jeudi 27 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2105939 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL D'AVOCATS QUESNEL ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 novembre 2021, M. et Mme A, représentés par Me Vaudron, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux qui leur ont été réclamées au titre des années 2016 et 2017 pour un montant total de 23 972 en droits et pénalités ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le dégrèvement des rehaussements réclamés à la SARL Prologix, dont procèdent les impositions qui leur sont réclamées, justifie la décharge de ces dernières par voie de conséquence ;
- Mme A n'a pas appréhendé les revenus regardés comme distribués par la SARL Prologix.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2022, le directeur régional des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il a accordé un dégrèvement en cours d'instance d'un montant de 22 252 euros ;
- il demande que la somme de 9 958 euros correspondant à une charge non justifiée sur l'exercice de l'année 2016 de la SARL Prologix soit soumise à l'impôt sur le revenu entre les mains de Mme A dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement de l'article 109-1-1° du code général des impôts, et que la somme de 527 euros correspondant au loyer excédentaire d'un véhicule de tourisme sur l'exercice de l'année 2017 de cette société soit soumise à l'impôt sur le revenu entre les mains de Mme A dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement de l'article 111-e du même code.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Willem, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Prologix, dont Mme A est co-gérante, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration fiscale a, en application de l'article 117 du code général des impôts, demandé que lui soient désignés les bénéficiaires des revenus distribués par cette société. Mme A a été désignée comme ayant bénéficié de ces distributions à hauteur de 52 319 euros au titre de l'exercice de l'année 2016, et de 11 892 euros au titre de l'exercice de l'année 2017. Par une proposition de rectification du 29 mars 2019, l'administration fiscale a notifié à M. et Mme A les rehaussements correspondant à ces revenus distribués, qui ont été imposés entre leurs mains dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers au titre des années 2016 et 2017 sur le fondement du c de l'article 111 du code général des impôts. Des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ont été mises en recouvrement le 30 août 2020 pour un montant total de 23 972 euros en droits et pénalités. M. et Mme A demandent au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 13 mai 2022, postérieure à l'enregistrement de la requête, l'administration fiscale a prononcé le dégrèvement de la somme de 22 252 euros. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête à hauteur du dégrèvement accordé.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
3. En premier lieu, le dégrèvement prononcé par l'administration des suppléments d'impôt sur les sociétés mis à la charge d'une entreprise est, par elle-même, et pas plus que l'éventuelle irrégularité dont elle découle, sans influence sur l'imposition de l'associé de cette entreprise à l'impôt sur le revenu à raison de l'excédent de distribution révélé par le redressement des bénéfices de la société. Il s'ensuit que M. et Mme A ne peuvent utilement se prévaloir du dégrèvement des rehaussements réclamés à la SARL Prologix accordé par l'administration le 30 octobre 2019 pour solliciter la décharge des impositions qui leur sont réclamées par voie de conséquence.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". Aux termes de l'article 111 de ce code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes ; () e. Les dépenses et charges dont la déduction pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés est interdite en vertu des dispositions du premier alinéa et du c du 4 de l'article 39. ". Selon l'article 117 du même code : " Au cas où la masse des revenus distribués excède le montant total des distributions tel qu'il résulte des déclarations de la personne morale visées à l'article 116, celle-ci est invitée à fournir à l'administration, dans un délai de trente jours, toutes indications complémentaires sur les bénéficiaires de l'excédent de distribution. () ".
5. En réponse à la demande que l'administration lui avait adressée en application des dispositions précitées de l'article 117 du code général des impôts, la SARL Prologix, a désigné Mme A, cogérante, par courrier signé de la main de cette dernière, comme bénéficiaire d'excédents de distribution à hauteur de 52 319 euros au titre de l'exercice de l'année 2016, et de 11 892 euros au titre de l'exercice de l'année 2017. Dès lors, Mme A doit être regardée comme ayant appréhendé les revenus réputés distribués, à défaut de preuve contraire apportée par elle devant le tribunal. En revanche, il appartient à l'administration de justifier de l'existence et du montant des bénéfices réintégrés dans les bases de l'impôt sur les sociétés assigné à la SARL Prologix, qui sont à l'origine de cette distribution, dès lors que Mme A a refusé, dans le délai légal, d'accepter les redressements qui lui ont été notifiés.
6. A l'exception de la mention de leur montant global pour chacun des exercices des années 2016 et 2017, l'administration n'a apporté aucune précision sur l'origine et le détail des revenus qu'elle a entendu imposer entre les mains de Mme A dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement de l'article 111-c du code général des impôts, dans la proposition de rectification adressée à cette dernière le 29 mars 2019.
7. Toutefois, l'administration demande, par voie de substitution de base légale, que l'imposition contestée soit maintenue au titre de l'année 2016 dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement de l'article 109-1-1° du code général des impôts, dès lors que la déduction d'une charge de 19 917 euros du résultat de la SARL Prologix de l'exercice de cette année 2016 n'est pas justifiée par la production d'une facture ou la preuve d'une prestation réalisée par le fournisseur TIEA. Elle demande en outre que l'imposition en litige soit maintenue au titre de l'année 2017 dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement du e) de l'article 111 du même code, dès lors que la part excédentaire des loyers d'un véhicule de tourisme ne pouvait être déduite du résultat de la société de l'exercice de l'année 2017 en application du 4 de l'article 39 de ce code. Il y a lieu de faire droit à cette demande qui est suffisamment précise, qui ne fait l'objet d'aucune contestation en réplique et ne prive Mme A d'aucune garantie. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que Mme A n'aurait pas appréhendé les revenus fondant les rehaussements réclamés doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par M. et Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Eu égard au montant du dégrèvement accordé en cours d'instance, l'Etat doit être regardé comme la partie perdante, pour l'essentiel. Il y a lieu, dans ces conditions, de mettre à sa charge le versement à M. et Mme A de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. et Mme A tendant à la décharge de la somme de 22 252 euros, dont le dégrèvement leur a été accordé en cours d'instance.
Article 2 : Les conclusions aux fins de décharge des impositions demeurant réclamées sont rejetées.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à M. et Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et au directeur régional des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme C et Mme B, premières conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023.
La rapporteure,
E. C
Le président,
D. FERRARI La greffière,
C. POTTIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026