lundi 15 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2105868 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CAROLINE LAVEISSIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 5 novembre 2021 et le 25 août 2022, M. B A représenté par Me Lavessière demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 juillet 2021 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande de révision de sa pension, ensemble la décision du 20 septembre 2021 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au ministre des armées et à la caisse des dépôts et consignations de procéder à une nouvelle liquidation de sa pension sur la base de la rémunération correspondant au grade d'électromécanicien d'aéronautique hors catégorie D (HCD) ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elleest entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 11 juillet et 9 mars 2022, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 décembre 2021 la caisse des dépôts et consignations conclut au rejet de la requête de M. A.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que l'estimation du 21 avril 2021 ne représente qu'une simple simulation de calcul des droits, cette estimation n'engage pas le régime de retraite et n'est pas opposable à l'intéressé et ne lui fait pas grief ;
- la requête n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 59-1479 du 28 décembre 1959 ;
- l'arrêté du 20 décembre 2017 fixant la liste des emplois de niveau hors catégorie D au bénéfice des ouvriers de l'État du ministère des armées, modifié par l'arrêté du 20 avril 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delvolvé, président-rapporteur ;
- les conclusions de Mme Patard, rapporteure publique,
- et les observations de Me Roncin, substituant Me Lavessière, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ouvrier de l'Etat auprès du ministère des armées a été nommé fonctionnaire au titre de l'emploi de technicien d'études et de fabrication le 1er août 1990. Il a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er mai 2021. Par un courrier du 9 juin 2021, M. A a demandé la prise en compte de la catégorie " hors catégorie D " (HCD) au lieu de la catégorie " hors catégorie C " (HCC), pour la liquidation de sa pension civile de retraite. Par une lettre du 28 juillet 2021, le service des pensions et des risques professionnels l'a informé qu'aucune suite favorable ne pouvait être réservée à sa demande. M. A a formé un recours gracieux contre cette décision le 6 septembre 2021. Par un courrier du 20 septembre 2021, le service des pensions et des risques professionnels a de nouveau confirmé son refus de procéder à la révision de sa pension. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision et son brevet de pension.
Sur l'irrecevabilité soulevée en défense :
2. Si la caisse des dépôts et consignations soutient en défense que le courrier du 21 avril 2021 ne représente qu'une simulation de calcul des droits réalisée sur la base d'informations adressées par l'employeur, cette estimation ne faisant pas grief au requérant,il résulte toutefois de l'instruction que M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 28 juillet 2021, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 20 septembre 2021 par lesquelles le ministre des armées a refusé de réviser sa pension de retraite. Dans ces conditions, les décisions en litige font grief à l'intéressé et sont donc susceptibles de recours devant le juge de l'excès de pouvoir.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 1er de la loi du 28 décembre 1959 ouvrant à certains fonctionnaires de l'ordre technique une option en faveur d'une pension au titre de la loi du 2 août 1949, lors de leur mise à la retraite : " Les fonctionnaires civils de l'ordre technique du ministère des armées, nommés dans un corps de fonctionnaires après avoir accompli au moins dix ans de services en qualité d'ouvriers affiliés au régime des pensions fixé par la loi n° 49-1097 du 2 août 1949, pourront, lors de leur mise à la retraite, opter pour une pension ouvrière liquidée en application de la loi susvisée, s'ils perçoivent encore à cette date une indemnité différentielle basée sur les rémunérations ouvrières. Les émoluments de base retenus pour la liquidation de la pension sont ceux correspondant au salaire maximum de la profession à laquelle appartenaient les intéressés lors de leur nomination en qualité de fonctionnaire ".
4. Contrairement à ce que fait valoir l'administration pour fonder son refus d'accorder au requérant le bénéfice de la révision de pension qu'il demande, ces dispositions font référence au salaire maximum de la profession à laquelle appartient l'agent sans aucun critère du lieu d'exercice de celle-ci, et non aux emplois de cette même profession.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été nommé technicien d'études et de fabrication (TEF) le 1er août 1990. Avant sa nomination en tant que fonctionnaire, il détenait l'emploi d'électromécanicien aéronautique spécialité équipements sur la base aérienne 123 de Châteaudun en qualité d'ouvrier de l'Etat. Conformément à la loi n°59-1479 du 28 décembre 1959 ouvrant à certains fonctionnaires de l'ordre technique une option en faveur d'une pension de la loi n°49-1097 du 2 août 1949, M. A a opté pour une pension d'ouvrier d'Etat lorsqu'il a fait valoir ses droits à la retraite à compter du 1er mai 2021. Sa pension a été liquidée en prenant en compte la profession d'électromécanicien aéronautique spécialité équipements hors catégorie C (HCC), chef d'équipe, échelon 9. Toutefois, certains emplois appartenant à cette profession bénéficient, en vertu d'un arrêté du 20 décembre 2017 qui détermine les établissements auxquels il s'applique, dont ne faisait pas partie l'atelier de Châteaudun dans la liste initiale de l'arrêté du 20 décembre 2017, d'une promotion au groupe des emplois de niveau hors catégorie D (HCD). Dès lors que la loi du 28 décembre 1959 prévoit que les émoluments de base retenus pour la liquidation de la pension sont ceux correspondant au salaire maximum de la profession à laquelle appartenaient les intéressés lors de leur nomination en qualité de fonctionnaire, sans aucun critère de lieu d'exercice de cette profession, M. A est fondé à demander à bénéficier, lui aussi, d'une pension liquidée sur la base d'une rémunération de niveau hors catégorie D. Dans ces conditions, M. A est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée et à demander à ce que sa pension de retraite soit liquidée en prenant en compte un tel niveau de rémunération, ainsi que les intérêts au taux légal sur les arriérés de pension à compter du 9 juin 2021, date de sa demande. Il y a lieu d'y procéder dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, la somme de 1 500 euros à verser à M. A sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 8 juillet 2021 et du 20 septembre 2021 rejetant le recours gracieux formé par M. A sont annulées.
Article 2 : M. A est renvoyé devant l'administration afin qu'il soit procédé, dans les deux mois suivant la notification de la présente décision, à une nouvelle liquidation de sa pension sur la base de la rémunération correspondant au grade d'ouvrier électromécanicien d'aéronautique " équipements " " hors catégorie D ", les sommes dues au titre des arriérés de pension devant être assorties des intérêts au taux légal à compter du 9 juin 2021.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la caisse des dépôts et consignations de Bordeaux et au ministre des armées.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 janvier 2024.
La première assesseure,
S. MOUNIC Le président-rapporteur,
Ph. DELVOLVÉ
La greffière,
L. SIXDENIERS
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026