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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2106057

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2106057

jeudi 5 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2106057
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation4ème chambre
Avocat requérantTANDONNET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièce, enregistrés le 15 novembre 2021 et les 22 avril et 17 juillet 2022, Mme C A, représentée par Me Noel, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Fauillet à lui verser les sommes de 8 000 euros au titre du préjudice financier, et de 10 000 euros au titre du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence, avec intérêts au taux légal à compter de la réception le 27 août 2021 de la réclamation préalable et capitalisation des intérêts ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Fauillet une somme de 1.500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la commune de Fauillet a commis de nombreuses fautes dans la gestion de sa situation administrative :

• elle ne l'a pas notée depuis 2014, alors que son temps de présence était suffisant pour permettre son évaluation professionnelle ;

• la commune a méconnu les préconisations du médecin à compter du mois de septembre 2020 ; son état de santé nécessitait un aménagement de poste, comme l'indique la fiche médicale de reprise du 27 août 2019 qui prévoit un aménagement de poste et un mi-temps thérapeutique ; la fiche médicale de reprise du 3 septembre 2020 préconise un 80 % ou une organisation temporelle pour lui permettre d'accéder à ses soins médicaux ; de plus, alors que le Dr B avait préconisé une nouvelle visite trois mois plus tard, elle n'a revu le médecin que le 1er juillet 2021, soit six mois plus tard, après plusieurs demandes ;

• l'indemnité d'administration et de technicité lui a été attribuée avec des taux variant selon les années entre 0,5 et 0,9, alors qu'aux termes de l'article 4 du décret n° 2002-61 du 14 janvier 2002 modifié, le coefficient multiplicateur, compris entre 1 et 8, ne peut être inférieur à 1 ;

• s'agissant des congé, d'une part, Mme A a demandé par courriel du 26 décembre 2019 qu'une partie de ses congés soient versés sur son CET et aucune réponse ne lui a été faite, ce qui est fautif ; d'autre part, la commune lui a retiré 36 jours de congé de façon illégale ; une partie de ces jours aurait été retiré au motif que qu'elle ne se serait pas présentée sur son lieu de travail, ce qui est faux dès lors qu'elle n'était pas prévue dans le planning de la semaine ; l'autre partie lui a été refusée alors même que la commune lui avait accordé des autorisations d'absence dans l'attente de son examen par un médecin ;

• le comité médical n'a pas été convoqué dans un délai raisonnable ;

• elle n'a pas été informée de ses droits à formation et ces droits ne lui ont pas été ouverts, dès lors que son compte formation ne fait état d'aucun jour de formation créditée pour 2020 ;

- Mme A a subi un préjudice financier :

• s'agissant de l'indemnité d'administration et de technicité, il appartiendra à la commune de calculer le montant dû depuis 2014 et de lui verser la différence entre ce montant et celui perçu ; à défaut une somme de 6 000 euros sera due ;

• s'agissant des 36 jours de congé illégalement retenus, le préjudice sera évalué à 2 000 euros ;

- elle a subi un préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence évalué à 10 000 euros.

Par un des mémoires en défense, enregistrés les 21 février 2022 et 27 mai 2022, et des mémoires en production de pièces, enregistrés les 8 juin et 4 août 2022, la commune de Fauillet, représentée par Me Tandonnet, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;

- l'ordonnance n° 2020-430 du 15 avril 2020 relative à la prise de jours de réduction du temps de travail pi de congés dans la fonction publique de l'Etat et la fonction publique territoriale au titre de la période d'urgence sanitaire ;

- le décret n° 85-603 du 10 juin 1985 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la médecine professionnelle et préventive dans la fonction publique territoriale ;

- le décret n° 85-1250 du 26 novembre 1985 relatifs aux congés annuels des fonctionnaires territoriaux ;

- le décret n° 2002-61 du 14 janvier 2002 relatif à l'indemnité d'administration et de technicité ;

- le décret n° 2004-878 du 26 août 2004 relatif au compte épargne-temps dans la fonction publique territoriale

- le décret n° 2014-1526 du 16 décembre 2014 relatif à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires territoriaux ;

- le décret n° 2017-928 du 6 mai 2017 relatif à la mise en œuvre du compte personnel d'activité dans la fonction publique et à la formation professionnelle tout au long de la vie ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Munoz-Pauziès ;

- les conclusions de M. Bongrain, rapporteur public ;

- et les observations de Me Latour, représentant Mme C A, et de Me Tandonnet, représentant la commune de Fauillet.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C A, adjointe d'animation territoriale au sein de la commune de Fauillet, affectée depuis 2008 sur des missions d'agent territorial spécialisé des écoles maternelles (ATSEM), demande au tribunal de condamner cette commune à lui verser les sommes, au principal, de 8 000 euros au titre du préjudice financier, et de 10 000 euros au titre du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence.

Sur la responsabilité de la commune de Fauillet :

En ce qui concerne le défaut d'évaluation de Mme A depuis 2015 :

2. Aux termes de l'article 2 du décret n° 2014-1526 du 16 décembre 2014: " Le fonctionnaire bénéficie chaque année d'un entretien professionnel qui donne lieu à compte rendu. () ".

3. Il est constant que la valeur professionnelle de Mme A n'a pas été évaluée depuis 2015. Si une telle évaluation est subordonnée à la présence effective du fonctionnaire au cours de l'année en cause pendant une durée suffisante, eu égard notamment à la nature des fonctions exercées, pour permettre à son chef de service d'apprécier sa valeur professionnelle, il résulte de l'instruction que Mme A a été absente pour congé de maternité, congé maladie ordinaire ou congé lié à un état pathologique, 179 jours en 2015, 11 jours en 2016, 80 jours en 2017, 89 jours en 2018, 215 jours en 2019 et 144 jours en 2020, et que sa présence a été suffisante, saut peut-être en 2019, pour permettre à son supérieur hiérarchique d'évaluer sa valeur professionnelle. En ne faisant pas procéder à une telle évaluation, la commune de Fauillet a commis une faute susceptible d'engager sa responsabilité.

En ce qui concerne le défaut d'aménagement du poste de Mme A :

4. Aux termes de l'article 2-1 du décret du 10 juin 1985 : " Les autorités territoriales sont chargées de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous leur autorité. " Aux termes de l'article 24 de ce décret : " Les médecins du service de médecine préventive sont habilités à proposer des aménagements de poste de travail ou de conditions d'exercice des fonctions, justifiés par l'âge, la résistance physique ou l'état de santé des agents. / Ils peuvent également proposer des aménagements temporaires de postes de travail ou de conditions d'exercice des fonctions au bénéfice des femmes enceintes. / Lorsque l'autorité territoriale ne suit pas l'avis du service de médecine préventive, sa décision doit être motivée et le comité d'hygiène ou, à défaut, le comité technique doit en être tenu informé. / En cas de contestation par les agents intéressés des propositions formulées par les médecins du service de médecine préventive, l'autorité territoriale peut saisir pour avis le médecin inspecteur régional du travail et de la main-d'œuvre territorialement compétent ".

5. Il appartient aux autorités administratives, qui ont l'obligation de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et morale de leurs agents, d'assurer, sauf à commettre une faute de service, la bonne exécution des dispositions législatives et réglementaires qui ont cet objet, ainsi que le précise l'article 2-1 du décret du 10 juin 1985 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la médecine professionnelle et préventive de la fonction publique territoriale. A ce titre, il leur incombe notamment de prendre en compte, dans les conditions prévues à l'article 24 de ce même décret, les propositions d'aménagements de poste de travail ou de conditions d'exercice des fonctions justifiés par l'âge, la résistance physique ou l'état de santé des agents, que les médecins du service de médecine préventive sont seuls habilités à émettre.

6. Il résulte de l'instruction que par arrêté du 12 novembre 2019, Mme A a été placée en temps partiel thérapeutique de 50 % pour une durée de trois mois, comme l'avait préconisé le médecin de prévention dans la fiche médicale de reprise du 27 août 2019. Mme A fait valoir qu'alors que, dans la fiche médicale du 3 septembre 2020, le médecin du service de médecine préventive a estimé que le poste de travail était compatible avec son état de santé mais qu'il était souhaitable de proposer un 80% afin que l'intéressée puisse se rendre à ses séances de kinésithérapie, et qu'il a également précisé que l'agent était " à revoir dans 3 mois à la demande du médecin de prévention ", la commune lui a refusé le 80 % et elle n'a été revue par le médecin de prévention que six mois plus tard.

7. D'une part, le médecin du service de médecine préventive s'est borné à recommander, dans des termes assez vagues, un 80 % pour des raisons pratiques, eu égard aux séances de kinésithérapie de l'intéressée, et non pour des raisons liées aux conditions de travail sur le poste. Surtout, et en tout état de cause, il résulte de l'instruction que Mme A a été placée en congé de longue maladie à compter du 13 août 2020, et qu'elle n'a pas repris ses fonctions depuis cette date. Elle ne peut donc sérieusement soutenir que la commune aurait commis une faute en n'aménageant pas son poste de travail conformément à la fiche médicale du 3 septembre 2020.

8. D'autre part, Mme A pouvait saisir elle-même le médecin de prévention afin de respecter le délai de trois mois prévu par la fiche médicale du 3 septembre 2020. Ainsi, aucune faute de la commune ne peut être retenue à ce titre.

En ce qui concerne l'indemnité d'administration et de technicité :

9. Aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 alors en vigueur : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. Les indemnités peuvent tenir compte des fonctions et des résultats professionnels des agents ainsi que de la performance collective des services. () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 14 janvier 2002 relatif à l'indemnité d'administration et de technicité : " Il est institué dans les administrations centrales de l'Etat, les services déconcentrés en dépendant et les établissements publics à caractère administratif de l'Etat une indemnité d'administration et de technicité dans les conditions et suivant les modalités fixées par le présent décret ". Aux termes de l'article 4 de ce décret : " Le montant moyen de l'indemnité mentionnée à l'article 1er du présent décret est calculé par application à un montant de référence annuel, fixé par catégorie d'agents, d'un coefficient multiplicateur compris entre 1 et 8. () ". Aux termes de l'article 5 du même décret : " L'attribution individuelle de l'indemnité d'administration et de technicité est modulée pour tenir compte de la manière de servir de l'agent dans l'exercice de ses fonctions ". Enfin, aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 alors en vigueur : " " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. () ".

10. Si l'article 4 du décret du 14 janvier 2002 dispose que le montant moyen de l'indemnité d'administration et de technicité (IAT) est calculé, pour chaque catégorie d'agent, par application à un montant de référence annuel d'un coefficient multiplicateur compris entre 1 et 8, toutefois, l'article 5 de ce même décret prévoit que l'indemnité effectivement attribuée à chaque agent est modulée pour tenir compte de sa manière de servir. Il résulte de l'instruction, et notamment des arrêtés portant attribution de l'IAT à Mme A, que c'est dans le cadre de cette modulation que la commune a appliqué à l'intéressée des taux variant selon les années entre 0,5 et 0,9, et Mme A n'est pas fondée à soutenir que ce taux ne pouvait être inférieur à 1, en application des dispositions de l'article 4, citées au point 8, du décret du 14 janvier 2002. En tout état de cause, la commune de Fauillet n'était pas tenue de mettre en place un régime indemnitaire similaire en tous points à celui applicable aux fonctionnaires d'Etat, et le principe de parité entre fonctions publiques fait seulement obstacle à ce qu'une collectivité institue un régime plus favorable à celui dont bénéficient les fonctionnaires de l'Etat exerçant des fonctions équivalentes.

En ce qui concerne les jours de congé non pris :

11. En premier lieu, aux termes de l'article 7-1 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les règles relatives à la définition, à la durée et à l'aménagement du temps de travail des agents des collectivités territoriales et des établissements publics mentionnés au premier alinéa de l'article 2 sont fixées par la collectivité ou l'établissement, dans les limites applicables aux agents de l'Etat, en tenant compte de la spécificité des missions exercées par ces collectivités ou établissements () ". Aux termes de l'article 3 du décret du 26 août 2004 relatif au compte épargne-temps dans la fonction publique territoriale : " Le compte épargne-temps est alimenté par le report de jours de réduction du temps de travail et par le report de congés annuels tels que prévus par le décret du 26 novembre 1985 susvisé, sans que le nombre de jours de congés annuels pris dans l'année puisse être inférieur à vingt () ".

12. Si Mme A soutient qu'elle a adressé au maire, par courriel, une lettre du 26 décembre 2019, dans laquelle elle lui demande de " bien vouloir faire le point sur mes congés annuels ainsi que de mes heures supplémentaires des années 2016, 2017, 2018 et 2019 " en demandant que le solde de ses congés soit versé sur son compte épargne-temps, elle n'établit en tout état de cause pas l'existence de cet envoi. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que le défaut de réponse de la commune serait fautif.

13. En second lieu, aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 15 avril 2020 : " Les fonctionnaires () en autorisation spéciale d'absence entre le 16 mars 2020 et le 31 mai 2020 inclus prennent dix jours de réduction du temps de travail ou de congés annuels au cours de cette période, dans les conditions suivantes : / 1° Cinq jours de réduction du temps de travail entre le 16 mars 2020 et le 16 avril 2020 ;/ 2° Cinq autres jours de réduction du temps de travail ou de congés annuels entre le 17 avril 2020 et le terme de la période définie au premier alinéa. /

Les personnes mentionnées au premier alinéa qui ne disposent pas de cinq jours de réduction du temps de travail prennent au titre du 1°, selon leur nombre de jours de réduction du temps de travail disponibles, un ou plusieurs jours de congés annuels entre le 17 avril 2020 et le terme de la période définie au premier alinéa, dans la limite totale de six jours de congés annuels au titre du 1° et du 2°. / Le chef de service précise les dates des jours de réduction du temps de travail ou de congés annuels à prendre après le 17 avril en respectant un délai de prévenance d'au moins un jour franc./ Le nombre de jours de congés imposés est proratisé pour les agents exerçant leurs fonctions à temps partiel. ".

14. Il résulte de l'instruction que par courrier du 25 mai 2020, le maire de Fauillet a informé Mme A, qui bénéficiait d'une autorisation spéciale d'absence depuis le 17 mars 2020, qu'en application des dispositions rappelées au point 12, son solde de congés annuels serait amputé de 6 jours. Il l'a également informée de ce que la reprise d'activité était envisagée pour le 2 juin 2020, et quel l'autorisation spéciale d'absence prenant fin au 31 mai 2020, il lui faudrait déposer une demande de congés annuels si elle souhaitait rester chez elle pour garder ses enfants. L'intéressée ne s'étant pas présenté le jour de la reprise, la commune a déduit les jours non travaillés de ses congés. Si Mme A soutient qu'aucun planning de reprise ne lui a été adressé, une telle circonstance, à la supposer même établie, ne la dispensait pas de se rendre sur son lieu de travail. De même, il ne résulte pas de l'instruction qu'une nouvelle autorisation spéciale d'absence lui aurait été accordée à compter du 2 juin 2020. Ainsi, Mme A n'établit pas que la commune aurait commis des fautes dans la gestion de ses jours de congé.

En ce qui concerne le retard dans la convocation du comité médical :

15. Si la requérante soutient que le comité médical n'a pas été convoqué dans un délai raisonnable, elle n'assortit pas ce moyen des précisions permettant au tribunal d'en apprécier la portée et le bien-fondé.

En ce qui concerne le compte-formation :

16. Aux termes de l'article 22 ter de la loi du 13 juillet 1983 alors applicable : " Un compte personnel d'activité est ouvert pour tout fonctionnaire. Il est constitué : / 1° Du compte personnel de formation ; / 2° Du compte d'engagement citoyen (). Chaque titulaire d'un compte personnel d'activité peut consulter les droits inscrits sur celui-ci en accédant au service en ligne gratuit mentionné à l'article L. 5151-6 du code du travail. () ". Aux termes de l'article 3 du décret du 6 mai 2017 : " L'alimentation du compte personnel de formation s'effectue à hauteur de 25 heures maximum au titre de chaque année civile, dans la limite d'un plafond de 150 heures. () ".

17. Il résulte de l'instruction que le compte-formation de Mme A, fait état à la fin de l'année 2019 de 150 heures de formation disponibles, soit le plafond prévu par l'article 3 du décret du 6 mai 2017. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la commune aurait commis une faute en ne lui créditant aucun jour de formation pour l'année 2020. Le compte personnel de formation pouvant être consulté en ligne, en application de l'article 22 ter de la loi du 13 juillet 1983, la commune n'a commis aucune faute en ne délivrant aucune information relative à ce compte.

18. Il résulte de tout ce qui précède que la seule faute qui peut être relevée à l'encontre de la commune de Fauillet est celle, relevée au point 3, tirée du défaut d'évaluation de Mme A depuis 2015.

Sur les préjudices :

19. En premier lieu, les préjudices financiers allégués sont dépourvus de tout lien de causalité avec la faute retenue à l'encontre de la commune de Fauillet.

20. En second lieu, Mme A ne justifie pas du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence, qu'elle évalue à la somme de 10 000 euros, que lui aurait causé le défaut d'évaluation.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquences, ses conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur ce même fondement par la commune de Fauillet.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Fauillet tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la commune de Fauillet.

Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Munoz-Pauziès, présidente,

M. Bilate, conseiller,

M. Bourdarie, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.

La présidente-rapporteure

F. MUNOZ-PAUZIÈS

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau

X. BILATE

La présidente-rapporteure

F. MUNOZ-PAUZIÈS

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau

X. BILATE

La greffière,

C. POTTIER

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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