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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2102881

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2102881

mardi 16 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2102881
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation4ème chambre
Avocat requérantSELARL HMS ATLANTIQUE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoires, enregistrés les 9 juin 2021 et 2 juin 2022, Mme C D, représentée par Me Julie Noël, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre intercommunal d'action sociale les rives de la Laurence à lui verser la somme de 47 753 euros en réparation des préjudices causés par la mauvaise gestion de sa situation administrative, somme assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de sa demande préalable ;

2°) de mettre à la charge du centre intercommunal d'action sociale les rives de la Laurence la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la responsabilité pour faute du centre intercommunal d'action sociale est engagée dès lors que ses contrats de travail ne prévoient pas de temps de travail fixe ; elle a été rémunéré en fonction du nombre d'heures travaillées et non de son emploi ;

-la responsabilité pour faute du centre intercommunal d'action sociale est engagée dès lors que le centre intercommunal d'action sociale ne pouvait procéder à la réduction de son temps de travail par contrats des 1er au 30 juin 2020 et à compter de décembre 2020 ; ces modifications ne sont pas justifiées par l'intérêt du service dès lors que d'autres agents ont été recrutés à temps partiel ; elle subit une discrimination en raison de sa prise de contact avec un représentant syndical ;

- la responsabilité pour faute du centre intercommunal d'action sociale est engagée dès lors que le centre intercommunal d'action sociale ne lui a pas versé le supplément familial de traitement du 1er septembre 2017 au 31 mai 2020 ; le versement n'est intervenu qu'en juin 2021 ; elle n'a pas été suffisamment informée ;

- son préjudice matériel et financier peut être évalué à une somme d'un montant minimum de 10 000 euros ;

- son préjudice professionnel peut être évalué à la somme de 17 753 euros ;

- ses troubles dans ses conditions d'existence peuvent être évalués à la somme de 20 000 euros.

Par des mémoires en défense enregistrés les 4 avril et 6 juillet 2022, le centre intercommunal d'action sociale les rives de la Laurence, représenté par le cabinet HMS Atlantique, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par ordonnance du 6 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 1er septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;

- le décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 modifié relatif à la rémunération des personnels civils et militaires de l'Etat, des personnels des collectivités territoriales et des personnels des établissements publics d'hospitalisation ;

- le décret n°88-145 du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. F,

- les conclusions de M. Naud, rapporteur public,

- les observations de Me Latour, représentant Mme D, présente,

- et celles de Me Safar, représentant le centre intercommunal d'action sociale les rives de la Laurence

Considérant ce qui suit :

1. Mme C D, aide à domicile, a été recrutée par le centre intercommunal d'action sociale du secteur de Saint-Loubès, devenu centre intercommunal d'action sociale les rives de la Laurence, en qualité d'agent contractuel à compter du 1er septembre 2017. Elle a fait l'objet de différents contrats à durée déterminée en fonction des besoins du centre intercommunal d'action sociale. L'intéressée a formé une demande indemnitaire préalable le 16 février 2020 en raison de la mauvaise gestion de sa situation administrative. Par une décision du 9 avril 2021, le centre intercommunal d'action sociale a refusé de faire droit à sa demande. Mme D demande au tribunal de condamner le centre intercommunal d'action sociale des rives de la Laurence à lui verser la somme de 47 753 euros en réparation de ses préjudices financier, professionnel et moral.

Sur la responsabilité du centre intercommunal d'action sociale :

En ce qui concerne l'absence de fixation d'une durée hebdomadaire de travail et le calcul de la rémunération à partir du nombre d'heures effectuées :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 3 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " L'agent est recruté par un contrat écrit () Le contrat précise sa date d'effet, sa durée et, le cas échéant, la date à laquelle il prend fin () Ce contrat précise également les conditions d'emploi et de rémunération et les droits et obligations de l'agent () Le contrat conclu pour un motif de remplacement momentané d'agent absent, de vacance temporaire d'emploi ou d'accroissement temporaire ou saisonnier d'activités comporte une définition précise du motif de recrutement () ".

3. Il résulte de l'instruction que Mme D a fait l'objet de seize contrats à durée déterminée afin de remplacer différents agents absents entre le 1er septembre 2017 et le 31 mai 2020 : Mme L Capitaine entre le 1er septembre et le 31 décembre 2017, Mme G H entre le 1er janvier et le 30 juin 2018, Mme I K du 1er juillet au 31 août 2018, Mme N A du 1er septembre au 31 décembre 2018, Mme J B du 1er janvier au 28 février 2019, Mme G H du 1er au 29 mars, du 1er au 30 avril et du 1er au 30 mai 2019, Mme M E du 30 juin au 31 juillet, du 1er au 31 août, du 1er au 30 septembre, du 1er au 31 octobre, du 1er au 30 novembre, du 1er décembre 2019 au 30 janvier 2020, du 1er février au 31 mars, du 1er avril au 31 mai 2020. Ces contrats mentionnent que " l'agent est affecté sur un emploi d'agent social en qualité de personnel de remplacement pour assurer certains remplacements de [l'agent absent] ". Les contrats postérieurs au 1er octobre 2019 précisent également que : " l'agent sera payé en fonction du nombre [d'heures] effectivement réalisé dans une limite d'un temps plein soit 151,63 heures ". En s'abstenant de fixer la durée hebdomadaire des missions confiées à Mme D, ces contrats ne précisent pas suffisamment les conditions d'emploi et de rémunération au sens des dispositions précitées. Ces omissions sont constitutives d'une illégalité de nature à engager la responsabilité du centre intercommunal d'action sociale.

4. En second lieu, aux termes de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " les agents contractuels employés en application des articles 3, 3-1, 3-2, 3-3, 25 et 47 de la présente loi () sont régis notamment par les mêmes dispositions que celles auxquelles sont soumis les fonctionnaires en application des articles 6, 7, 8, 10, 11, 17, 18, 20, premier à troisième alinéas () du titre Ier du statut général des fonctionnaires de l'Etat et des collectivités territoriales ". Aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. Les indemnités peuvent tenir compte des fonctions et des résultats professionnels des agents ainsi que des résultats collectifs des services. S'y ajoutent les prestations familiales obligatoires. / Le montant du traitement est fixé en fonction du grade de l'agent et de l'échelon auquel il est parvenu, ou de l'emploi auquel il a été nommé. / La rémunération des agents contractuels est fixée par l'autorité compétente en tenant compte des fonctions exercées, de la qualification requise pour leur exercice et de l'expérience de ces agents. Elle peut tenir compte de leurs résultats professionnels et des résultats collectifs du service () ". Aux termes de l'article 2 du décret du 24 octobre 1985 modifié relatif à la rémunération des personnels civils et militaires de l'Etat, des personnels des collectivités territoriales et des personnels des établissements publics d'hospitalisation : " Les traitements et soldes soumis aux retenues pour pension des personnels mentionnés à l'article 1er du présent décret sont calculés en multipliant le centième de la valeur du traitement fixée à l'article 3 ci-dessous par l'indice majoré correspondant à leur grade ou emploi, et échelon ".

5. En l'espèce, il résulte de ce qui a été dit au point 3, que Mme D a été recrutée par différents contrats à durée déterminée en application de l'article 3-1 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale. Dès lors, et en application des dispositions précitées, Mme D devait être rémunérée sous la forme d'un traitement, en fonction de son grade et de son emploi, ce qui ne fait pas obstacle à son emploi à temps non complet. Il résulte de l'instruction, et notamment des bulletins de paie de l'intéressée qu'elle a effectivement été rémunérée sur la base d'un traitement avec le versement d'indemnités au titre d'astreintes, de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et d'une indemnité de congés payés et non sur la base du simple produit du nombre d'heures travaillées par un taux horaire comme elle le soutient. Par suite, la responsabilité pour faute du centre intercommunal d'action sociale ne peut être engagée sur ce fondement.

En ce qui concerne la réduction du temps de travail par contrats des 1er au 30 juin 2020 et à compter de décembre 2020 :

6. En premier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et pour répondre à des besoins temporaires, les emplois permanents des collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 de la présente loi peuvent être occupés par des agents contractuels pour assurer le remplacement temporaire de fonctionnaires ou d'agents contractuels autorisés à exercer leurs fonctions à temps partiel ou indisponibles en raison d'un détachement de courte durée, d'une disponibilité de courte durée prononcée d'office, de droit ou sur demande pour raisons familiales, d'un détachement pour l'accomplissement d'un stage ou d'une période de scolarité préalable à la titularisation dans un corps ou un cadre d'emplois de fonctionnaires ou pour suivre un cycle de préparation à un concours donnant accès à un corps ou un cadre d'emplois, d'un congé régulièrement octroyé en application du I de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée, des articles 57, 60 sexies et 75 de la présente loi ou de tout autre congé régulièrement octroyé en application des dispositions réglementaires applicables aux agents contractuels de la fonction publique territoriale. / Les contrats établis sur le fondement du premier alinéa sont conclus pour une durée déterminée et renouvelés, par décision expresse, dans la limite de la durée de l'absence du fonctionnaire ou de l'agent contractuel à remplacer. Ils peuvent prendre effet avant le départ de cet agent. / Les contrats établis sur le fondement du premier alinéa sont conclus pour une durée déterminée et renouvelés, par décision expresse, dans la limite de la durée de l'absence du fonctionnaire ou de l'agent contractuel à remplacer. Ils peuvent prendre effet avant le départ de cet agent ".

7. D'une part, Mme D a été recrutée sur le fondement de l'article 3-1 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale. Par suite, elle ne peut utilement se prévaloir de ce que le centre intercommunal d'action sociale aurait méconnu les dispositions de l'article 39-4 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale qui s'applique aux seuls agents recrutés en application de l'article 3-3 de cette même loi.

8. D'autre part, s'agissant de la période comprise entre le 1er et le 30 juin 2020, Mme D a été recrutée afin de pallier l'absence de Mme M E, pour une durée hebdomadaire de service de 24,5/35èmes soit un total de 124 heures. Or, il résulte de l'instruction que Mme D effectuait déjà un remplacement de ce même agent au mois d'avril 2020 au cours duquel elle a travaillé 128 heures. Dans ces conditions, la réduction du temps de travail de Mme D n'est pas démontrée.

9. S'agissant de la période comprise entre le 1er janvier 2021 et le mois de février 2022 au cours duquel Mme D a quitté ses fonctions, il résulte de l'instruction que les remplacements proposés à l'intéressée comportaient un volume horaire inférieur aux précédents remplacements qui lui avaient été confiées, à temps complet. Toutefois, Mme D, qui était recrutée sur le fondement de l'article 3-1 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale dans le cadre de remplacements, ne disposait d'aucun droit à se voir proposer à l'expiration de son contrat, un nouveau contrat similaire. En tout état de cause, le centre intercommunal d'action sociale fait valoir qu'un motif tiré de l'intérêt du service, la baisse du nombre de bénéficiaires, justifiait la baisse du temps de travail de Mme D. L'intéressée, qui se borne à soutenir que le centre intercommunal d'action sociale a publié des offres d'emploi, en mai 2020, destinées à remplacer sur de courtes durées d'autres agents absents, ne conteste pas sérieusement que le nombre de bénéficiaires a diminué à compter du mois de janvier 2021, sous l'effet du covid-19 et d'un recentrage des prestations proposées.

10. En second lieu, le juge, lors de la contestation d'une décision dont il est soutenu qu'elle serait empreinte de discrimination doit attendre du requérant qui s'estime lésé par une telle mesure qu'il soumette au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte au principe de l'égalité de traitement des personnes. Il incombe alors au défendeur de produire tous ceux permettant d'établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la décision contestée devant lui a été ou non prise pour des motifs entachés de discrimination, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

11. Si Mme D soutient que son temps de travail a été diminué à la suite de sa prise de contact avec un représentant syndical au cours de la crise sanitaire, il résulte de ce qui a été dit au point 8 qu'aucune réduction ne peut être relevée du 1er au 30 juin 2020. En outre, plusieurs remplacements à temps complet ont pu lui être proposés en fin d'année 2020. Enfin, ainsi qu'énoncé au point 9, il n'est pas contesté que le nombre de bénéficiaires des prestations d'aide à domicile du centre intercommunal d'action sociale a décru.

12. Il résulte de ce qui précède que la responsabilité du centre intercommunal d'action sociale les rives de la Laurence ne peut être engagée à raison de la réduction du temps de travail de Mme D du 1er au 30 juin 2020 et à compter du mois de décembre 2020.

En ce qui concerne le bénéfice du supplément familial de traitement :

13. Aux termes de l'article 10 du décret du 24 octobre 1985 : " Le droit au supplément familial de traitement, au titre des enfants dont ils assument la charge effective et permanente à raison d'un seul droit par enfant, est ouvert aux magistrats, aux fonctionnaires civils, aux militaires à solde mensuelle ainsi qu'aux agents de la fonction publique de l'Etat, de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière dont la rémunération est fixée par référence aux traitements des fonctionnaires ou évolue en fonction des variations de ces traitements, à l'exclusion des agents rétribués sur un taux horaire ou à la vacation. / La notion d'enfant à charge à retenir pour déterminer l'ouverture du droit est celle fixée par le titre Ier du livre V du code de la sécurité sociale. / Lorsque les deux membres d'un couple de fonctionnaires ou d'agents publics, mariés ou vivant en concubinage, assument la charge du ou des mêmes enfants, le bénéficiaire est celui d'entre eux qu'ils désignent d'un commun accord. Cette option ne peut être remise en cause qu'au terme d'un délai d'un an. / Les dates d'ouverture, de modification et de fin de droit fixées en matière de prestations familiales par l'article L. 552-1 du code de la sécurité sociale sont applicables au supplément familial de traitement ".

14. En premier lieu, Mme D soutient que le centre intercommunal d'action sociale les rives de la Laurence a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en refusant de lui verser le supplément familial de traitement entre le 1er septembre 2017 et le 31 mai 2020. Il résulte toutefois de l'instruction que ce supplément familial de traitement lui a été versé en juin 2021.

15. En deuxième lieu, le retard allégué de versement de cette indemnité n'apparaît ni constitué, ni fautif dès lors que la requérante n'allègue ni ne justifie avoir transmis les justificatifs nécessaires afin d'en obtenir le bénéfice de manière plus précoce.

16. En dernier lieu, le moyen tiré du défaut d'information dont aurait été victime Mme D doit être écarté en l'absence de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

17. Il résulte de ce qui précède que la responsabilité du centre intercommunal d'action sociale les rives de la Laurence ne peut être engagée sur ces fondements.

Sur l'évaluation des préjudices :

18. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 17 que la responsabilité du centre intercommunal d'action sociale les rives de la Laurence n'est engagée qu'à raison de l'absence de mention relative à la durée hebdomadaire de travail sur les contrats de travail conclus entre le 1er septembre 2017 et le 1er avril 2020.

19. En premier lieu, si Mme D se prévaut d'un préjudice matériel et financier ainsi que d'un préjudice professionnel, ceux-ci ne présentent pas de lien de causalité avec l'illégalité retenue. Par suite, ces chefs de préjudices doivent être écartés.

20. En second lieu, s'agissant des troubles dans les conditions d'existence, il résulte de l'instruction que la requérante ne pouvait appréhender, sur la base de ses contrats, le volume d'heures qu'elle devrait effectuer ainsi que sa rémunération. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par Mme D en l'évaluant à la somme de 3 000 euros.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

21. Les indemnités précitées sont dues avec intérêt au taux légal à compter du 16 février 2021, date de réception par le centre intercommunal d'action sociale les rives de la Laurence, de la réclamation préalable indemnitaire de Mme D.

22. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée, dans la requête, enregistrée le 9 juin 2021. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 16 février 2022, date à laquelle est due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

23. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

24. Les dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par le centre intercommunal d'action sociale les rives de la Laurence soit mise à la charge de Mme D, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. En revanche il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre intercommunal d'action sociale les rives de la Laurence la somme de 1 500 euros à verser à Mme D sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre intercommunal d'action sociale les rives de la Laurence est condamné à verser à Mme D une indemnité de 3 000 euros. Cette indemnité est due avec intérêts au taux légal à compter du 16 février 2021, date de réception de sa réclamation préalable par le centre intercommunal d'action sociale les rives de la Laurence. Les intérêts seront capitalisés à compter du 16 février 2022 date à laquelle est due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Article 2 : Le centre intercommunal d'action sociale les rives de la Laurence versera la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions présentées par le centre intercommunal d'action sociale les rives de la Laurence sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et au centre intercommunal d'action sociale les rives de la Laurence.

Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Munoz-Pauziès, présidente,

Mme Lahitte, conseillère,

M. Bongrain, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.

Le rapporteur,

A. F

La présidente,

F. MUNOZ-PAUZIÈSLa greffière,

C. SCHIANO

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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