mercredi 7 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2106386 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DELBES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 30 novembre 2021 et 27 avril 2023, le pôle public médico-social de Monségur, représenté par Me Delbès, demande au tribunal :
1°) de condamner la société SMACL assurances à lui verser la somme de 207 011,85 euros TTC, assortie des intérêts au taux légal à compter du 22 janvier 2021;
2°) de mettre à la charge de la société SMACL assurances la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le pôle public médico-social de Monségur fait valoir que :
- le 2 décembre 2019, il a déclaré un incendie survenu dans un de ses foyers à son assureur pour lequel le bénéfice de la garantie lui a été accordé ;
- après avoir admis que l'assurance devait prendre en charge les conséquences de cet incendie d'origine électrique, la société SMACL assurances a fait une offre d'indemnisation pour un montant de 13 390,18 euros ce qu'il a refusé ;
- à la suite de cet incendie, il a dû organiser le transfert de 48 résidents vers une structure qu'il a loué ;
- il s'est conformé à ses obligations légales et règlementaires qui lui étaient opposables en organisant un audit de l'électricité et en procédant au travaux de reprise ;
- il a informé la société SMACL assurances de la prescription et de la réalisation des travaux ;
- le montant de son préjudice s'élève à la somme de 217 011,85 euros, comprenant la somme de 167 598 57 euros au titre de frais de prestations extérieures et celle de 49 413,28 euros au titre des frais supplémentaires de personnel ;
- compte-tenu de l'acompte perçu de 10 000 euros accordé par la société SMACL assurances, son préjudice s'élève à la somme de 207 011,85 euros.
Par un mémoire enregistré le 27 mars 2023, la société SMACL assurances, représentée par Me Antoine, demande au tribunal de rejeter la requête ou de réduire à de plus justes proportions le montant des sommes réclamées par l'application d'un abattement de 50 % du fait de la méconnaissance par l'établissement public de santé de ses obligations contractuelles et à ce qui soit mise à la charge du pôle public médico-social de Monségur la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administratif.
Il fait valoir que :
- si le principe de garantie n'est pas contesté, les préjudices dont le requérant demande réparation sont contestés ;
- elle n'a jamais donné son accord aux dépenses engagées à but conservatoire : le contrat de réservation de séjour a été transmis le lendemain de sa signature une fois le transfert des résidents réalisé ;
- aucune pièce ne démontre la dangerosité du site et la nécessité impérieuse de reloger les résidents ;
- le pôle public médico-social de Monségur n'est pas fondé à demander la somme de 88 237 80 euros ;
- il n'est pas davantage fondé à demander le remboursement de ses frais de gestion et de chauffage dès lors que le lien de causalité n'est pas démontré et qu'il n'est pas démontré qu'il s'agirait de frais supplémentaires non supportés par un établissement de santé ;
- les travaux de remplacement du tableau général basses tensions et des éclairages, apporte une amélioration et ne peuvent être indemnisés ;
- s'agissant des heures supplémentaires du personnel, ce préjudice n'est pas établi et par ailleurs, du fait de l'absence de nécessité de procéder au relogement des résidents, ce préjudice ne sera pas indemnisé ;
- s'agissant des autres frais, de nettoyage des vitres, d'analyse, de dépannage de l'antenne satellite, de clés wifi, de carburants, de renouvellement de l'électroménager, de kilométrage supplémentaire ou de frais de déplacement de la cuisine, le lien de causalité n'est pas établi ;
- en toute état de cause, elle est fondée à demander un abattement de 50 % car le requérant a méconnu l'article 9. 1. 2 des conditions générales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code des assurances ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Paz,
- les conclusions de Mme Jaouën, rapporteure publique,
- et les observations de Me Delbès, représentant le pôle public médico-social de Monségur et de Me Lagrue, représentant la société mutuelle d'assurance des collectivités locales.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le courant de l'année 2016, le groupement de commandes des assurances du centre hospitalier de Cadillac, de Sud Gironde, de Bazas, du CSMR de Podensac et du pôle public médico-social (PPMS) de Monségur a lancé un appel d'offres ouvert en vue de l'attribution d'un marché public de prestations de services d'assurances. Par acte d'engagement du 11 octobre 2016, le PPMS de Monségur a confié à la société SMACL Assurances pour une durée de 5 ans courant à compter du 1er janvier 2017, l'exécution du lot n°2 relatif à la mission d'assurances des dommages aux biens et risques annexes. Le 3 décembre 2019, le PPMS de Monségur a déclaré un incendie au sein du foyer d'accueil médicalisé de Neujon, situé sur le territoire de la commune de Monségur, qui a été détecté la veille depuis trois détecteurs incendie du foyer. La société SMACL a missionné le 5 décembre 2019 un expert et a versé en janvier 2020 à la requérante la somme de 10 000 euros à titre d'acompte. Suivant l'avis de l'expert, la société SMACL a proposé d'indemniser le PPSM de Monségur à hauteur de 13 890,18 euros. Après avoir adressé à la compagnie d'assurance une dernière mise en demeure le 22 janvier 2021, le PPMS de Monségur demande au tribunal de condamner la société SMACL assurance à lui verser la somme 207 011,85 euros TTC.
Sur la responsabilité contractuelle :
2. Aux termes de l'article 4-5 du cahier des clauses techniques particulières relatifs aux dommages électriques ou électroniques : " Sont garantis les dommages matériels causés par les matériels, appareils et installations électriques () y compris le compteur et disjoncteur à la charge de l'abonné et résultant de l'incendie () ou d'accidents d'ordre électrique () Ne sont pas garanties : - les dommages liés à l'usure anormal des appareils, -les dommages liés aux fusibles, résistances chauffantes, lampes et tubes ". Aux termes de l'article L. 113-5 du code des assurances : " Lors de la réalisation du risque ou à l'échéance du contrat, l'assureur doit exécuter dans le délai convenu la prestation déterminée par le contrat et ne peut être tenu au-delà ".
3. Il résulte de l'instruction qu'à la suite à la déclaration de sinistre établie par le PPMS de Monségur le 3 décembre 2019, la société SMACL assurances a versé un acompte de 10 000 euros dans le courant du mois de janvier 2020 sur l'indemnisation définitive du requérant. Dans ces conditions, elle a admis qu'elle doit exécuter sa prestation déterminée par le contrat d'assurance, mais demande toutefois, une réduction de l'indemnisation qui est due pour tenir compte du fait que le PPMS de Monségur a méconnu l'article 9. 1. 2 des conditions générales du contrat.
4. Aux termes de l'article L. 113-11 du code des assurances dans sa version alors applicable, sont nulles : " () 2 ° Toutes clauses frappant de déchéance l'assuré à raison de simple retard apporté par lui à la déclaration du sinistre aux autorités ou à des productions de pièces, sans préjudice du droit pour l'assureur de réclamer une indemnité proportionnée au dommage que ce retard lui a causé () ". Selon l'article 9.1.1 des conditions générales du contrat d'assurances signé entre le PPMS de Monségur et la société SMACL assurances stipule : " L'assuré doit déclarer, sous peine de déchéance et sauf cas fortuit ou de force majeure, à SMACL Assurances tout sinistre dans les 5 jours ouvrés suivant la date à laquelle il en a eu connaissance. Le délai est réduit à 48 heures s'il s'agit d'un vol, et à 24 heures s'il s'agit de mortalité des animaux. Fournir dans un délai maximum de 2 mois, un état estimatif détaillé des dommages subis par ses biens, la réception de cet état faisant courir le délai de 10 jours dont dispose SMACL Assurances pour procéder à une vérification. L'assuré est en outre tenu d'aider SMACL Assurances par tous les moyens en son pouvoir dans la défense de ses intérêts, notamment en lui fournissant les éléments qui peuvent permettre la mise en cause de la responsabilité d'un tiers, et en lui transmettant sans délai toute communication relative à un évènement garanti (avis, lettres, convocations, assignations, actes extrajudiciaires, pièces de procédure, etc (). En cas de manquement de la part de l'assuré aux obligations fixées aux articles 9.1.1 et 9.1.2 ci-dessus, SMACL Assurances est fondée à lui réclamer une indemnité proportionnée au préjudice qui en est résulté pour elle () ".
5. En premier lieu, la société SMACL fait valoir que le PPMS de Monségur a manqué de célérité en lui communiquant tardivement le 19 mai 2020, ainsi qu'à son expert, un état estimatif détaillé des dommages, ce qui l'aurait empêchée d'exercer son pouvoir de vérification de l'estimation des dommages. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'avant cette date, le PPMS de Monségur avait transmis à l'expert mandaté par la compagnie d'assurances, les factures et les devis des travaux et des dépenses engagés dans le courant du mois de décembre 2019, puis avait renvoyé toutes les factures payées en janvier 2020 pour obtenir le paiement d'un premier acompte. Enfin, l'état estimatif des dommages communiqué à l'expert dès la seconde réunion le 19 mai 2020 devait permettre de procéder à des vérifications. Dans ces conditions, le PPMA de Monségur n'a pas méconnu ses obligations déclaratives.
6. En second lieu, la société SMACL soutient que le PPMS de Monségur ne l'a également pas aidé dans la défense de ses intérêts par tous moyens en son pouvoir, en lui fournissant les éléments pouvant permettre la mise en cause de la responsabilité d'un tiers, dès lors que la réalisation des travaux l'a conduit à jeter tous les appareils endommagés. Toutefois, il résulte de l'instruction que la requérante avait communiqué à son expert les coordonnées de l'interlocuteur privilégié des collectivités territoriales de la Gironde chez Enedis dès le 5 décembre 2019, les rapports Dekra et les vérifications annuelles des installations électriques, le diagnostic alarme, la rapport d'audit établi par le groupe Cetab. S'il résulte en effet de l'instruction, notamment de la réunion d'expertise du 19 mai 2020 que l'entreprise Fauché n'a pas procédé à l'enregistrement de la tension sur le réseau géré par Enedis faute de commande du PPMS de Monségur et que cette entreprise a procédé à l'évacuation du matériel endommagé, toutefois, les stipulations de l'article 9.1.1 des conditions générales précitées n'imposaient au PPMS de Monségur de procéder à des investigations afin de déterminer l'origine du sinistre. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que la société d'assurance aurait demandé au PPMS de Monségur de conserver le matériel endommagé.
7. Dans ces conditions, la société SMACL assurance n'est pas fondée à demander que l'indemnité à payer au requérant soit limitée à 50 % des préjudices indemnisables en exécution du contrat d'assurances.
Sur l'évaluation des préjudices :
8. Aux termes de l'article 5 du cahier des clauses techniques particulières relatif à la protection financière : " Suite à l'interruption totale ou la réduction de l'activité de l'établissement assuré, lorsque cette interruption ou cette réduction est la conséquence de dommages matériels garantis au présent titre du présent contrat " dommages aux biens ", l'assureur garantit l'établissement pendant la période d'exploitation en réparation : - des pertes d'exploitation subies par l'établissement ; - des frais supplémentaires d'exploitation engagés par l'établissement pour maintenir l'activité de tout ou partie de ses services (activité médicale et partie annexe) ; - des pertes de recettes. Le montant des garanties est indiqué au tableau des garanties () ". Il résulte de l'article 2 relatif au montant des garanties, et notamment du tableau des garanties que les dommages électriques sont indemnisés dans la limite de 250 000 euros, les frais supplémentaires d'exploitation dans la limite de 100 000 euros. Les frais de déplacement sont indemnisés sur les frais exposés et les frais exposés par des mesures de sauvegarde dans la limite de 50 000 euros, les frais de transfert d'activités ou de réinstallation dans la limite de 250 000 euros.
S'agissant de l'évaluation des travaux :
9. En premier lieu, il résulte de l'instruction que suite au sinistre survenu le 2 décembre 2019, le PPMS de Monségur a fait réaliser un audit de son installation, un contrôle de sa construction, a dû procéder au remplacement de luminaires, de la pompe à chaleur et du circulateur, réparer la VMC, la chambre froide, remettre en état son système de sécurité incendie. Il résulte de l'instruction que le montant des dépenses correspondantes à ces chefs de préjudices s'élève à 22 183,19 euros.
10. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que les travaux de reprise ont nécessité la réalisation de prestations par un électricien qui ont consisté à remettre en place des détecteurs dans les quatre couloirs de circulation, à obturer les boutons poussoirs, à modifier l'armoire de circulation, à la mise en place d'un analyseur du réseau, au remplacement du tableau général de basse tension et de l'éclairage pour un montant total de 42 022,37 euros, il est constant que ces deux derniers postes de préjudices ont apporté une plus-value à l'installation électrique. Dans la mesure où ces prestations excèdent la seule mise en conformité nécessaire de l'installation électrique, il y a donc lieu de réduire le montant de l'indemnisation à la somme de 12 169,37 euros.
S'agissant des troubles de jouissance :
11. La réparation du dommage subi le PPMS de Monségur en lien avec le sinistre du 2 décembre 2019 n'exclut pas le dédommagement des frais liés à la nécessité de continuer l'activité de son établissement médico-social dans des locaux différents de ceux où se déroulent les travaux. Contrairement à ce que soutient la société SMACL, il résulte de l'instruction que l'évacuation des personnes était nécessaire jusqu'à ce que l'établissement soit de nouveau sécurisé contre le risque d'incendie. Il résulte de l'instruction que la mise en sécurité des résidents a contraint le PPMS de Monségur à louer de nouveaux locaux et des appareils de chauffage pendant deux mois le temps de procéder au diagnostic et au contrôle de l'immeuble et de procéder aux travaux. Le PPMS a donc droit au paiement de la somme de 98 228,44 euros.
S'agissant des préjudices connexes :
12. Il résulte de l'instruction que le requérant justifie également avoir procédé à l'analyse de l'eau potable avant d'intégrer ses nouveaux locaux, avoir exposé des frais de carburants supplémentaires. Il a également assumé des coûts supplémentaires d'accueil de jour et des frais kilométriques supplémentaires. Il résulte également de l'instruction qu'il a été contraint de recruter un gardien de nuit et un agent de lingerie sur le nouveau site et de prendre en charge des frais de transport de sa cuisine, d'organiser les déménagements des résidents et de procéder au nettoyage des vitres et au démarrage de l'alarme dans le cadre de la remise en service de son établissement. En l'absence de contestation sérieuse de leur montant et de la consistance de ces postes de préjudices et dès lors que ceux-ci ont un lien direct avec le sinistre en cause, il convient de les indemniser à hauteur de la somme de 28 036,10 euros.
13. Le PPMS de Monségur demande le remboursement des heures supplémentaires que ses agents ont réalisées pour effectuer des trajets vers le site provisoire de Miramont où ont été installés les résidents, lequel site était situé à trente minutes des locaux habituels. S'il produit des plannings indiquant que des heures supplémentaires ont été consenties aux agents en décembre avec la mention " Miramont ", aucun élément au dossier ne permet d'établir que ces heures supplémentaires correspondraient aux trajets plus longs des agents vers ce site, et non au fonctionnement normal de l'établissement. Par suite, il n'est pas fondé à demander réparation de ce préjudice résultant du paiement de ces heures supplémentaires, dont le lien direct et certain avec le sinistre, n'est pas établi.
14. Enfin, si le PPMS de Monségur demande le remboursement de ses frais de dépannage de satellite, de petit matériel médical, de clés USB et d'imprimante, il n'établit pas que ces biens auraient été endommagés par le sinistre. Par suite, faute d'établir la réalité de ce préjudice, sa demande doit être rejetée.
15. Il résulte de tout ce qui précède que l'indemnité que la société SMACL est condamnée à payer au PPMS de Monségur doit être fixée à la somme de 160 617,10 euros TTC, de laquelle il convient de déduire la somme de 10 000 euros versée par la société SMACL dans le courant de l'année 2020, à titre d'acompte, soit la somme de 150 617,10 euros TTC.
Sur les intérêts :
16. Il résulte de l'instruction que le PPMS de Monségur a droit aux intérêts aux taux légal de la somme de 150 617,10 euros TTC à compter du 22 janvier 2021, ainsi qu'il le demande, date à laquelle la société SMACL a été mise en demeure de prendre en charge ses préjudices.
Sur les frais liés à l'instance :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative fait obstacle à ce que soit mise à la charge du PPMS de Monségur, qui n'a pas la qualité de partie perdante, la somme demandée par la société SMACL au titre de ses frais liés à l'instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application des dispositions précitées et de mettre à la charge de la société SMACL la somme de 1 500 euros à verser au PPMS de Monségur sur le même fondement.
DECIDE :
Article 1er : La société SMACL est condamnée à verser au PPMS de Monségur la somme de 160 617,10 euros TTC, de laquelle il convient de déduire la somme de 10 000 euros versée par la société SMACL, à titre d'acompte, soit la somme de 150 617,10 euros TTC avec les intérêts au taux légal à compter du 22 janvier 2021.
Article 2 : La société SMACL versera la somme de 1 500 euros au PPMS de Monségur en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées la société SMACL, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société SMACL et au Pôle public médico-social de Monségur.
Délibéré après l'audience du 17 mai 2023 à laquelle siégeaient :
- Mme Zuccarello, présidente,
- Mme De Paz, première conseillère,
- Mme Denys, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2023.
La rapporteure
D. DE PAZ
La présidente
F. ZUCCARELLO
Le greffier,
Y. JAMEAU
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
N°2106386
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026