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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2106077

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2106077

mardi 21 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2106077
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSELAS TAMBURINI-BONNFOY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 novembre 2021, Mme F B et M. E C, agissant à titre personnel et en qualité d'ayants droits de leur fils, G C, représentés par Me Guiriato, demandent au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier de Bergerac à verser à Mme B une somme totale de 145 100 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de sa prise en charge lors de son accouchement le 8 mars 2015, une somme provisionnelle de 236 600 euros à valoir sur les préjudices définitifs subis par son fils, G C, une somme de 3 733,70 euros à ses parents au titre de frais kilométriques, une somme de 25 000 euros à M. C et de 44 501 euros à Mme B en réparation de leurs préjudices propres ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Bergerac une somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- il y a eu un défaut d'organisation et de fonctionnement du service obstétrique-maternité lors de l'accouchement de Mme B et de la naissance de G dès lors que le praticien hospitalier qui a procédé à l'accouchement n'avait pas les compétences ni le statut pour exercer et que le protocole de service n'a pas été respecté en l'absence d'un obstétricien de plein exercice et d'un pédiatre en salle de naissance ;

- au regard des incohérences relevées par l'expertise et des manœuvres obstétricales pratiquées lors de l'accouchement, des fautes ont été commises ;

- la paralysie du plexus brachial dont souffre G et les lésions très sévères qui en résultent ne sont pas la conséquence d'une dystocie des épaules mais sont imputables au traumatisme obstétrical et à l'absence de manœuvres adaptées et faites dans les règles de l'art ;

- Mme B sollicite l'indemnisation de son taux d'incapacité de 10 % pour l'incontinence anale et 10 % pour l'incontinence urinaire, des souffrances endurées à 5 sur 7, d'une répercussion dans son activité professionnelle, de son préjudice d'agrément et de son préjudice sexuel très important ;

- l'état de santé de G n'étant pas consolidé, une indemnité provisionnelle pourra lui être allouée en réparation de son déficit fonctionnel total, des souffrances endurées, du préjudice esthétique temporaire et de son besoin en tierce personne ;

- ses parents sollicitent également la réparation des pertes de revenus de Mme B à hauteur de 19 501 euros, de frais divers engagés pour conduire G aux consultations médicales, de leur préjudice d'affection à hauteur de 15 000 euros chacun, ainsi que 10 000 euros au titre de leur préjudice extra patrimonial exceptionnel du fait des troubles dans leurs conditions d'existence résultant du handicap dont souffre leur enfant.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 février et 22 juin 2022, le centre hospitalier de Bergerac, représenté par Me Tamburini-Bonnefoy, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que l'indemnité allouée aux requérants n'excède pas 20 451 euros et à ce que ces derniers lui versent une somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la procédure d'expertise est entachée de graves irrégularités qui rendent inexploitable le rapport d'expertise ;

- le rapport d'expertise ne rapporte pas la preuve d'une faute médicale susceptible d'engager sa responsabilité ;

- le dommage présenté par G C est imputable à une pathologie congénitale dont les conséquences n'ont pu être évitées par les manœuvres pratiquées par l'équipe médicale et constitue un aléa thérapeutique ;

- les demandes d'indemnisation des consorts C sont manifestement excessives.

Par des mémoires, enregistrés le 16 mai 2022 et le 24 octobre 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) des Pyrénées Atlantiques, agissant pour le compte de la CPAM de la Dordogne, demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Bergerac à lui rembourser la somme de 2 916,15 euros au titre de ses débours et à lui verser l'indemnité forfaitaire de gestion.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2022, l'Office national d'indemnisation des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, représenté par Me Ravaut, conclut à sa mise hors de cause.

Il soutient que les conditions d'engagement de la solidarité nationale ne sont pas réunies dès lors que le dommage subi par Mme B et le dommage subi par G ne sont pas imputables à un acte de prévention de diagnostic ou de soins.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- l'arrêté interministériel du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Chauvin, présidente,

- les conclusions de Mme Champenois, rapporteure publique,

- les observations de Me Guiriato, pour les consorts H

- et les observations Me Tamburini-Bonnefoy, pour le centre hospitalier de Bergerac.

Considérant ce qui suit :

1. Mme F B, alors âgée de vingt-six ans et enceinte de son premier enfant, s'est présentée le 8 mars 2015 au centre hospitalier de Bergerac, après la rupture de la poche des eaux à trente-neuf semaines d'aménorrhée. Elle a accouché par voie basse, après utilisation d'une ventouse, d'un garçon prénommé G, de 4,700 kg et 53 cm. A la naissance, ce dernier a présenté une impotence du membre supérieur droit. A la suite d'une radio thoracique n'ayant relevé aucun signe de fracture, il a été suspecté une paralysie obstétricale du plexus brachial droit pour laquelle une prise en charge en kinésithérapie a été mise en place dès la naissance et une intervention a été pratiquée le 29 juillet 2015, qui n'a pas permis d'amélioration significative.

2. Mme F B et M. E C, parents de G, ont saisi le juge des référés du tribunal de grande instance de Bergerac qui, par une ordonnance du 19 janvier 2016 a fait droit à leur demande d'expertise. M. A, gynécologue-obstétricien désigné comme expert s'est adjoint les services d'un sapiteur neuro-pédiatre, et a remis son rapport le 2 décembre 2020. Par courrier du 29 juillet 2021, Mme B et M. C ont présenté une réclamation préalable indemnitaire auprès du centre hospitalier de Bergerac. Ils demandent dans la présente instance la condamnation de cet établissement à verser à Mme B une somme totale de 145 100 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de sa prise en charge lors de son accouchement le 8 mars 2015, une somme provisionnelle de 236 600 euros à valoir sur les préjudices définitifs subis par son fils, G C, une somme de 3 733,70 euros à ses parents au titre de frais kilométriques, une somme de 25 000 euros à M. C et de 44 501 euros à Mme B en réparation de leurs préjudices propres.

Sur la responsabilité du centre hospitalier de Bergerac :

3. Il résulte de l'instruction que G C, né le 8 mars 2015 au centre hospitalier de Bergerac, souffre de lésions obstétricales des racines du plexus brachial et sa mère, Mme B, d'une incontinence anale, une incontinence urinaire et une dysparéunie orificielle majeure imputable à son accouchement.

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 4111-1 du code de la santé publique, applicable au moment de l'accouchement de Mme B : " Nul ne peut exercer la profession de médecin, de chirurgien-dentiste ou de sage-femme s'il n'est : / 1° Titulaire d'un diplôme, certificat ou autre titre mentionné aux articles L. 4131-1, L. 4141-3 ou L. 4151-5 ; / 2° De nationalité française, de citoyenneté andorrane ou ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne ou partie à l'accord sur l'Espace économique européen, du Maroc ou de la Tunisie, sous réserve de l'application, le cas échéant, soit des règles fixées au présent chapitre, soit de celles qui découlent d'engagements internationaux autres que ceux mentionnés au présent chapitre ; / 3° Inscrit à un tableau de l'ordre des médecins, à un tableau de l'ordre des chirurgiens-dentistes ou à un tableau de l'ordre des sages-femmes, sous réserve des dispositions des articles L. 4112-6 et L. 4112-7. ". Aux termes du I de l'article L. 4111-2 du même code : " Le ministre chargé de la santé ou, sur délégation, le directeur général du Centre national de gestion peut, après avis d'une commission comprenant notamment des délégués des conseils nationaux des ordres et des organisations nationales des professions intéressées, choisis par ces organismes, autoriser individuellement à exercer les personnes titulaires d'un diplôme, certificat ou autre titre permettant l'exercice, dans le pays d'obtention de ce diplôme, certificat ou titre, de la profession de médecin, dans la spécialité correspondant à la demande d'autorisation, chirurgien-dentiste, le cas échéant dans la spécialité correspondant à la demande d'autorisation, ou de sage-femme./ Ces personnes doivent avoir satisfait à des épreuves anonymes de vérification des connaissances, organisées par profession et, le cas échéant, par spécialité, et justifier d'un niveau suffisant de maîtrise de la langue française. Les personnes ayant obtenu en France un diplôme interuniversitaire de spécialisation, totalisant trois ans de fonction au-delà de leur formation et justifiant de fonctions médicales rémunérées en France au cours des deux années précédant la publication de la loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l'hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires sont réputées avoir satisfait à l'exigence de maîtrise de la langue française. Des dispositions réglementaires fixent les conditions d'organisation de ces épreuves. Le nombre maximum de candidats susceptibles d'être reçus à ces épreuves pour chaque profession et, le cas échéant, pour chaque spécialité est fixé par arrêté du ministre chargé de la santé en tenant compte, notamment, de l'évolution des nombres d'étudiants déterminés en application du deuxième alinéa du I de l'article L. 631-1 du code de l'éducation et de vérification du niveau de maîtrise de la langue française. ".

5. Il résulte de l'instruction et notamment des documents produits par le centre hospitalier de Bergerac, que M. D, qui a procédé à l'accouchement de Mme B le 8 mars 2015, est titulaire du diplôme d'études supérieures de médecine obtenu en République de Guinée le 31 aout 1990, d'un diplôme universitaire de pathologie infectieuse de la femme enceinte du fœtus et du nouveau-né délivré par la faculté de médecine de Paris-Sud le 12 juillet 2011 et d'un diplôme inter-universitaire national d'échographie gynécologique et obstétricale de l'université de Nantes délivré le 25 aout 2014. Il a par ailleurs satisfait, par un arrêté du 15 janvier 2012, aux épreuves de vérification des connaissances prévues aux articles L. 4111-2 et L. 4222-12 du code de la santé publique, organisées au titre de la session 2011 dans la spécialité gynécologie obstétrique et était ainsi autorisé à exercer la médecine en France. Le centre hospitalier de Bergerac justifie également l'avoir recruté comme médecin remplaçant à compter du 1er mars 2015 jusqu'au 22 mars 2015, puis en qualité de praticien attaché associé. La circonstance que son contrat ait été signé le 13 mars 2015, avec effet rétroactif, n'est pas de nature à démontrer une faute dans le fonctionnement du service susceptible d'engager la responsabilité de l'établissement hospitalier. Par suite, le moyen tiré de ce que le docteur D n'aurait pas eu les qualifications, compétences et diplômes requis pour accoucher Mme B ne peut qu'être écarté. Les requérants ne sont pas fondés à demander la condamnation du centre hospitalier de Bergerac du fait d'un défaut dans l'organisation du service.

6. En second lieu, aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. (). ". Aux termes de l'article L. 4151-3 du même code: " En cas de pathologie maternelle, foetale ou néonatale pendant la grossesse, l'accouchement ou les suites de couches, et en cas d'accouchement dystocique, la sage-femme doit faire appel à un médecin. ".

7. Il résulte de l'instruction et notamment du dossier de grossesse de Mme B, que l'échographie du troisième trimestre réalisée le 19 janvier 2015, à trente-deux semaines d'aménorrhée, a conclu à une macrosomie fœtale, et qu'une consultation du 23 février 2015 a estimé le poids fœtal à près de 4 kg, sans qu'une radiographie du bassin ne soit prescrite, suivant les recommandations d'usage. A cet égard, l'expertise judiciaire indique que la grossesse de Mme B a été suivie de manière correcte permettant de diagnostiquer une tendance à la macrosomie, et qu'une césarienne systématique n'était pas conforme aux recommandations en cours à la date de l'accouchement, ce qui n'est pas contredit par les parties. L'expertise relève cependant que cette macrosomie foetale a exposé Mme B à un risque de lésions pelvipérinéales suite au passage de cet enfant dans la filière génitale, avec atteinte du sphincter anal pouvant conduire à des douleurs lors des rapports sexuels ou à des risques d'incontinence anale, ainsi qu'un risque d'incontinence urinaire et, a exposé son enfant à un risque majoré de dystocie des épaules. L'expert indique qu'en cas de survenance d'un tel évènement lors de l'accouchement, il convient, selon les recommandations du collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), d'effectuer une manœuvre de Mac Roberts, le cas échéant une manœuvre de Hood dans l'hypothèse où l'épaule postérieure est engagée, ou une manœuvre de Jacquemier si l'épaule postérieure n'est pas engagée.

8. En l'occurrence, il est constant que Mme B a été admise au centre hospitalier de Bergerac le 8 mars 2015 à 3h30 du matin à la suite de la rupture spontanée de la poche des eaux, a été installée en salle de naissance à 4h20 et a bénéficié d'une anesthésie péridurale à 5h. Le compte-rendu d'accouchement note une durée de travail de 5 heures, de 5 cm au début des efforts expulsifs, qui ont duré 52 minutes, et aucune anomalie du rythme cardiaque fœtal, du cordon, ou du placenta. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise judiciaire, non contesté sur ce point, qu'à 8h, le docteur D, médecin de garde, a été informé de la présence de la parturiente en salle de naissance et de la macrosomie suspectée, puis a été rappelé par la sage-femme à 11h, pour effectuer une aide à l'expulsion. Il a procédé à l'accouchement en présence du conjoint de Mme B, d'une sage-femme et d'une auxiliaire de puériculture. L'enfant est né à 11h16 et le pédiatre de garde a été appelé en raison de l'impotence fonctionnelle du membre supérieur droit qu'il présentait. Si contrairement au protocole du service, le pédiatre n'était pas présent en salle de naissance, l'expertise judiciaire n'a toutefois relevé aucun manquement à ce titre aux règles de l'art et un médecin gynécologue obstétricien appelé par la sage-femme a bien procédé à l'accouchement de Mme B, conformément aux dispositions précitées du code de la santé publique.

9. S'agissant du déroulement de l'accouchement, il résulte de l'instruction qu'en raison de l'insuffisance des efforts expulsifs à dilatation complète, la sage-femme a décidé de faire venir le docteur D. Il résulte également de l'instruction, et notamment du compte rendu de l'accouchement, que ce dernier a posé une indication d'extraction instrumentale et utilisé une ventouse qui a permis de dégager la tête sans difficulté. Selon les trois témoignages concordants de ce médecin, de la sage-femme l'ayant assisté et de l'auxiliaire de puériculture présente lors de l'accouchement, une épisiotomie a été réalisée et pour lever une dystocie des épaules, une manœuvre de Mc Roberts consistant en une hyperflexion des jambes de la parturiente, ainsi qu'une pression sus-pubienne a été effectuée, qui a conduit à un dégagement rapide de l'enfant conduisant à une sortie " en boulet de canon " dans un flot abondant de liquide amniotique. Il résulte de ces témoignages que l'enfant a glissé sur la poitrine du médecin et a été rattrapé par le bras droit. Si l'expert a relevé un désaccord des parties sur le déroulement exact de l'accouchement, et des contradictions dans les explications des défendeurs, il n'a toutefois conclu à aucun manquement de la part de l'équipe obstétricale.

10. Les requérants soutiennent qu'au regard des incohérences relevées par l'expertise judiciaire et des manœuvres obstétricales pratiquées lors de l'accouchement, des fautes ont nécessairement été commises et sont à l'origine des séquelles de leur enfant. Il est constant qu'au cours de l'accouchement, une dystocie des épaules est survenue, laquelle selon l'expert, non contesté sur ce point, " en bloquant la sortie de l'enfant, induit des pathologies comme la paralysie du plexus brachial, l'anoxie avec souffrance cérébrale plus ou moins marquée et plus ou moins séquellaire voire le décès de l'enfant ". Cet évènement, imprévisible, a conduit l'équipe obstétricale, à pratiquer une manœuvre à laquelle elle avait été formée, sans qu'aucun geste inapproprié ne soit établi par les requérants, ni même relevé par l'expert. La seule circonstance que G souffre de lésions obstétricales du plexus brachial droit n'est pas de nature à établir l'existence d'une faute médicale, alors en outre qu'il n'est pas contesté que du fait de la macrosomie fœtale détectée au 7ème mois de grossesse, l'enfant était particulièrement exposé au risque de dystocie des épaules, qui est une complication de l'accouchement par voie basse pouvant induire un tel dommage. En particulier, il ne résulte pas de l'instruction qu'une expression de fond utérin, méthode formellement interdite par les recommandations de la Haute autorité de santé, aurait été, comme le soutiennent les requérants, pratiquée, ni que le médecin aurait commis un geste technique fautif qui serait à l'origine des lésions, certes sévères, dont l'enfant est atteint. Il n'est pas non plus allégué et il ne résulte pas de l'instruction que la sortie de l'enfant, sa chute et son rattrapage par le bras droit auraient pu conduire à la paralysie du plexus brachiale dont il souffre. Ainsi, les requérants n'établissent pas que le dommage résulterait de l'absence de manœuvres obstétricales adaptées et faites dans les règles de l'art.

11. Enfin, il résulte de l'instruction ainsi qu'il a été dit au point 7, que la macrosomie fœtale exposait la mère de G à un risque de lésions pelvipérinéales suite au passage de cet enfant dans la filière génitale avec atteinte du sphincter anal pouvant conduire à des douleurs lors des rapports sexuels ou à des risques d'incontinence anale, ainsi qu'un risque d'incontinence urinaire. L'expert relève en outre, sans être contredit sur ce point par les parties, que Mme B aurait pu présenter les troubles qu'elle décrit même si l'accouchement s'était déroulé " de manière plus physiologique ". Ainsi les séquelles dont Mme B se plaint relèvent des risques inhérents à l'accouchement par voie basse et ne peuvent être regardées comme étant la conséquence d'un acte de prévention, de diagnostic ou de soins ouvrant droit à réparation en application des dispositions précitées de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique. Si les requérants reprochent au centre hospitalier de Bergerac de n'avoir ordonné aucun examen complémentaire de Mme B après son accouchement et de n'avoir proposé qu'un traitement en dix séances de rééducation périnéales, ils n'établissent pas que la prise en charge de cette dernière n'aurait pas été conforme aux données de la science et aux règles de l'art. Ils ne sont ainsi pas fondés à rechercher l'engagement de la responsabilité du centre hospitalier de Bergerac.

12. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner une nouvelle expertise judiciaire, que Mme B et M. C ne sont pas fondés à demander la condamnation du centre hospitalier de Bergerac. Les conclusions de la CPAM des Pyrénées Atlantiques doivent également être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Bergerac, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B et de M. C la somme demandée par le centre hospitalier au même titre.

D E C I D E

Article 1er : La requête de Mme B et M. C et les conclusions de la CPAM des Pyrénées Atlantiques sont rejetées.

Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier de Bergerac présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à. Mme F B, à M. E C, à la caisse primaire d'assurance maladie des Pyrénées Atlantiques, au centre hospitalier de Bergerac et à l'Office national d'indemnisation des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.

Délibéré après l'audience du 7 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Chauvin, présidente,

Mme de Gélas, première conseillère,

M. Bilate, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2023.

La première assesseure,

C. DE GÉLASLa présidente,

A. CHAUVIN

La greffière,

C. JANIN

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2106077

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