mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2106994 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge social |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 décembre 2021, M. A doit être regardé d'une part, comme contestant la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Gironde a implicitement rejeté le recours préalable obligatoire exercé à l'encontre de la décision du 4 décembre 2021 sollicitant le remboursement d'un indu à hauteur de 200 euros correspondant au versement d'une aide exceptionnelle de solidarité, d'autre part comme demandant la remise totale de sa dette.
Il soutient qu'il remplissait les critères requis dès lors qu'il bénéficiait de l'allocation de logement au titre du mois d'avril 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2023, la caisse d'allocations familiales de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que l'indu réclamé est bien-fondé et que la situation de M. A a été prise en compte dans la mesure où sa dette a été réduite de 50 %.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'habitation et de la construction ;
- le décret n°2020-769 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à l'urgence sanitaire aux jeunes de moins de 25 ans ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les conclusions de M. Dufour, rapporteur public.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation, les aides personnelles au logement comprennent l'aide personnalisée au logement ainsi que les allocations de logement qui comprennent l'allocation de logement familiale ainsi que l'allocation de logement sociale.
2. Aux termes de l'article 1er du décret du 5 mai 2020 susvisé : " I.- " I. - Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, dans les conditions fixées à l'article 2, aux bénéficiaires âgés de moins de vingt-cinq ans de l'une des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation au titre du mois d'avril ou de mai 2020. II. - Les étudiants sont exclus du bénéfice de l'aide exceptionnelle prévue au I, sauf s'ils sont par ailleurs signataires d'un contrat prévu à l'article L. 6221-1 du code du travail ou s'ils sont salariés. III. - L'aide exceptionnelle de solidarité mentionnée au I est également accordée au foyer dans lequel le conjoint, le concubin ou le partenaire de pacte civil de solidarité du bénéficiaire de l'aide personnelle au logement remplit la condition d'âge prévue au I et n'est pas exclu en application du II. IV. - Une seule aide est due par foyer. ". Il résulte de ces dispositions qu'en instituant une aide exceptionnelle de solidarité, le gouvernement a entendu venir en aide aux ménages les plus précaires dans le contexte de la crise sanitaire, par une aide exclusivement financée par l'Etat, qui ne revêt pas la nature d'une aide sociale légale. Il a rendu éligibles à cette aide les personnes percevant les aides personnelles au logement.
Sur l'étendue du litige :
3. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, la caisse d'allocations familiales a accordé à M. A par une décision du 21 mars 2023, après avis de la commission de recours amiable, une remise de dette à hauteur de 50 % de l'indu initial qui s'élevait à la somme de 200 euros. Le litige étant privé d'objet à hauteur de la somme remise, il n'y a pas lieu d'y statuer dans cette mesure.
Sur le bien-fondé :
4. Il résulte de l'instruction que M. A a bénéficié au titre du mois d'avril 2020 d'une allocation de logement. Toutefois, la régularisation de son dossier, eu égard à ses changements de situation professionnelle, a généré la révision notamment du montant de cette allocation qui a fait apparaitre un indu d'un montant de 113 euros. Il résulte des documents qu'il a lui-même produit qu'au mois de juin 2020, cet indu a été compensé par rappel de droits de prime d'activité du même montant. Il en résulte que M. A ne pouvait donc plus être regardé comme ayant bénéficié de l'allocation de logement au cours du mois d'avril 2020. Il n'est donc pas fondé à contester la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales a implicitement rejeté le recours préalable obligatoire exercé à l'encontre de la décision du 4 décembre 2021 sollicitant le remboursement de l'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant initial de 200 euros, réduite à 100 euros.
5. En faisant valoir que la demande de remboursement intervenue plus de deux années après sa perception est tardive, M. A pourrait être regardé comme invoquant la prescription sans toutefois. Mais en l'absence de disposition particulière, le délai de droit commun de cinq ans résultant de l'article 2224 du code civil trouve à s'appliquer.
6. Si M. A a entendu solliciter une remise de sa dette, il ne produit aucun document de nature à apprécier que sa situation de précarité ferait obstacle à un tel remboursement.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de M. A en tant qu'elle porte sur un montant d'indu de 100 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
La magistrate désignée,
P. BLa greffière,
C. AHIN
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026