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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2106179

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2106179

lundi 2 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2106179
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge social
Avocat requérantSEVENO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 novembre 2021 et les 7 février et 24 novembre 2022, M. B, représenté par Me Seveno, demande au tribunal dans ses dernières écritures :

1°) d'annuler la décision du 21 janvier 2019 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Gironde lui a notifié un indu d'un montant de 3 794,69 euros correspondant à un trop perçu de revenu de solidarité active et de prime d'activité au titre de la période du 1er avril 2017 au 31 mars 2018 ;

2°) d'annuler la décision du 9 septembre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Gironde lui a notifié un indu d'un montant initial de 3 304,88 euros correspondant à un trop perçu de revenu de solidarité active au titre de la période du 1er avril 2017 au 30 octobre 2017 ;

3°) d'annuler la décision du 29 juillet 2019 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Gironde lui a notifié une fraude en ne déclarant pas la " pension alimentaire " perçue en 2017, ensemble la décision du 28 novembre 2019 de rejet de son recours gracieux ;

4°) d'annuler la décision du 1er mai 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales a sollicité le remboursement d'une somme complémentaire de 267,80 euros correspondant au trop perçu de revenu de solidarité active ;

5°) d'annuler la décision du 8 juin 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Gironde a refusé de lui accorder une remise de sa dette au titre d'un indu de revenu de solidarité active ;

6°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de le décharger des éventuelles sommes restant dues au titre du revenu de solidarité active ou de la prime d'activité ;

7°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Gironde de lui rembourser l'ensemble des sommes retenues depuis 2019 dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

8°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Gironde et du département de la Gironde le versement à son conseil de la somme de 2 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- la juridiction administrative qui se prononce sur la bonne foi de l'intéressé est compétente pour se prononcer sur la qualification de fraude retenue par la caisse d'allocations familiales en l'absence de toute sanction prononcée au titre du code de la sécurité sociale ;

- la contestation portant sur l'indu de revenu de solidarité active n'est pas tardive dès lors qu'il n'a pas été destinataire du courrier du 21 janvier 2019 dont la caisse se prévaut et que le courrier du 9 septembre 2021 ne comportait de toutes façons pas le motif de cet indu ;

- les décisions en litige sont entachées d'un défaut de motivation ;

- les retenues opérées par la caisse d'allocations familiales n'ont pas été précédées de la notification de l'indu en méconnaissance des dispositions de l'article R. 262-92-1 du code de l'action sociale et des familles ; celle-ci n'est intervenue que par courrier du 9 septembre 2021 lequel ne comporte pas les informations requises par les dispositions précitées ;

- les signataires des décisions en cause ne justifient pas d'une habilitation régulière et celles du 1er mai, 8 juin et 9 septembre 2021 ne comportent pas la signature de leur auteur ;

- la caisse d'allocations familiales a commis une erreur de droit en ce que, d'une part, il n'y avait pas lieu, en application des dispositions de l'article R. 262-11 du code de l'action sociale et des familles, de prendre en compte la somme versée par sa mère qui n'avait pas le caractère d'une pension alimentaire mais était destinée à financer une formation qui lui a permis de concourir à son insertion, d'autre part, il établit par les justificatifs produits qu'il est de bonne foi en ce qu'il ignorait qu'il était tenu de déclarer cette aide eu égard à son objet.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2022, la caisse d'allocations familiales de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

-la juridiction administrative n'est pas compétente pour se prononcer sur la qualification de fraude ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés ;

- la décision du 8 juin 2021 est bien fondée dès lors que la qualification de fraude fait obstacle à une remise de dette ;

- l'indu de revenu de solidarité active ayant été notifié le 21 janvier 2019, la contestation présentée le 8 juillet 2021 devant la commission de recours amiable est tardive.

Les parties ont été informées, par courrier du 1er décembre 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que en premier lieu, le recours contentieux exercé dans la présente instance à l'encontre de la décision du 21 janvier 2019 non précédé dans les délais requis du recours administratif préalable auprès de l'autorité compétente n'est pas recevable ; en second lieu, les conclusions d'annulation présentées par M. B à l'encontre de la décision du 9 septembre 2019 ne sont pas recevables par voie de conséquence de ce qui précède ; en troisième et dernier lieu, les décisions des 29 juillet et 28 novembre 2019 ne faisant pas en elles-mêmes grief, les conclusions d'annulation présentées à l'encontre de ces deux décisions ne sont pas recevables.

Un mémoire communiqué par la caisse d'allocations familiales de la Gironde a été enregistré le 1er décembre 2022 mais n'a pas été communiqué (identique au précédent).

Par un mémoire, enregistré le 9 décembre 2022, M. B, représenté par Me Seveno conclut aux mêmes fins que précédemment et répond également aux moyens relevés d'office. Ce mémoire a été communiqué.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 décembre 2021.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de l'habitation et de la construction ;

- le code du travail ;

- le décret n° portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R.772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme C ainsi que les conclusions de M. Naud, rapporteur public, ont été entendus.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'un contrôle du dossier de M. B, la caisse d'allocations familiales de la Gironde ayant constaté une discordance entre les déclarations fiscales effectuées par ses parents, notamment sa mère, et les déclarations trimestrielles de ses ressources en ce qui concerne la rubrique " pensions alimentaires " a notifié à M. B un indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 3 304,88 euros sur la période courant du 1er avril au 30 octobre 2017. Cet indu était mentionné dans un courrier produit au dossier du 21 janvier 2019. Par un courrier du 29 juillet 2019, la caisse d'allocations familiales informait l'intéressé que l'absence de déclaration de la pension alimentaire versée par sa mère était constitutive d'une manœuvre frauduleuse. Par un courrier du 7 août, le requérant contestait cette qualification mais la caisse a le 28 novembre 2019 maintenu sa position. Le 1er mai 2021, la caisse d'allocations familiales informait M. B d'une dette résiduelle d'un montant de 264,80 euros. Le recours exercé par l'intéressé le 10 mai 2021 sollicitant l'effacement de sa dette était rejeté par une décision du 8 juin 2021 pour motif de fraude. Par une demande du 8 juillet 2021, M. B contestait le bien-fondé de l'indu qui lui était réclamé depuis le mois de novembre 2019, rejeté par une décision du 9 septembre 2021 au motif que cette réclamation avait été tardivement présentée. Dans la présente instance, M. B demande l'annulation de l'ensemble des décisions précitées.

Sur l'étendue du litige :

2. En premier lieu, en vertu des articles L. 262-46 et L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, une décision de récupération d'un indu de revenu de solidarité active (RSA) prise par le président du conseil départemental, ou par délégation de celui-ci ne peut, à peine d'irrecevabilité, faire l'objet d'un recours contentieux sans qu'ait été préalablement exercé un recours administratif auprès de cette autorité. Il résulte de l'article R. 262-88 du même code que le recours administratif préalable précité doit être adressé dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée. La décision du 21 janvier 2019 est relative à un indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 3 794,69 euros au titre de la période du 1er avril au 30 octobre 2017. Contrairement à ce que le requérant soutient, il résulte du courrier du 9 septembre 2021 de la caisse d'allocations familiales que le courrier précité du 21 janvier 2019 a bien été notifié à M. B puisqu'il a adressé une contestation relative à cet indu le 8 juillet 2021. M. B mentionne dans ce courrier qu'il a toujours contesté cette dette par plusieurs échanges écrits avec la caisse d'allocations familiales et que depuis le 1er décembre 2019, il perçoit le RSA amputé d'un montant de 49 euros. Ce montant est celui indiqué dans le courrier du 21 janvier 2019. Eu égard à l'ensemble de ces circonstances, il doit être considéré que le recours administratif préalable du 8 juillet 2021 pour contester le bien-fondé de cet indu a été nécessairement présenté dans un délai supérieur à deux mois. Dès lors, le recours contentieux exercé dans la présente instance à l'encontre de la décision du 21 janvier 2019 non précédé dans les délais requis du recours administratif préalable auprès de l'autorité compétente n'est donc pas recevable ainsi que le fait valoir la caisse d'allocations familiales.

3. La décision du 9 septembre 2021 a pour objet d'informer M. B que le délai qui lui était imparti pour contester la décision du 21 janvier 2019 précité était expiré et que, par voie de conséquence, sa demande ne pouvait être satisfaite. Par voie de conséquence de ce qui a été dit au point précédent, les conclusions d'annulation présentées par M. B à l'encontre de cette décision ne sont pas recevables.

4. En second lieu, par la décision du 29 juillet 2019, la caisse d'allocations familiales a estimé que le requérant en ayant fait une fausse déclaration s'était rendu coupable d'une manœuvre frauduleuse. M. B a, par courrier du 7 août 2021, contesté une telle appréciation. Par une décision du 28 novembre 2019, la caisse d'allocations familiales a confirmé cette qualification. M. B demande l'annulation de ces deux décisions. Cependant, ces décisions ne sont assorties d'aucun rejet de remise de dette et la fraude estimée par la caisse d'allocations familiales n'est assortie d'aucune sanction telles que celles prévues aux articles L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles relatif à la suspension du revenu de solidarité active, L. 262-38 du même code relatif à la radiation de la liste des bénéficiaires de cette allocation ou encore à l'amende administrative prévue à l'article L. 262-52 et à la pénalité prévue à l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. Il suit de là que les décisions contestées ne font pas en elles-mêmes grief. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation présentées à l'encontre de ces deux décisions ne sont pas recevables.

Sur les autres conclusions d'annulation :

En ce qui concerne la décision du 1er mai 2021 notifiant le solde de la dette :

5. En premier lieu, la décision du 1er mai comporte le nom et la qualité de son auteur " Mme A, la directrice de la caisse ". Le seul défaut de signature ne permet pas de déduire que la directrice de la caisse n'était pas compétente pour signer cette décision ainsi que le requérant le soulève. En outre, cette décision indique le montant de l'indu, les modalités de son remboursement et l'allocation concernée. Ce courrier avait été précédé de plusieurs échanges indiquant à l'intéressé l'origine de cet indu et en particulier d'un courrier du 21 janvier 2019 relevant une discordance entre la déclaration fiscale de ses parents et ses déclarations trimestrielles quant à la pension alimentaire, comportait la période concernée et les modalités de remboursement. En conséquence, il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte et du défaut de motivation doivent être écartés.

6. En second lieu, aux termes de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'État qui détermine notamment : () 4o Les prestations et aides sociales qui ne sont pas incluses dans le calcul des ressources à raison de leur finalité sociale particulière () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, () ". Aux termes de l'article R. 262-11 : " Pour l'application de l'article R. 262-6, il n'est pas tenu compte : () 14° : Des aides et secours financiers dont le montant ou la périodicité n'ont pas de caractère régulier ainsi que des aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, notamment dans les domaines du logement, des transports, de l'éducation et de la formation ;() ". Il résulte de ces dispositions que les aides apportées par des proches ne sauraient être assimilées ni à des " aides et secours financiers dont le montant ou la périodicité n'ont pas de caractère régulier ", ni à des " aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, notamment dans les domaines du logement, des transports, de l'éducation et de la formation " au sens du 14° de l'article R. 262-11 du code de l'action sociale et des familles, lequel vise, en application du 4° de l'article L. 262-3 du même code, des prestations et aides sociales à finalité sociale particulière.

7. L'indu réclamé par courrier du 1er mai 2021 d'un montant de 267,80 euros correspond à une dette résiduelle de trop perçu de revenu de solidarité active dont le montant initial s'élevait à la somme de 3 794,69 euros. Cet indu a trouvé son origine dans la réintégration de la somme déclarée par la mère du requérant dans sa déclaration fiscale 2018 au titre des pensions alimentaires qui ne figurait pas sur les déclarations trimestrielles du requérant au titre de ses ressources perçues. Selon ce dernier, cette somme n'avait pas le caractère d'une pension alimentaire dès lors qu'elle était destinée au paiement d'une formation laquelle lui avait permis d'obtenir le diplôme d'Etat d'accompagnateur éducatif et social et à l'issue de trouver un emploi ; elle pouvait ainsi s'analyser en une aide financière concourant directement à l'insertion professionnelle au sens de l'article R. 262-11 du code de l'action sociale et des familles et ne pas être prise en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active.

8. Toutefois, d'une part, les ressources qui doivent être prises en compte ne dépendent pas de leur affectation, d'autre part, la somme en litige ne peut être regardée comme des aides et secours concourant à l'insertion du bénéficiaire en matière de formation qui correspondent seulement à des aides et secours pouvant être alloués à titre facultatif par des organismes servant des prestations de sécurité sociale et non aux sommes versées par les proches du bénéficiaire. Ainsi la somme versée par la mère du requérant doit être regardée comme ayant le caractère d'une ressource qui doit être prise en compte dans le calcul des droits de M. B au revenu de solidarité active.

En ce qui concerne la décision du 8 juin 2021 refusant la remise de dette :

S'agissant de l'exception d'incompétence soulevé par la caisse d'allocations familiales :

9. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " la créance [résultant d'un indu de revenu de solidarité active] peut être remise ou réduite () en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Il résulte de ces dispositions que lorsque le juge administratif est saisi d'une contestation portant sur un refus de remise d'indu, il lui appartient de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de sa propre décision, notamment la bonne foi justifie que lui soit accordée une remise de dette. Il en résulte que l'exception d'incompétence soulevée par la caisse doit être rejetée.

S'agissant de la remise de dette :

10. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.

11. Il résulte de ce qui précède que les vices propres dont seraient entachées les décisions de refus de dette sont inopérants. Dès lors les moyens invoqués par M. B à l'encontre de la décision en cause tiré du défaut de compétence du signataire et d'une insuffisante motivation ne peuvent qu'être écartés.

12. Le requérant ne saurait sérieusement soutenir qu'il a pu légitimement et de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer la somme versée par sa mère d'un montant de 5 700 euros, mentionnée d'ailleurs en tant que pension alimentaire par cette dernière dans sa déclaration fiscale. Il ne résulte pas de l'instruction que M. B n'était pas informé de ses obligations de ce qu'il devait déclarer l'ensemble des ressources perçues. La caisse d'allocations familiales a ainsi pu à bon droit retenir une manœuvre frauduleuse faisant obstacle à toute remise de dette. En tout état de cause, M. B ne produit aucune pièce de nature à établir qu'il serait dans l'impossibilité de rembourser l'indu resté à sa charge. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 8 juin 2021 rejetant son recours formulé le 10 mai 2021 tendant à l'effacement de la dette qui lui a été réclamée par une décision du 1er mai 2021.

13. Il résulte de ce qui précède que la requête de B ne peut qu'être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M.B et au président du conseil départemental de la Gironde.

Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Gironde.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 02 janvier 2023.

La magistrate désignée,

P. CLa greffière,

C. AHIN

La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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