jeudi 21 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2103597 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CALLON AVOCAT ET CONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 juillet 2021, M. C B, représenté par Me Callon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 juin 2021, par laquelle la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales, l'a informé de l'attribution d'une pension d'invalidité " non imputable au service ", ensemble le brevet de pension ;
2°) de mettre à la charge de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, d'une violation de la loi et d'un détournement de pouvoir dès lors que, par décision du 21 mai 2021, il a été soudainement radié des cadres de manière irrégulière ; le brevet de pension prévoit une retraite non imputable au service alors que les pathologies dont il souffre ont été reconnues imputables au service ; il a droit à une rente viagère d'invalidité cumulable avec la pension, en application de l'article L.28 du code des pensions civiles et militaires
Par deux mémoires en défense et des pièces enregistrés les 24 février, 29 mars et 21 juin 2022, la Caisse des dépôts et consignations Etablissement de Bordeaux conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête.
La Caisse des dépôts et consignation Etablissement de Bordeaux fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de M. B dès lors que par décision du 18 mars 2022, une rente viagère d'invalidité au taux de 50% lui a été attribuée ; en effet, si la CNRACL avait refusé de lui concéder simultanément une rente d'invalidité, faute de disposer, à la date de la liquidation de la pension de retraite, de tous les renseignements requis, ce refus n'était pas définitif ; sa rente était en cours d'étude et la décision ne pouvait donc être prise qu'au vu de la réponse du médecin et, en cas de modification du taux d'invalidité imputable au service, après un nouvel avis de la commission de réforme ;
- dès lors que M. B a été radié des cadres et admis à faire valoir ses droits à la retraite pour inaptitude à ses fonctions à compter du 1er juin 2021, la CNRACL a liquidé à son profit une pension d'invalidité conformément aux dispositions de l'article 39 du décret du 26 décembre 2003.
Par une ordonnance du 10 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 mai 2022.
Par une lettre du 25 juin 2022, les parties ont été informées de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'annulation par voie de conséquence des décisions contestées, en cas d'annulation de la décision du 21 mai 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Cadillac a radié M. B des cadres et l'a admis à faire valoir ses droits à la retraite.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligation des fonctionnaires ;
- la loi n°86-33 du 6 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les conclusions de M. Naud, rapporteur public ;
- et les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, infirmier psychiatrique de classe supérieure exerçant ses fonctions au sein de l'unité pour malades difficiles du centre hospitalier de Cadillac, a été le témoin, le 31 décembre 2013, de la violente agression d'une collègue par un patient, à l'issue de laquelle il a présenté un état de stress post-traumatique. Par une décision du 6 mai 2014, cet accident a été reconnu imputable au service. La commission de réforme des fonctionnaires des collectivités locales, lors de sa séance du 17 décembre 2020, a émis un avis favorable à la mise à la retraite pour invalidité de M. B, avec un taux d'IPP de 50%. Le 21 mai 2021, la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) a émis un avis favorable à sa mise à la retraite. Par une décision du 21 mai 2021, le centre hospitalier de Cadillac l'a radié des cadres et admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er juin 2021. Par décision du 2 juin 2021, la CNRACL l'a informé de l'attribution d'une pension d'invalidité " non imputable au service ". M. B demande l'annulation de cette dernière décision, ensemble le brevet de pension qui lui a été délivré.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
2. Si la Caisse des dépôts et consignations fait valoir qu'un nouveau brevet de pension a remplacé le titre de pension attaqué, il ne résulte pas de l'instruction que ce nouveau brevet serait devenu définitif. Par suite, les conclusions de la requête ne sont pas devenues sans objet, et l'exception de non-lieu doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En raison des effets qui s'y attachent, l'annulation pour excès de pouvoir d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, emporte, lorsque le juge est saisi de conclusions recevables, l'annulation par voie de conséquence des décisions administratives consécutives qui n'auraient pu légalement être prises en l'absence de l'acte annulé ou qui sont en l'espèce intervenues en raison de l'acte annulé. Il en va ainsi, notamment, des décisions qui ont été prises en application de l'acte annulé et de celles dont l'acte annulé constitue la base légale.
4. Il incombe au juge de l'excès de pouvoir, lorsqu'il est saisi de telles conclusions, de prononcer leur annulation par voie de conséquence, le cas échéant en relevant d'office un tel moyen qui découle de l'autorité absolue de chose jugée qui s'attache à l'annulation du premier acte.
5. Par un jugement du même jour, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé l'arrêté du 21 mai 2021 par lequel le directeur du centre hospitalier de Cadillac a radié M. B des cadres et l'a admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er juin 2021 pour invalidité. La décision du 2 juin 2021, qui attribue à l'intéressé une pension d'invalidité, n'aurait pu légalement être prise en l'absence de l'arrêté du 21 mai précité l'admettant à la retraite, et est intervenue en raison de cette décision. Par suite, l'annulation de l'arrêté du 21 mai 2021 entraîne, par voie de conséquence, l'annulation de la décision du 2 juin 2021, ensemble le brevet de pension qui en a découlé.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la Caisse des dépôts et consignations une somme au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 2 juin 2021 et le brevet de pension, sont annulés.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la Caisse des dépôts et consignations.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Billet-Ydier, présidente,
Mme Lahitte, conseillère,
M. Bongrain, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022.
La rapporteure,
A. A
La présidente,
F BILLET-YDIERLa greffière,
C. SCHIANO
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026