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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2103030

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2103030

mercredi 22 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2103030
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSELARL CABINET CABANES - CABANES NEVEU ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 juin 2021 et des mémoires enregistrés les 21 septembre 2022 et 27 octobre 2022, l'association Trans'cub, MM. Jacques A, Denis Tesseire et François-Xavier B, représentés par Me Lavaud, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler la décision implicite rejetant leur recours gracieux du 17 janvier 2021 tendant au retrait ou à l'abrogation de la délibération du 18 décembre 2020 approuvant l'avenant n°11 ;

2°) d'annuler la décision de signer cet avenant et ses annexes ;

3°) d'annuler les dispositions règlementaires de cet avenant et de ses annexes ;

4°) d'annuler l'avenant n°11 du traité de concession d'eau potable de Bordeaux Métropole et de le résilier ;

5°) à défaut de surseoir à statuer jusqu'à ce que le conseil d'Etat statue sur le pourvoi en cassation formé contre l'arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 7 avril 2022 ;

6°) de mettre à la charge de Bordeaux Métropole la somme de 6 000 euros, soit 1 500 euros, chacun sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils font valoir que :

- l'association produit ses statuts et les requérants personnes physiques justifient d'un intérêt à agir en leur qualité d'usager du service de l'eau ;

- en décidant de reconduire la délégation de service public, Bordeaux Métropole maintient un contrat dont les conditions tarifaires sont défavorables aux usagers ;

- la cour administrative d'appel de Bordeaux et le conseil d'Etat ont déjà admis leur recevabilité ;

- l'association Trans'cub a été agréée en tant qu'association de consommateurs depuis 2006 ;

- elle est membre de la commission consultative de services publics et son action menée depuis 1994 a permis une perte de profitabilité du contrat ;

- le droit de recours est un droit constitutionnel ;

- ils n'ont pas à établir un impact disproportionné ;

- la poursuite du contrat a des conséquences directes sur le tarif et affecte l'organisation du service ;

- l'intérêt à agir ne doit pas s'apprécier au regard de ses clauses ;

- par ailleurs, le juge du contrat est bien compétent pour apprécier la légalité d'un avenant au traité de concession de l'eau ;

- ses moyens sont recevables ;

-en vertu de la loi Barnier, dont est issue l'article L. 3114-8 du code de la commande publique, entrée en vigueur le 3 février 1995, les délégations de services publics de l'eau ne peuvent avoir une durée supérieure à 20 ans, étant précisé que cette durée doit être décomptée à compter de la date d'entrée en vigueur de cette loi ;

- l'avenant n°11 a été signé en méconnaissance de ces règles ;

- la délibération du 21 décembre 2012 approuvant l'avenant n°9 et prévoyant la poursuite du contrat au-delà du 2 février 2015 n'est pas devenue définitive, dès lors qu'ils ont introduit un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 7 avril 2022 ;

-ils sont fondés à invoquer par voie d'exception, l'illégalité de l'avenant n°9 qui ne met à la charge du délégataire provisoirement, que des fonds de roulement, exclut tout risque financier au titre des investissements et permet des profits excessifs et des tarifs excessifs ;

- par ailleurs, il n'y a eu aucun examen préalable de l'autorité de l'Etat ;

- en méconnaissance des dispositions L 2121-12 du code général des collectivités territoriales, la note explicative de synthèse était insuffisance que la signature de cet avenant a été présentée comme la seule solution possible entre la fin du précédent avenant et la mise en régie au 1er janvier 2023 ; aucun document n'a été présenté aux membres du conseil les alternatives possibles pour assurer la continuité du service pendant l'année 2022, ni présenté les actions en justice intentées contre les précédents avenants toujours pendant devant la cour administrative d'appel ;

- en méconnaissance de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales, M. D et les membres du groupe " Renouveau Bordeaux Métropole " n'ont pas disposé d'une information complète ;

- en méconnaissance de l'article R. 3135-7 du code de la commande publique, compte-tenu des nouveaux revenus supplémentaires, une mise en concurrence s'imposait ;

- la commission consultative des services publics n'a pas été consultée en méconnaissance de l'article L. 1413-1 du code général des collectivités territoriales ;

- le comité technique du personnel n'a pas été consulté en méconnaissance de l'article 33 de la loi du 26 janvier 1984 ;

- en méconnaissance de l'article R. 3114-2 du code de la commande publique, la concession devait prendre fin, aucune prorogation n'était possible, dès lors que dès 2001-2002, la lyonnaise des eaux avait récupéré les capitaux investis, les investissements étaient amortis et l'exploitation est excédentaire ;

- l'avenant n°11 ne répond pas aux critères définis à l'article L. 1121-1 du code de la commande publique et n'est pas vraiment une concession ;

- l'exécution de l'avenant n°11 est contraire à l'intérêt général ;

- l'avenant maintient des prix excessifs pour les usagers et une sur-profitabilité au profit du délégataire.

Par des mémoires enregistrés les 22 août 2022 et 11 octobre 2022, Bordeaux Métropole, représentée par Me Cabanes, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- il convient de donner acte de l'abandon par les requérants de leurs conclusions tendant à ce qu'il soit mis fin à l'exécution de l'avenant n°11 ;

- leur demande tendant au retrait, à l'abrogation de l'avenant n°11 et tous les actes détachables est tardive ;

- à défaut de démontrer un intérêt à agir, la requête n'est pas recevable ;

- leurs conclusions tendant à l'annulation des clauses tarifaires sont dépourvues de moyens ;

- subsidiairement, les moyens sont inopérants.

Par un mémoire enregistré le 24 février 2023, l'association Trans'cub, M. E, M. B et M. A ont déclaré se désister de leur instance et demandent au tribunal de laisser à la charge de chaque partie les frais et dépens engagés dans la présente procédure.

Par un mémoire enregistré le 28 février 2023, Bordeaux Métropole demande au tribunal de prendre acte du désistement d'instance et d'action de l'association Trans'cub, de M. E, de M. B et de M. A et se désiste de sa demande présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme de Paz, rapporteure,

- et les conclusions de Mme Jaoüen, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 20 décembre 1991, la communauté urbaine de Bordeaux, devenue Bordeaux Métropole, a concédé le service public de l'eau potable et de l'assainissement à la société Lyonnaise des Eaux pour une durée de trente ans à compter du 1er janvier 1992. Par une délibération du 21 décembre 2012, le conseil communautaire a approuvé un avenant n° 9 à la convention envisageant les modalités de transition vers un nouveau modèle d'exploitation du service sans modifier la date d'échéance de la délégation fixée au 31 décembre 2021. Par une délibération du 18 décembre 2020, le conseil métropolitain de Bordeaux Métropole a approuvé par une délibération n°2020-549 du 18 décembre 2020, l'avenant n°11 du contrat, dont l'objet est de prolonger le contrat d'un an et de fixer le terme de la concession au 31 décembre 2022. Après avoir exercé en vain un recours gracieux le 18 février 2021, l'association Trans'Cub, M. A, M. B et M. E demandent au tribunal d'annuler la décision implicite qui refuse de retirer ou d'abroger la délibération du 18 décembre 2020 approuvant l'avenant n°11, ainsi que l'avenant lui-même ou de le résilier. Ils demandent également l'annulation de la décision de signer cet avenant et de ses annexes et l'annulation des dispositions règlementaires de cet avenant et de ses annexes.

2. Par un mémoire, enregistré le 24 février 2023, l'association Trans'Cub, M. A, M. B et M. E ont déclaré se désister de l'instance. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

3. Par un mémoire, enregistré le 28 février 2023, Bordeaux Métropole a déclaré se désister de ses conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

DECIDE :

Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance de l'association Trans'Cub, M. A, M. B et M. E.

Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions de Bordeaux Métropole au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Trans'cub, MM. Jacques A, Denis Tesseire et François-Xavier B et à Bordeaux Métropole.

Délibéré après l'audience du 1er mars 2023 à laquelle siégeaient :

- Mme Zuccarello, présidente,

- Mme De Paz, première conseillère,

- Mme Denys, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2023.

La rapporteure

D. DE PAZ

La présidente

F. ZUCCARELLO

La greffière,

I. MONTANGON

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2103030

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