lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2102888 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge social |
| Avocat requérant | DIROU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 juin 2021, Mme A D, représentée par Me Dirou, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 septembre 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Gironde lui a notifié un indu de prime d'activité et d'aide personnalisée au logement d'un montant global de 4 570, 53 euros au titre des périodes respectives du 1er décembre 2018 au 31 août 2020 et du 1er janvier au 30 septembre 2020, ainsi que la décision du 12 avril 2021 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Gironde lui a notifié la décision de la commission de recours amiable de la Gironde du 6 avril 2021 rejetant son recours gracieux formé le 29 octobre 2020 contre l'indu de prime d'activité de 3 859, 53 euros au titre de la période du 1er décembre 2018 au 31 août 2020 ;
2°) de dire que la CAF de la Gironde est redevable de la somme de 4 684,11 euros au titre de la prime d'activité et de l'aide personnalisée au logement ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Gironde la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- ces dons manuels s'inscrivent dans une aide familiale pré-successorale suite à une situation financière délicate qu'elle a traversée du fait de la séparation d'avec son concubin et alors qu'elle est aujourd'hui parent isolé avec deux jeunes enfants ; son ex-concubin ne verse rien aux deux enfants ; c'est dans le cadre de cette situation que ses parents ont décidé cette aide familiale pré-successorale de dons manuels en fonction des besoins de cette jeune famille isolée ;
- les décisions attaquées sont entachées d'erreur de droit et d'erreur de fait ;
- les dons manuels retenus par la CAF, qui sont versés par ses parents dans une situation d'aide familiale ne constituent pas un revenu ; ces dons manuels sont aléatoires et ne résultent pas d'une obligation alimentaire puisqu'ils ne sont pas fixés par une décision de justice ; ils sont en réalité versés par ses parents pour leurs petits-enfants après une situation de séparation des parents ;
- ils ne résultent pas de la liste des revenus telle qu'elle est définie par l'article R. 844-2 du code de la sécurité sociale ; les seuls revenus qui doivent être retenus pour le calcul de la prestation sont les revenus qui ont un caractère de revenus de remplacement en application du 2° de l'article L 842-4 ; ils ne correspondent pas à la liste des revenus, ni à des pensions alimentaires ou rentes fixées sur le fondement des articles 205, 212, 276 et 371-2 du code civil.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2022, la caisse d'allocations familiales de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Par lettre du 27 juin 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative que le jugement est susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision du 15 septembre 2020 de la caisse d'allocations familiales de la Gironde, relative à l'aide personnalisée au logement et à la prime d'activité, à laquelle s'est entièrement substituée la décision du 12 avril 2021, prise sur le recours administratif préalable obligatoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les conclusions de Mme Prince-Fraysse, rapporteur public,
- les observations de Me Dirou, représentant Mme D, et de Mme C, représentant la caisse d'allocations familiales de la Gironde.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'une enquête diligentée le 24 juillet 2020 et de la rectification de ses ressources, la caisse d'allocations familiales de la Gironde a procédé à la régularisation de la situation en qualité d'allocataire de Mme D et lui a notifié par décision du 15 septembre 2020 des indus de prime d'activité et d'aide personnalisée au logement d'un montant total de 4 570, 53 euros, portant sur les périodes respectives du 1er décembre 2018 au 31 août 2020 et du 1er janvier au 30 septembre 2020. En réponse au recours formé contre cette décision, par courrier en date du 29 octobre 2020, par la requérante, la commission de recours amiable de la Gironde a, par la décision du 6 avril 2021, notifié par lettre du 12 avril 2021 de la CAF de la Gironde, opposé un rejet et confirmé l'indu de prime d'activité. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal l'annulation des décisions du 15 septembre 2020 et du 6 avril 2021.
Sur la recevabilité :
2. L'institution d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Dès lors, la décision prise à la suite du recours préalable est seule susceptible d'être déférée au juge en ce qu'elle se substitue à la décision initiale.
En ce qui concerne la décision du 15 septembre 2020 relative à l'indu d'aide personnalisée au logement :
3. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent / 1° L'aide personnalisée au logement (). ". Aux termes de l'article L. 825-2 du même code : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement () par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire. ". L'article R. 825-1 du même code subordonne l'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée.
4. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation du 15 septembre 2020, en tant que cette décision porte sur l'indu d'allocation d'aide personnalisée au logement en litige, sont irrecevables et doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision du 15 septembre 2020 relative à l'indu de prime d'activité :
5. Aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable () ".
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 15 septembre 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Gironde a notifié à Mme D un indu de prime d'activité, à laquelle s'est nécessairement substituée la décision du 6 avril 2021 de la commission de recours amiable de la Gironde rejetant le recours préalable obligatoire de Mme D sont irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 6 avril 2021 :
7. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération de montants d'allocation de revenu de solidarité active, de prime d'activité, de prime exceptionnelle de fin d'année ou d'aide au logement, il entre dans l'office du juge administratif d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
8. Aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre :/ 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. () ". En application de l'article R. 846-5 du même code, il appartient au bénéficiaire de la prime d'activité de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. ". L'article R. 844-1 du même code précise qu'ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent lieu l'ensemble des revenus tirés d'une activité salariée ou non salariée et l'article R. 844-2 qu'ont le caractère de revenus de remplacement les pensions alimentaires ou rentes fixées sur le fondement des articles 205, 212, 276 et 371-2 du code civil.
9. Il résulte de l'instruction qu'à l'issue de l'enquête conduite le 24 juillet 2020, la caisse d'allocations familiales de la Gironde a rectifié le montant des ressources perçues par l'allocataire, en réintégrant, au titre respectif des années 2018 et 2019, 2 800 euros et 4 800 euros de pensions alimentaires, correspondant à des virements mensuels de 400 euros sur son compte bancaire, versés depuis le 1er juin 2018 par les parents de l'intéressée. Il a également été constaté que l'allocataire n'avait pas déclaré tous ses revenus salariés. Il résulte des dispositions législatives et réglementaires précitées que les aides apportées par des parents ne sauraient être assimilées à des " aides et secours financiers dont le montant et la périodicité n'ont pas de caractère régulier ". Dès lors, ces aides doivent être prises en compte dans le calcul des ressources pour la détermination du montant de l'allocation en litige. La circonstance que ces sommes perçues par la requérante de la part de ses parents correspondent à des participations pour l'achat de cadeaux pour ses enfants, ont vocation à compenser l'absence de contribution à leur entretien de la part du père et auraient un caractère " pré-successoral " n'est pas de nature à remettre en cause la qualification des sommes versées à Mme D, qui constituent des aides et donc des ressources devant être déclarées.
10. Dans ces conditions, la commission de recours amiable de la Gironde n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en considérant les aides versées par ses parents comme constitutives de ressources au sens des dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles, à l'origine de l'indu de prime d'activité.
11. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée, en ce compris toutes ses conclusions, notamment celles présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et à la caisse d'allocations familiales de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.
La magistrate désignée,
B. BLa greffière,
C. AHIN
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026