Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2104129
lundi 17 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2104129 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge social |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 août 2021, Mme A demande au tribunal :
- d'annuler la décision du 6 juillet 2021 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de la Gironde a rejeté sa demande de remise de dette d'un montant initial de 1 233, 48 euros correspondant à un indu de prime d'activité au titre de la période du 1er septembre 2019 au 31 mai 2020.
Elle soutient que sa situation de chômage actuelle ne lui permet pas de régler l'indu sollicité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juillet 2022, la caisse d'allocations familiales de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la situation de précarité de l'intéressée n'est pas établie.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Mme B a, au cours de l'audience publique, présenté son rapport.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un contrôle du dossier de Mme A, la caisse d'allocations familiales lui a notifié un indu d'un montant de 1 233,48 euros correspondant à un trop-perçu de prime d'activité au titre de la période du 1er septembre 2019 au 31 mai 2020. Par une décision du
du 6 juillet 2021, la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de la Gironde a rejeté sa demande de remise de dette. La requérante doit être regardée comme demandant au tribunal de bénéficier de la remise de sa dette.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et ces demandes ont un caractère suspensif ".
3. D'autre part, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire ou un remboursement des sommes indûment retenues.
4. Il résulte de l'instruction que la requérante a bénéficié d'une prime d'activité supérieure à celle à laquelle elle pouvait prétendre, ayant omis de porter à la connaissance de la caisse d'allocations familiales de la Gironde, dans ses déclarations trimestrielles, l'ensemble de ses ressources qui doivent être prises en compte dans l'assiette de calcul de la prime précitée. Toutefois, la bonne foi de la requérante n'a pas été remise en cause et aucune pièce du dossier ne le permet davantage. Cependant, il résulte de l'instruction que sur la période considérée, la requérante a perçu en moyenne entre juin et décembre 2019 un salaire de 1 417 euros et sur la période du mois de janvier au mois d'avril 2020 un salaire de 1 169 euros. En outre, au cours de l'année 2022, en particulier du mois de janvier au mois d'avril 2022, elle a perçu un salaire de 1 797 euros en moyenne. Si la requérante a indiqué que les charges de toutes nature qui lui incombaient s'élevaient à la somme totale de 668 euros et qu'elle s'est trouvée contrainte d'emprunter à des proches pour subvenir à ses besoins, elle ne produit aucune pièce le justifiant en dépit de la demande adressée par le greffe du tribunal le 21 septembre 2021. Il résulte de l'ensemble des éléments qui précèdent, et alors même que la caisse d'allocations familiales a continué, en méconnaissance des dispositions de L. 845-3 du code de la sécurité sociale, à retenir des sommes sur l'allocation dont la requérante était bénéficiaire, la caisse précisant elle-même que la dette résiduelle s'élève à 1 095,48 euros, que la requérante n'établit pas la réalité de ses difficultés financières justifiant que sa dette soit remise et que par voie de conséquence lui soit accordé le remboursement des sommes illégalement retenues.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2022.
La magistrate désignée,
P. B La greffière,
C.AHIN
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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