mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2104421 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU-5ème chambre |
| Avocat requérant | LAPLAGNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 aout 2021, Mme A B, représentée par Me Dominique Laplagne, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 juillet 2021 par laquelle la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) a refusé de réviser sa pension de retraite sur la base des périodes à temps partiel de 80% rémunérées 85,71% et celles de 90% rémunérées à 91,43% ;
2°) d'enjoindre à la CNRACL de réviser sa pension de retraite ;
3°) de mettre à la charge de la CNRACL la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'en application des dispositions des articles 13, 14 et 17 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la CNRACL, sa retraite aurait dû être liquidée pour les périodes à temps partiel litigieuses sur le traitement brut indiciaire correspondant à la rémunération à 85,71% et 91,43% d'un fonctionnaire travaillant à temps plein et non sur la durée du temps de travail de 80 et 90%.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2022, la caisse des dépôts et consignations conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet au fond.
Elle soutient que :
- la requête est tardive et donc irrecevable ;
- la circonstance qu'un agent travaillant à 80 ou 90% est rémunéré à 85,71 et 91,43% du traitement afférent à un temps plein est sans incidence sur la légalité des modalités de prise en compte de ses services dans la pension.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Chauvin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Aurélie Chauvin, présidente-rapporteure,
- les conclusions de Mme Mariane Champenois, rapporteure publique,
- et les observations de Me Laplagne, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ancienne attachée principale au département du Morbihan, a été admise à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er avril 2021. Le 30 avril 2021, Mme B a contesté le nombre de trimestres retenus en liquidation, estimant que les périodes à temps partiel de 80 % et de 90% rémunérées respectivement à 85,71% et 91,43% du traitement brut indiciaire d'un agent à temps plein devaient être prises en compte sur la base de ces pourcentages qu'elle avait cotisés. Par une décision du 25 mai 2021, la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) a rejeté sa demande expliquant que la pension était calculée sur la durée des services effectivement travaillés et non sur la base des cotisations afférentes aux temps partiels. Mme B a réitéré sa demande de révision le 28 juin 2021. Elle doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler le brevet de pension en tant qu'il ne retient pas un nombre suffisant de trimestres, ensemble la décision du 7 juillet 2021 rejetant sa demande de révision.
2. Aux termes de l'article 60 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " () Les fonctionnaires autorisés à travailler à temps partiel perçoivent une fraction du traitement, de l'indemnité de résidence et des primes et indemnités de toute nature afférentes soit au grade de l'agent et à l'échelon auquel il est parvenu, soit à l'emploi auquel il a été nommé. Cette fraction est égale au rapport entre la durée hebdomadaire du service effectué et la durée résultant des obligations hebdomadaires de service réglementairement fixées pour les agents de même grade exerçant à temps plein les mêmes fonctions dans l'administration ou le service concerné. Toutefois, dans le cas de services représentant 80 ou 90 p. 100 du temps plein, cette fraction est égale respectivement aux six septièmes ou aux trente-deux trente-cinquièmes du traitement, des primes et indemnités mentionnées à l'alinéa précédent () ".
3. Aux termes de l'article 4 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales : " I. - Toute perception d'un traitement d'activité, au titre d'un emploi ou grade conduisant à pension du présent décret, soit en qualité de titulaire, quelle que soit la position statutaire du fonctionnaire, soit en qualité de stagiaire, donne lieu à la retenue prévue à l'article précédent, y compris lorsque les services ainsi rémunérés ne sont pas de nature à être pris en compte pour la constitution du droit ou pour la liquidation d'une pension. ". Aux termes de l'article 8 du même décret : " Les services pris en compte dans la constitution du droit à pension sont : () 3° Les périodes de services effectuées sur un emploi à temps non complet par les fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales en application du dernier alinéa de l'article 2 du décret du 7 février 2007 susmentionné. Elles sont comptées pour la totalité de leur durée. ". Aux termes de l'article 13 : " Les périodes prises en compte dans la liquidation de la pension sont celles mentionnées aux articles 8 et 9, au deuxième alinéa de l'article 10, à l'article 11 () Pour les fonctionnaires à temps non complet ou à temps partiel, la période pendant laquelle ils ont accompli leurs services est comptée pour la fraction de sa durée égale au rapport entre la durée hebdomadaire du service effectué et les obligations de services réglementairement fixées pour les fonctionnaires à temps complet du même grade exerçant à temps plein les mêmes fonctions. " et aux termes de l'article 14 : " Par dérogation au deuxième alinéa de l'article 13, les périodes de travail effectuées à temps partiel ou à temps non complet à compter du 1er janvier 2004 peuvent être décomptées comme des périodes de travail à temps plein, sous réserve du versement d'une retenue pour pension dont le taux est fixé par décret. Cette retenue est appliquée au traitement correspondant à celui d'un fonctionnaire de même grade, échelon et indice travaillant à temps plein sur un emploi à temps complet./ Cette prise en compte ne peut avoir pour effet d'augmenter la durée de services mentionnée à l'article 16 de plus de quatre trimestres. ". Enfin, l'article 16 dispose que " I.-La durée des services et bonifications admissibles en liquidation s'exprime en trimestres ".
4. S'il n'est pas contesté qu'en application des dispositions citées au point 2, Mme B a perçu durant les périodes où elle a été autorisée à travailler à temps partiel, 85,72 % et 91,43 % du traitement, des primes et indemnités afférents à ceux d'un fonctionnaire du même grade exerçant à temps plein les mêmes fonctions, et a supporté une retenue en conséquence, seule la fraction de la durée des services effectivement accomplis devait être décomptée conformément aux dispositions du décret du 26 décembre 2003 et dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait versé une cotisation majorée durant ces périodes, ni demandé à bénéficier du dispositif dérogatoire prévu à l'article 14. Ainsi, en tenant compte, pour la liquidation de sa pension au titre de ses périodes de travail à temps partiel, du taux de son activité, soit 80 % et 90 %, la CNRACL n'a pas commis d'erreur de droit.
5. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la caisse des dépôts et consignations, la requête de Mme B doit être rejetée, y compris ses conclusions en injonction et présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié Mme A B et à la caisse des dépôts et consignations
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 202La présidente désignée,
A. ChauvinLa greffière,
A. Jameau
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026