mardi 25 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2102965 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP GRAVELLIER - LIEF - DE LAGAUSIE - RODRIGUES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 15 juin 2021 et 24 mai 2022, M. A B, représenté par Me Braun, avocate, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Bordeaux à lui verser la somme totale de 21 464,31 euros en réparation de son préjudice ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Bordeaux la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Bordeaux doit être engagée du fait de l'infection nosocomiale dont il a été victime qui est survenue au cours de l'intervention chirurgicale du 16 janvier 2019 ;
- concernant ses préjudices, il a engagé des frais de santé à hauteur de 74,50 euros correspondant à la franchise laissée à sa charge, des frais au titre des honoraires de son médecin conseil à hauteur de 2 484 euros, des frais de déplacement à hauteur de 347,60 euros pour se rendre à différentes consultations et aux opérations d'expertise, des frais d'hébergement pour un montant de 83,28 euros ; l'assistance par tierce personne d'une heure par jour du 10 février au 28 février 2019 puis de trois heures par semaine du 1er mars au 31 mars 2019 doit être indemnisée à hauteur de 680 euros ; il a subi une perte de gains professionnels qu'il évalue à la somme de 2 159,26 euros ; il a engagé des frais de déplacements post-consolidation de 14,42 euros et a subi un déficit fonctionnel temporaire évalué à 913,95 euros, des souffrances à hauteur de 8 000 euros, un préjudice esthétique temporaire à hauteur de 5 000 euros et un préjudice esthétique permanent à hauteur de 1 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2021, la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) conclut à ce qu'elle soit mise hors de cause.
Elle fait valoir qu'elle n'était plus, à la date du dépôt de la requête, l'assureur du centre hospitalier universitaire de Bordeaux.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 mars et 31 mai 2022, le centre hospitalier universitaire de Bordeaux, représenté par Me Eline Fort-Ortet, avocate, conclut dans le dernier état de ses écritures :
1°) à ce que l'indemnisation des préjudices de M. B soit fixée à la somme totale de 8 856,28 euros et répartie comme suit :
- 2 826,71 euros au titre des frais divers ;
- 442 euros au titre de l'assistance par tierce personne temporaire ;
- 14,42 euros au titre des frais divers futurs ;
- 1 363,55 euros au titre des pertes de gains professionnels actuelles ;
- 509,60 au titre du déficit fonctionnel temporaire ;
- 3 000 euros au titre des souffrances endurées ;
- 200 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;
- 500 euros au titre du préjudice esthétique permanent ;
2°) au rejet des prétentions de la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde ;
3°) à la réduction à de plus justes proportions des sommes sollicitées au titre des frais irrépétibles.
Il fait valoir que :
- il ne conteste pas sa responsabilité, ni le caractère nosocomial de l'infection contractée par M. B ;
- la franchise engagée au titre des dépenses de santé actuelles est sans lien avec l'infection nosocomiale ; les frais de médecin-conseil qui ont été versés pourront être indemnisés ; les frais de déplacement devront être limités à la somme de 304,11 euros ; la somme de 442 euros sera allouée au titre de l'aide par une tierce personne ; la perte de gains professionnels devra être limitée à 1 363,55 euros ; les frais divers futurs correspondant aux déplacements du requérant après consolidation de son état de santé sont justifiés à hauteur de 14,42 euros ; le déficit fonctionnel temporaire devra être limité à la somme de 509,60 euros ; les souffrances endurées devront être évaluées à hauteur de 3 000 euros ; le préjudice esthétique temporaire devra être fixé à 200 euros et le préjudice esthétique permanent à la somme de 500 euros ;
- la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde n'établit pas le lien de causalité entre les dépenses qu'elle soutient avoir engagées et l'infection nosocomiale contractée par son assuré.
Par un mémoire, enregistré le 18 mai 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde, représentée par Me De Boussac-Di Pace, avocate, conclut à la condamnation du centre hospitalier universitaire de Bordeaux à lui verser la somme de 14 223,78 euros au titre de ses débours, ainsi qu'à la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion et à ce qu'il soit mis à la charge du centre hospitalier universitaire de Bordeaux la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et la somme de 13 euros au titre des droits de plaidoirie.
Elle fait valoir que :
- la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Bordeaux doit être engagée du fait de l'infection nosocomiale dont M. B a été victime au cours de l'intervention chirurgicale du 16 janvier 2019 ;
- elle a engagé la somme totale de 14 223,78 euros composée de 11 105,80 euros au titre des dépenses de santé actuelles et de la somme de 3 192,48 euros au titre des indemnités journalières du 19 janvier au 31 mars 2019, après déduction de la franchise de 47,50 euros réglée par son assuré.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ballanger, rapporteure,
- les conclusions de Mme Champenois, rapporteure publique,
- et les observations de Me Garaud pour la CPAM de la Gironde, de Me Vanuxem pour le CHU de Bordeaux et de Me Foix pour la SHAM.
Considérant ce qui suit :
1. Le 13 janvier 2018, M. A B, né le 12 septembre 1966, qui présentait une fracture tri malléolaire de la cheville gauche, a subi une ostéosynthèse au centre hospitalier universitaire de Bordeaux. Dans les suites opératoires, le patient a présenté un œdème péri-malléolaire ainsi que des troubles trophiques et des douleurs. Le 16 janvier 2019, M. B a de nouveau été hospitalisé afin de subir une ablation du matériel d'ostéosynthèse. Le 25 janvier suivant, un petit écoulement et une rougeur localisée ont été constatés. Par la suite, M. B a été hospitalisé du 29 janvier au 9 février 2019 afin d'y subir un lavage de la plaie le 30 janvier 2019. Les prélèvements per opératoires sont revenus positifs à Staphylococcus aureus Méti-S et Staphylococcus lugdunensis. M. B a ensuite consulté à plusieurs reprises le service des maladies infectieuses du centre hospitalier universitaire de Bordeaux.
2. Saisie le 8 octobre 2020, la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CCI) d'Aquitaine a diligenté une expertise par un docteur spécialisé en pharmacie et un docteur spécialisé en chirurgie orthopédique et traumatologique puis, au regard des critères de gravité du dommage, s'est déclarée incompétente le 16 avril 2021 pour émettre l'avis prévu par les dispositions de l'article L. 1142-8 du code de la santé publique. Par la présente requête, M. B demande la condamnation du centre hospitalier universitaire de Bordeaux à lui verser la somme globale de 21 464,31 euros à titre indemnitaire.
Sur la mise hors de cause de la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) :
3. Dès lors qu'aucune conclusion n'est dirigée contre elle, il convient de mettre la SHAM hors de cause dans la présente instance.
Sur la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Bordeaux :
4. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère () ". Aux termes de l'article L. 1142-1-1 du même code : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales ; () ". L'article D. 1142-1 du même code dispose que : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %. A titre exceptionnel, le caractère de gravité peut être reconnu : 1° Lorsque la victime est déclarée définitivement inapte à exercer l'activité professionnelle qu'elle exerçait avant la survenue de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale ; 2° Ou lorsque l'accident médical, l'affection iatrogène ou l'infection nosocomiale occasionne des troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans ses conditions d'existence. ".
5. D'une part, en vertu des dispositions précitées du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, les établissements, services ou organismes dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. D'autre part, doit être regardée, au sens de ces dispositions, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
6. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du 6 avril 2021, que l'infection par les germes Staphylococcus aureus méti-S et Staphylococcus lugdunensis contractée par M. B est survenue au cours de sa prise en charge par le centre hospitalier universitaire de Bordeaux lors de l'intervention chirurgicale d'ablation du matériel d'ostéosynthèse du 16 janvier 2019. En l'absence de cause étrangère et dès lors que M. B ne présente pas de déficit fonctionnel permanent, qu'il n'a pas subi un arrêt de travail durant plus de six mois et qu'il ne justifie pas de gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50%, le centre hospitalier universitaire de Bordeaux doit être déclaré intégralement responsable des dommages résultant de l'infection dont a souffert le requérant.
Sur l'évaluation des préjudices :
7. Il résulte de l'instruction que l'état de santé de M. B est consolidé depuis le 25 avril 2019.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
S'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires :
Quant aux frais divers :
8. En premier lieu, M. B justifie avoir exposé des frais de médecin-conseil pour une assistance à l'expertise pour un montant de 2 484 euros. Il est mis à la charge du centre hospitalier universitaire de Bordeaux le paiement de cette somme.
9. En deuxième lieu, d'une part, M. B fait valoir qu'il s'est rendu au centre hospitalier universitaire de Bordeaux le 25 janvier 2019 pour une consultation, puis les 29 janvier, 14 mars et 25 avril 2019 pour être hospitalisé et les 27 juin, 26 septembre 2019 et 20 juin 2020 pour des consultations au service d'infectiologie. Il résulte de l'instruction que M. B s'est également rendu aux opérations d'expertise diligentées par la CCI d'Aquitaine, qui se sont déroulées à Toulouse le 15 mars 2021. Il ressort toutefois de la notification définitive des débours produite par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Gironde que M. B a été indemnisé des frais de transport engagés le 29 janvier 2019. Enfin, si le centre hospitalier universitaire fait valoir que la consultation du 25 janvier 2019 est sans lien avec l'infection nosocomiale et que le requérant aurait dû en tout état de cause se rendre à une consultation post-opératoire dans les suites de l'ablation du matériel, il ne l'établit pas alors qu'il résulte du contre-rendu de consultation que M. B " consulte à nouveau précocement pour un souci au niveau de l'évolution du pansement ". Dans ces conditions, au regard des indemnités kilométriques pour ces trajets selon les barèmes fiscaux ainsi que des frais de péage que M. B justifie avoir engagés, il y a lieu de faire une juste appréciation et de condamner le centre hospitalier universitaire de Bordeaux à lui verser la somme de 356,89 euros.
10. En troisième lieu, M. B justifie avoir engagé des frais d'hébergement pour se rendre aux opérations d'expertise ordonnées par la CCI d'Aquitaine à hauteur de 83,28 euros qu'il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Bordeaux.
Quant à l'assistance par une tierce personne :
11. Lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
12. Il résulte de l'instruction que l'état de santé de M. B justifiait, avant consolidation, une assistance par une tierce personne évaluée à une heure par jour du 10 au 28 février 2019 correspondant à la période au cours de laquelle il présentait un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe III puis à trois heures par semaine du 1er au 31 mars 2019 lorsqu'il présentait un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe II. Compte tenu du salaire minimum interprofessionnel de croissance horaire brut au cours de cette période, augmenté des charges sociales, à un taux horaire de 14 euros en 2019, et des jours de congés et jours fériés, il sera fait une juste appréciation en fixant ce poste de préjudice à la somme de 510 euros.
S'agissant des préjudices patrimoniaux permanents :
Quant aux dépenses de santé :
13. Il résulte de la notification définitive des débours exposés par la CPAM de la Gironde que les frais de franchise restés à la charge de M. B au titre de ses frais médicaux exposés du 25 janvier au 27 mars 2019 s'élèvent à la somme de 74,50 euros. Il y a lieu de les mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Bordeaux.
Quant aux pertes de gains professionnels actuelles :
14. Il résulte de l'instruction que M. B exerce la profession de directeur de zone pour un groupement pharmaceutique en contrat à durée indéterminée à temps plein pour laquelle il a déclaré 38 739 euros de revenus au titre de 2017, soit la somme de 3 228,25 euros par mois. Si M. B fait valoir qu'il a été placé en arrêt de travail du 14 janvier au 31 mars 2019, il résulte de l'instruction que l'expert retient que la période d'arrêt de travail imputable à l'infection nosocomiale est celle allant du 9 février au 31 mars 2019. Au cours de cette période, M. B a bénéficié d'indemnités journalières à hauteur de 2 261,34 euros et sa prévoyance lui a versé la somme totale de 2 608,01 euros au titre des 75 jours pour lesquels il a été placé en arrêt de travail. Dans ces conditions, M. B est fondé à solliciter la somme de 1 378 euros à ce titre.
Quant aux frais divers :
15. M. B fait valoir, sans être contredit, qu'il a dû se rendre à des consultations en lien avec l'infection nosocomiale contractée les 27 juin, 26 septembre 2019 et 20 juin 2020 au service des maladies infectieuses centre hospitalier universitaire de Bordeaux. Il sera mis à la charge du centre hospitalier universitaire la somme de 14,33 euros au titre des frais divers.
En ce qui concerne les préjudices personnels :
Quant au déficit fonctionnel temporaire :
16. Il résulte de l'instruction que M. B a subi, du fait de l'infection nosocomiale contractée au cours de l'intervention chirurgicale du 16 janvier 2019, un déficit fonctionnel temporaire total du 29 janvier au 9 février 2019 ainsi que les 14 mars et 25 avril 2019, un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe III du 10 au 28 février 2019, un déficit fonctionnel partiel de classe II du 1er au 31 mars 2019 puis un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe I du 1er au 26 avril 2019. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en mettant à la charge du centre hospitalier universitaire de Bordeaux la somme de 668 euros.
Quant aux souffrances endurées :
17. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par M. B ont été évaluées à 3 sur une échelle de 7 par l'expert qui prend en compte le lavage de la plaie du 30 janvier 2019, l'hospitalisation du 29 janvier au 9 février 2019 et le traitement antibiotique. Il sera fait une juste appréciation du préjudice afférent en l'évaluation à la somme de 3 600 euros.
Quant au préjudice esthétique temporaire :
18. Il résulte de l'instruction que l'expert évalue le préjudice esthétique temporaire de M. B à 2,5 sur une échelle de 7 du fait de la modification de la silhouette et de l'utilisation de deux cannes anglaises du 10 au 28 février 2019. Eu égard à sa faible durée, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en allouant une somme de 500 euros.
Quant au préjudice esthétique permanent :
19. Le préjudice esthétique permanent de M. B a été évalué par l'expert à 0,5 sur une échelle de 7 en prenant en compte la discrète majoration de l'aspect cicatriciel en regard de la malléole latérale gauche. Ce préjudice peut être fixé à la somme de 300 euros.
20. Il résulte tout ce qui précède que le centre hospitalier universitaire de Bordeaux est condamné à verser la somme de 9 969 euros à M. B en réparation de ses préjudices.
Sur les droits de la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde :
21. Il résulte des pièces produites par la CPAM, et notamment de l'attestation d'imputabilité établie par son médecin-conseil, qu'elle établit avoir exposé en lien avec l'infection nosocomiale des frais d'hospitalisation, des frais médicaux, des frais pharmaceutiques et des frais de transport pour un montant total de 11 105,80 euros, auquel il convient de retirer la franchise à la charge de M. B de 74,50 euros. Si la CPAM sollicite également le remboursement des indemnités journalières versées à M. B du 19 janvier au 31 mars 2019, il résulte de l'expertise que l'ablation du matériel d'ostéosynthèse aurait en tout état de cause justifié un arrêt de travail jusqu'au 8 février 2019 inclus. Dans ces conditions, la caisse est seulement fondée à solliciter le remboursement des indemnités journalières versées entre les 9 février et 31 mars 2019 pour un montant de 2 261,34 euros. Par suite, le montant imputable doit être fixé à la somme totale 13 292,64 euros.
22. Il résulte de ce qui précède que le centre hospitalier universitaire de Bordeaux doit être condamné à verser à la CPAM de la Gironde la somme de 13 292,64 euros.
Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :
23. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée ". L'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale permet aux caisses d'assurance maladie exerçant leur recours subrogatoire de recouvrer une indemnité forfaitaire de gestion égale au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans des limites fixées par arrêté. L'article 1er de l'arrêté susvisé du 15 décembre 2022 fixe les montants minimum et maximum de cette indemnité forfaitaire de gestion à respectivement 115 euros et 1 162 euros.
24. Eu égard au montant des sommes accordées à la CPAM de la Gironde tel que mentionné au point 22 du présent jugement, cette caisse a droit à l'indemnité forfaitaire régie par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, pour le montant de 1 162 euros, soit le montant maximum fixé, à la date du présent jugement, par l'arrêté interministériel du 15 décembre 2022.
Sur les dépens :
25. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. /Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ". La présente instance ne comporte pas de dépens. Par suite, les conclusions de la CPAM de la Gironde tendant à la condamnation in solidum de la SHAM et du CHU de Bordeaux aux dépens, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
26. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Bordeaux la somme de 1 500 euros à verser à M. B, ainsi que les sommes de 1 000 euros et 13 euros à verser à la CPAM de la Gironde en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des frais de plaidoirie.
D E C I D E :
Article 1er : La SHAM est mise hors de cause.
Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Bordeaux versera à M. B une somme globale de 9 969 euros.
Article 3 : Le centre hospitalier universitaire de Bordeaux versera à la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde la somme totale de 13 292,64 euros.
Article 4 : Le montant de l'indemnité forfaitaire de gestion que le centre hospitalier universitaire de Bordeaux versera à la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde est fixé à la somme de 1 162 euros.
Article 5 : Le centre hospitalier universitaire de Bordeaux versera la somme de 1 500 euros à M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le centre hospitalier universitaire de Bordeaux versera la somme de 1 013 à la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des droits de plaidoirie.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au centre hospitalier universitaire de Bordeaux, à la société hospitalière d'assurances mutuelles et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Molina-Andréo, première conseillère faisant fonction de présidente,
Mme de Gélas, première conseillère,
Mme Ballanger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2023
La rapporteure,
M. BALLANGER
La première conseillère
faisant fonction de présidente,
B. MOLINA-ANDRÉO
La greffière,
C. LALITTE
La République mande et ordonne au ministre de la prévention et de la solidarié en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026