mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2103792 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | JU-5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BOISSY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 juillet 2021 et le 21 décembre 2022, M. A B et la compagnie d'assurance Generali France, représentés par Me Aurélie Boulineau, demandent au tribunal :
1°) de condamner la commune de la Teste-de-Buch et la société SMACL assurances à leur verser une somme de 7 839,98 euros au titre du remboursement des réparations effectuées sur le navire de M. B ;
2°) de condamner la commune de la Teste-de-Buch et la société SMACL assurances à leur verser une indemnité de 2 000 euros en réparation du préjudice moral et de jouissance que M. B estime avoir subi ;
3°) de mettre à la charge solidaire de la commune de la Teste-de-Buch et de la société SMACL assurances la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors qu'en l'absence de transmission d'un accusé de réception, conformément aux dispositions des articles L. 112-3, L. 112-6 et R. 111-5 du code des relations entre le public et l'administration, à la demande indemnitaire du 21 février 2019, qui seule lie le contentieux, les délais de recours n'ont jamais commencé à courir ;
- la responsabilité de la commune est engagée pour défaut d'entretien normal de l'ouvrage public que constitue le corps-mort mis à la disposition de M. B, qui a cédé en fin de saison ;
- l'administration doit être condamnée à indemniser le préjudice subi par M. B en sa qualité d'usager de l'ouvrage public, résultant des réparations liées à la dégradation de son navire causée par des frottements avec le navire voisin et la dérive de son embarcation à la suite de la rupture du corps-mort et qui s'élèvent, selon quittance d'indemnité subrogative, à la somme de 7 839,98 euros, ainsi que le préjudice moral et de jouissance qu'il a subi en raison de l'obligation de faire réparer son navire, de la situation anxiogène créée par la commune qui n'est jamais intervenue pour modifier le corps-mort pendant plusieurs mois, et de l'inutilisation de l'embarcation pendant la durée des travaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2022, la commune de la Teste-de-Buch et la société SMACL assurances, représentées par Me Xavier Boissy, concluent au rejet de la requête et à ce que M. B et la compagnie d'assurances Generali France leur versent une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté et en l'absence de liaison du contentieux à l'égard de la commune ;
- la responsabilité de la commune ne saurait être engagée dès lors que le dommage n'est pas lié à un défaut dans l'entretien de l'ouvrage public et est directement imputable à une faute de la victime ;
- à titre subsidiaire, les prétentions indemnitaires, en tant qu'elles dépassent le montant initialement demandé sont irrecevables et doivent être réduites à la somme de 4 887,10 euros correspondant à la demande de remboursement des réparations sur le navire de M. B ; en outre, le préjudice moral et de jouissance n'est pas caractérisé.
Par une ordonnance du 28 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 28 décembre 2022.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la requête tendant à l'engagement de la responsabilité de la commune sur le fondement du défaut d'entretien d'un ouvrage public dès lors que M. B était lié à la commune de La Teste-de-Buch par un contrat de mise à disposition du corps-mort.
Par un mémoire enregistré le 20 avril 2023, M. B a présenté ses observations sur le moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des assurances ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Chauvin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Aurélie Chauvin, présidente-rapporteure,
- les conclusions de Mme Mariane Champenois, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dubois, représentant la commune de la Teste-de-Buch et la société SMACL assurances.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, propriétaire d'un voilier dénommé " Douete ", assuré auprès de la compagnie d'assurances Generali, était titulaire pour l'année 2019 d'une autorisation d'occupation temporaire du domaine public en application d'un contrat du 25 janvier 2019 de mise à disposition de corps-mort et d'autorisation de mouillage dans la zone 22 bis, place n° 64, sur la commune de la Teste-de-Buch. Par courrier du 27 juin 2019, M. B a alerté la commune sur des dégâts occasionnés sur une partie de la jupe arrière et les deux côtés de la coque de son bateau ainsi que son moteur, dégâts qui selon lui se seraient aggravés en juillet en raison d'entrechocs avec la vedette voisine amarrée à la place n° 65 et dont il a, à nouveau, informé l'administration. Le 3 septembre 2019, le corps-mort de M. B a cédé et son voilier a dérivé avant de s'échouer sur la plage à l'ouest du port du rocher à la Teste-de-Buch. Une expertise amiable a été diligentée à l'issue de laquelle, estimant que le bateau de son assuré avait été endommagé en raison de l'inadaptation des corps-morts aux caractéristiques des navires et de leur insuffisante distance d'évitage, la compagnie d'assurance Generali a adressé, le 21 février 2020, à la mairie de la Teste-de-Buch et à son assureur, la SMACL assurances, une demande tendant au remboursement de la somme de 4 689,04 euros correspondant au montant des réparations, outre la franchise de 580 euros applicable à deux sinistres et les frais d'expertise engagés d'un montant de 1 197,76 euros. Par courrier recommandé du 9 février 2021, le conseil de M. B a sollicité auprès de la SMACL assurances, le règlement de la somme de 5 887,10 euros au titre du remboursement des réparations et une somme de 1 000 euros au titre de frais d'avocats engagés pour les besoins de sa défense. Par la présente instance, M. B et son assureur, la compagnie d'assurance Generali, demandent de condamner la commune de la Teste-de-Buch et la société SMACL assurances à leur verser une somme de 7 839,98 euros au titre du remboursement des réparations effectuées sur le navire de M. B et une indemnité de 2 000 euros en réparation du préjudice moral et de jouissance subi.
Sur le moyen soulevé d'office :
2. Il résulte des écritures des parties que les requérants recherchent la responsabilité de la commune de la Teste-de-Buch pour défaut d'entretien normal de l'ouvrage public en soutenant que le dommage dont il est demandé réparation résulte de l'inadaptation et de la rupture du dispositif de la chaine du corps-mort auquel était amarré le bateau de M. B. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point précédent, il n'est pas contesté que M. B était lié à la commune par un contrat de mise à disposition de corps-mort et d'autorisation de mouillage en date du 25 janvier 2019. Dans ces conditions, M. B et son assureur ne peuvent exercer à l'encontre de la commune d'autre action que celle procédant de ce contrat, alors même que la cause des dommages qu'ils invoquent résiderait dans un vice de conception, de construction, d'entretien ou de fonctionnement de l'ouvrage public ainsi mis à disposition de l'usager. Par suite, leurs conclusions tendant à l'engagement de la responsabilité extracontractuelle de la commune, sur le fondement du défaut d'entretien d'un ouvrage public, doivent être rejetées comme étant irrecevables.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. B et la compagnie d'assurances Generali France, ne sont pas fondés à demander la condamnation de la commune de la Teste-de-Buch et de la société SMACL assurances à leur verser une somme de 7 839,98 euros au titre du remboursement des réparations effectuées sur le navire de M. B et une indemnité de 2 000 euros en réparation du préjudice moral et de jouissance subi.
Sur les frais liés à l'instance :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de la Teste-de-Buch et de la société SMACL assurances, qui ne sont pas partie perdante dans la présente instance, la somme réclamée par M. B et la compagnie d'assurances Generali, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme demandée par la commune et son assureur au même titre.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B et de la compagnie d'assurances Generali France est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de la Teste-de-Buch et la société SMACL assurances au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la compagnie d'assurances Generali France à la commune de la Teste-de-Buch et à la SMACL assurances.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
La présidente désignée,
A. ChauvinLa greffière,
C. Lalitte
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026