LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2103876

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2103876

jeudi 22 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2103876
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation3ème Chambre
Avocat requérantMDO AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 juillet 2021 et le 25 mars 2022, M. C A, représenté par Me de Oliveira, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la décharge totale des pénalités qui lui ont été infligées au titre des années 2016, 2017 et 2018 sur le fondement du IV de l'article 1736 du code général des impôts pour défaut de déclaration de comptes bancaires détenus à l'étranger ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la procédure est irrégulière dès lors que les pénalités sont insuffisamment motivées : le défaut de motivation d'une partie des pénalités entraîne l'irrégularité de l'ensemble de la procédure ;

- les pénalités ne sont pas dues : il entre dans le cadre des dispositions de l'article L. 62 du livre des procédures fiscales, il est de bonne foi contrairement à l'administration fiscale, il a rectifié de lui-même sa situation dès qu'il a eu connaissance de la procédure, la déclaration de ces comptes n'a généré aucun supplément d'impôt sur le revenu, il a toujours déposé ses déclarations à temps, il maîtrise mal le français ;

- l'administration fiscale n'a pas respecté son devoir d'information sur le dispositif prévu à l'article L. 62 du livre des procédures fiscales, ses garanties n'ont pas été respectées.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 janvier 2022, la directrice régionale des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. C A ne sont pas fondés.

Un mémoire présenté par le directeur régional des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde a été enregistré le 12 septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fazi-Leblanc, première conseillère,

- les conclusions de M. Willem, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, retraité de nationalité portugaise réside en France depuis plusieurs années où il déclare ses revenus. Par un courrier daté du 12 décembre 2019, l'administration fiscale l'a informé que dans le cadre des échanges automatiques d'information des données bancaires, elle avait eu connaissance de ce qu'il détenait plusieurs comptes bancaires au Portugal non déclarés en France et l'a invité à prendre contact avec les services fiscaux pour régulariser sa situation au regard des obligations déclaratives des articles 1649 A, 1649 AA et 1649 AB du code général des impôts. A l'issue des échanges avec M. C A au cours desquels il a régularisé sa situation, l'administration fiscale, par lettre du 10 novembre 2020, l'a informé des conséquences fiscales de la non déclaration des comptes bancaires à l'étranger et lui a infligé une amende de 13 500 euros pour omission de déclaration des comptes bancaires et contrats d'assurance vie ouverts au Portugal sur le fondement du IV de l'article 1736 et de l'article 1766 du code général des impôts. Après que M. C A ait présenté ses observations, l'administration fiscale a mis ces pénalités en recouvrement par avis de mise en recouvrement du 26 février 2021. M. C A a formulé une première réclamation préalable le 23 avril 2021, rejetée par l'administration fiscale le 28 avril 2021 puis une deuxième réclamation préalable le 1er juin 2021 qui a donné lieu à un dégrèvement partiel des pénalités à hauteur de 4 500 euros. M. C A sollicite la décharge totale de l'amende de 9 000 euros que l'administration fiscale a maintenu à sa charge pour omission de déclaration de comptes bancaires ouverts à l'étranger.

Sur les conclusions à fin de décharge

En ce qui concerne la régularité de la procédure :

S'agissant de la motivation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 1649 A du code général des impôts : " () Les personnes physiques, les associations, les sociétés n'ayant pas la forme commerciale, domiciliées ou établies en France, sont tenues de déclarer, en même temps que leur déclaration de revenus ou de résultats, les références des comptes ouverts, utilisés ou clos à l'étranger. Les modalités d'application du présent alinéa sont fixées par décret. () ". Aux termes de l'article 1736 du même code : " () IV. - 1. () Les infractions aux dispositions du deuxième alinéa de l'article 1649 A et de l'article 1649 A bis sont passibles d'une amende de 1 500 € par compte ou avance non déclaré. Toutefois, pour l'infraction aux dispositions du deuxième alinéa de l'article 1649 A, ce montant est porté à 10 000 € par compte non déclaré lorsque l'obligation déclarative concerne un Etat ou un territoire qui n'a pas conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales permettant l'accès aux renseignements bancaires. ".

3. Aux termes de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales : " Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées au sens des articles L. 211-2 à L. 211-7 du code des relations entre le public et l'administration, quand un document ou une décision adressés au plus tard lors de la notification du titre exécutoire ou de son extrait en a porté la motivation à la connaissance du contribuable. ()".

4. Il résulte de l'instruction que la lettre du 10 novembre 2020 par laquelle l'administration fiscale a informé M. C A des rectifications envisagées cite l'article 1649A et le IV de l'article 1736 du code général des impôts. En outre, la lettre indique à M. C A qu'il a omis de déclarer des comptes bancaires et liste les établissements bancaires concernés, en l'espèce " Banco Commercial Portuguès " et " Novo Banco ". Enfin, elle comporte un tableau qui détaille les montants d'amende appliqués par l'administration fiscale, 1 500 euros au titre de chacune des années 2016, 2017 et 2018 et pour chacun des deux établissements bancaires. Ainsi, la lettre comporte les motivations de droit et de fait qui en constituent le fondement. La circonstance que ladite lettre ne mentionne pas l'article 1766 du code général des impôt et que l'administration fiscale ait reconnu l'insuffisance de la motivation des pénalités initialement infligées au titre de l'omission de déclaration des contrats d'assurance vie détenus au Portugal est sans incidence sur la régularité de la décision de lui infliger des pénalités pour l'omission de déclaration des comptes bancaire appliquée sur le fondement de l'article 1736 du même code dès lors qu'il s'agissait de deux chefs de pénalités distincts. Par suite, le moyen tenant à l'insuffisance de motivation des pénalités infligées en raison de l'omission de déclaration de ses comptes bancaires au Portugal est écarté.

5. M. C A ne saurait utilement invoquer les énonciations de la documentation administrative publiée au bulletin officiel des finances publiques référencée BOI-CF-INF 30-20 du 3 janvier 2018 qui est relative à la procédure d'établissement des pénalités fiscales et qui ne contient, au sens de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, aucune interprétation différente de la loi fiscale dont il est fait application dans le présent jugement.

S'agissant de l'absence d'information relative au droit à l'erreur :

6. Aux termes de l'article L. 62 applicable au présent litige : " Si, dans un délai de trente jours à compter de la réception d'une demande mentionnée aux articles L. 10, L. 16 ou L. 23 A du présent code ou de la réception d'une proposition de rectification ou, dans le cadre d'une vérification de comptabilité ou d'un examen de situation fiscale personnelle, avant toute proposition de rectification, le contribuable demande à régulariser les erreurs, inexactitudes, omissions ou insuffisances dans les déclarations souscrites dans les délais, il est redevable d'un montant égal à 70 % de l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts./ Cette procédure de régularisation ne peut être appliquée que si : 1° Elle ne concerne pas une infraction exclusive de bonne foi ;/ 2° Le contribuable dépose une déclaration complémentaire dans les trente jours de la demande de régularisation mentionnée au premier alinéa du présent article et s'acquitte de l'intégralité des suppléments de droits simples dus et des intérêts de retard calculés en application du même premier alinéa soit au moment du dépôt de cette déclaration complémentaire, soit, en cas de mise en recouvrement par voie de rôle, au plus tard à la date limite de paiement portée sur l'avis d'imposition./ A défaut de paiement immédiat des droits simples ou, s'agissant des impositions recouvrées par voie de rôle, de paiement effectué au plus tard à la date limite de paiement portée sur l'avis d'imposition, le bénéfice de la réduction de l'intérêt de retard est conservé en cas d'acceptation par le comptable public d'un plan de règlement des droits simples. ".

7. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a informé M. C A par lettre du 10 novembre 2020 des conséquences financières de la non déclaration de comptes bancaires à l'étranger. Aucune disposition légale ou réglementaire ne fait obligation à l'administration fiscale d'informer les contribuables des régularisations prévues à l'article L. 62 du livre des procédures fiscales, qui permettent de réparer les erreurs, inexactitudes, omissions ou insuffisances commises de bonne foi et constatées à l'occasion d'une vérification de comptabilité, moyennant le paiement d'un intérêt de retard. Par suite, le moyen tenant à ce que M. C A n'aurait pas été informé de la possibilité de faire valoir son droit à l'erreur, doit être écarté.

En ce qui concerne le bien-fondé des pénalités :

S'agissant de la loi fiscale :

8. En premier lieu, M. C A soutient que s'il a omis de déclarer les comptes bancaires qu'il détenait au Portugal, il peut se prévaloir de son droit à l'erreur sur le fondement des dispositions de l'article L. 62 du livre des procédures fiscales rappelées au point 6. Il soutient qu'il entre dans le cadre de ce dispositif dès lors, d'une part, qu'il est de bonne foi, en ce qu'il a immédiatement régularisé sa situation, qu'il a toujours déclaré et payé ses impôts, que la déclaration n'a pas engendré d'impôt supplémentaire et qu'il maîtrise mal le français et, d'autre part, que la régularisation de ses comptes était complémentaire à sa déclaration de revenus dès lors qu'il a coché la case 8UU de sa déclaration 2019 et que le formulaire n° 3916 est une annexe au formulaire n° 2042 de déclaration de revenus. Toutefois, il résulte des dispositions rappelées aux points 2 et 3 du présent jugement qu'en cas d'omission de déclaration d'un compte ouvert à l'étranger, le contribuable fait l'objet d'une amende fiscale. Ainsi, le mécanisme de régularisation prévu à l'article L. 62 précité, qui n'accorde, en cas de bonne foi, qu'une réduction des intérêts de retard, ne saurait trouver à s'appliquer en cas d'amende prononcée sur le fondement du 2 du IV de l'article 1736 du code général des impôts et ce, quelle que soit la bonne foi du requérant. Les circonstances que la déclaration de ses comptes n'a pas eu d'impact sur le montant de son impôt sur le revenu, qu'il a toujours payé ses impôts, qu'il maîtrise mal le français et que cette déclaration constituerait une modification de sa déclaration sur le revenu sont sans incidence. Par suite, M. C A ne peut utilement se prévaloir ni de sa bonne foi, ni des autres circonstances pour contester l'application de la pénalité prévue à l'article 1736 du code général des impôts.

S'agissant de la doctrine fiscale

9. M. C A ne saurait utilement invoquer les énonciations des documentations administratives publiées au bulletin officiel des finances publiques référencées BOI-DAE-10 n°10 du 2 octobre 2019, BOI - CF - IOR - 20 - 10 - n° 70 et 80 du 4 décembre 2019 et CF - INF - 10 - 20 - 20 I du 8 mars 2017 qui n'étendent pas le champ d'application du droit à l'erreur à l'amende en litige et ne contiennent, au sens de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, aucune interprétation différente de la loi fiscale dont il est fait application dans le présent jugement.

10. Il résulte de tout ce qui précède que M. C A n'est pas fondé à solliciter la décharge de la pénalité de 9 000 euros qui lui a été infligée par l'administration fiscale pour omission de déclaration de comptes bancaires à l'étranger.

Sur les frais d'instance :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A et au directeur régional des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 8 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Ferrari, président,

Mme Fazi-Leblanc, première conseillère,

Mme Patard, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.

La rapporteure,

S. FAZI-LEBLANC

Le président,

D. FERRARILa greffière,

E. SOURIS

La République mande et ordonne au ministre des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions