mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2105337 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL TORTIGUE PETIT SORNIQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 et 15 octobre 2021 et le 11 août 2022, M. A B, représenté par la société d'avocats Tortigue Petit Sornique Ribeton, demande au tribunal :
1°) de condamner l'agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine à lui verser une indemnité de 15 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait du signalement auquel a procédé la délégation départementale des Pyrénées-Atlantiques de l'agence le 30 mars 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'ARS de Nouvelle-Aquitaine une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le signalement auquel il a été procédé, sans vérification du sérieux des faits dénoncés, est constitutif d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'ARS ;
- il a subi un préjudice moral et une perte de clientèle, sa probité professionnelle ayant été remise en cause dans sa commune d'exercice et dans la presse locale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mars 2022, l'ARS de Nouvelle-Aquitaine conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- l'ARS ayant agi avec prudence, dans son champ de compétence, aucune faute ne peut être retenue à son encontre ;
- le requérant n'apporte aucune preuve des préjudices subis ;
- en tout état de cause, il n'existe aucun lien entre ce préjudice et l'action de l'ARS.
Par ordonnance du 16 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 17 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de procédure pénal ;
- le code pénal ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chauvin, présidente-rapporteure ,
- les conclusions de Mme Champenois, rapporteure publique,
- et les observations de Me Tortigue, représentant M. B, présent.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B exerce une activité de médecin généraliste en cabinet libéral à Boucau depuis le 1er juillet 1976 et est par ailleurs adjoint au maire de cette commune depuis 2014, réélu en 2020. Reprochant à M. B d'avoir enfreint les mesures de prévention en poursuivant la campagne électorale sur la commune de Boucau pour le premier tour des élections municipales du 15 mars 2020, alors qu'il avait été dépisté positif à la Covid, par un courriel du 30 mars 2020, la directrice de la délégation départementale des Pyrénées-Atlantiques de l'agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine a signalé ce comportement qu'elle estimait susceptible de mettre en danger la vie d'autrui auprès du président du conseil départemental de l'ordre des médecins. Elle a également adressé le 23 mars 2020 ce signalement au préfet des Pyrénées-Atlantiques lequel a transmis, le jour même, une plainte au procureur de la République de Bayonne sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale. Par courrier réceptionné le 29 juin 2021, M. B a formé auprès de l'ARS de Nouvelle-Aquitaine une réclamation préalable indemnitaire. Il demande dans la présente instance de condamner l'ARS à lui verser une indemnité de 15 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait des signalements qu'elle a adressés en mars 2020.
2. Il résulte de l'instruction que la saisine du procureur de la République à laquelle a procédé le préfet sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale a été classée sans suite le 2 juin 2020 aux motifs que " les faits dénoncés ou révélés dans le cadre de cette procédure ne sont pas punis par un texte pénal ". Il est par ailleurs constant qu'aucune poursuite n'a été engagée par le conseil de l'ordre des médecins des Pyrénées-Atlantiques à l'encontre de M. B, après que ce dernier ait apporté la preuve du respect des règles d'isolement. S'il résulte de l'instruction que le comportement alors imputé au requérant, dans le contexte sanitaire et politique particulier du printemps 2020, a eu un retentissement dans la presse locale, M. B ne démontre pas que le préjudice moral dont il demande réparation et la perte d'une vingtaine de patients dont il se plaint sur la période allant du 17 mars au 15 juin 2020, trouveraient directement leur cause dans les signalements effectués par la délégation territoriale de l'ARS. Il suit de là qu'en l'absence de lien de causalité direct et certain établi, M. B n'est pas fondé à demander la condamnation de l'ARS au versement d'une indemnité.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'agence régionale de la santé de Nouvelle-Aquitaine.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chauvin, présidente,
Mme de Gélas, première conseillère,
Mme Ballanger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
La première assesseure,
C. DE GÉLASLa présidente,
A. CHAUVIN
La greffière,
C. JANIN
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026