jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2105940 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL D'AVOCATS QUESNEL ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 novembre 2021, M. C, représenté par Me Vaudron, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux qui lui ont été réclamées au titre des années 2016 et 2017 pour un montant total de 30 671 euros en droits et pénalités ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenus qui lui sont réclamées découlent de la proposition de rectification des comptes de la société Prologix dont il est le gérant ; il a contesté le redressement par une réclamation contentieuse du 1er octobre 2019 et l'administration fiscale a accordé un dégrèvement au bénéfice de la société le 30 octobre 2019 pour la totalité des sommes initialement réclamées, par suite il n'a plus à payer les sommes qui en sont la conséquence d'autant qu'il n'y a plus de litige entre la société et l'administration fiscale pour les années 2016 et 2017 ;
- il n'a pas appréhendé les revenus qualifiés de distribués par l'administration fiscale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2022, le directeur régional des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et de la Gironde :
- conclut au non-lieu à statuer à hauteur de 27 345 euros ;
- demande une substitution de base légale afin que, d'une part, la distribution du bénéfice 2016 de la société soit imposée dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement de l'article 109-1-1° du code général des impôts et que, d'autre part, la distribution 2017 (loyer excédentaire sur véhicule de tourisme) soit imposée dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement du e. de l'article 111 du code général des impôts.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Willem, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est l'associé et le cogérant avec Mme A, sa sœur, de la société à responsabilité limitée (SARL) Prologix spécialisée dans le conseil en logiciels et services informatiques. A la suite d'une vérification de comptabilité de la société, l'administration fiscale lui a notifié, par proposition de rectification datée du 9 juillet 2018, des réhaussements de résultat imposable au titre de l'impôt sur les sociétés pour les années 2016 et 2017 qui ont été considérés comme des revenus distribués, en application des dispositions de l'article 111-c du code général des impôts. L'administration fiscale a ensuite, sur le fondement de l'article 117 du code général des impôts, demandé à la société la désignation du bénéficiaire des revenus distribués et M. C s'est désigné. En conséquence, l'administration fiscale lui a infligé des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales pour une somme de 28 590 euros au titre de l'année 2016 et 2 081 euros au titre de l'année 2017 par une proposition de rectification du 29 mars 2019. Par une réclamation du 1er octobre 2019, M. C a contesté la totalité des réhaussements de la proposition de rectification du 9 juillet 2018 visant la société et par courrier du 30 octobre 2019, l'administration fiscale a procédé au dégrèvement des sommes relatives à 2016 et 2017. Par une réclamation contentieuse du 9 septembre 2021, il a demandé à l'administration fiscale de le décharger du montant de 30 671 euros résultant de la procédure de désignation du bénéficiaire des produits distribués. A la suite du rejet de cette réclamation par l'administration fiscale, M. C demande au tribunal la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales qui lui ont été infligées, en droits et pénalités, à hauteur de 30 671 euros.
Sur l'étendue du litige :
2. Par un avis de dégrèvement du 18 mai 2022 versé au dossier, l'administration fiscale a procédé au dégrèvement de 27 345 euros, dont 25 357 euros au titre de 2016 et 1 988 euros au titre de 2017. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur cette somme et le montant restant en litige s'élève donc à 3 232 euros au titre de 2016 et 93 euros au titre de 2017.
Sur le bienfondé de l'imposition :
3. En premier lieu, le dégrèvement prononcé par l'administration des suppléments d'impôt sur les sociétés mis à la charge d'une entreprise est, par elle-même, et pas plus que l'éventuelle irrégularité dont elle découle, sans influence sur l'imposition de l'associé de cette entreprise à l'impôt sur le revenu à raison de l'excédent de distribution révélé par le redressement des bénéfices de la société. Il s'ensuit que M. C ne peut utilement se prévaloir du dégrèvement des rehaussements réclamés à la SARL Prologix accordé par l'administration le 30 octobre 2019 pour solliciter la décharge des cotisation supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales qui lui sont réclamés par voie de conséquence.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". Aux termes de l'article 111 de ce code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes ; () e. Les dépenses et charges dont la déduction pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés est interdite en vertu des dispositions du premier alinéa et du c du 4 de l'article 39. ". Selon l'article 117 du même code : " Au cas où la masse des revenus distribués excède le montant total des distributions tel qu'il résulte des déclarations de la personne morale visées à l'article 116, celle-ci est invitée à fournir à l'administration, dans un délai de trente jours, toutes indications complémentaires sur les bénéficiaires de l'excédent de distribution. () ".
5. Ainsi qu'il a été dit au point 1, M. C, associé et co-gérant de la SARL Prologix, s'est désigné comme bénéficiaire d'excédents de distribution en réponse à la demande que l'administration lui avait adressée en application des dispositions précitées de l'article 117 du code général des impôts, à hauteur de 52 319 euros au titre de l'exercice de l'année 2016, et de 11 892 euros au titre de l'exercice de l'année 2017. Dès lors, M. C doit être regardé comme ayant appréhendé les revenus réputés distribués, à défaut de preuve contraire qu'il aurait apportée devant le tribunal. En revanche, il appartient à l'administration de justifier de l'existence et du montant des bénéfices réintégrés dans les bases de l'impôt sur les sociétés assigné à la SARL Prologix, qui sont à l'origine de cette distribution, dès lors que M. C a refusé, dans le délai légal, d'accepter les redressements qui lui ont été notifiés.
6. A l'exception de la mention de leur montant global pour chacun des exercices des années 2016 et 2017, l'administration n'a apporté aucune précision sur l'origine et le détail des revenus qu'elle a entendu imposer entre les mains de M. C dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement de l'article 111-c du code général des impôts, dans la proposition de rectification qui lui a été adressée le 29 mars 2019.
7. Toutefois, l'administration demande, par voie de substitution de base légale, que l'imposition contestée soit maintenue au titre de l'année 2016 dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement de l'article 109-1-1° du code général des impôts, dès lors que la déduction d'une charge de 19 917 euros du résultat de la SARL Prologix de l'exercice de cette année 2016 n'est pas justifiée ; et que cette imposition soit également maintenue au titre de l'année 2017 dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement du e) de l'article 111 du même code dès lors que la part excédentaire des loyers d'un véhicule de tourisme ne pouvait être déduite du résultat de la société de l'exercice de l'année 2017 en application du 4 de l'article 39 de ce code. Dès lors que M. C n'apporte aucun élément contradictoire sur ces deux sujets, il y a lieu de faire droit à cette demande de l'administration fiscale qui est suffisamment précise et ne prive M. C d'aucune garantie. Il s'ensuit que c'est à bon droit que l'administration fiscale a infligé à M. C des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prestations sociales au titre des années 2016 et 2017.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par M. C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. C tendant à la décharge de la somme de 27 345 euros, dont le dégrèvement lui a été accordé en cours d'instance.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C et au directeur régional des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ferrari, président,
Mme E et Mme D, premières conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.
La rapporteure,
S. D
Le président,
D. FERRARILa greffière,
E. SOURIS
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026