LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2103228

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2103228

mardi 19 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2103228
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSELARL COUBRIS COURTOIS ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des mémoires et des pièces complémentaires, enregistrés les 25 juin 2021, 19 juillet 2022, 13 juin et 10 août 2023 M. D C et Mme A C, agissant à titre personnel et en tant qu'ayants droit de leur père M. B C, représentés par la Selarl d'avocats Coubris-Courtois et associés, avocats, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à leur verser la somme de 213 250 euros au titre des préjudices subis par leur père et à verser à M. D C la somme de 59 188,39 euros et à Mme A C la somme de 67 354,95 euros au titre de leur préjudice personnel, assorties des intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de la requête ;

2°) de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Ils soutiennent que :

- M. B C a bénéficié de plusieurs transfusions sanguines à l'origine de sa contamination par le virus de l'hépatite C en décembre 1988 ;

- Par un jugement du 12 octobre 2005, le tribunal de grande instance de Bordeaux a condamné l'Etablissement français du sang (EFS) à indemniser M. B C, son épouse et ses enfants de leurs préjudices ;

- son état de santé s'est toutefois dégradé depuis cette date et a nécessité une greffe pour une cirrhose post-hépatite C et une insuffisance hépato-cellulaire grave avec épisodes d'encéphalopathie hépatique le 22 juillet 2010 ; en 2012, il a présenté une récidive virale C et une nécrose hémorragique centro-lobulaire justifiant la prise d'une trithérapie ; en juillet 2018, il a présenté une altération de son état général et une défaillance hépatique et rénale avec rejet du greffon sans possible thérapeutique chirurgicale ou médicale ; M. B C est décédé le 17 septembre 2018 ; son décès présente un lien direct et certain avec sa contamination transfusionnelle ;

- l'ONIAM n'est pas fondé à soutenir que les préjudices ont déjà été indemnisés par le juge judiciaire dès lors que son état de santé s'est aggravé après la date de consolidation retenue par le jugement ;

- il conviendra de leur allouer, les sommes de 1 826,38 euros au titre des pertes de gains professionnels, de 5 250 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire total, de 50 000 euros au titre des souffrances endurées, de 8 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire et de 150 000 euros pour le préjudice spécifique de contamination, au titre des préjudices subis par M. B C, en leur qualité d'ayants droit de leur père ;

- ils justifient d'un préjudice d'affection de 30 000 euros chacun, d'un préjudice d'accompagnement de 20 000 euros chacun et d'un préjudice économique de 9 188,39 euros pour M. D C et de 17 354,95 euros pour Mme A C.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 novembre 2021 et 7 juillet 2023, l'ONIAM, représenté par la Selarl d'avocats Birot-Ravaut et associés, demande au tribunal :

1°) de fixer l'indemnisation à verser aux requérants à la somme de 37 000 euros au titre du préjudice subi par M. B C et à 22 000 euros chacun au titre du préjudice subi par M. D C et Mme A C en leur nom personnel ;

2°) de rejeter la demande formulée par les requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'origine transfusionnelle de la contamination de M. B C est admise ;

- la demande tendant à l'indemnisation du déficit fonctionnel temporaire total de M. B C, devra être rejetée dès lors qu'elle a déjà fait l'objet d'une indemnisation ;

- les souffrances endurées de M. B C devront être indemnisées à hauteur de 27 000 euros ;

- le préjudice esthétique temporaire n'est pas justifié ;

- le préjudice spécifique de contamination, qui a déjà été indemnisé, pourra faire l'objet d'une indemnisation partielle qui comprend la crainte d'une évolution péjorative de l'état de santé qui est majoré en raison de l'aggravation de celui-ci à hauteur de 10 000 euros ;

- le préjudice d'accompagnement des enfants de M. C a déjà été indemnisé par le juge judiciaire de sorte que seule l'aggravation de l'état de santé doit être prise en compte ; il leur sera alloué à ce titre la somme de 2 000 euros chacun ;

- le préjudice d'affection des enfants de M. C doit être indemnisé à hauteur de 20 000 euros ;

- le préjudice économique n'est pas justifié.

Par un courrier enregistré le 18 février 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde indique ne pas entendre intervenir à l'instance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Ballanger,

- les conclusions de Mme Champenois, rapporteure publique,

- et les observations de Me Pennec, représentant l'ONIAM.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, né le 6 juin 1973, a été hospitalisé le 13 décembre 1988 pour une dysmyélopoïèse et une diminution de son taux de leucocytes et de plaquettes. Durant son hospitalisation, il a reçu plusieurs transfusions sanguines. Dès le 20 janvier 1989, il a présenté une hépatite aiguë virale et sa sérologie au virus de l'hépatite C a été diagnostiquée en 1992. L'Etablissement français du sang (EFS) a été reconnu responsable de la contamination de M. C du fait de l'administration de produits sanguins défectueux et a été condamné, solidairement avec son assureur la compagnie Axa France Iard, à lui verser la somme de 94 680 euros au titre de ses dommages, à verser à son épouse la somme de 8 000 euros et à verser à chacun de ses enfants la somme de 4 000 euros par un jugement du 25 janvier 2006 du tribunal de grande instance de Bordeaux. Par la suite, M. C a présenté une cirrhose post-hépatite C et une insuffisance hémato-cellulaire grave accompagnées d'épisodes d'encéphalopathie hépatique, nécessitant qu'il bénéficie d'une greffe hépatique le 22 juillet 2010. Une biopsie hépatique réalisée le 3 juillet 2012 a mis en évidence des lésions compatibles avec une récidive virale C. En juillet 2018, l'état de santé de M. C s'est largement dégradé et une défaillance hépatique et rénale terminale, avec rejet du greffon sans possible thérapeutique chirurgicale ou médicale, a été objectivée. M. B C est décédé le 17 septembre 2018. Estimant que le décès de leur père était intervenu en raison de l'aggravation de son état de santé du fait des complications de l'hépatite C qu'il présentait en lien avec les transfusions sanguines subies, M. D C et Mme A C ont saisi l'ONIAM d'une demande indemnitaire préalable le 4 octobre 2019, à laquelle l'Office a répondu par une proposition d'offre d'indemnisation le 26 avril 2021 qu'ils n'ont pas acceptée. Par la présente requête, M. D C et Mme A C demandent au tribunal de condamner l'ONIAM à leur verser la somme de 213 250 euros au titre des préjudices subis par leur père et la somme de 50 000 euros chacun au titre de leur préjudice personnel.

Sur le droit à indemnisation au titre de la solidarité nationale :

2. Aux termes de l'article L. 1221-14 du code de la santé publique : " Les victimes de préjudices résultant de la contamination par le virus de l'hépatite B ou C ou le virus T-lymphotropique humain causée par une transfusion de produits sanguins ou une injection de médicaments dérivés du sang réalisée sur les territoires auxquels s'applique le présent chapitre sont indemnisées au titre de la solidarité nationale par l'office mentionné à l'article L. 1142-22 (). Dans leur demande d'indemnisation, les victimes ou leurs ayants droit justifient de l'atteinte par le virus de l'hépatite B ou C ou le virus T-lymphotropique humain et des transfusions de produits sanguins ou des injections de médicaments dérivés du sang. () L'offre d'indemnisation visant à la réparation intégrale des préjudices subis du fait de la contamination est faite à la victime dans les conditions fixées aux deuxième, troisième et cinquième alinéas de l'article L. 1142-17. La victime dispose du droit d'action en justice contre l'office si sa demande d'indemnisation a été rejetée, si aucune offre ne lui a été présentée dans un délai de six mois à compter du jour où l'office reçoit la justification complète des préjudices ou si elle juge cette offre insuffisante. "

3. D'une part, ainsi que l'a jugé le tribunal de grande instance de Bordeaux par le jugement du 25 janvier 2006, la contamination de M. B C par le virus de l'hépatite C est imputable aux transfusions dont il a bénéficié entre 1988 et 1989, en l'absence de toute autre cause ayant pu être identifiée pour expliquer cette contamination.

4. D'autre part, si le juge judiciaire a retenu que l'état de santé de M. B C était consolidé le 2 septembre 2002, le jugement mentionne que les experts désignés par le tribunal de grande instance de Bordeaux relevaient qu'une aggravation de son état était hautement probable. Il résulte de l'instruction qu'à compter de 2009, l'état de santé de M. B C s'est dégradé et a nécessité qu'une greffe pour cirrhose post-hépatite C et insuffisance hépatocellulaire grave avec épisodes d'encéphalopathie hépatique soit réalisée le 22 juillet 2010. Toutefois, à compter de juillet 2012, le patient a subi une récidive virale de l'hépatite C sur le greffon ainsi qu'une nécrose hémorragique centro-lubolaire pouvant évoquer des problèmes ischémiques. Puis, au mois de juillet 2018, M. B C a présenté une altération de son état général caractérisé par une défaillance hépatique et rénale terminale, associée au rejet du greffon sans possible thérapeutique chirurgicale ou médicale. M. B C est décédé des suites de sa maladie le 17 septembre 2018. Il ne résulte pas de l'instruction que l'aggravation de l'état de M. B C ait présenté un lien avec son état antérieur marqué par un pupura thrombopénique immunologique, ni la réactivation d'une hépatite B. Dans ces conditions, M. D C et Mme A C sont fondés à soutenir que l'aggravation de l'état de santé de leur père ainsi que son décès présentent un lien avec l'hépatite C imputable aux transfusions sanguines dont il a bénéficié entre 1988 et 1989.

5. Dès lors, M. D C et Mme A C sont fondés, en leurs noms propres et en leur qualité d'ayants droit de leur père décédé, à demander, en application de l'article L. 1221-14 précité, que l'ONIAM, qui ne s'y oppose pas, soit condamné à les indemniser de la part des préjudices imputables à la contamination par le virus de l'hépatite C qui n'a pas été précédemment réparée.

Sur les préjudices :

6. La consolidation de l'état de santé de M. C, qui était porteur du virus de l'hépatite C et présentait une pathologie évolutive, n'a pu être atteinte avant son décès survenu le 17 septembre 2018.

En ce qui concerne les préjudices de la victime directe :

7. Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède sans que ses droits aient été définitivement fixés, c'est-à-dire, en cas de litige, avant qu'une décision juridictionnelle définitive ait fixé le montant de l'indemnisation, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers. Cependant, le préjudice subi par la victime, ayant cessé au moment du décès, doit être évalué à la date de cet événement, y compris lorsque le décès est lié au fait ouvrant droit à indemnisation, auquel cas d'ailleurs ce décès peut être pris en compte au titre du droit à réparation des proches de la victime.

S'agissant de la perte de revenus professionnels :

8. Il résulte de l'instruction que M. C, qui avait été placé en congé de longue maladie à compter du 24 novembre 2009 puis a repris une activité professionnelle en temps partiel thérapeutique du 26 avril au 25 octobre 2011, justifie d'une diminution de ses revenus au titre de l'année 2011 par rapport à l'année 2010. Compte tenu de l'évolution de sa pathologie, il résulte de l'instruction que cette diminution de revenus présente un lien de causalité avec l'aggravation de l'hépatite C qu'il a subie. Par suite, il y a lieu d'allouer aux requérants la somme de 1 826,38 euros demandée à ce titre.

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire total :

9. Les requérants font valoir que M. C a subi un déficit fonctionnel temporaire total en lien avec l'aggravation de son état de santé. Si par le jugement du 26 juin 2006 le tribunal de grande instance de Bordeaux a alloué à M. C la somme de 80 euros correspondant à deux jours d'incapacité temporaire totale, il est constant que les hospitalisations postérieures au jugement, en lien avec l'aggravation de son état de santé, n'ont pas déjà été réparées contrairement à ce que fait valoir l'ONIAM en défense. Il résulte de l'instruction, et notamment des comptes rendus d'hospitalisation que M. B C a été hospitalisé en lien avec l'aggravation de son état de santé le 28 décembre 2009, du 5 au 7 janvier 2010, du 2 février au 1er mars 2010, le 29 mars 2010, du 21 juillet au 4 octobre 2010 et du 25 juillet au 11 septembre 2018. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en allouant aux requérants la somme de 3 318 euros.

S'agissant des souffrances endurées :

10. Les requérants font valoir que M. B C a enduré de nouvelles souffrances du fait de l'aggravation de son état de santé en raison des nombreux examens médicaux inconfortables voire douloureux auxquels il a dû se soumettre, des biopsies hépatiques, de la greffe hépatique dont il a bénéficié et du rejet de celle-ci. Ces souffrances ont été évaluées à 6 sur une échelle de 7 par l'ONIAM dans son protocole d'indemnisation transactionnelle présenté aux requérants le 26 avril 2021. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice, compte tenu de sa durée en l'évaluant à la somme de 30 000 euros.

S'agissant du préjudice esthétique temporaire :

11. Il résulte de l'instruction que M. B C a subi un préjudice esthétique temporaire en lien avec l'aggravation de son état de santé, caractérisé par une perte de 8 kilogrammes entre le 5 octobre 2009 et le 5 janvier 2010, période au cours de laquelle il a présenté une cirrhose post-hépatite C et une insuffisance hépatocellulaire grave avec épisodes d'encéphalopathie hépatique, ainsi que des œdèmes des membres inférieurs et un prurit insomniant avec aspect surinfecté des lésions de grattage. Il est constant que M. B C n'a pas été indemnisé au titre de ce poste de préjudice par le jugement du 25 janvier 2006 du tribunal de grande instance de Bordeaux. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en allouant aux requérants la somme de 2 000 euros.

S'agissant des troubles dans les conditions d'existence et du préjudice moral :

12. Les requérants font valoir que leur père a subi un préjudice spécifique de contamination caractérisé par les craintes ressentis par ce dernier compte tenu de l'aggravation de sa pathologie et de l'absence de thérapeutique possible. S'il est constant que M. B C a pu éprouver des inquiétudes du fait de sa contamination par le virus de l'hépatite C qui avait été diagnostiquée et des conséquences graves qui pouvaient résulter de cette pathologie évolutive, le préjudice subi de ce fait et notamment les troubles résultant de la crainte et l'incertitude quant à son avenir, lequel est distinct des souffrances endurées et du déficit fonctionnel temporaire, a déjà été indemnisé par le jugement du 25 janvier 2006 du tribunal de grande instance de Bordeaux qui lui a alloué une somme de 30 000 euros en tenant compte de la circonstance qu'il était exposé à une aggravation de sa cirrhose et la possible survenue d'un hépatocarcinome. La demande des requérants tendant à la réparation de ce préjudice moral ne peut dès lors qu'être rejetée.

En ce qui concerne les préjudices des proches :

13. Les dispositions de l'article L. 1142-22 du code de la santé publique, qui mettent à la charge de l'ONIAM l'indemnisation intégrale des victimes des dommages résultant notamment de la contamination par le virus de l'hépatite C, ne font pas obstacle à ce que les victimes indirectes de cette contamination puissent également être indemnisées au titre de la solidarité nationale.

S'agissant du préjudice économique :

14. Le préjudice économique subi par les ayants droit du fait du décès d'un patient est constitué par la perte des revenus de la victime qui étaient consacrés à leur entretien compte tenu de leurs propres revenus éventuels et déduction faite, le cas échéant, des prestations reçues en compensation de ce même préjudice matériel.

15. M. et Mme C sollicitent l'indemnisation de leur préjudice économique résultant du décès de leur père. Il résulte de l'instruction que M. B C a bénéficié au titre de l'année 2017 de revenus à hauteur de 23 865 euros, sans qu'il y ait lieu de retenir les revenus de son ancienne compagne, dont il était divorcé, pour apprécier les ressources du foyer. Compte tenu de la part de ses dépenses personnelles dans les revenus du foyer, la perte patrimoniale annuelle doit être justement appréciée à la somme de 19 092 euros.

16. D'une part, entre le décès de M. B C et la date de lecture du jugement le 19 septembre 2023, il sera fait une juste appréciation du préjudice économique subi, compte tenu d'une fraction de 15% pour chacun de ses enfants, et en tenant compte de la circonstance que M. D C est âgé de vingt-cinq ans depuis le 25 mai 2023, en le fixant à la somme de 13 388,27 euros pour M. D C et, à 14 414,46 euros pour Mme A C pour la période allant jusqu'au 19 septembre 2023, date de lecture du jugement.

17. D'autre part, pour la période postérieure au 19 septembre 2023, en tenant compte de ce que M. C aurait participé à l'entretien de sa fille, âgée de vingt-deux ans à la date de lecture du jugement, jusqu'à ses vingt-cinq ans, le 13 août 2026, et, après application du coefficient de 3,060 issu du barème -1 de la Gazette du Palais de 2022 compte tenu du contexte économique actuel, il y a lieu de lui allouer la somme de 8 763,23 euros.

S'agissant du préjudice d'affection :

18. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection de M. D C et de Mme A C âgés de vingt et dix-sept ans à la date du décès de leur père en leur allouant les sommes respectivement de 20 000 et 25 000 euros au titre de leur préjudice d'affection.

S'agissant du préjudice d'accompagnement :

19. Par le jugement du 25 janvier 2006, le tribunal de grande instance de Bordeaux a indemnisé M. D C et Mme A C en leur allouant la somme de 4 000 euros chacun compte tenu de la contamination de leur père au virus de l'hépatite C, de son exposition à une cirrhose et à la survenue d'un hépatocarcinome et du retentissement de la maladie sur la vie familiale se traduisant notamment par des périodes de dépression de leurs parents. Les requérants justifient toutefois d'un préjudice d'accompagnement en lien avec l'aggravation de la pathologie de leur père, qui a subi notamment une greffe de foie puis le rejet de son greffon sans thérapeutique possible, et qu'ils ont vu souffrir jusqu'à son décès le 17 septembre 2018. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en allouant à M. D C et à Mme A C la somme de 10 000 euros chacun.

Sur les intérêts :

20. Les requérants demandent que les sommes qui leur sont attribuées soient assorties des intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de leur requête. Il y a lieu de faire droit à leur demande.

Sur les frais liés à l'instance :

21. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 1 500 euros à verser à M. D C et Mme A C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'ONIAM versera à M. D C et à Mme A C la somme de 37 144,38 euros en leur qualité d'ayants droit de M. B C, assortie des intérêts au taux légal à compter du 25 juin 2021.

Article 2 : L'ONIAM versera à M. D C, en son nom propre, la somme de 43 388,27 euros et à Mme A C, en son nom propre, la somme de 58 177,69 euros, assorties des intérêts au taux légal à compter du 25 juin 2021.

Article 3 : L'ONIAM versera à M. D C et à Mme A C une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Mme A C, à la caisse prime d'assurance maladie de la Gironde et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2023 à laquelle siégeaient :

- Mme Chauvin, présidente,

- Mme de Gélas, première conseillère,

- Mme Ballanger, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023.

La rapporteure,

M. BALLANGER

La présidente,

A. CHAUVIN La greffière,

C. JANIN

La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2103228

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions