sa requête n'est pas tardive ;
- sa demande indemnitaire n'est pas prescrite ;
- la responsabilité du centre hospitalier de Bergerac doit être engagée du fait de l'infection nosocomiale qu'elle a subie, indépendamment du fait que celle-ci trouve son origine dans un accident médical non fautif ;
- le centre hospitalier de Bergerac a commis une faute dans la prise en charge de son infection nosocomiale qui a conduit à une prolongation de la chronicisation de ses lésions ;
- à titre subsidiaire, l'ONIAM doit être condamné à l'indemniser des préjudices qu'elle a subis du fait de l'accident médical non fautif dont elle a été victime et le centre hospitalier de Bergerac verra sa responsabilité engagée en ce qui concerne la faute commise dans la prise en charge de cet accident ;
- elle remplit les critères d'anormalité et de gravité prévus par les dispositions du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique dès lors qu'elle a subi des conséquences plus graves que celles auxquelles elle aurait été exposée en l'absence d'intervention et que le dommage lui a causé des troubles d'une particulière gravité dans son existence ;
- à titre subsidiaire, le centre hospitalier de Bergerac a méconnu son obligation d'information quant au risque relatif à la survenance de l'accident médical non fautif dont elle a été victime ;
- à titre subsidiaire, son préjudice d'impréparation doit être indemnisé à hauteur de 15 000 euros ;
- les préjudices qu'elle a subis doivent être évalués à la somme totale de 175 583,97 euros se décomposant comme suit : 125,97 euros au titre des dépenses de santé actuelles, 87,15 euros au titre des frais d'hospitalisation, 12 420,50 euros au titre de l'assistance temporaire par une tierce personne, 9 037,50 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 40 000 euros au titre des souffrances endurées, 20 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, 16 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, 3 000 euros au titre de son préjudice esthétique permanent, 30 000 euros au titre de son préjudice d'agrément, 20 000 euros au titre du préjudice sexuel et 10 000 euros au titre de son préjudice d'établissement.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er septembre 2021 et 1er mars 2023, le centre hospitalier de Bergerac, représenté par Me El Kaim, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que ses demandes indemnitaires et ses conclusions au titre des frais d'instance soient ramenées à de plus justes proportions et que les demandes de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) soient limitées à la somme de 23 353,07 euros.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en raison d'une part de sa tardiveté et dès lors d'autre part que la requérante s'est engagée à ne pas engager sa responsabilité ;
- le préjudice d'impréparation de la patiente doit être limité à 3 000 euros ;
- la patiente n'a pas perdu de chance de se soustraire à l'intervention chirurgicale qu'elle a subie ;
- l'expert n'a pas retenu l'existence d'une infection nosocomiale et a considéré que l'état de la patiente était directement imputable à la survenance d'un accident médical non fautif ;
- il n'a commis aucun manquement dans la prise en charge de la patiente ;
- les demandes indemnitaires de Mme C doivent être limitées comme suit : les frais pharmaceutiques à hauteur de 22 euros, l'assistance temporaire à tierce personne à 3 690 euros, le déficit fonctionnel temporaire à 1 212,25 euros, les souffrances endurées à 1 400 euros ;
- le droit au recours de la CPAM doit être limité à 23 353,07 euros dès lors qu'aucun détail n'est fourni quant à l'imputabilité des frais médicaux exposés à la somme de 30 322,48 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 octobre 2021 et 28 février 2023, l'ONIAM, représenté par Me Ravaut, conclut à ce qu'il soit mis hors de cause.
Il soutient que :
- si le tribunal retenait l'existence d'une infection nosocomiale, les conséquences de celle-ci ne pourront pas être mises à la charge de la solidarité nationale dès lors que la patiente présente un déficit fonctionnel permanent inférieur au seuil fixé par le code de la santé publique ;
- dans l'hypothèse où un accident médical non fautif serait retenu, il doit être mis hors de cause dès lors que la patiente ne remplit pas les critères d'anormalité et de gravité fixés par l'article L. 1142-1 du code de la santé publique ;
- les manquements commis par le centre hospitalier de Bergerac dans la prise en charge de Mme C sont à l'origine du dommage qu'elle a subi.
Par des mémoires, enregistré le 31 janvier 2022 et le 7 septembre 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) Pau-Pyrénées agissant pour le compte de la CPAM de Dordogne, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner le centre hospitalier de Bergerac à lui rembourser la somme de 54 949,58 euros au titre de ses débours, avec intérêts au taux légal à compter du jugement et l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'ordonnance 96-51 du 24 janvier 1996 à hauteur de 1 162 euros.
Le tribunal a adressé le 31 août 2023 à la CPAM Pau-Pyrénées une demande de pièces pour compléter l'instruction. Ces pièces, réceptionnées le 7 septembre 2023, ont été communiquées.
Par courrier du 31 août 2023 les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office, tiré de ce que même en l'absence de demande tendant à l'allocation d'intérêts, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts au taux légal au jour de son prononcé jusqu'à son exécution, de sorte que la demande de la caisse primaire d'assurance maladie Pau-Pyrénées tendant à ce que lui soient alloués des intérêts au taux légal à compter du jugement est dépourvue de tout objet et doit donc être rejetée.
Par un courrier du 5 septembre 2023, Mme C a présenté des observations en réponse à la lettre du 31 août 2023.
Par un courrier 6 septembre 2023, le centre hospitalier de Bergerac a présenté des observations en réponse à la lettre du 31 août 2023.
Vu :
- l'ordonnance de taxation n°1503407 du 7 avril 2016 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté interministériel du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ballanger,
- les conclusions de Mme Champenois, rapporteure publique,
- les observations de Me Dauphin, représentant Mme C,
- et les observations de Me Darricau, représentant le centre hospitalier de Bergerac.
Une note en délibéré présentée pour le centre hospitalier de Bergerac a été enregistrée le 5 octobre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, née le 28 octobre 1962, a subi une ablation du kyste de l'ovaire gauche par voie coelioscopique le 13 août 2014 au centre hospitalier de Bergerac. Dès le 17 août suivant, elle a été hospitalisée pour des douleurs abdominales importantes associées à des nausées et une collection intra-péritonéale a été objectivée le 20 août 2014. Le 15 septembre 2014, Mme C a de nouveau été hospitalisée pour un syndrome infectieux général nécessitant l'évacuation d'un abcès réalisée le 16 septembre et la mise en place d'un drain. Les prélèvements bactériologiques réalisés ont permis d'objectiver la présence d'un Citrobacter Freundii multi résistant le 16 septembre 2014, de Staphylocoques Epidermis, de Colibacilles et de Klebsiella Pneumoniae le 30 octobre 2014 puis de Staphylocoque Intermedius le 22 décembre 2015 justifiant une antibiothérapie. Le 29 mars 2016, la plaie de Mme C a évolué favorablement et la cicatrisation complète est intervenue le 12 juillet suivant.
2. Le 23 juillet 2015, Mme C a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux aux fins de réalisation d'une expertise judiciaire. Par une ordonnance du 16 décembre 2015, le juge des référés a désigné le docteur A, spécialiste en chirurgie viscérale et urologie en qualité d'expert, qui a remis son rapport le 16 mars 2016 et a précisé que l'état de santé de la patiente n'était pas encore consolidé. Le 20 mars 2017, cette dernière a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) d'Aquitaine d'une demande indemnitaire. La CCI a diligenté une nouvelle expertise confiée à M. A, qui a rendu un second rapport le 29 août 2017. Considérant que les critères posés par le code de la santé publique n'étaient pas remplis, la CCI s'est déclarée incompétente par une décision du 13 septembre 2017. Le 30 avril 2021, Mme C a formé une demande indemnitaire auprès du centre hospitalier de Bergerac. Par la présente requête, elle demande au tribunal, de condamner le centre hospitalier de Bergerac à lui verser la somme totale de 175 583,97 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de sa demande indemnitaire préalable en réparation des préjudices subis du fait de l'infection nosocomiale qu'elle estime avoir contractée dans cet établissement.
Sur les fins de non-recevoir opposée en défense :
3. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".
4. D'une part, la saisine du juge des référés devant le tribunal administratif d'une demande d'expertise médicale aux fins de rechercher les causes de dommages imputés au service public hospitalier interrompt le délai de recours contentieux contre la décision de l'établissement hospitalier rejetant la demande d'indemnité. Ce délai commence à courir à nouveau à compter de la notification au requérant du rapport de l'expert ou de l'ordonnance du juge des référés rejetant la demande d'expertise. De même, l'article L. 1142-7 du code de la santé publique prévoit qu'une personne qui s'estime victime d'un dommage imputable à une activité de prévention, de diagnostic ou de soins peut saisir la commission de conciliation et d'indemnisation et que cette saisine interrompt le délai de recours contentieux jusqu'au terme de la procédure engagée devant la commission. Le tribunal administratif doit alors être saisi dans un nouveau délai de deux mois courant, en cas de demande d'indemnisation amiable, de la date à laquelle l'avis rendu par la commission est notifié à l'intéressé et, en cas de demande de conciliation, de la date à laquelle il reçoit le courrier de la commission l'avisant de l'échec de la conciliation ou de celle à laquelle le document de conciliation partielle mentionné à l'article R. 1142-22 est signé par les deux parties. Par ailleurs, dans l'hypothèse, prévue au dernier alinéa de l'article R. 1142-15, où la commission, saisie dans le délai de recours contentieux d'une demande d'indemnisation amiable, se déclare incompétente pour en connaître, la présentation par le demandeur, dans les deux mois de la notification de l'avis rendu en ce sens, d'une demande de conciliation a pour effet d'interrompre à nouveau le délai de recours.
5. Il résulte de l'instruction que Mme C a saisi le centre hospitalier de Bergerac d'une demande indemnitaire préalable reçue le 1er décembre 2014. Une décision implicite de rejet est née le 1er février 2015 du silence gardé par le centre hospitalier, qui n'a pas fait courir le délai de recours. Mme C a saisi le 23 juillet 2015, le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux afin que soit diligentée une mesure d'expertise. Si le centre hospitalier de Bergerac a, par une décision explicite du 20 juillet 2015 portant mention des voies et des délais de recours, notifiée le 24 juillet suivant à la requérante, soit postérieurement à la saisine du juge des référés, rejeté la demande indemnitaire du 1er décembre 2014, cette décision étant intervenue antérieurement à l'achèvement de la procédure devant le juge des référés, le délai imparti pour exercer un recours contentieux s'en est trouvé suspendu jusqu'au terme de celle-ci. Or, il ne résulte pas de l'instruction que le rapport d'expertise déposé le 7 avril 2016 aurait été notifié à la requérante, de sorte que le délai de recours contentieux n'a pu commencer à courir. De même, si Mme C a saisi la CCI le 20 mars 2017, la notification de l'avis rendue par cette commission le 13 septembre 2017 ne résulte pas de l'instruction.
6. D'autre part, la décision par laquelle l'administration rejette une réclamation tendant à la réparation des conséquences dommageables d'un fait qui lui est imputé lie le contentieux indemnitaire à l'égard du demandeur pour l'ensemble des dommages causés par ce fait générateur, quels que soient les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages invoqués par la victime et que sa réclamation ait ou non spécifié les chefs de préjudice en question. Par suite, la victime est recevable à demander au juge administratif, dans les deux mois suivant la notification de la décision ayant rejeté sa réclamation, la condamnation de l'administration à l'indemniser de tout dommage ayant résulté de ce fait générateur, y compris en invoquant des chefs de préjudice qui n'étaient pas mentionnés dans sa réclamation. En revanche, si une fois expiré ce délai de deux mois, la victime saisit le juge d'une demande indemnitaire portant sur la réparation de dommages causés par le même fait générateur, cette demande est tardive et, par suite, irrecevable. Il en va ainsi alors même que ce recours indemnitaire indiquerait pour la première fois les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages, ou invoquerait d'autres chefs de préjudice, ou aurait été précédé d'une nouvelle décision administrative de rejet à la suite d'une nouvelle réclamation portant sur les conséquences de ce même fait générateur.
7. Il n'est fait exception à ce qui est dit au point précédent que dans le cas où la victime demande réparation de dommages qui, tout en étant causés par le même fait générateur, sont nés, ou se sont aggravés, ou ont été révélés dans toute leur ampleur postérieurement à la décision administrative ayant rejeté sa réclamation. Dans ce cas, qu'il s'agisse de dommages relevant de chefs de préjudice figurant déjà dans cette réclamation ou de dommages relevant de chefs de préjudice nouveaux, la victime peut saisir l'administration d'une nouvelle réclamation portant sur ces nouveaux éléments et, en cas de refus, introduire un recours indemnitaire dans les deux mois suivant la notification de ce refus.
8. Il résulte de l'instruction que, par une première demande du 1er décembre 2014, Mme C a sollicité le centre hospitalier de Bergerac afin qu'il lance " la procédure d'indemnisation auprès de [sa] compagnie d'assurance " dès lors qu'elle souffrait de " nombreuses complications ayant donné lieu notamment à une nouvelle opération le 14 septembre 2014 ". Toutefois, par sa nouvelle demande du 28 avril 2021, reçue le 30 avril suivant, Mme C a sollicité l'indemnisation de son préjudice d'impréparation du fait d'un défaut d'information, des conséquences de l'infection nosocomiale qu'elle a subie et des fautes dans la prise en charge des complications post-opératoires révélés par les rapports d'expertise déposés les 7 avril 2016 et 29 juillet 2017. De plus, la consolidation de son état de santé n'est intervenu que le 12 avril 2017. Les dommages dont elle demande réparation dans cette seconde demande préalable ont été révélés dans toute leur ampleur postérieurement à la décision de rejet de sa première demande indemnitaire du 20 juillet 2015, de sorte que la décision implicite de rejet de cette nouvelle demande, intervenue le 30 juin 2021, ne peut être regardée comme étant une décision confirmative de la décision du 20 juillet 2015. Dans ces conditions, le centre hospitalier de Bergerac n'est pas fondé à soutenir que la requête enregistrée au greffe du tribunal le 9 juin 2021, présentée par Mme C serait tardive. Par suite, la fin de non-recevoir doit être écartée.
9. En second lieu, le courrier du 31 mars 2017 par lequel l'avocat de la requérante a rappelé à la CCI les termes de l'expertise du 10 mars 2016 et notamment la circonstance qu'aucun grief n'avait été retenu à l'encontre du centre hospitalier de Bergerac, ne peut être regardé comme une renonciation à toute action à l'encontre de l'établissement public de santé de la part de la requérante. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense par le centre hospitalier de Bergerac doit être écartée.
Sur la responsabilité du centre hospitalier de Bergerac :
En ce qui concerne l'infection nosocomiale :
10. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ". Selon l'article L. 1142-1-1 du même code : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : / 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales ; / () ".
11. Si ces dispositions font peser sur l'établissement de santé la responsabilité des infections nosocomiales, qu'elles soient exogènes ou endogènes, à moins que la preuve d'une cause étrangère soit rapportée, seule une infection survenant au cours ou au décours d'une prise en charge et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de la prise en charge peut être qualifiée de nosocomiale.
12. Il résulte de l'instruction que Mme C a subi une ablation d'un kyste de l'ovaire gauche par voie coelioscopique le 13 août 2014 au centre hospitalier de Bergerac. Dès le 17 août suivant, la requérante a été hospitalisée pour des douleurs abdominales importantes associées à des nausées et une collection intra-péritonéale a été objectivée. Le 15 septembre 2014, Mme C a été de nouveau hospitalisée pour un syndrome infectieux général nécessitant l'évacuation d'un abcès et la mise en place d'un drain, remplacé par un système aspiratif type VAC le 24 septembre 2014. Les prélèvements bactériologiques réalisés ont objectivé la présence d'un Citrobacter Freundii multi résistant le 16 septembre 2014, des Staphylocoques Epidermis, Colibacilles et Klebsiella Pneumoniae le 30 octobre 2014 puis un Staphylocoque Intermedius le 22 décembre 2015. Dans son rapport, l'expert relève que Mme C a présenté une infection dans les suites de l'ablation du kyste ovarien subie le 13 août 2014, qui trouve son origine dans une probable lésion colique qui a conduit à l'apparition d'une fistule sigmoïdo-pariétale et il indique qu'il ne s'agit pas de l'aggravation d'une infection en cours ou ayant déjà existée. Si le centre hospitalier de Bergerac fait valoir en défense que l'expert, à qui il n'appartient pas de se prononcer sur la qualification juridique des faits, a qualifié cet évènement d'accident médical non fautif, il résulte de l'instruction que l'infection est survenue dans les suites de l'opération chirurgicale pratiquée le 13 août 2014, qu'elle n'était ni présente, ni en incubation au début de la prise en charge de l'intéressée et qu'aucune cause étrangère à cette prise en charge ne peut être rapportée. Dans ces conditions, l'infection subie par Mme C au décours de sa prise en charge au centre hospitalier de Bergerac présente le caractère d'une infection nosocomiale, sans qu'il y ait lieu de tenir compte de ce que la cause directe de cette infection, à savoir la lésion colique, a le caractère d'un accident médical non fautif, ni de ce que l'état antérieur de la patiente, caractérisé par des adhérences du fait de précédentes interventions, aurait favorisé la survenance de cet aléa.
13. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise du 29 août 2017, établi après la consolidation de l'état de santé de Mme C, que l'intéressée présente un déficit fonctionnel permanent de 10 % en lien avec l'infection. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que le centre hospitalier de Bergerac est tenu de réparer l'intégralité des préjudices résultant de cette infection nosocomiale en application des dispositions précitées du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique.
En ce qui concerne le défaut d'information :
14. L'article L. 1111-2 du code de la santé publique prévoit que " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () / Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel ".
15. En application de ces dispositions, doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence.
16. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que si Mme C a signé un document intitulé " consentement éclairé à la réalisation d'un acte de soin " le 5 août 2014 et que celui-ci visait une " kystectomie de l'ovaire gauche par cœlioscopie sous anesthésie ", ce document ne précisait pas les risques spécifiques à une telle intervention et notamment la possible survenance d'une lésion colique compte tenu des adhérences en lien avec de précédents actes opératoires locaux. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que la lésion colique présenterait le caractère d'un risque fréquent ou grave. Par suite, Mme C n'est pas fondée à se prévaloir d'un manquement fautif du centre hospitalier de Bergerac à son devoir d'information.
Sur la réparation des préjudices :
17. Il résulte de l'instruction que la consolidation de l'état de santé de Mme C a été fixée au 12 avril 2017 par l'expert.
En ce qui concerne les préjudices temporaires :
18. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment des factures produites que Mme C s'est acquittée de la somme totale de 125,97 euros entre le 10 septembre 2014 et le 13 juin 2015, période imputable à l'infection nosocomiale, correspondant selon l'expert à des restes à charge de frais pharmaceutiques. Il y a lieu de mettre cette somme à la charge du centre hospitalier de Bergerac.
19. En deuxième lieu, Mme C établit avoir exposé des frais de location d'un téléviseur durant son hospitalisation pour un montant de 87,15 euros. Il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Bergerac le versement de cette somme.
20. En troisième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du second rapport d'expertise que l'état de santé de Mme C en lien avec l'infection nosocomiale a nécessité l'assistance d'une tierce personne une heure par jour en dehors des périodes d'hospitalisation, à compter de son retour à domicile le 15 août 2014 et jusqu'au 26 avril 2016. Compte tenu du salaire minimum interprofessionnel de croissance horaire brut au cours de cette période, compris entre 13,34 et 13,54 euros comprenant les charges sociales, ainsi que les jours de congés et des jours fériés, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en lui allouant la somme arrondie de 8 300 euros. Si la requérante sollicite une indemnisation sur la base d'un coût horaire à hauteur de 20 euros, elle n'établit pas, par les pièces qu'elle produit, que cette assistance, qui a été apportée par ses proches pour la préparation des repas, la tenue de son domicile, ses courses et la sortie de ses animaux de compagnie, comporterait une particulière difficulté ni qu'il s'agirait d'une aide spécialisée.
21. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que Mme C a subi, compte tenu de l'infection nosocomiale qu'elle a présentée, un déficit fonctionnel temporaire total du 17 au 31 août 2014, du 5 au 6 septembre 2014, du 15 au 26 septembre 2014, le 17 mars 2015 et du 3 au 17 mars 2016, un déficit fonctionnel temporaire de 50 % du 7 au 15 septembre 2014 puis du 27 septembre au 1er octobre 2014 et un déficit fonctionnel temporaire de 25 % du 1er au 5 septembre 2014, du 2 octobre 2014 au 17 mars 2015 puis du 18 mars 2015 au 12 avril 2017. Il y a lieu, par suite, en retenant un taux journalier de 21 euros, de lui accorder la somme de 6 578,25 euros à ce titre.
22. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction que Mme C a éprouvé, durant la période antérieure à la consolidation de son état de santé, des souffrances en lien avec les soins nécessaires pour traiter l'infection nosocomiale dont l'intensité a été évaluée à 4,5 sur une échelle de 7 par l'expert, caractérisées par les multiples interventions chirurgicales, les soins locaux douloureux très prolongés, la répétition des investigations paracliniques ainsi que des douleurs psychologiques. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 10 000 euros.
23. En sixième lieu, le préjudice esthétique temporaire de Mme C a été évalué par l'expert à 3 sur une échelle allant à 7, du fait des pansements souillés pendant plusieurs mois avec un système aspiratif local type VAC ainsi que du port temporaire d'une sonde vésicale reliée à un sac collecteur. Il sera fait une juste appréciation en l'évaluant à la somme de 3 000 euros.
En ce qui concerne les préjudices permanents :
24. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que le déficit fonctionnel permanent de Mme C en lien avec l'infection nosocomiale est évalué à 10 % compte tenu des douleurs locales, des gênes fonctionnelles ainsi des conséquences psychologiques résiduelles qu'elle présente. L'expert a précisé qu'il n'avait pas inclus dans ce déficit fonctionnel permanent les problèmes rachidiens dont souffre la requérante qui ne présentent pas de lien avec l'infection nosocomiale litigieuse. Compte tenu de l'âge de Mme C à la date de consolidation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lui allouant la somme de 12 000 euros.
25. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que l'expert a évalué le préjudice esthétique permanent de Mme C à 1 sur une échelle de 7 du fait de l'aspect de la cicatrice sus-pubienne. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lui allouant la somme de 1 000 euros.
26. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que Mme C a subi un préjudice d'agrément en lien avec l'infection nosocomiale, qui a été retenu par l'expert, dès lors qu'elle a été contrainte d'arrêter les activités physiques qu'elle pratiquait et qu'elle a réduit sa vie sociale, comme en témoignent plusieurs de ses proches. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lui allouant la somme de 2 000 euros.
27. En quatrième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice sexuel subi par Mme C en lien avec l'infection nosocomiale en lui allouant la somme de 1 000 euros.
28. En cinquième lieu, Mme C demande 10 000 euros au titre du préjudice d'établissement, lequel correspond à la perte de possibilité de réaliser un projet de vie familiale en raison de la gravité du handicap permanent après consolidation. Toutefois, elle n'établit pas l'existence d'un tel préjudice, ni celle d'un préjudice distinct de celui déjà indemnisé au titre du déficit fonctionnel permanent au point 24. Par suite, la demande de Mme C à ce titre doit être rejetée.
29. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 16, les demandes présentées par Mme C au titre de son préjudice d'impréparation doivent être rejetées.
30. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier de Bergerac est condamné à verser à Mme C la somme de 44 091,37 euros en réparation de ses préjudices.
Sur les demandes de la CPAM :
31. La CPAM Pau-Pyrénées, agissant pour le compte de la CPAM de la Dordogne, demande, en fournissant un relevé de ses débours actualisé ainsi qu'une attestation établie par son médecin-conseil, le remboursement de frais qu'elle a engagés pour son assurée comprenant des frais hospitaliers du 17 au 31 août 2014, du 5 au 6 septembre 2014, du 15 au 26 septembre 2014 et le 17 mars 2015 correspondant à l'hospitalisation de Mme C au centre hospitalier de Bergerac puis du 26 septembre au 1er octobre 2014, période au cours de laquelle la patiente a été hospitalisée à domicile et où elle a engagé des frais de prise en charge du système aspiratif de type VAC, des frais médicaux du 1er septembre 2014 au 12 avril 2017, date de consolidation de l'état de santé, des frais pharmaceutiques exposés du 6 septembre 2014 au 15 juillet 2015, des frais d'appareillage du 6 septembre 2014 au 15 janvier 2015 puis des frais de transport exposés du 26 septembre 2014 au 17 mars 2015. Il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Bergerac le remboursement de la somme totale de 54 949,58 euros qui présente un lien avec l'infection nosocomiale présentée par la patiente.
Sur les intérêts :
32. En premier lieu, Mme C a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 44 091,37 euros à compter du 30 avril 2021, date de réception de sa demande indemnitaire.
33. En second lieu, même en l'absence de demande tendant à l'allocation d'intérêts, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts du jour de son prononcé jusqu'à son exécution, au taux légal puis, en application des dispositions de l'article L. 313-3 du code monétaire et financier, au taux majoré s'il n'est pas exécuté dans les deux mois de sa notification. Par suite, les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie Pau-Pyrénées tendant à ce que les sommes qui lui sont allouées portent intérêts à compter de la date du jugement sont dépourvues de tout objet et doivent être rejetées.
Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :
34. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. À compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget () ". L'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 fixe à 115 euros et 1 162 euros les montants minimum et maximum de l'indemnité pouvant être recouvrée par l'organisme d'assurance maladie.
35. En application des dispositions précitées et compte tenu de la somme à allouer à la CPAM en application du point 31 du présent jugement, la CPAM a droit à l'indemnité forfaitaire régie par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale pour un montant de 1 162 euros.
Sur les frais d'expertise :
36. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ".
37. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Bergerac les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 528 euros par l'ordonnance n°1503407 du président du tribunal administratif de Bordeaux du 7 avril 2016.
Sur les frais liés au litige :
38. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Bergerac une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier de Bergerac est condamné à verser à Mme C la somme de 44 091,37 euros avec intérêts au taux légal à compter du 30 avril 2021.
Article 2 : Le centre hospitalier de Bergerac est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie Pau-Pyrénées la somme totale de 54 949,58 euros.
Article 3 : Le centre hospitalier de Bergerac est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie Pau-Pyrénées la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 4 : Les frais et honoraires de l'expertise ordonnée par le juge des référés, liquidés et taxés à la somme de 1 528 euros toutes taxes comprises, sont mis à la charge du centre hospitalier de Bergerac.
Article 5 : Le centre hospitalier de Bergerac versera à Mme C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C et de la CPAM est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, au centre hospitalier de Bergerac, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à la caisse primaire d'assurance maladie Pau-Pyrénées. Copie en sera adressée au Docteur D A.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Chauvin, présidente,
- Mme de Gélas, première conseillère,
- Mme Ballanger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.
La rapporteure,
M. BALLANGERLa présidente,
A. CHAUVIN
La greffière,
C. JANIN
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026