jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2104168 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | VIGREUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 août 2021, Mme A B, représentée par Me Vigreux, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler pour excès de pouvoir, d'une part, la décision implicite de rejet par l'administration fiscale de sa demande de remise gracieuse des cotisations de taxe d'habitation mises à sa charge pour les années 2014 à 2017, de contribution à l'audiovisuel public pour les années 2014, 2015 et 2017 et d'impôt sur le revenu des années 2012 et 2013 et, d'autre part, la saisie administrative à tiers détenteur pratiquée auprès de son dernier employeur le 17 novembre 2020 pour une somme totale de 6 632,65 euros et, à titre subsidiaire, de prononcer la décharge totale des cotisations supplémentaires de taxe d'habitation au titre des années 2013, 2016 et 2017 en droits, intérêts et pénalités ;
2°) d'enjoindre à l'administration fiscale, à titre principal, de prendre une décision de remise gracieuse de dette dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à venir et d'annuler toutes les procédures de recouvrement forcé initiées et, à titre subsidiaire, de rectifier les sommes dues dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) en toute hypothèse d'enjoindre à l'administration de lui rembourser les sommes indûment saisies ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- sans domicile fixe depuis 2019, elle est dans l'impossibilité de payer et demande une remise totale d'impôt au sens de l'article 247 du Livre des procédures fiscales ;
- la dette réclamée au titre de sa taxe d'habitation pour l'année 2013 est, d'une part erronée dès lors qu'elle ne tient pas compte de l'avis de dégrèvement intervenu, et, pour le surplus de 118 euros, prescrite puisqu'aucune poursuite n'a été diligentée sur les nouvelles bases de liquidation, au sens de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales ;
- le montant de ces revenus n'excédant pas la limite prévue au II de l'article 1417, elle aurait dû bénéficier d'une exonération totale au titre des taxes d'habitation pour les années 2016 et 2017 aux termes de l'article 1414 A du CGI, dans sa version applicable jusqu'en décembre 2017.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 novembre 2021, la directrice régionale des finances publiques de Nouvelle- Aquitaine et du département de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la demande de remise gracieuse est irrecevable devant le juge administratif, seule l'administration détient la compétence ;
- la créance au titre de la taxe d'habitation de 2013 est prescrite ;
- s'agissant des autres sommes dues elle prononce un dégrèvement à titre gracieux ;
- à titre subsidiaire, dès lors qu'elle n'excède pas la limite prévue au II de l'article 1417 du code général des impôts, c'est à bon droit que les taxes d'habitation 2016 et 2017 ont été prononcées.
Par une ordonnance du 20 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 avril 2023.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Stéphanie Fazi-Leblanc, rapporteure,
- les conclusions de M. Emmanuel Willem, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par une notification du 17 novembre 2020, Mme A B a été informée d'une saisie administrative à tiers détenteur à son encontre auprès du laboratoire science et nature sis à Nueil-les-Aubiers, son dernier employeur, pour une somme totale de 6 632,65 euros correspondant à l'exigibilité, en droits et pénalités, de la taxe d'habitation pour les années 2013 à 2017, de la contribution à l'audiovisuel public pour les années 2014, 2015 et 2017 et de l'impôt sur le revenu pour les années 2012 et 2013. Par courrier en date du 9 avril 2021, Mme B a formulé un recours préalable à l'encontre de cette saisie et étant insolvable, elle a demandé à être déchargée du paiement de ces impôts. Du fait du silence gardé par l'administration fiscale, une décision implicite de rejet est née le 12 juin 2021. Mme B doit être regardée comme sollicitant, à titre principal, l'annulation pour excès de pouvoir, de la décision de refus de remise gracieuse de ces impositions et, à titre subsidiaire, la décharge de l'obligation de paiement de la saisie administrative à tiers détenteur notifiée le 17 novembre 2020 ainsi que la décharge en droits, intérêts et majorations de la taxe d'habitation au titre des années 2013, 2016 et 2017.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article L. 247 du livre du livre de procédures fiscales : " L'administration peut accorder sur la demande du contribuable ; 1° Des remises totales ou partielles d'impôts directs régulièrement établis lorsque le contribuable est dans l'impossibilité de payer par suite de gêne ou d'indigence ; () ". En outre, aux termes de l'article L. 274 du même livre : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable. () ".
3. La saisie administrative à tiers détenteur du 10 novembre 2020, notifiée le 17 novembre suivant, d'une somme totale de 6 632,65 euros, correspond à des cotisations demeurées impayées de taxe d'habitation des années 2013 à 2017, soit 1 122 euros en 2013, 177 euros en 2014, 195 euros en 2015, 49 euros en 2016 et 33 euros en 2017, de contribution à l'audiovisuel public des années 2014, 2015 et 2017, respectivement de 133 euros, de 136 euros et de 138 euros et d'impôt sur le revenu des années 2012 et 2013, de 3 484 euros et 1 195 euros.
4. D'une part, en cours d'instance, par trois avis de dégrèvement du 4 novembre 2021, la direction régionale des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine a répondu favorablement à la demande de remise gracieuse de Mme B s'agissant des taxes d'habitation des années 2014 à 2017, de la contribution à l'audiovisuel public des années 2014, 2015 et 2017 et de l'impôt sur le revenu des années 2012 et 2013.
5. D'autre part, il résulte de l'instruction que par avis de dégrèvement du 3 mai 2014, versé au dossier, l'administration fiscale a procédé à un dégrèvement partiel de la taxe d'habitation de l'année 2013 de Mme B de 1 004 euros, la ramenant ainsi à 118 euros. En outre, ainsi que le soutient la requérante sans être contredite par l'administration fiscale, elle n'a fait l'objet d'aucune poursuite à compter de cet avis de dégrèvement et avant la saisie à tiers détenteur notifiée le 17 novembre 2020. Dès lors, cette créance de 118 euros était prescrite et l'administration indique en avoir pris acte en cours d'instance en annulant la créance de l'intégralité de la taxe d'habitation 2013, objet de la saisine administrative à tiers détenteur, ce que la requérante ne conteste pas.
6. Par suite et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité des conclusions de la requête, il n'y a plus lieu de statuer sur l'intégralité de la demande de remise gracieuse de Mme B, et par voie de conséquence sur ses demandes de décharge d'imposition et d'obligation de paiement
Sur les conclusions tendant à la restitution des sommes versées :
7. Il ne résulte pas du dossier que les sommes exigées par la saisie administrative à tiers détenteur auraient été saisies. En l'absence de litige né et actuel sur ce point, il n'y a pas lieu de prendre une mesure d'injonction à l'encontre de l'administration fiscale.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B, à concurrence des dégrèvements de cotisations de taxe d'habitation pour les années 2013 à 2017, de contribution à l'audiovisuel public des années 2014, 2015 et 2017 et d'impôt sur le revenu des années 2012 et 2013 prononcées par l'administration fiscale.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au directeur régional des finances publiques de Nouvelle- Aquitaine et du département de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme D et Mme C, premières conseillères,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.
La rapporteure,
S. C
Le président,
D. FERRARI
La greffière,
E. SOURIS
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026