lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2106669 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge social |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 14 décembre 2021, Mme A, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 avril 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Gironde lui a réclamé le remboursement d'un indu de 152,45 euros au titre de la prime exceptionnelle de fin d'année de l'année 2019 ;
2°) de la décharger de la somme de 152,45 euros ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision relève d'un traitement algorithmique et méconnait les articles L. 311-3-1 et R. 311-3-2-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration en ce qu'elle ne comporte ni le nom ni le prénom de son auteur ;
- la décision en litige est entachée d'un défaut de motivation ;
- les droits de la défense ont été méconnus dès lors qu'aucune procédure contradictoire n'a été mise en œuvre ;
- la caisse d'allocations familiales ne pouvait pas recouvrer l'indu par retenues sur les prestations à échoir ; elle a méconnu les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles qui limite cette procédure de récupération à l'allocation de revenu de solidarité active ;
- les versements effectués par ses parents n'auraient pas dû être pris en compte pour le calcul de son droit au revenu de solidarité active et dès lors qu'elle pouvait prétendre à ce revenu, elle devait bénéficier de la prime exceptionnelle d'activité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2022, la caisse d'allocations familiales de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 novembre 2011.
II. Par une requête, enregistrée le 14 décembre 2021, Mme A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 avril 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Gironde lui a réclamé le remboursement d'un indu de 152,45 euros au titre de la prime exceptionnelle de fin d'année au titre de 2020 ;
2°) de la décharger de la somme de 152,45 euros ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme A soulève les mêmes moyens que dans la requête enregistrée sous le n° 2106669.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2022, la caisse d'allocations familiales de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 novembre 2011.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n°2019-1323 du 10 décembre 2019 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année ;
- le décret n°2020-1746 du 29 décembre 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un contrôle de son dossier, il est apparu que Mme A, d'une part, n'avait pas déclaré les aides financières versées par ses parents depuis le mois d'octobre 2018 à hauteur de 810 euros par mois et qu'elle était étudiante. La caisse d'allocations familiales a alors régularisé son dossier en intégrant ces éléments et il en est résulté notamment un indu de revenu de solidarité active au titre de la période courant du 1er avril 2019 au 31 mars 2021 ainsi que des indus de prime exceptionnelle de fin d'année 2019 et 2020 d'un montant de 152,45 euros chacune. Ces derniers lui ont été notifiés par deux courriers du 17 octobre 2021. Dans la présente instance, Mme A entend contester ces décisions.
Sur la jonction :
2. Les requêtes N° 2106669 et 2106670 présentées par Mme A présentent à juger les mêmes questions, ont trait aux mêmes faits et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu par suite de les joindre pour y statuer par un jugement commun.
Sur les droits de Mme A :
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active ou à l'aide exceptionnelle de fin d'année, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement. Il en résulte que la méconnaissance des règles de compétence, de procédure et de forme relatifs aux vices propres des décisions en litige ne sont pas opérants.
4. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que les moyens tirés de l'absence du nom et prénom de l'auteur des décisions en litige, du prétendu défaut de motivation et du défaut de procédure contradictoire sont inopérants.
5. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que les décisions attaquées ont été prises au vu des résultats du contrôle réalisé par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales et non sur le fondement d'un traitement algorithmique. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision ne comporterait aucune des mentions exigées par les articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, d'une part, les articles L. 262-1 et suivants du code de l'action sociale et des familles définissent les conditions d'attribution du revenu de solidarité active et excluent de ce dispositif les étudiants sauf si la personne concernée entre dans le champ d'application de l'article L. 262-9 du même code, ce qui n'est pas le cas en l'espèce, Mme A, étudiante, n'étant pas une personne isolée au sens de cet article assumant la charge d'un enfant ni en état de grossesse. Elle ne pouvait donc bénéficier du revenu de solidarité active au titre de la période courant du 1er septembre 2018 au 31 août 2020.
7. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'État qui détermine notamment : () 4o Les prestations et aides sociales qui ne sont pas incluses dans le calcul des ressources à raison de leur finalité sociale particulière () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, () ". Aux termes de l'article R. 262-11 : " Pour l'application de l'article R. 262-6, il n'est pas tenu compte : () 14° : Des aides et secours financiers dont le montant ou la périodicité n'ont pas de caractère régulier ainsi que des aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, notamment dans les domaines du logement, des transports, de l'éducation et de la formation ;() ". Il résulte de ces dispositions que les aides apportées par des proches ne sauraient être assimilées ni à des " aides et secours financiers dont le montant ou la périodicité n'ont pas de caractère régulier ", ni à des " aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, notamment dans les domaines du logement, des transports, de l'éducation et de la formation " au sens du 14° de l'article R. 262-11 du code de l'action sociale et des familles, lequel vise, en application du 4° de l'article L. 262-3 du même code, des prestations et aides sociales à finalité sociale particulière.
8. Les indus réclamés ont trouvé leur origine notamment dans la réintégration des sommes versées par les parents de Mme A de façon mensuelle depuis le mois d'octobre 2018 en vue de régler les frais de loyer. Selon cette dernière, cette somme n'avait pas le caractère d'une pension alimentaire dès lors qu'elle pouvait ainsi s'analyser en une aide financière concourant directement à son insertion professionnelle caractérisant une aide de solidarité familiale et ne pas être prise en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active. Toutefois, les ressources qui doivent être prises en compte ne dépendent pas de leur affectation. De plus, les sommes en litige, outre leur caractère régulier, ne peuvent être regardées comme des aides et secours concourant à l'insertion du bénéficiaire qui correspondent seulement à des aides et secours pouvant être alloués à titre facultatif par des organismes servant des prestations de sécurité sociale et non aux sommes versées par les proches du bénéficiaire. Ainsi les sommes versées par les parents de la requérante doivent être regardées comme ayant le caractère d'une ressource qui doit être intégrée dans le calcul des droits de Mme A au revenu de solidarité active.
9. En quatrième lieu, en vertu de l'article L. 121-7 du code de l'action sociale et des familiales, une aide exceptionnelle de fin d'année peut être attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active. Les décrets susvisés les ont instituées pour les années 2019 et 2020. L'aide au titre d'une année N est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre de l'année N ou à défaut du mois de décembre de cette même année.
10. Il résulte de l'instruction que Mme A était étudiante sur la période courant du 1er septembre 2018 au 31 août 2020 et qu'elle a perçu ainsi qu'il a dit des ressources ayant le caractère de pensions alimentaires. Il résulte de l'instruction que ces éléments ont entrainé la perte du droit de Mme A au bénéfice du revenu de solidarité active en particulier au titre des mois de novembre et décembre 2019 et 2020. Il suit de là que c'est à bon droit que la caisse d'allocations familiales lui a réclamé le remboursement de sommes ainsi indûment perçues au titre des primes exceptionnelles d'activité d'un montant de 152,45 euros pour chacune des années.
11. Les requêtes de Mme A ne peuvent donc qu'être rejetées dans l'ensemble de leurs conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Copie sera adressée à la Caisse d'allocations familiales de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2023.
La magistrate désignée,
P. BLa greffière,
C. AHIN
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
2, 2106670
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026