mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2103645 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | TANDONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 16 juillet 2021 et 12 avril 2022, M. C A, représenté par Me Noel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la commune de Fumel à lui verser la somme globale de 12 730,51 euros en réparation de ses préjudices professionnel, financier, moral et de ses troubles dans ses conditions d'existence, assortie des intérêts au taux légal à compter du 20 mars 2021, date de réception de sa réclamation préalable indemnitaire, et de leur capitalisation ;
2°) de condamner la communauté de communes Fumel Vallée du Lot à lui verser la somme globale de 12 730,51 euros en réparation de ses préjudices professionnel, financier, moral et de ses troubles dans ses conditions d'existence, assortie des intérêts au taux légal à compter du 20 mars 2021, date de réception de sa réclamation préalable indemnitaire, et de leur capitalisation ;
3°) de mettre à la charge la commune de Fumel une somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge la communauté de communes Fumel Vallée du Lot une somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que ses conclusions doivent être regardées comme dirigées contre la communauté de communes, laquelle a répondu à l'ensemble de ses demandes ;
- la responsabilité fautive de la communauté de communes de Fumel doit être engagée en raison :
* de l'illégalité du non-renouvellement de son contrat à durée déterminée dès lors que le motif du non-renouvellement de son contrat n'est pas lié aux besoins du service, ni à des considérations tenant à sa personne ;
* de la modification de ses fonctions, au cours de son dernier contrat, sans respect de la procédure prévue à l'article 39-4 du décret du 15 février 1988 ;
* du non-respect du délai de prévenance prévu à l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 ; si la commune de Fumel soutient qu'elle a adressé le courrier à l'agent, elle lui a envoyé à son ancienne adresse alors qu'elle avait connaissance de sa nouvelle adresse ; le bordereau de remise en main propre de la lettre n'est pas signé par ses soins ;
* de l'absence de paiement de ses congés payés en méconnaissance de l'article 5 du décret du 15 février 1988 ; il n'a pas pu bénéficier de ses congés annuels et la commune ne lui a pas versé l'indemnité compensatrice égale à 1/10eme de sa rémunération ;
- il doit être indemnisé des divers préjudices subis ;
* la décision de ne pas renouveler son contrat lui a causé un préjudice professionnel et financier qu'il convient de réparer ; il s'élève à 2 730,51 euros, correspondant, d'une part, à la différence entre le traitement qu'il aurait dû continuer de percevoir sur son poste si son contrat avait été renouvelé et l'allocation versée par pôle emploi soit 1 917,17 euros, et d'autre part, à l'absence de paiement de ses congés payés d'une durée de quinze jours, soit 813,35 euros ;
* elle lui a causé un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence dès lors que la commune le reconduisait systématiquement depuis juillet 2018, son congé de maladie est indépendant de sa volonté, il n'a pas été averti de la volonté de la commune de ne pas le renouveler et n'a donc pas pu effectuer des démarches afin de trouver un emploi ; ce préjudice s'évalue à la somme de 10 000 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés les 28 février 2022 et 29 avril 2022, la communauté de communes Fumel Vallée du Lot conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le requérant était bien employé par la communauté de communes Fumel Vallée du Lot mais la requête est adressée à la commune de Fumel et l'ensemble des conclusions indemnitaires sont également formulées à son encontre ; la communauté de communes Fumel Vallée du Lot n'est visée ni par la requête, ni par les conclusions indemnitaires formulées dans le cadre du dispositif ; dans ces conditions, la requête est irrecevable à l'encontre de la communauté de communes de Fumel Vallée du Lot car dirigée uniquement contre la commune de Fumel ;
- toute régularisation quant à la personne publique responsable est désormais tardive dès lors que la demande indemnitaire adressée de façon erronée à la commune de Fumel a été redirigée vers la communauté de communes qui en a accusé réception le 2 avril 2021, qu'une décision implicite de rejet est née le 2 juin 2021 et qu'aucune requête n'a été déposée à l'encontre de la communauté de communes dans le délai de recours contentieux de deux mois suivant la naissance de cette décision implicite de rejet ;
- aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.
Par ordonnance du 3 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 7 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B ,
- les conclusions de M. Naud, rapporteur public,
- les observations de Me Latour, représentant M. A,
- et celles de Me Tandonnet, représentant la communauté de communes Fumel Vallée du Lot.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A a d'abord été recruté par la communauté de communes Fumel Vallée du Lot, par contrat à durée déterminée du 2 juillet au 3 septembre 2018 inclus, sur le fondement du 2° de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 en raison d'un accroissement saisonnier d'activité, et a exercé ses fonctions à l'accueil de la piscine intercommunale. Il a ensuite été recruté, du 15 octobre au 30 novembre 2018, au sein du service voirie, sur le fondement du 2° de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 en raison d'un d'accroissement saisonnier d'activité. Par un avenant du 23 novembre 2018, ce contrat a été prolongé du 1er décembre au 31 décembre 2018. Il a ensuite été recruté par contrat à durée déterminée du 18 février 2019 au 30 avril 2019 inclus, pour exercer les fonctions de ripeur - chauffeur poids lourds au service " environnement " sur le même fondement. Il a, enfin, été recruté par deux contrats à durée déterminée successifs d'une part, du 1er mai 2019 au 30 avril 2020 inclus, et d'autre part, du 1er mai au 31 octobre 2020 inclus, en qualité de responsable adjoint du pôle environnement, sur le fondement du 1° de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 en raison d'un d'accroissement temporaire d'activité. A compter de l'été 2020, il a toutefois été repositionné sur d'autres missions.
2. Par courrier du 21 août 2020, le président de la communauté de communes lui a notifié sa décision de ne pas renouveler son contrat à durée déterminée, à son terme le 31 octobre suivant. Par ailleurs, M. A a été placé en congé de maladie du 3 septembre 2020 au 1er novembre 2020.
3. M. A a adressé une réclamation préalable indemnitaire à la commune de Fumel, réceptionnée le 20 mars 2021, laquelle a été transmise à la communauté de communes Fumel Vallée du Lot, employeur de l'intéressé, et a fait l'objet d'un accusé réception de la part de cette communauté de communes le 2 avril 2021. Sa demande indemnitaire ayant été implicitement rejetée, M. A demande au tribunal de condamner la commune de Fumel et, dans le dernier état de ses écritures la communauté de communes Fumel Vallée du Lot, à l'indemniser des préjudices subis.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. Il résulte de l'instruction que M. A a adressé une réclamation préalable indemnitaire à la commune de Fumel, reçue le 20 mars 2021, tendant à l'engagement de la responsabilité de cette collectivité à raison des fautes commises dans le cadre du non-renouvellement de son contrat de travail à durée déterminée. La commune de Fumel a transmis cette réclamation préalable indemnitaire à la communauté de communes Fumel Vallée du Lot, laquelle en a accusé réception au requérant par courrier du 2 avril 2021.
S'agissant des conclusions dirigées contre la commune de Fumel :
5. Dans sa requête enregistrée le 16 juillet 2021, M. A recherche la responsabilité pour fautes de la commune de Fumel dans le cadre du non-renouvellement de son contrat à durée déterminée. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. A, recruté par la communauté de communes Fumel Vallée du Lot par contrat à durée déterminée, relevait de cet établissement public intercommunal, doté d'une personnalité juridique distincte de celle de la commune de Fumel. Dans ces conditions, le maire de la commune de Fumel était donc incompétent pour accorder l'indemnisation demandée et le requérant ne pouvait solliciter la condamnation de la commune de Fumel à l'indemniser de ses préjudices professionnel, financier, moral et de ses troubles dans ses conditions d'existence.
S'agissant des conclusions dirigées contre la communauté de communes Fumel Vallée du Lot :
6. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. /Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ". Aux termes de l'article R. 421-2 de ce code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. /La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête. / Le délai prévu au premier alinéa n'est pas applicable à la contestation des mesures prises pour l'exécution d'un contrat. ". Enfin, aux termes de l'article R. 421-3 du même code : " Toutefois, l'intéressé n'est forclos qu'après un délai de deux mois à compter du jour de la notification d'une décision expresse de rejet : /1° Dans le contentieux de l'excès de pouvoir, si la mesure sollicitée ne peut être prise que par décision ou sur avis des assemblées locales ou de tous autres organismes collégiaux ; / 2° Dans le cas où la réclamation tend à obtenir l'exécution d'une décision de la juridiction administrative ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le délai de recours contentieux de deux mois court à compter de la date où la décision implicite relevant du plein contentieux est née.
7. A la suite de la réception du mémoire en défense présenté par la communauté de communes Fumel Vallée du Lot, le requérant a, dans son mémoire enregistré le 12 avril 2022, redirigé ses conclusions indemnitaires, initialement dirigées contre la commune de Fumel, à l'encontre de la communauté de communes Fumel Vallée du Lot.
8. Toutefois, il résulte de l'instruction que par courrier du 2 avril 2021, la communauté de communes Fumel Vallée du Lot a accusé réception de la réclamation préalable indemnitaire présentée par M. A et l'a informé qu'à défaut de réponse dans un délai de deux mois, il disposait d'une décision implicite de rejet pouvant faire l'objet d'un recours contentieux, dans un nouveau délai de deux mois, devant le tribunal administratif de Bordeaux. Or, M. A n'a pas, à la suite du rejet implicite de sa réclamation préalable indemnitaire par le président de la communauté de communes Fumel Vallée du Lot et dans le délai de recours contentieux de deux mois qui lui était ouvert, saisi le tribunal afin d'obtenir la condamnation de cette collectivité à l'indemniser des préjudices qu'il estime avoir subi. Dans ses conditions, et comme l'invoque en défense la communauté de communes Fumel Vallée du Lot, ses conclusions, présentées dans son mémoire en réplique le 12 avril 2022, sont tardives et donc irrecevables.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que celles présentées au titre des frais liés à l'instance. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par la communauté de communes Fumel Vallée du Lot au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté de communes Fumel Vallée du Lot au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à la commune de Fumel et à la communauté de communes Fumel Vallée du Lot.
Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Munoz-Pauziès, présidente,
Mme Lahitte, conseillère,
M. Bongrain, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.
La rapporteure,
A. B
La présidente,
F. MUNOZ-PAUZIÈSLa greffière,
C. SCHIANO
La République mande et ordonne au préfet de Lot-et-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026